CapteurFOVEON X3® Direct Image Sensor (CMOS) de génération Quattro. APS-C 23,5 x 15,7 mm. Définition spatiale : 19,6 Mpx
Monture/
Optique livrée14 mm f/4 équivalent 21 mm en 35 mm
StabilisationNon
Antipoussière/
ViseurNon, en option loupe pour écran
FlashNon (griffe porte-accessoire présente)
Écran7,6 cm. 921 000 points
Mise au pointAutofocus par détection de contraste
Mesures d'expositionÉvaluative, Mesure moyenne pondérée centrale, Mesure Spot
Modes d'exposition(P) Program AE (décalage possible), (S) Priorité à la vitesse AE, (A) Priorité à l’ouverture AE, (M) Exposition manuelle.
Vitesse d'obturation1/2 000* - 30 s. (*la vitesse maximale dépend de l’ouverture)
Motorisation-
Sensibilité ISO100 ISO ~ 6 400 ISO
MémoireCartes SD, SDHC, SDXC
AlimentationLi-Ion BP-51 (annoncé pour 200 clichés)
ConnexionUSB
Dimensions161 x 67 x 87 mm (L x H x P)
Poids440 g
LogicielsSigma Photo Pro
Dans la boîte2 batteries, bouchon, courroie, chargeur de batterie, câble USB

Caractéristiques

Présentation

Dans la famille dp Quattro, c'est au tour du dp0 d'être lancé par Sigma. Ce nouveau modèle reprend la configuration des autres Quattro et leur design si particulier. On retrouvera donc au cœur du boîtier un capteur Foveon X3 doté de trois couches, une pour le rouge, une pour le vert et une pour le bleu. Les deux couches inférieures comptent chacune 4,9 Mpx, alors que la couche supérieure en compte 19,6 Mpx. Particularité du dp0, il est équipé d'une optique 14 mm f/4, qui équivaudra à un 21 mm, le capteur Foveon des dp étant au format APS-C.

Sigma DP0

La construction optique de 11 éléments répartis en 8 groupes comprend 4 éléments FLD ("F" Low Dispersion), 2 SLD (Super Low Dispersion) et 2 verres asphériques afin de réduire les aberrations chromatiques ainsi que la distorsion. Le diaphragme est constitué de 7 éléments.

Capteur Foveon multicouche

Sigma dp, capteur foveon multicouche, principe et schéma de fonctionnement

Pour rappel, les dp de Sigma ont pour particularité de ne pas utiliser un très classique capteur à matrice de Bayer, mais un capteur Foveon multicouche, chaque couche captant les informations relatives à une couleur (une couche pour le bleu, une pour le vert et une pour le rouge). Le résultat peut se résumer de la sorte : les images capturées sont d'une incroyable richesse, tant par les détails que par leurs couleurs et leur dynamique, et les dp Quattro rivalisent sans peine avec les meilleurs capteurs plein format (voire moyen format) sur ce point.

Test Sigma dp1 Quattro (19 mm f/2,8)

Test Sigma dp2 Quattro (30 mm f/2,8)

Test Sigma dp3 Quattro (50 mm f/2,8)

Caractéristiques

Prise en main

Le dp0 Quattro est très proche des autres dp de la série Quattro (dp1, dp2 et dp3) : il n'en diffère que dans l'intégration d'une optique grand-angle 14 mm équivalente à un 21 mm en 24x36.

Sigma DP0

Pour la prise en main générale, nous vous dirigeons donc vers le test du dp3 Quattro.

Optique 14 mm f/4

La seule différence avec les autres modèles de la gamme tient donc à la focale fixe de 14 mm à ouverture f/4. Celle-ci est imposante. Alors que le corps du boîtier est mat, l'optique se pare d'une finition brillante — un choix esthétiquement discutable, d'autant que la surface se retrouve très rapidement recouverte de traces de doigts.

L'optique est également très proéminente. Le dp0 est définitivement le boîtier le plus volumineux de la série, avec une profondeur d'environ 11 cm... sans pare-soleil. Toutefois, il faut bien avouer que cette optique permet une bonne préhension du boîtier, la main gauche pouvant facilement soutenir le fût. La bague de mise au point est très large et sa fluidité, parfaite.

Précision, colorimétrie

Test labo

Nous avons testé l'objectif équivalent 21 mm du dp0 Quattro avec son capteur APS-C Foveon X3 de 19,6 Mpx (définition de la couche bleue). L'objectif est composé de 9 éléments répartis en 8 groupes (2 éléments asphériques et 1 élément FLD), et d'un diaphragme à 9 lamelles.

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple.

De plus, le piqué va dépendre de la définition du capteur de votre appareil et la taille de son capteur. Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Le dp0 Quattro dispose d'une définition de 5 424 x 3 616 px (couche bleue). Chaque pixel mesure donc 4,3 micromètres de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11 !

Nous avons fait le choix d'effectuer notre étude de qualité optique du Sigma dp0 Quattro à partir du format de fichier 5 424 x 3 616 px : la définition native de la couche bleue du capteur Foveon X3 de l'appareil.

Aux plus grandes ouvertures, les résultats de ce dp0 Quattro sont à la hauteur de ceux de ses prédécesseurs, à savoir exceptionnels ! Le niveau de piqué au centre est extrêmement élevé, proche de la perfection. La finesse des détails est remarquable. Même si on note après analyse Imatest un fort écart de piqué entre le centre et les bords, il ne se ressent pas trop visuellement, compte tenu du très haut niveau de l'ensemble. À mesure que l'on ferme le diaphragme, le piqué baisse naturellement, mais reste très bon jusqu'à f/11. Au-delà, la diffraction se fait sentir.

Sigma dp0 Quattro

À titre de comparaison, voici les résultats de tous les dp Quattro à f/8.

sigma dp0 quattro
Sigma dp0 Quattro à f/8.

Sigma DP1 Quattro à f/8
Sigma dp1 Quattro à f/8.

Sigma DP2 Quattro à f/8
Sigma dp2 Quattro à f/8.

Sigma DP3 Quattro à f/8Sigma dp3 Quattro à f/8.

Gestion du bruit électronique

En matière de gestion du bruit électronique, le dp0 est strictement identique aux autres boîtiers de la série Quattro. Nous vous invitons donc à consulter le test détaillé du dp3 Quattro pour plus d'informations.

Vous trouverez ci-dessous la galerie d'images (JPEG et RAW) réalisées à toutes les sensibilités ISO. Rien ne change ; le dp0 est difficilement exploitable au-delà de 800 ISO en JPEG, avec une dérive colorimétrique marquée.

Exemples de photos

Nous avons réalisé une série de clichés en extérieur afin de confronter le dp0 Quattro de Sigma à son environnement de prédilection : le paysage.

Notre premier cliché s'est avéré intéressant au point de vue du flare. En effet, cette prise de vue à contre-jour met en évidence un problème de réverbération que nous constaterons sur d'autres images. Le plus intéressant est sans doute la forme de ce flare en bas de l'image, ressemblant à un ballon de football.

Sigma dp0 Quattro exemple 1

En prenant soin de ne pas dépasser 400 ISO, le dp0 se révèle également très à l'aise à l'intérieur de grands bâtiments comme l'impressionnant musée automobile de Mercedes, à Stuttgart. J'ai privilégié le format cinémascope (21:9), malheureusement encore trop souvent absent des appareils photo actuels. Ici, pour m'affranchir du bruit chromatique, j'ai opté pour une image en nuances de gris.

Sigma dp0 Quattro exemple 2

Le format 21:9 se prête particulièrement bien au paysage, notamment avec une optique grand-angle 21 mm qui renforce l'impression "panoramique". Pour cette série de clichés réalisés dans un château, j'ai choisi de renforcer le côté cinématographique avec un rendu des couleurs spécifique. Le rendu est tout simplement superbe, malgré une sensibilité fixée à 400 ISO. L'image est remarquablement détaillée sur l'ensemble du champ : c'est véritablement impressionnant. Seul bémol, la dynamique. Le ciel est rapidement percé et manque cruellement de nuances.

Sigma dp0 Quattro exemple 3

Cette scène fourmille de petits éléments ce qui est très pratique pour vérifier le piqué du dp0. Sans surprise, le boîtier se sort particulièrement bien de cet exercice.

Sigma dp0 Quattro exemple 4

Ci-dessous, vous trouverez une série d'images au 21:9 (oui, j'aime vraiment ce ratio !). Comment constaté précédemment, les hautes lumières sont rapidement "brûlées".

Sigma dp0 Quattro exemple 5
Sigma dp0 Quattro exemple 6
Sigma dp0 Quattro exemple 7
Sigma dp0 Quattro exemple 8

Dans un format plus "classique", le dp0 donne des résultats somptueux. Toutefois, la fête est parfois gâchée par l'éblouissement qu'il est possible de voir au centre de l'image, près du bâtiment récent. Il est important de surveiller les hautes lumières et de ne pas hésiter à compenser l'exposition. De manière assez étonnante, il est possible de remonter les zones sombres sans faire monter le bruit électronique.

Sigma dp0 Quattro exemple 9
Sigma dp0 Quattro exemple 10
Sigma dp0 Quattro exemple 11

Encore deux exemples d'éblouissement et de flare. Sur la première image, le bâtiment blanc au fond renvoie beaucoup de lumière que le capteur semble mal gérer. Là encore, le contraste diminue et l'image s'avère un peu laiteuse. Au premier plan, l'herbe est également un peu trop grise pour être naturelle.

Sigma dp0 Quattro exemple 12
Sigma dp0 Quattro exemple 13

Verdict

Sigma DP0

Après le dp1 et sa focale équivalente à un 28 mm, le dp2 et son 45 mm éq. 24x36, et le dp3 avec 75 mm eq. 24x36, le dp0 Quattro équipé d'un super grand-angle (21 mm eq. 24x36) vient idéalement compléter la gamme de compacts experts à capteurs APS-C de Sigma.

Une fois de plus, Sigma propose une optique en parfaite adéquation avec le capteur Foveon X3. Le rendu des détails est tout simplement exceptionnel jusqu'à f/8, et très bon encore jusqu'à f/11. Le capteur Foveon X3 Quattro délivre des images en 20 Mpx impressionnantes de précision.

Pour la photo de paysage, ce boîtier est dans son élément. Nous avons toutefois noté quelques rendus des couleurs un peu détonnant (notamment dans les verts) et la présence de flare quand le soleil est trop présent. Il faudra vraiment vérifier l'exposition avant de déclencher. On profitera de la fonction de bracketing pour maximiser la plage dynamique, qui par défaut nous semble un peu faible. Le mode Super Resolution permet de sortir des JPEG en 39 Mpx mais attention : ce mode est une (excellente) extrapolation de pixels. Le mode RAW n'est disponible qu'en mode 20 Mpx (5 424 x 3 616 px).

Hormis cela, le boîtier n'évoluant pas, nous reprendrons nos conclusions sur les précédents modèles, avec les mêmes reproches et les mêmes louanges.

Nous apprécions la ligne audacieuse qui tranche radicalement avec tous les autres boîtiers actuels. Sortir un dp Quattro pour faire des photos impressionne toujours.

Pour le reste, le boîtier reste malheureusement trop en retrait par rapport à la concurrence. Ainsi, la gestion du bruit électronique montre trop rapidement ses limites. Au-delà de 800 ISO, les JPEG sont difficilement exploitables et on hésitera à dépasser 3 200 ISO, même en RAW. Le boîtier, globalement assez lent, n'offre que le minimum syndical au niveau des fonctionnalités (pas d'écran orientable et tactile, pas de viseur intégré, pas de vidéo...). La liste des absents, malheureusement trop longue (cf. les "moins" ci-dessous), cantonne le dp0 Quattro à un spectre d'utilisation assez restreint, mais dans lequel il est particulièrement à l'aise.

Si vous recherchez le meilleur rendu pour de la photographie de paysage ou d'architecture, le Sigma dp0 Quattro est une option plus recommandable. Il suffit de prendre le temps à la prise de vue et pour le traitement des fichiers bruts. Si vous recherchez une certaine polyvalence en revanche, il faut bien peser le bénéfice de la qualité d'image vis-à-vis des autres contraintes.

+
  • Qualité de fabrication et design singulier
  • Optique d'un excellent niveau : piqué superlatif, peu de distorsion
  • Rendu des détails exceptionnel à 100 ISO
  • Interface dépouillée, personnalisable et efficace
  • Déclenchement silencieux
  • Excellent rendu noir & blanc
  • Format d'image 21:9 intéressant
  • Mauvaise gestion du bruit électronique au-delà de 400 ISO
  • Flare très présent
  • Pas d'écran orientable. Surface de l'écran très brillante.
  • Les hautes lumières sont rapidement brûlées
  • Rendu des couleurs parfois étonnant
  • Faible autonomie (2 batteries sont livrées). Pas de recharge par USB.
  • Pas de mode vidéo
  • Globalement assez lent
  • Viseur optique en option (loupe à coller sur écran)
  • Pas de finition tout temps
  • Connectique limitée
  • Format RAW (.X3F) propriétaire et délicat à traiter. Logiciel Sigma Photo Pro très lent.
Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

Les prix
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