CapteurFOVEON X3® de génération Quattro. APS-C 23,5×15,7mm. Définition spatiale : 19,6 Mpx
Monture/
Optique livrée19 mm f/2,8 équivalent 28 mm en 35 mm. Mise au point minimale : 20 cm
StabilisationNon
Antipoussière/
ViseurNon, en option loupe pour écran
FlashNon
Écran7,6 cm. 921 000 points
Mise au pointAutofocus par détection de contraste
Mesures d'expositionÉvaluative, Mesure moyenne pondérée centrale, Mesure Spot
Modes d'exposition(P) Program AE (décalage possible), (S) Priorité à la vitesse AE, (A) Priorité à l’ouverture AE, (M) Exposition manuelle.
Vitesse d'obturation1/2000* - 30 s. (*la vitesse maximale dépend de l’ouverture)
Motorisation-
Sensibilité ISO100 ISO ~ 6 400 ISO
MémoireCartes SD / Compatible SDHC, Multi Media Card
Alimentation-
ConnexionUSB
Dimensions161 x 67 x 87 mm (L x H x P)
Poids440 g
LogicielsSigma Photo Pro
Dans la boîte-

Caractéristiques

Le dp2 Quattro était le premier boîtier Sigma à inaugurer la série Quattro. Le dp1 Quattro est le deuxième, et le dp3 fermera la marche un peu plus tard. Comme d'habitude chez Sigma, la différence entre les versions est à chercher dans le bloc optique, le reste ne variant pas.

Présentation

Sigma DP1 Quattro

Le dp1 Quattro est le modèle "grand-angle" de la série. Il offre une optique fixe de 19 mm ouvrant à f/2,8. Le capteur APSC utilisé étant pourvu d'un facteur de 1,5x, le 19 mm couvrira donc un champ similaire à un 28,5 mm sur un plein format.

Sigma DP1 Quattro de dos

La formule optique est un peu plus complexe que celle du 30 mm f/2,8 du dp2 Quattro. On y retrouvera 9 éléments répartis en 8 groupes, et on appréciera de conserver au passage le diaphragme à 9 lamelles. Ce dernier passera à 7 lamelles sur le dp3, qui sera pour sa part doté d'un 50 mm f/2,8 (équivalent 75 mm).

Le dp1 Quattro sait faire la mise au point dès 20 cm et offre un grossissement de 1:8.3.

Le bloc optique étant un peu plus long, le boîtier prend à peu près 6 mm en profondeur.

Capteur Foveon multicouche

Sigma dp, capteur foveon multicouche, principe et schéma de fonctionnement

Pour rappel, les dp de Sigma ont pour particularité de ne pas utiliser un très classique capteur à matrice de Bayer, mais un capteur Foveon multicouche, chaque couche captant les informations relatives à une couleur (une couche pour le bleu, une pour le vert et une pour le rouge). Le résultat peut se résumer de la sorte : les images capturées sont d'une incroyable richesse, tant de détails que de couleurs et de dynamique, et les dp Quattro rivalisent sans peine avec les meilleurs capteurs plein format (voire moyen format) sur ce point.

Par contre, le capteur montre ses limites au-delà de 400 ISO : l'AF est plus lent, la rafale, moins véloce, etc.

Bref, les dp sont extraordinaires pour certains amateurs, par bonne luminosité, et quand on a le temps de bien poser ses prises de vue (photos d'architecture, de paysages, portraits dans de bonnes conditions), mais plus difficiles à appréhender pour ceux qui cherchent une solution "tout terrain".

Caractéristiques

Prise en main

En design photo, depuis quelques années, la tendance est au retour aux sources avec des formes inspirées des modèles argentiques, à l'instar de la série Pen chez Olympus ou X chez Fujifilm. Sigma prend tout le monde à contre-pied en présentant la série qp Quattro aux lignes bien plus singulières. En prenant en main le dp1, vous avez l'impression de saisir un "appareil concept", un boîtier jamais vu qui vous distingue immédiatement du reste du monde.Sigma DP1 Quattro test review vue hauteur

La série dp Quattro adopte le même boîtier : seule l'optique change d'un modèle à l'autre. Le dp1 est équipé d'une focale fixe 19 mm f/2,8. Le pari esthétique est osé ; si de prime abord il surprendra tout le monde, il faut vraiment essayer un dp Quattro pour s'en faire une idée. Un Quattro n'est peut être pas le boîtier le plus confortable, mais il a de la classe et mérite que l'on s'y intéresse.

Sigma DP1 Quattro dimensionsPeu haut, le dp1 Quattro (même boîtier que le dp2 Quattro) est par contre bien plus large que la plupart des appareils actuels.

Au premier contact, vous aurez sans doute envie d'empoigner fermement l'appareil par la large crosse à droite qui fait office de poste de pilotage. Pourtant, la position se révèle rapidement aussi inconfortable qu'impraticable, le pouce recouvrant le trèfle de sélection. Eh oui, il faudra saisir le dp1 Quattro avec délicatesse et surtout avec les deux mains. Le majeur de la main droite viendra se caler contre le rebord avant, l'index pourra jouer avec les molettes et le déclencheur sur le dessus de l'appareil et le pouce naviguera entre trèfle de sélection et panneau de commande.

Sigma DP1 Quattro test review vue de face

Par ses dimensions, le dp1 Quattro n'est clairement pas un appareil de poche, mais au-delà d'un capteur 4/3" (Panasonic GM1/GM5), il semble difficile de réaliser un appareil vraiment compact. Avec le viseur optique (vendu en option), l'ensemble apparaît même assez imposant. Gageons que si vous êtes l'heureux possesseur d'un dp Quattro, vous ne chercherez sans doute pas la discrétion : un dp Quattro se montre !

Ergonomie

Prise en main

Une fois les mains bien positionnées sur le boîtier, vous cherchez naturellement à mettre l'appareil sous tension et là, vous vous demandez pourquoi votre index ne fait pas 3 cm de plus... En effet, les commandes de mise sous tension et de choix du mode d'exposition sont alors tout simplement inaccessibles sans lâcher l'appareil d'une main. Voilà qui frustre un peu, à peine l'appareil en main. Pourquoi ne pas avoir positionné un commutateur à l'avant du boîtier ou sur la partie arrière pour une mise en route par le pouce ?

Cependant la prise en main se montre finalement moins alambiquée que prévu et la finition du boîtier est de haute volée : la construction semble vraiment solide et les matériaux, de qualité pour un poids raisonnable (440 g tout équipé). Seul le rabat en caoutchouc protégeant les connecteurs détonne, tout en semblant résistant. Ce choix est assez étonnant, car si Sigma avait réellement cherché à protéger l'ensemble de la connectique des poussières ou de l'eau, il aurait proposé une finition à l'épreuve des intempéries sur l'ensemble du boîtier, ce qui n'est malheureusement pas le cas.

Sigma DP1 Quattro test revie

Dessus

Sur le dessus du boîtier, vous trouverez donc une touche pour la mise sous tension, ainsi qu'une commande pour changer le mode d'exposition. Vous avez le choix entre les classiques P, S, A, M, mais aussi la possibilité de sélectionner 3 modes personnalisés. Les deux molettes sont facilement accessibles de l'index avec un mouvement fluide et agréable. Vous pouvez associer aux deux molettes des fonctionnalités différentes (ouverture, vitesse, décalage du programme ou correction d'exposition).

Arrière

À l'arrière, vous trouverez le tableau de commande sur le côté droit de l'appareil avec, sur la poignée, un trèfle de sélection qui permet de choisir rapidement le mode de mise au point (autofocus, manuel) ou le collimateur AF (9 possibilités). Un tour de molette permettra également de choisir la taille de la zone autofocus. Si le trèfle est agréable à manipuler, il est malheureusement assez bruyant.

Le long de l'écran LCD, vous trouverez une commande pour désactiver l'affichage, accéder à un menu rapide et personnalisable, une touche pour mémoriser l'exposition (AEL) et enfin une commande pour déployer le menu. Nous aurions apprécié la présence d'une cale pour reposer le pouce à l'arrière du boîtier.

Sigma DP1 quattro test review vue de dos

Tenue de l'optique

De la main gauche, vous pouvez soutenir l'appareil au niveau de l'extrémité et de l'optique. Cette dernière est imposante et superbement construite. Dommage que le revêtement soit aussi lisse et la bague de mise au point, aussi étroite.

Stockage, alimentation

Carte mémoire

Le dp1 Quattro fonctionne avec des cartes SD, SDHC ou Multi Media. Nous déplorons qu'il n'utilise pas le potentiel de cartes plus rapides, notamment la norme UHS-I. Bon point, le logement carte est situé sur le côté de l'appareil. Si votre appareil est sur un trépied, il ne sera pas nécessaire de tout démonter pour changer votre carte.

Batterie

Côté alimentation, le dp1 Quattro fonctionne avec une batterie Li-Ion BP-51 de 8,7 Wh (7,2 V / 1 200 mAh). Celle-ci ne lui assure malheureusement que peu d'autonomie et au bout d'une centaine de déclenchements, il faudra passer par la case recharge ou changement de batterie. La marque est d'ailleurs bien consciente du problème et fournit 2 batteries avec le dp1 Quattro. Nous regrettons que Sigma n'ait pas opté pour une connexion Micro-USB universelle afin d'effectuer une recharge sur un port USB à partir d'une prise secteur, un chargeur nomade ou un ordinateur. Un chargeur sur secteur est livré en standard.

Sigma DP1 quattro test review batterie

Visée

À l'arrière du boîtier, vous trouverez un écran LCD de 7,6 cm affichant 920 000 points (ratio 4/3 avec une bande noire pour les informations). Points négatifs : l'écran est très brillant, délicat à utiliser en plein soleil, et la dalle de protection est très sensible aux traces de doigts ; en outre, nous regrettons que Sigma ne propose pas un écran orientable et tactile pour améliorer l'expérience de l'utilisateur.

En pleine lumière, l'affichage est fluide et relativement précis. En intérieur ou en basse lumière, il perd un peu de fluidité et présente beaucoup de rémanence et un bruit électronique prononcé.

Le système du dp1 Quattro permet d'afficher quelques informations utiles à l'écran comme un niveau électronique sur 2 axes, des grilles d'aide à la composition (4, 9 ou 16 lignes) et un histogramme d'exposition.

Si le dp2 peut accueillir un viseur optique (fixé sur la griffe porte-accessoire), le dp1 Quattro bénéficie d'un tout autre modèle. En effet, Sigma propose une loupe de visée VF-01 (pas de prix communiqué pour l'instant...) qui permet de grossir l'afficheur LCD d'environ 2,5x. Attention, la visée n'est pas plus précise : elle est seulement plus confortable, avec un grossissement plus important. Notez que ce viseur supplémentaire donne un aspect encore plus singulier au boîtier.

Prise en main du Sigma DP1 QuattroSigma DP1 Quattro et viseur / loupe VF-01.

Mise au point et réactivité

Le Sigma dp1 Quattro utilise un module autofocus par détection de contraste sur 9 zones. La réactivité de l'autofocus n'est clairement pas le point fort du boîtier et il faut en moyenne un peu moins de 1 seconde pour faire le point. En basse lumière ou sur un sujet peu contrasté, le système a vraiment tendance à "pomper" afin d'accrocher un détail. On est loin des performances d'un boîtier Micro 4/3 ou Nikon 1, mais ce délai reste raisonnable. Ce qui l'est moins, c'est le gel de l'affichage pendant la mise au point. Impossible de suivre en mouvement, par exemple.


Pour la mise au point manuelle, vous disposez d'une loupe (8x) au moment de la pression à mi-course du déclencheur. Vous pouvez également apprécier la distance avec une échelle affichée à la base de l'écran. Malheureusement, les ingénieurs n'ont pas prévu d'assistants comme le focus peaking qui permet de surligner les zones de netteté.

Il faut compter presque 3 secondes pour mettre le compact expert sous tension. C'est long. Surtout que l'autonomie toute relative de la batterie incite à éteindre l'appareil dès la prise de vue terminée. Entre deux photos, le temps d'enregistrement est également long. Là encore, il faut patienter presque 3 secondes sans pouvoir faire de réglages. En mode rafale, le boîtier dispose d'une mémoire tampon de 7 vues (RAW + JPEG ou JPEG seul) avec une cadence qui oscille autour de 4 ips.

Connexions

Sous le cache en caoutchouc, le dp1 Quattro propose une sortie USB. Et c'est tout. Pas de prise micro-USB pour la recharge ou le transfert des données, pas de sortie HDMI. Le boîtier ne propose également aucune connexion actuelle comme le Wi-Fi, le NFC ou le Bluetooth.

Sigma DP1 quattro test review connexions

Son au déclenchement

Le dp1 Quattro est particulièrement silencieux et vous n'entendrez qu'un cliquetis au moment du déclenchement. Si vous désactivez l'assistance AF (diode rouge), vous pourrez déclencher en toute discrétion. Vous pouvez écouter le déclenchement du boîtier en mode simple puis rafale, en cliquant sur la vignette ci-dessous.

Sigma DP1 Quattro test review son déclenchement

Modes photo, exposition

Le dp1 Quattro propose une plage de temps d'exposition variant de 30 s au 1/2 000 s. Nous aurions aimé à la fois un mode "bulb" afin de pouvoir pratiquer facilement la pose longue, et une obturation plus rapide au 1/4 000 ou 1/8 000 afin pouvoir travailler à pleine ouverture et en pleine lumière. Le dp1 Quattro ne dispose d'aucun filtre ND.

Le compact expert dispose d'un bracketing d'exposition sur 3 vues sur +/- 3 IL, mais il n'y a aucune option afin de réaliser une photo à large plage dynamique (HDR). Le système offre également un intervallomètre.

Sigma DP1 Quattro test review mode standardSigma DP1 Quattro test review mode vif
Sigma DP1 Quattro test review mode cineSigma DP1 Quattro test review mode monochromeDe gauche à droite et de haut en bas : standard, vif, ciné et monochrome.

Le dp1 Quattro propose plusieurs rendus colorimétriques avec la possibilité pour chacun de modifier la saturation, la netteté et le contraste. Les modes sont les suivants : Standard, Vivid, Neutral, Portrait, Landscape, Cinema, Sunset Red, Forest Green, FOV Classic Blue, FOV Classic Yellow et Monochrome. Pour ce dernier, vous pouvez également ajouter l'effet d'un filtre coloré (jaune, orange, rouge, vert, bleu) ou ajouter une dominante colorée (rouge, sépia, vert, bleu, violet...).

Logiciel

L'architecture du capteur Foveon X3 Quattro est telle que seul le logiciel fourni par Sigma peut développer les fichiers bruts XF3. À ce jour, aucun autre éditeur de logiciel ne propose de solution pour traiter des fichiers en provenance d'un capteur Foveon. Si vous décidez de photographier en RAW (et nous vous le recommandons), la case Sigma Photo Pro sera donc incontournable.

Il est recommandé d'avoir une configuration matérielle plutôt musclée, le traitement des informations en provenance du Foveon X3 Quattro demandant une puissance conséquente.

Sigma DP1 Quattro test review logiciel sigma photo pro

Sous son interface une peu vieillissante, le logiciel est assez complet et vous pouvez régler assez finement le rendu des images.

Précision, colorimétrie

Test labo

Nous avons testé l**'objectif équivalent 28 mm du dp1** Quattro avec son capteur APS-C Foveon X3 de 19,6 Mpx (définition de la couche bleue). L'objectif est composé de 9 éléments répartis en 8 groupes (2 éléments asphériques et 1 élément FLD), et d'un diaphragme à 9 lamelles.

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple.

De plus, le piqué va dépendre de la définition du capteur de votre appareil et la taille de son capteur. Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Le DP1 Quattro dispose d'une définition de 5424 x 3616 pixels (couche bleue). Chaque pixel mesure donc 4,3 micromètres de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11 !

Nous avons fait le choix d'effectuer notre étude qualité optique du Sigma dp1 Quattro à partir du format de fichier 5424 x 3616 px : la définition native de la couche bleu du capteur Foveon X3 de l'appareil. Les résultats sont pour le moins impressionnants ! Dans cette configuration, l'optique 28 mm associée au capteur produit des images d'une qualité optique remarquable, voire exceptionnelle. Les images ne sont pour autant pas parfaites.

0,47 cycle par pixel au centre à f/5,6 ! C'est presque incroyable quand on sait que la résolution optique maximale du capteur est de 0,5 c/p. Au global, la qualité d'image et la sensation de netteté sont exceptionnelles à toutes les ouvertures au centre et aux 2/3 de l'image.

L'objectif n'est pourtant pas uniforme. On observe un très fort décalage de piqué entre le centre, les 2/3 de l'image et les bords. De plus le niveau de qualité optique varie en fonction de l'ouverture : le système donne le meilleur de lui même à f/5,6. On observe aussi la présence d'aberrations chromatiques.

Sigma DP1 Quattro

Nous avons décidé de tester les performances JPEG du dp1 Quattro dans les différentes options possibles :

  • JPG sorti de boîtier en 5424 x 3616 (19,6 Mpx),
  • JPG sorti de boîtier en 7680 x 5120 (39 Mpx),
  • JPG issu d'un développement RAW avec Sigma Photo Pro en 5424 x 3616 (19,6 Mpx),
  • JPG issu d'un développement RAW avec Sigma Photo Pro en 7680 x 5120 (39 Mpx),
  • JPG issu d'un développement RAW avec Sigma Photo Pro en 10848 x 7232 (78 Mpx).

Le résultat est sans appel : l'échantillonnage du boîtier sur le fichier, qui passe de 20 à 39 Mpx, fait baisser la sensation de netteté générale. C'est donc bien en JPEG sorti de boîtier 19,6 Mpx que le DP1 Quattro est le plus performant en qualité d'image (sensation de netteté), bien qu'il soit évident que l'image a subi une accentuation assez élevée : on aime ou on n'aime pas.

Le calcul de l'extrapolation fait probablement baisser les micro-contraste et donc la sensation de netteté.

Il en va de même pour le développement RAW via Sigma Photo Pro : une fois de plus, c'est bien en JPEG développé en 19,6 Mpx qu'il est le plus performant.

Sigma DP1 Quattro, test qualité optique, extrait 1
Extrait à 100 % d'un JPEG en 7680 x 5120 (39 Mpx) (sortie d'appareil).

Sigma DP1 Quattro, test qualité optique, extrait 2
Extrait à 100 % d'un JPEG en 5424 x 3616 px (sortie d'appareil).

Sigma DP1 Quattro, test qualité optique, extrait 3
Extrait à 100 % d'un JPEG en 7680 x 5120 px (39 Mpx) (5424 x 3616 sortie d'appareil et échantillonné en 7680 x 5120 px par Photoshop).

Sigma DP1 Quattro, test qualité optique, extrait 4
Extrait à 100 % d'un JPEG en 5424 x 3616 px (7680 x 5120 sortie d'appareil et échantillonné en 5424 x 3616 px par Photoshop).

Sigma DP1 Quattro, test qualité optique, extrait 5

Extrait à 100 % d'un JPG en 5424 x 3616 px développé par Sigma Photo PRO 6.

Sigma DP1 Quattro, test qualité optique, extrait 6
Extrait à 100 % d'un JPG en 10848 x 7232 px (78 Mpx) développé par Sigma Photo PRO 6.

Sigma DP1 Quattro, test qualité optique, extrait 7
Extrait à 100 % d'un JPG en 7680 x 5120 px (39 Mpx) développé par Sigma Photo PRO 6.

Sigma DP1 Quattro, test qualité optique, extrait 8
Extrait à 100 % d'un JPG en 10848 x 7232 (78 Mpx) (5424 x 3616 px sortie d'appareil et échantillonné en 10848 x 7232 px par Photoshop).

Aberrations chromatiques

Les images du dp1 Quattro présentent des aberrations chromatiques (latérales) assez visibles sur notre scène test, notamment à pleine ouverture f/2,8, comme vous pouvez le constater sur la capture ci-dessous. Étonnamment, ces aberrations ne sont pas corrigées à la volée lors du traitement des fichiers. Elles s'estompent avec la fermeture du diaphragme.

Sigma DP1 Quattro aberrations chromatiquesExtrait à 100 % d'un cliché de notre scène test à f/2,8.

Gestion du bruit électronique

Pour notre test, la scène est éclairée sous environ 250 lux. Notre appareil étalon est le Canon 5D Mark III qui pour un gris neutre 18 % requiert le couple f/5,6 - 1/8 s pour une sensibilité de 200 ISO. Le Sigma dp1 Quattro est également calé pour exposer correctement un gris 18 % avec une sensibilité ISO de 100 ISO et une ouverture de f/5,6. La vitesse est alors de 1/3 s. Nous faisons alors varier la vitesse et la sensibilité ISO. Les images sont visibles à 100 % et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (XF3).

LES JPEG

Le dp1 Quattro est équipé d'un capteur Foveon X3 de dernière génération dans un format APS-C comme l'ensemble de la gamme qui porte ce nom.

différentes tailles capteurs

Ce capteur présente toujours une technologie tri-couche (bleue, verte et rouge), mais cette fois, la couche bleue présente 4 fois plus d'information que les couches inférieures.

Sigma Capteur Foveon Quattro
Architecture du capteur Quattro (visuel constructeur). Pour plus d'information sur le calcul de la définition, vous pouvez consulter cet article sur Les Numériques.

Si le comptage de pixels sur la précédente génération de capteurs Foveon X3 (Merrill) était assez simple, avec autant d'information colorée que de pixels, ici, le principe se complique sérieusement.

Les fichiers délivrés ont une définition de 5424 x 3616 pixels, soit environ 20 Mpx, ce qui est également la définition de la couche bleue. Attention, les informations dans les autres couches sont donc extrapolées pour obtenir les informations manquantes. Les photosites des couches vertes et rouges étant plus grands, ils sont également plus sensibles. Autre avantage de cette technologie, le capteur ne comporte ni filtre passe-bas, ni filtre coloré susceptible de dégrader la qualité des images.

Revers de cette technologie : peu de logiciels savent exploiter correctement le format particulier des fichiers bruts et, pour l'instant, il est préférable d'utiliser le logiciel maison Sigma Photo Pro. Dans tous les cas, c'est pour l'instant la seule solution.

Les JPEG à 100 ISO sont remarquables de finesse et le rendu de matière, absolument superbe et unique. Aucun autre appareil photo n'est capable de restituer autant de détails de notre scène test. Malheureusement, l'architecture tri-couche a également ses limites et elle les montre trop rapidement quand on cherche à grimper dans les sensibilités ISO.

Ainsi, dès 200 ISO, une granulation est déjà perceptible sur les clichés du dp1 Quattro, notamment sur les aplats colorés. Il sera possible de pousser à 400 ISO, mais déjà vous percevrez une légère désaturation des couleurs et une granulation plus marquée. Idéalement, il faudrait s'arrêter à 800 ISO, sensibilité à partir de laquelle les images sont plus franchement dégradées. En effet, si la granulation est assez fine, elle présente surtout une trop grande régularité et crée des bandes peu esthétiques. Les sensibilités supérieures ne sont pas vraiment exploitables : le bruit devient grossier, le lissage, destructeur et vous noterez l'apparition de nombreux artéfacts colorés comme ces "points" de couleur assez étonnants.

Sigma DP1 Quattro test review montée ISO artéfacts colorésDe haut en bas et de gauche à droite : 100, 400, 800, 1 600, 3 200 et 6 400 ISO. Les artéfacts colorés sont particulièrement visibles à 3 200 ISO.

Comparaison à tirage équivalent

Nous avons choisi de confronter le dp1 Quattro à quelques boîtiers référents comme le RX1R de Sony (24 Mpx, 24x36), le Fujifilm X100S (16 Mpx, APS-C) et le Nikon D800 (36 Mpx, 24x36).

Nous comparons naturellement les boîtiers à "tirage équivalent". Nous avons "normalisé" les images pour un tirage 40 x 60 cm en 180 dpi, soit une définition de12 Mpx environ. Avec la série DP Quattro, nous avons choisi de limiter la sensibilité à 800 ISO afin de ne pas trop les pénaliser.

Attention, les boîtiers ne sont pas équipés d'optiques équivalentes, le piqué initial n'est donc pas le même. Il faut essayer de comparer uniquement le niveau de bruit électronique... Pas si simple.

Sigma DP1 Quattro - 800 ISOFujifilm X100S - 800 ISO
Nikon D800 - 800 ISOSony RX1R - 800 ISO

Malgré une précision bien supérieure à celle de ses concurrents, le Sigma dp1 Quattro est en difficulté face à la concurrence à 800 ISO. S'il surclasse encore le Fujifilm X100S et son capteur APS-C X-Trans II en termes de rendu des détails, le compact expert de Fujifilm affirme sa maîtrise du bruit électronique avec des aplats exempts de bruit à 800 ISO. Le Sony RX1R est remarquable face au D800 de Nikon avec un rendu bien équilibré entre détail et niveau de bruit électronique.

Oscilloscope

Passons certaines images du Sigma dp1 Quattro sous l'œil de l'oscilloscope pour un avis plus "mathématique".

Le graphique montre déjà un bruit perceptible à 100 ISO. Cela provient sans doute d'une accentuation assez poussée des JPEG. La faible granulation est alors renforcée par des effets de halo. À 800 ISO, la granulation dans les valeurs sombres est très importante et la dynamique diminue notablement.

Sigma DP1 Quattro test review bruit électronique sur gris 100 ISOSigma dp1 Quattro – 100 ISO Sigma DP1 Quattro test review bruit gamme gris graphique 100 ISO
Sigma DP1 Quattro test review bruit gamme gris 400 ISOSigma dp1 Quattro – 400 ISO Sigma DP1 Quattro test review bruit gamme gris graphique 800 ISO
Canon G7X test review bruit gamme gris 1600 ISOSigma dp1 Quattro – 800 ISO Sigma DP1 Quattro test review bruit gamme gris graphique 800ISO

Fichiers bruts

Nous mesurons également le bruit de fond du capteur en reconduisant le protocole de test précédent, mais nous effectuons les mesures sur la partie aveugle du capteur (qui ne reçoit pas de lumière) afin de mesurer le bruit généré par le capteur lui-même aux différentes sensibilités.

Le graphique ci-dessous représente la déviation standard (donc le bruit) pour les différents pixels colorés : rouges, verts, bleus, et verts. Pour simplifier les résultats, nous n'affichons ici les résultats que pour l'une des séries des pixels verts.

Pour cette mesure, nous utilisons la partie masquée du capteur. La courbe est assez atypique et montre un niveau de bruit déjà assez élevé à 100 ISO, qui monte peu à 200 ISO mais augmente sérieusement à 400 ISO pour établir un plateau à 800 ISO. En effet, les sensibilités supérieures (1 600, 3 200 et 6 400 ISO) ne semblent être que des extrapolations logicielles.

Sigma DP1 QUattro bruit électronique dans les fichiers bruts

Il est intéressant de noter que dans la moulinette Sigma Photo Pro 6.2, le traitement des fichiers bruts change clairement la donne si vous souhaitez photographier à 800 ISO ou plus. Même si le traitement des images est un peu long (entre 5 et 10 secondes selon la puissance de votre ordinateur), le gain est plus qu'appréciable... au niveau des détails. Par défaut, les images réalisées à 800 ISO ou plus présentent un gain évident au niveau du rendu des détails. Le traitement des données requiert sans doute beaucoup de puissance de calcul et le JPEG de l'appareil ne semble être qu'un simple "aperçu" de la photo. Par défaut, le rendu des couleurs est par contre toujours aussi terne et il est difficile de revenir à colorimétrie juste.

Sigma DP1 Quattro test review JPEG vs RAW

La granulation étant plus fine, un passage en noir et blanc contourne élégamment le problème des couleurs et permet d'obtenir des images tout à fait convenables jusqu'à 3 200 ISO au moins.

Sigma DP1 Quattro 3 200 ISOSigma DP1 Quattro 3 200 ISO / RAW

Exemples de photos

Nous avons promené les pixels du Sigma dp1 Quattro dans les passages couverts de Paris, où conditions lumineuses sont parfois difficiles. La première image avec les rangées de livres montre bien la précision des images enregistrées par le capteur Foveon X3 Quattro. Mais cette photo met également en évidence le bruit électronique déjà visible à 200 ISO.

Sigma DP1 Quattro exemple 1

Les deux clichés ci-dessous mettent en exergue les différences de rendu des images avec différentes sensibilités ISO. À 100 ISO, le moutonnement est plutôt agréable et doux. À 800 ISO, des bandes apparaissent et il sera préférable de traiter un fichier RAW.

Sigma DP1 Quattro exemple 10
Sigma DP1 Quattro exemple 2

Ci-dessous, un autre exemple de la finesse des détails visibles sur une image de dp1 Quattro : il est possible de visualiser les mailles du filet présent au-dessus du musée Grevin.

Sigma DP1 Quattro exemple 3

Malgré une nette surexposition de +1,7 IL, l'image en monochrome est encore très dense. Le mode noir et blanc des Quattro est intéressant, puisqu'il ne s'agit pas d'une simple désaturation comme sur les capteurs de type Bayer, mais bien des différentes intensités par couche.

Sigma DP1 Quattro exemple 4

Nous passons ici à 800 ISO avec une lumière de journée. À 100 % sur écran, le bruit électronique du JPEG est clairement visible dans la vitrine.

Sigma DP1 Quattro exemple 5
Sigma DP1 Quattro exemple 6
Sigma DP1 Quattro exemple 7

Le Sigma dp1 Quattro propose de nombreux formats d'images : les traditionnels 1:1, 3:2, 4:3 et 16:9. Nous avons particulièrement apprécié le mode 21:9, un mode cinémascope qui devrait plaire aux paysagistes.

Sigma DP1 Quattro exemple 8

Encore quelques exemples de photos impressionnantes au niveau des détails.

Sigma DP1 Quattro exemple 9

On parle souvent des couleurs avec la technologie Foveon. Elles devraient être plus justes puisque sans interpolation avec la matrice de Bayer. Pourtant, parfois, certaines teintes apparaissent de manière assez... étrange. Les verts peuvent devenir gris et les rouges (comme ici les radis) sont plus saturés.

Sigma DP1 Quattro exemple 11

Petit essai de mise au moins rapprochée pour apprécier le bokeh.

Sigma DP1 Quattro exemple 12

Verdict

Sigma DP1 Quattro

Se singulariser. Tel devait être le maître mot lors des réunions de conception de la nouvelle série dp Quattro de Sigma. Et le résultat est pour le moins... singulier, tant par la forme du boîter que par les résultats obtenus. Disons-le sans ambages, le dp1 Quattro délivre les images les plus piquées que nous ayons vues à la rédaction (avec le dp2 Quattro, naturellement). Les prises de vue fourmillent de détails et vous redécouvrirez le rendu de certaines matières.

En termes de piqué, le dp1 Quattro n'a donc pas d'équivalent. Néanmoins le rendu des couleurs est parfois problématique. Ainsi, les nuances de vert apparaissent parfois bien ternes ou au contraire très saturées. Concernant la définition des images, il est difficile de rejoindre le discours de Sigma sur un capteur "équivalent" à un 39 Mpx. En effet, vous ne gagnerez en précision en passant en mode Super High qu'en extrapolant les images sous Photoshop. Pour nous, le dp1 Quattro est équivalent à un capteur 19 Mpx.

C'est par ailleurs un compact expert séduisant. Il arbore une ligne audacieuse et sa prise en main se révèle au final assez agréable. On pourra toujours s'interroger sur le choix des différentes focales : 28, 45 et 75 mm. Un tel choix est toujours arbitraire, mais une focale plus large (24 mm par exemple) et un équivalent 35 mm aurait été appréciés.

Pour le reste, le boîtier reste malheureusement trop en retrait par rapport à la concurrence. Ainsi, la gestion du bruit électronique montre trop rapidement ses limites. Au-delà de 800 ISO, les JPEG sont difficilement exploitables et on hésitera à dépasser 3 200 ISO en RAW. Le boîtier est globalement est assez lent et n'offre que le minimum syndical au niveau des fonctionnalités (pas d'écran orientable et tactile, pas de viseur intégré, pas de vidéo...). La liste des absents est malheureusement assez longue (cf. liste des moins) et cantonne le dp1 Quattro à un spectre d'utilisation assez restreint.

Si vous recherchez la meilleure image et que vous pouvez contrôler un minimum l'éclairage, le Sigma dp1 Quattro est plus que recommandable. Dans les cas inverses, il faut bien peser le bénéfice de la qualité d'image vis-à-vis des autres contraintes.

Face à la concurrence

Fujifilm X100T

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Fujifilm X100T

Dans la catégorie des compacts à objectif fixe, nous avons choisi de confronter le dp1 Quattro au récent X100T de Fujifilm.

Si le dp1 dispose d'une focale 28 mm, Fujifilm a quant à lui opté pour un équivalent 35 mm. Les deux compacts intègrent un capteur APS-C sans mosaïque de Bayer, mais les stratégies sont différentes. Le dp1 délivre de beaux JPEG jusqu'à 400 ISO avec une accentuation bien dosée et une impression de netteté incroyable. Le travail en RAW permet de monter facilement jusqu'à 1 600 ISO. Le X100T est nettement plus à l'aise dans les hautes sensibilités ISO et vous permet de travailler jusqu'à 3 200, voire 6 400 ISO en JPEG sans le moindre doute.

Sur le reste des fonctionnalités, le X100T prend clairement l'ascendant sur son concurrent avec un viseur optique / électronique innovant et très pratique. Le compact expert Fujifilm se montre plus rapide en autofocus, dispose d'un mode vidéo, d'une connexion Wi-Fi, d'une autonomie plus importante...

+
  • Excellent piqué à 100 ISO
  • Boîtier hors norme
  • Qualité de fabrication et design singulier
  • Interface dépouillée, personnalisable et efficace
  • Déclenchement très silencieux
  • Très mauvaise gestion du bruit électronique au-delà de 400 ISO
  • Pas de stabilisation optique ou mécanique
  • Pas de pose longue au-delà de 30 secondes
  • Écran brillant, non tactile, non articulé
  • Faible autonomie de la batterie (2 batteries livrées en standard)
  • Pas de vidéo
  • Autofocus très lent en basse lumière
  • Boîtier manquant globalement de réactivité
  • Dynamique limitée
  • Format RAW propriétaire et ouvert uniquement par Sigma Photo Pro
  • Pas de connexions actuelles (ni Wi-Fi ni NFC ni Bluetooth)
  • Pas de sortie HDMI
  • Pas de recharge par micro-USB
  • Pas de finition à l'épreuve des intempéries
  • Viseur optique en option
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

Les prix
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