CapteurCMOS 26,3 Mpx (24,2 Mpx effectifs) 24 x 36 mm - 13 IL
MontureNA
Optique livréeLeica Summilux 28 mm f/1,7
StabilisationOui, optique
AntipoussièreNC
ViseurLCOS 3,68 Mpx
ÉcranLCD 3 pouces (7,6 cm) tactile - 1,04 Mpx
Mise au pointMesure de contraste
Modes autofocusAFS - AFD - AF
Mesures d'expositionNC
Modes d'expositionMultizone, centrale pondérée, spot.
Vitesse d'obturation30 s - 1/2 000 s - 1/16 000 s (électronique) - 1/500 s (flash)
Motorisation10 ips
Sensibilité ISO100-50 000 ISO
MémoireSD - SDHC - SDXC
AlimentationBC-DC 12
ConnexionMicro USB 2 - HDMI - NFC - Wi-Fi
Dimensions130 x 80 x 93 mm
Poids640 g
LogicielsAdobe Photoshop Lightroom
Dans la boîteCourroie, pare-soleil, capuchon objectif, cache griffe porte-flash, chargeur, câbles.

Caractéristiques

Leica Q

Leica frappe une grand coup avec ce nouvel appareil et enrichit sa gamme de compacts experts X. Ce n'est pas un nouveau X, mais bien une nouvelle catégorie d'appareil qui prend la lettre Q. Bienvenue donc au Leica Q Typ 116 : un compact expert équipé d'un capteur CMOS 24 x 36 mm de 24 millions de pixels et associé à un grand-angle Summilux 28 mm f/1,7 ! Sony et son RX1 n'est donc plus tout seul sur cette catégorie d'appareils.

Au premier coup d’œil, on est agréablement surpris par la taille très compacte du boîtier. On aurait pu s'attendre à un gabarit comparable à un petit M, mais il n'en est rien. Le Leica Q (Typ 116) mesure 130 x 80 x 93 mm pour un poids de 640 g. C'est un très bon point. Il dispose, comme toujours chez Leica d'un magnifique design, sobre, épuré et discret. Il est réalisé en aluminium et magnésium et dispose d'un revêtement en cuir. C'est un bel objet, agréable à voir et prendre en main.

Le Leica Q intègre un nouveau capteur 24 x 36 mm (il semblerait que ce ne soit pas un CMOSIS) de 26,3 Mpx pour 24,2 Mpx. Bien entendu, ce capteur utilise une technologie CMOS, ce qui assure à l'appareil de pouvoir afficher de très hautes sensibilités : 50 000 ISO au maximum. Il travaille de pair avec un nouveau processeur : le Maestro II. Sa rapidité de calcul permet à l'appareil de pouvoir monter jusqu'à 10 images par seconde en rafale.

Leica Q vue de dos

Il semblerait que le capteur ait été développé pour s'associer parfaitement au 28 mm f/1,7 Summilux ASPH installé devant. L'objectif est très beau. Il dispose d'une bague manuelle pour le réglage du diaphragme, une belle bague pour la mise au point avec un curseur de doigts : très classe ! Il dispose aussi d'un mode macro qui s'active en manipulant une troisième bague qui fait, comme par magie, apparaître de nouveaux repères de distance. Notons qu'en mise au point manuelle, l'appareil propose un focus peaking. Grande première, il bénéficie d'une stabilisation optique ! Bien entendu, on est en droit de s'interroger sur son utilité avec un 28 mm, mais bon, on ne va pas s'en plaindre.

L'optique est associée à un système autofocus basé sur une détection de contraste. Leica annonce que le système autofocus du Q est le plus rapide sur cette catégorie de compacts numériques. Les tests parleront !

Côté ergonomie, ce nouveau Q rappelle le Leica M. On retrouve une molette de réglage du temps de pose sur le dessus de l'appareil, permettant de s'affranchir de la classique molette des modes de prise de vues. À l'arrière, sur le côté de l'écran, on dispose de 4 touches dont une personnalisable et une touche d'accès direct au réglage de la sensibilité ISO.

Quant à l'écran arrière, il est tactile ! Enfin, ne nous emballons pas non plus : il est tactile "un peu". Faire défiler les images ou les menus au doigt est désormais possible. Il mesure 3 pouces de diagonale (7,6 cm) et affiche une définition de 1,04 Mpx. Par contre, Leica fait très fort avec son viseur électronique intégré qui, lui, affiche une définition de plus de 3,68 millions de points.

Niveau connectivité, Leica se met au goût du jour avec le Wi-Fi et le NFC embarqués !

Prix et disponibilité

Le Leica Q (Typ 116) est d'ores et déjà disponible au prix de 3 990 €.

Caractéristiques

Notre premier avis

On ne peut qu'être séduit par cet appareil qui, en plus d'être beau, s'annonce très performant au vu de ses caractéristiques techniques. Depuis quelques années, Leica se modernise en conservant une certaine tradition. Le pari semble de nouveau être gagné avec ce Q (Typ 116). On ne va pas se mentir, on sent bien que Leica n'est pas seul dans cette aventure et que son partenariat de longue date avec Panasonic est un atout considérable pour sortir des appareils à la pointe de la technologie. Capteur, autofocus, stabilisation optique : on sent bien qu'il y a du Pana là-dessous !

Chez Leica, il y a toujours un point délicat : le prix. Le nouveau Q ne déroge pas à la règle puisqu'il sera proposé au tarif de 3 990 € ! Pour rappel, le Sony RX1R à sa sortie était proposé à 3 100 €.

Que manque-t-il au nouveau Q (Typ 116) ? Pas grand-chose ! Si on veut pinailler, on aurait aimé voir un viseur optique en option à monter sur la griffe porte-accessoire, une interface tactile plus développée, des possibilités d'enregistrement vidéo en 4K, un petit flash d'appoint et un écran orientable.

Prise en main

Leica Q test review vue de face

Gabarit

Voilà, le Sony RX1 n'est plus le seul compact à capteur 24x36. Il est désormais rejoint par le Leica Q (Typ 116). Dans cette catégorie d'appareils photo, l'encombrement et le poids sont des éléments importants.

Leica Q Sony RX1
Largeur 130 mm 113 mm
Hauteur 80 mm 65 mm
Profondeur 93 mm 70 mm
poids 653 g 482 g

Globalement, le RX1 de Sony est plus compact et plus léger. Le Leica est effectivement un peu plus imposant et lourd. La construction du modèle allemand semble également un cran au-dessus en termes de qualité. Je précise "semble", car il faut voir l'évolution de la carrosserie dans le temps et il est délicat d'émettre un avis après seulement quelques jours passés avec le Leica Q. Son revêtement strié paraît de fait assez résistant, mais son dos lisse accuse déjà quelques égratignures.

Si le boîtier est assez compact, l'optique, elle, est plutôt volumineuse (comme l'est aussi le 35 mm f/2 du Sony). Le Leica Summilux 28 mm est certes lumineux (f/1,7), mais assez proéminent — 4,5 cm environ de fût pour un diamètre de 6 cm environ : une belle bête ! À sa décharge, il est stabilisé. Une première chez Leica, et sans doute un transfert de technologie issue de son partenaire Panasonic. Pour l'anecdote, la batterie utilisée par le Leica Q est identique à celle utilisée par le GH2 et le tout récent G7 de Panasonic.

Ergonomie

Le Sony RX1 et le Leica Q (Typ 116) présentent tous deux des lignes relativement épurées et une absence notable de poignée. Sur le Sony, il y a bien une partie caoutchoutée qui aide à la préhension, mais le Leica Q est quant à lui très lisse, et du coup un peu glissant. Heureusement, une belle encoche ménagée au dos pour le pouce permet cependant bien tenir le boîtier sans avoir une crampe aux doigts au bout de quelques minutes. La finition est de haute volée, avec un capot usiné dans un bloc d'aluminium, le corps du boîtier étant fait d'un alliage de magnésium et le lettrage blanc, gravé au laser.

L'avant du Leica Q est d'une superbe sobriété, avec une belle texture striée du plus bel effet qu'aucun élément ne vient perturber. Nous pourrons seulement regretter l'absence d'une commande personnalisable à l'avant.

Le dessus de l'appareil, lui aussi assez épuré, offre le strict minimum au niveau des commandes. Sur l'épaule droite, vous trouverez un barillet pour la sélection du temps d'obturation, le déclencheur avec une couronne pour la mise sous tension et le choix de la motorisation, ainsi qu'une molette de réglage. Vous l'aurez constaté, l'obturation semble limitée au 1/2 000 s. En pratique il n'en est rien, puisque cette limite n'est valable que pour l'obturation mécanique : le mode électronique, lui, grimpe aisément à 1/16 000 s, le tout dans un silence religieux ! La commande rouge sert à activer l'enregistrement vidéo. La griffe porte-accessoire peut notamment recevoir un flash, mais n'intègre malheureusement aucun connecteur électronique pour assurer une communication avec le boîtier.
Leica Q test review vue de dessus

Le dos du boîtier est également assez dépouillé. Vous noterez la présence d'un bel oculaire, sur lequel nous reviendrons lorsque nous évoquerons la visée.

Leica Q test review dos

La commande sous la molette des temps d'obturation permet d'afficher à l'écran (et dans le viseur) différents cadres équivalant à 35 et 50 mm. Dans ces deux cas, si les JPEG sont bien recadrés à la volée (15 Mpx pour le 35 mm et 8 Mpx pour le 50 mm), le DNG, lui, enregistre bien toutes les données pour un éventuel recadrage ultérieur. Il sera intéressant de voir si Lightroom (livré en standard) proposera de recadrer directement les images selon les données Exif.

Notez qu'il est possible d'attribuer d'autres fonctions à cette commande : zoom électronique et mémorisation de l'exposition ou du point (il faut maintenir une pression sur la commande).

Leica Q cadre de visée 35 mmLe cadre de visée équivalent 35 mm.

Leica Q cadre de visée 50 mm
Le cadre de visée équivalent 50 mm.

À gauche de l'écran sont alignés différents boutons, notamment une touche FN personnalisable. Il suffit de la maintenir appuyée pour afficher la liste des options.

Sur la droite, vous trouverez un trèfle de sélection et une touche centrale. Cette commande ne dispose d'aucune sérigraphie explicative. Pour autant, il n'est pas possible de personnaliser les actions liées aux différentes flèches : elles ne servent pour le moment qu'à déplacer la zone de mise au point. Dans une prochaine mise à jour peut-être ? Espérons-le, car en ce domaine, les boîtiers Sony excellent.

Enfin, la touche centrale permet de commuter les affichages : mode photo 3/2, mode vidéo en 16/9, aide à la composition (grille, niveau électronique sur un seul axe...) ou de se concentrer sur le cadre.

Le mode visée sans autre information que la grille de composition et le collimateur AF à gauche. À droite, la visée avec toutes les informations : mode AF, correction d'exposition, autonomie...

Un petit regret ? Oui : l'absence de rétroéclairage des commandes. En pleine obscurité, les touches étant identiques, il n'est pas facile de s'y retrouver.

Visée

Viseur électronique

Ce viseur électronique est une très belle surprise. En effet, il s'agit du premier modèle à dépasser la définition désormais classique de 2,36 millions de points (1 024 x 768 px, soit XGA) des appareils photo haut de gamme. Le viseur du Q n'affiche pas moins de 3,68 millions de points, selon la fiche technique. Dans un ratio 4/3, sa définition devrait être de 1 280 x 960 px ; il ne s'agit donc pas du viseur aperçu au CP+ 2015, affichant en SXGA+ (soit 1 400 x 1 050 px), mais sans doute d'une déclinaison.

Leica Q viseur électronique

Quoi qu'il en soit, la visée se révèle plus fine et plus précise que celle du Sony A7 par exemple. Sur certaines scènes détaillées (arbres, gravier...), le viseur du COI de Sony avait tendance à vibrer, ce qui n'est pas le cas avec le Leica Q. Le contraste est bon et la dynamique, de bon aloi, mais elle est encore en dessous de ce que propose un viseur optique classique.

En basse lumière, l'affichage patine un peu et le Leica Q est "sauvé" par l'optique très lumineuse qui limite la montée du grain.

L'oculaire est vaste et son ovale lui confère une certaine singularité.Malgré son étonnant format, le dégagement oculaire est assez agréable pour les porteurs de lunettes. Un réglage dioptrique est proposé et un détecteur de présence active le viseur à l'approche du visage.

Écran LCD

Côté dalle LCD, Leica a malheureusement opté pour un écran fixe. S'il n'est pas plus brillant qu'un autre, il se révèle, comme trop souvent, peu utilisable en plein soleil. La dalle, tactile, n'est que partiellement utilisée. On peut activer une option pour choisir rapidement au doigt la zone de mise au point (avec aussi la possibilité de déclencher), mais il n'est pas possible de jouer sur certains paramètres pour aller plus vite. Mode de mesure d'exposition, motorisation, qualité des images... : rien n'est accessible. Il en va de même avec les menus, qu'il faudra impérativement parcourir à l'aide des flèches du joypad.

Menus et interface

Contrairement au Leica T, le Q conserve une interface linéaire et assez classique, malgré la présence d'un écran tactile multipoint. Vous ne retrouverez donc pas l'écran avec les différentes tuiles pour accéder aux réglages qui fait la singularité du T.

Interface Leica T
L'interface graphique et tactile du Leica T.

Optique

C'est bien sûr, avec le capteur 24x36, c'est la pièce maîtresse du Leica Q. Pour de nombreux photographes, les optiques Leica sont synonymes d'exception. Un savoir-faire que l'opticien allemand peaufine depuis maintenant plus de 100 ans.

Et il faut bien avouer, l'optique 28 mm f/1,7 Summilux ASPH du Leica Q est superbe à de nombreux égards. Elle est stabilisée, fruit sans doute du partenariat entre Leica et Panasonic qui maîtrise cette technologie depuis des années. La bague de diaphragme crantée se manipule avec une grande facilité. Pour passer d'un mode autofocus à une mise au point manuelle, il suffit de déverrouiller la bague au niveau de l'ergot et du point. C'est simple et rapide. La manipulation de l'optique est un véritable plaisir, le mouvement, juste parfait, ni trop fluide, ni trop dur.

Vous noterez l'échelle des distances gravée sur le fût de l'objectif avec, cerise sur le gâteau, un mécanisme qui vient remplacer les indications quand vous basculez en mode macro. C'est beau, et c'est pratique ! En mode macro, la distance minimale de mise au point est de 17 cm.

Test Leica Q optique position macro ou nonLors passage du mode macro au mode "normal" (et inversement), l'échelle des distanceS s'adapte dans un mouvement fluide. Superbe.

Enfin, pour ne rien gâcher, le pare-soleil (qui se visse) est en métal.

Autonomie, mémoire

Le Leica Q utilise une batterIe Li-Ion de 8,7 W.h (7,2 V pour 1 200 mAh) qui, on le disait, équipe déjà certains COI Panasonic (GH2, G7...). Lors de nos essais, la batterie c'est correctement comportée avec une autonomie oscillant, selon l'utilisation, entre 300 et 500 vues, ce qui est très honorable.
Leica Q test review batterie

Au niveau des supports mémoire, le Q prend en charge les cartes SD, SDHC et SDCX. La notice ne fait pas mention de la prise en charge des dernières normes de transfert UHS-I ou UHS-II. Dommage.

Connectique

Au niveau de la connectique, le Leica Q fait figure de parent pauvre. Vous trouverez bien un connecteur micro-USB pour le transfert des images, mais à la norme USB 2.0. Plus rageant, il ne peut apparemment pas recharger la batterie !

Vous trouverez également une sortie HDMI, mais elle n'autorise pas l'enregistrement sur un support externe. Les prises micro et casque répondent également aux abonnées absents. Ce nouveau compact n'est clairement pas orienté vidéo. Leica Q test review connexions

Tout comme les Leica C et T, le Q est équipé d'une puce Wi-Fi pour la prise de contrôle à distance sans fil. Il est en outre muni d'une puce NFC pour faciliter la configuration. On peut également afficher un QR code sur l'écran afin, là encore, d'automatiser l'appairage.

Une fois l'application Leica Q téléchargée (iOS et Android), vous pourrez prendre la main sur le compact, régler différents paramètres (ouverture, temps de pose, ISO, correction exposition, balance des blancs, cadre de visée...), effectuer la mise au point sur l'écran et déclencher à la fois le mode photo et le mode vidéo.

Test Leica Q connexion Wi-Fi application

Bruit au déclenchement

Bon point, le Leica Q est un appareil très silencieux. Même en utilisant l'obturateur mécanique (probablement un obturateur central), le cliquetis est très discret. L'obturateur électronique est quant à lui quasiment inaudible dans une ambiance sonore classique.

test Leica Q face sans paresoleil

Logiciel

Le Leica Q (Typ 116) est livré avec une version d'Adobe Photoshop Lightroom. Pour l'instant nous n'avons pas confirmation qu'il s'agisse de la dernière version du logiciel de développement des fichiers brut, estampillée 6. Toutefois, même en version 5, ce logiciel est l'un des plus complets actuellement sur le marché et donc un excellent choix pour à la fois gérer une photothèque, améliorer ses clichés et les partager (impression, galerie web...).

Performances

Les Leica autofocus n'ont jamais vraiment brillé par leur célérité. L'arrivée d'un capteur plein format pouvait donc faire craindre le pire et pourtant, la partie autofocus est sans doute la plus belle surprise de ce Leica Q (Typ 116).

Le compact est équipé d'un processeur de traitement des données Maestro II développé spécifiquement pour lui. Ce nouveau processeur couplé au module autofocus (probablement développé conjointement avec Panasonic) assure une mise au point très rapide, même en basse lumière. Les chronos effectués par Bruno sont impressionnants et le compact de Leica vient gentiment chatouiller les boîtiers les plus rapides équipés de capteurs APS-C. Seule la mise sous tension est un peu lente, tout en restant raisonnable.

Le Leica Q se montre donc très agréable à utiliser et se rapproche des sensations que l'on peut avoir avec les derniers boîtiers Micro 4/3 chez Olympus ou... Panasonic.


Le compact propose différents modes autofocus : AF sélectif (déplaçable), multipoint, reconnaissance des visages, poursuite du sujet, configuration/déclenchement par effleurement de l'écran au choix. Vous pouvez également basculer à tout moment en mise au point manuelle et opérer avec l'aide d'une loupe ou d'un focus peaking coloré pour le moins efficace.

Le nouveau processeur permet également d'enchaîner les images jusqu'à atteindre une rafale à 10 ips sans dépasser 14 vues consécutives.


Suivi autofocus

Si la cadence rafale est importante, le suivi d'un sujet l'est encore plus. Nous avons donc testé le Leica Q en extérieur dans une situation classique de suivi d'une personne en déplacement et les résultats sont vraiment convaincants. En mode rafale 10 ips sur une personne qui marche d'un bon pas en direction de l'appareil, le taux de déchet est vraiment minime. Bravo !

Leica Q rafale

Précision, colorimétrie

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple.

De plus, le piqué va dépendre de la définition du capteur de votre appareil (ici le Leica Q et son capteur 24 Mpx) et la taille de son capteur (24 x 36 mm pour le Q). Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Le Q dispose d'une définition de 5952 x 3976 px. Chaque pixel mesure donc 6 micromètres de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/18 !

La qualité optique du 28 mm f/1,7 associé au capteur 24 x 36 mm de 24 Mpx est bonne, sans pour autant être extraordinaire. Nous sommes presque un peu déçus ! En effet, on observe un décalage du piqué entre le centre et les bords des images, et ce, à toutes les ouvertures. Le niveau de piqué est cependant globalement bon et on apprécie la constance de rendu, depuis la plus grande ouverture f/1,7 jusqu'à f/16. Le système délivre le meilleur de lui-même à f/4.

 Leica Q

Nous pouvons comparer les résultats de cette optique avec ceux du dernier 28 mm f/2 FE de chez Sony testé sur un A7 Mark II. Le test complet de cet objectif n'est pas encore publié mais nous partageons les résultats de tests labo ici. Le Sony est globalement beaucoup plus piqué au centre mais il manque cruellement d'homogénéité et de constance.

Sony 28 mm f/2

Gestion du bruit électronique

Pour notre test, la scène est éclairée sous environ 250 lux. Notre appareil étalon est le Canon 5D Mark III qui, pour un gris neutre 18 %, requiert le couple f/5,6 - 1/8 s à une sensibilité de 200 ISO (Tamron 24-70 mm f/2,8 VC). Le Leica Q (Typ 116) est également calé pour exposer correctement un gris 18 % avec une sensibilité de 200 ISO et une ouverture de f/5,6. Nous faisons alors varier la vitesse et la sensibilité ISO. Les images sont visibles à 100 % (JPEG) et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (DNG).

Les JPEG

La fiche technique du Leica Q indique qu'il dispose d'un capteur 24x36 de 24,2 Mpx sur un total de 26,3 Mpx. Qui est à l'origine de ce capteur ? Difficile pour l'instant de se prononcer et le constructeur allemand reste silencieux à ce propos. Les fichiers JPEG délivrés sont en 6000 x 4000 pixels soit 24 Mpx tout rond. Un rapide calcul donne une taille de pixel de pratique 6 µm, ce qui est relativement important. Cette différence de définition avec les précédents capteurs 24x36 de Leica (les M et M Monochrom) pourrait indiquer qu'il s'agit d'un tout nouveau capteur, notamment celui qui équipe déjà certains boîtiers Sony comme le RX1.

La plage ISO s'étend elle de 100 à 50 000 ISO et offre une belle latitude d'exposition. C'est la première fois qu'un appareil Leica s'aventure aussi "loin" de manière officielle. Le Leica M Monochrom (MM) récemment testé s'arrête quant à lui à 25 000 ISO.

Tailles des différents capteurs
Comparaison des tailles (agrandies 4x) de différents capteurs.

La plage de 100 à 800 ISO est vraiment superbe, avec un bruit électronique pratiquement imperceptible et des clichés bien détaillés. Le rendu des matières est bon et la dynamique ne varie pas pour ces quatre valeurs ISO. Un excellent point, donc.

La valeur supérieure (1 600 ISO) est également impressionnante : là encore, un bruit électronique peu visible sur le cliché. Les couleurs sont encore vives et les plus fins détails de l'image, présents. On notera seulement un léger moutonnement dans les aplats colorés, mais qui n'est vraiment visible que par une visualisation sur écran à 100 %.

À 3 200 ISO, un palier est franchi ; la granulation devient plus facilement identifiable. Toutefois, les algorithmes de traitement du bruit électronique sont très doux et les images encore très détaillées. Leica a choisi de peu traiter les images : le grain est visible, mais les images, moins "lissées", sont beaucoup plus détaillées. Cela permet d'envisager plus sereinement une retouche a posteriori.

Naturellement, le grain "monte" naturellement avec la sensibilité ISO et se fait beaucoup plus présent à 6 400 ISO. Cependant, bien que la granulation vienne brouiller la restitution des plus fins détails de la scène, l'image reste encore précise et la dynamique, satisfaisante. Sur les aplats denses, vous noterez en revanche la présence de marbrures violettes peu esthétiques. La plage 100-6 400 ISO est donc exploitable, en prenant quelques précautions à partir de 3 200 ISO.

Un nouveau pas est franchi à 12 500 ISO. Le grain se fait réellement envahissant et bien visible. Il a toutefois le bon goût de rester très fin. Comme précédemment, le lissage est modéré et le cliché demeure précis. La dynamique reste intéressante, mais les couleurs commencent à s'affadir.

Plus haut, à 25 000 ISO, le grain vient déposer comme une sorte de voile terne sur l'image. Un passage en noir & blanc ou un post-traitement appuyé est impératif.

Quant au mode 50 000 ISO, s'il a le mérite d'exister pour photographier dans les situations extrêmes, il nécessitera là aussi pas mal de traitement sur ordinateur. Mais une fois de plus, le traitement du bruit est très doux, vous laissant alors le choix d'opérer ou non des manipulations avec votre logiciel préféré.

Comparaison à tirage équivalent

Nous avons choisi de confronter le Leica Q (Typ 116) à quelques boîtiers emblématiques et notamment le presque "ancien" Sony RX1 (24x36 à 24 Mpx), le Fujifilm X100T (APS-C, 16 Mpx) et le récent Sony A7 II.

Nous comparons naturellement les boîtiers à "tirage équivalent". Nous avons "normalisé" les images pour un tirage 40 x 60 cm en 180 dpi, soit une définition de 12 Mpx environ. Les images sont réalisées à 6 400 ISO avec ci-dessous des détails à 100 %.

Attention, les boîtiers ne sont pas équipés d'optiques équivalentes, le piqué initial n'est donc pas le même. Il faut essayer de comparer uniquement le niveau de bruit électronique... Pas si simple.

Dans cet exercice, il faut bien avouer que le capteur APS-C du Fujifilm de 16 Mpx est mis à rude épreuve et se retrouve "un peu juste" face au 24 Mpx plein format des concurrents. L'image manque un peu de précision, mais le bruit électronique est parfaitement maîtrisé.

Entre les différents 24x36, les réponses à la montée du bruit électronique sont différentes selon le constructeur. Nous l'avons vu, Leica "traite" légèrement les images : la granulation est bien visible, mais les images sont bien détaillées et plus acérées. Les boîtiers Sony produisent des images plus douces avec un lissage des zones bruitées. Toutefois, les algorithmes sont suffisamment précis pour conserver les éléments les plus fins de notre scène test.

Leica Q - 6 400 ISOSony RX1
Fujifilm X100T - 6 400 ISOSony A7 II - 6 400 ISO

Oscilloscope

Passons certaines images du Q de Leica sous l'œil de l'oscilloscope pour un avis plus "mathématique".

Notre outil confirme notre perception visuelle : les images sont vraiment excellentes jusqu'à 1 600 ISO avec une dégradation bien visible à 6 400 ISO. Au-delà, la granulation vient fortement perturber le rendu des détails avec un moutonnement très important.

Leica Q test review bruit électronique sur gris 100 ISOLeica Q – 100 ISO Leica Q test review bruit gamme gris graphique 100 ISO
Leica Q test review bruit électronique sur gris 1600 ISOLeica Q – 1 600 ISO Leica Q test review bruit gamme gris graphique 1600 ISO
Leica Q test review bruit gamme gris 6400 ISOLeica Q – 6 400 ISO Leica Q review bruit gamme gris graphique 6400 ISO
Leica Q test review bruit gamme gris 12500 ISOLeica Q – 12 500 ISO Leica Q test review bruit gamme gris graphique 12500 ISO

Les fichiers bruts

Nous mesurons également le bruit de fond du capteur en reconduisant le protocole de test précédent, mais dans le noir complet avec un bouchon sur l'objectif.

Le graphique ci-dessous représente la déviation standard (donc le bruit) pour les différents pixels colorés : rouges, verts, bleus, et verts. Pour simplifier les résultats, nous n'affichons ici les résultats que pour l'une des séries des pixels verts.

Le bruit est parfaitement maîtrisé jusqu'à 1 600 ISO. Ensuite, la déviation standard devient plus prononcée. Un second palier est visible à 6 400 ISO. Notez qu'à 400 ISO, notre mesure du bruit électronique est inférieure à la mesure précédente, ce qui est assez rare pour être noté.

Leica Q : bruit électronique dans le fichier brut

Exposition, RAW

Exposition

Le Leica Q (Typ 116) propose un système de mesure d'exposition classique sur 3 modes : matricielle, pondérée centrale et spot. Le correcteur d'exposition permet de rectifier la mesure sur ±3 IL par paliers de 1/3 IL.

Le bracketing d'exposition permet d'exploiter au maximum une plage de +/-3 IL sur 3 vues.

Latitude d'exposition

Pour vérifier la latitude d'exposition d'un point de vue "artistique", nous avons photographié notre scène test sur une plage de +/-5 IL et corrigé les fichiers bruts avec Adobe Lightroom afin d'obtenir une exposition similaire. Nous vérifions que les images sont semblables avec une latitude de correction de +/-5 IL.

Leica Q, test review, latitude d'exposition, image de référence
Image de référence : gris neutre à 50 % du signal.

Il est possible de récupérer "assez" facilement des détails en cas de surexposition de 1 IL, mais au-delà, la perte en information est visible et irréversible : c'est donc la valeur limite.

Leica Q, test review, latitude de surexposition

En revanche, il est toujours plus facile de récupérer des informations dans les basses lumières. On peut donc ici classiquement remonter des détails jusqu'à -2 IL sans aucun problème. À -3 IL, le bruit commence à être clairement visible et on observe une dérive colorimétrique.

Nous sommes donc, de notre point de vue, face à une latitude d'exposition effective de -3 / +1 IL, soit 5 diaphs réellement exploitables, ce qui s'avère un peu décevant.

Leica Q, test review, latitude de sous-exposition

Mode vidéo

Formats vidéo

Le Leica Q propose un enregistrement HDTV 1080 à 60/30 ips dans un fichier MP4. Pas de mode 25 ou 24p pas de cadence rapide, même en 720p, pour réaliser des ralentis plus fluide. L'appareil ne sait donc pas enregistrement dans la norme PAL.

Un petit examen des fichier vidéo donne les renseignement suivants :

  • codec : AVC, profil High@L4, 2 images de référence, 4:2:0

  • débit : 24 Mbps (30p) ou 37 Mbps (60p)

  • cadence : 29,970 ips // 59,940 ips

Réglages et assistants

Le mode vidéo est assez restreint et une fois enclenché, il n'est plus possible d'intervenir sur les réglages d'ouverture, d'obturation ou de sensibilité. Tout se passe donc en automatique. Dommage. Le Q ne dispose pas non plus d'entrée micro ou de sortie casque pour gérer correctement la captation sonore. Pendant l'enregistrement, nous n'avez d'ailleurs pas la possibilité d'afficher un vumètre pour contrôler le volume. La sortie HDMI ne permet pas non plus l'enregistrement sur un support externe.

Le Leica Q ne propose pas de zébra d'exposition, mais vous pouvez utiliser le focus peaking pour réaliser la mise au point manuellement.

Précision

Les images délivrées par le compact sont finalement de bonne facture : la précision est au rendez-vous, l'accentuation est assez douce, le moirage assez bien contenu et le crénelage bien traité. Sur notre essai, seule la balance des blancs n'est pas juste.

Leica Q extrait vidéo HDTV 1080

Sony A7 II test review mode vidéo précision

Canon 7D Mark II extrait vidéo HDTV 1080 25p

Panasonic TM700 test review qualité des images mire

Autofocus

La mise au point automatique est par contre assez décevante. Elle est assez rapide, mais beaucoup plus hésitant. Nous avons également noté un effet de pompage permanent particulièrement agaçant. Nous pensons qu'il s'agit d'un petit "bogue" car cet effet n'est pas visible sur toutes les vidéos.

Exemples de vidéos

Vous pouvez télécharger des fichiers vidéo non compressés pour avoir une idée de la qualité des images délivrées par le Leica Q. Lors de nos essais, nous avons également constater un scintillement très désagréable avec l'éclairage public à 50Hz et notre enregistrement vidéo NTSC.

Pont des Arts en journée (40 Mo)

Pont des Arts de nuit en position macro (100 Mo)

Pont des Arts de nuit (30 Mo)

Exemples de photos

Chaque fois que Leica sort un nouveau boîtier, le monde de la photographie retient son souffle. Acteur historique de l'image fixe, le constructeur allemand a popularisé le format 24x36 et sa polyvalence... Alors vous pensez bien que lorsque la "vieille dame" lance, pour la première fois de sa vénérable histoire, un compact expert équipé d'un capteur numérique CMOS plein format et d'un 28 mm f/1,7, nous avons du mal à garder notre sang-froid et trépignons d'impatience à l'idée d'un test terrain.

Pour ce test, nous avons donc réalisé deux reportages s'inscrivant à notre avis dans l'esprit insufflé par la marque : celui du reportage d'actualité et de la photo de rue.

Place de la République

J'avais rendez-vous dans un premier temps à 18h, place de la République à Paris, pour assister à un rassemblement organisé par l'Observatoire des libertés et du numérique ainsi que plusieurs associations et collectifs. L'objectif de ce rassemblement était de dénoncer le projet de loi sur le renseignement qui, selon plusieurs observateurs, mettrait en péril les libertés individuelles, autoriserait la collecte de données privées sous couvert d'antiterrorisme et légitimerait une surveillance de masse généralisée.

Ce projet de de loi a finalement été adopté le 9 juin au Sénat, par 252 voix pour, 67 voix contre et 26 abstentions.

Je débarque donc au milieu des manifestants armé de mon Leica "gaffé" — il est en effet délicat de se sentir à l'aise sur le terrain avec un boîtier de ce prix (près de 4 000 €) et marqué de la célèbre pastille rouge, à connotation désormais très bourgeoise... — et commence à travailler. La simplicité des commandes et l'épure stylistique élevée en porte-drapeau ergonomique rendent la préhension instinctive et facile.

Leica Q (Typ 116) exemple 1

La lumière est encore assez forte en cette fin d'après-midi et les contrastes, élevés. Trouver la bonne exposition est assez complexe, mais la mesure matricielle du boîtier travaille pour les hautes lumières sans enterrer les ombres. Ces dernières sont denses sans excès et on distingue bien la matière dans les vêtements de notre sujet principal. Le bokeh à l'arrière-plan est subtil ; la grande ouverture de f/1,7 permet de bien découper les plans en dépit du grand-angle.

Leica Q (Typ 116) exemple 2

Le rassemblement unit des personnes de toute catégorie et de tout âge. En contre-jour, les hautes lumières sont surexposées, mais les ombres, bien dégagées. La mise au point s'est légèrement décalée dans le mouvement, ce qui permet toutefois de constater l'excellent piqué de l'objectif dans les cheveux.

Leica Q (Typ 116) exemple 3

Sur cette image, le rendu est légèrement trop dense. Il permet néanmoins de conserver une saturation intéressante sur les teintes rouges, vertes et bleues. On notera que le piqué du 28 mm permet de lire la trame du tissu !

Leica Q (Typ 116) exemple 4

La possible surveillance généralisée fait craindre une dérive autoritaire que l'on retrouve fantasmée dans le célèbre livre de Georges Orwell, 1984, où Big Brother sait tout sur tout le monde et dans ce rassemblement, les appels à la vigilance citoyenne sont monnaie courante. Pour déboucher le contre-jour sans surexposer totalement l'arrière-plan, il a fallu compenser l'exposition de 1 IL, ce qui permet là aussi d'observer avec précision tous les détails de la peau de notre sujet.

Leica Q (Typ 116) exemple 24

Pour l'heure, l'ambiance reste bon enfant et les couples profitent de la chaleur de cette fin de journée. En revanche, le capteur montre ici ses limites : si les sujets légèrement dans l'ombre sont correctement exposés, l'arrière-plan, plus éclairé se retrouve très vite complètement surexposé.

Le fichier RAW étant un DNG, nous n'avons aucun mal à l'ouvrir sur Lightroom, mais il ne permet malheureusement pas de récupérer plus de 1 IL dans les hautes lumières.

Leica Q (Typ 116) exemple 5

Le grand capteur, combiné à la grande ouverture de f/1,7 permet de jouer aisément avec l'étagement des plans. En zoomant dans l'image, on observe des transitions très douces entre zones nettes et zones floues.

Leica Q (Typ 116) exemple 6

En surexposant mon sujet, je réussis à jouer avec la lumière et le flare. Le capteur garde une tonalité chaude et, surtout, le rendu JPEG des couleurs est très flatteur, sans excès. Petit plus du Leica Q qui séduira sans aucun doute les leicaïstes : il est possible de recadrer numériquement ses images en 35 mm et 50 mm dès la prise de vues. Grâce à la définition confortable du capteur plein format de 24 Mpx, on peut recadrer sans perte de luminosité. Les images passent ainsi respectivement à 15 et 8 Mpx.

Ici, nous avons simulé un cadre de 35 mm.

Cette fonction très utile n'existait à notre connaissance que dans le redoutable petit Ricoh GR, lui aussi équipé d'un 28 mm, mais seulement d'un capteur APS-C de 16 Mpx.

Leica Q (Typ 116) exemple 7

Si le flare est un défaut optique, il peut aussi aider à composer son image. Ici, il m'a permis par exemple d'exposer les sujets en contre-jour en jouant à peine du correcteur d'exposition. Par ailleurs, notez que si l'image est surexposée et un peu laiteuse, le rendu des couleurs reste très agréable.

Leica Q (Typ 116) exemple 8

Les 24 Mpx du Leica Q offrent un rendu des détails intéressant : la trame de tissu de la chemise de notre photographe de guerre est facilement lisible et on constate qu'il n'y a aucun moiré. Là encore, à pleine ouverture, le piqué est bluffant.

Leica Q (Typ 116) exemple 9
*Big Bernard is watching you* et *Leica is capturing you*. La déformation au grand-angle reste très contenue. Il a fallu très légèrement surexposer l'image pour déboucher un peu les ombres.
Leica Q (Typ 116) exemple 10

Si le capteur de Leica Q manque un peu de dynamique, comme le montre cette image, l'ensemble reste très flatteur et le grain est extrêmement contenu dans les ombres à 800 ISO. L'image est globalement bien équilibrée et le piqué, très élevé malgré les deux fenêtres qui me séparent des sujets. Pour éviter que l'autofocus patine, je suis passé en mise au point manuelle et j'ai activé le focus peaking qui surligne en rouge (la couleur est personnalisable) les zones nettes. La mise au point manuelle devient presque un jeu d'enfant !

Leica Q (Typ 116) exemple 11

La lumière commence à se faire plus intéressante, mais aussi plus piégeuse pour l'écran arrière. Heureusement, Leica a pensé à tout et intègre un viseur électronique. Une fois l'œil collé à celui-ci, la surprise est de taille : l'image est très définie ! Avec ses 3,68 millions de points, le viseur de Leica Q est de très loin le viseur le plus défini du marché : bravo !

Leica Q (Typ 116) exemple 12

Nous ne saurons pas si l'embrouille est partie d'un vol de clefs de moto ou si, comme le déclarent certains militants, le rassemblement a été infiltré par des militants du Front National, mais la police a procédé à des interpellations. La tension est brusquement montée d'un gros cran et l'esprit bon enfant s'est dissipé. Dommage que le Leica ait surexposé la peau des sujets : l'obturateur électronique avait encore largement de la marge, puisqu'il peut monter au 1/16 000 s contre 1/2 000 s en obturation mécanique.

Leica Q (Typ 116) exemple 13

Des manifestants regardent l'échauffourée sans oser s'en mêler. Le rendu JPEG est très agréable, mais nous regrettons que la dynamique du capteur soit un peu trop courte.

Leica Q (Typ 116) exemple 14

Vous trouvez que le cadre du 28 mm est trop large ? Activez le recadrage simulant un 50 mm. Évidemment, le RAW conserve toute la définition native du champ embrassé par le 28 mm.

Leica Q (Typ 116) exemple 15

L'ensemble du rassemblement s'est plutôt déroulé à l'image de ces militantes : cool. Dommage que l'arrière-plan brûle aussi rapidement.

Les cadenas de la passerelle des Arts

Leica Q (Typ 116) exemple 16

Ces derniers jours une polémique a enflammé Paris et la toile française : fallait-il retirer les cadenas du pont des Arts pour les remplacer par des (fausses) fresques de street art ? Nous avons décidé de constater par nous-mêmes l'ampleur du changement, armés de notre Leica de choc !

Leica Q (Typ 116) exemple 17

Passants et cyclistes continuent d'emprunter le pont sans avoir l'air de se soucier de cette disparition. En plein soleil, le viseur est un peu trop contrasté.

Leica Q (Typ 116) exemple 18

Heureusement, si les cadenas ont disparu, il reste beaucoup d'amour sur le pont des Arts. Le piqué est élevé et homogène à f/8.

Leica Q (Typ 116) exemple 19

Superbe pièce de mécanique, l'objectif 28 mm du Leica Q intègre une fonction Macro (en réalité de la proxy) qui peut abaisser la distance de mise au point à 17 cm. Du même coup, une nouvelle échelle de distance apparaît. Le piqué est remarquable.

Leica Q (Typ 116) exemple 20

Globalement les nouvelles fresques s'intègrent bien au paysage. Les couleurs sont agréables.

Leica Q (Typ 116) exemple 21

Nous aurions préféré avoir un écran orientable pour réaliser cette image. Ici aussi c'est grâce au peaking que nous avons fait le point facilement.

Leica Q (Typ 116) exemple 22

Pour voir comment se comporte le capteur du Leica Q en haute sensibilité, nous avons attendu que la nuit tombe. À ce stade de la journée, après avoir réalisé 350 vues, il a fallu procéder à une recharge de batterie. En tout cas, à 3 200 ISO, le rendu est reste très agréable et le grain, fin.

Leica Q (Typ 116) exemple 23

À 6 400 ISO, la granulation est plus dense et le grain bien plus visible, mais l'image garde encore une belle tenue. C'est la limite à ne pas dépasser.

Leica Q (Typ 116) exemple 25

Pour conserver une image agréable à 12 500 ISO, je suis passé en mode monochrome. Dans ce mode, bien que le bruit soit bien visible, l'image garde une tenue acceptable et, surtout, les fins détails restent visibles, car Leica a pris le parti de ne pas lisser son image.

Leica Q (Typ 116) exemple 29

À 25 000 ISO l'image est peu agréable et un effet de bruit en bande fait son apparition.

Leica Q (Typ 116) exemple 30

Même punition à 50000ISO en pire. Le bruit de luminance apparaît en bande et cicatrise l'image. Même sur le Raw il est très difficile d'obtenir une image acceptable.

Leica Q (Typ 116) exemple 26

À 1 600 ISO, l'ensemble est très propre et la balance des blancs très flatteuse.

Leica Q (Typ 116) exemple 27

Merci Panasonic d'avoir intégré la stabilisation optique : les sujets fixes restent nets, même avec un temps de pose de 1 s ! Là aussi, le rendu JPEG des couleurs est très agréable.

Leica Q (Typ 116) exemple 28

Cette image a été faite dans la précipitation, il fait nuit et le visage de cette femme est éclairé seulement par son smartphone : l'autofocus n'a pas montré la moindre hésitation.

Leica Q (Typ 116) exemple 31

Les cadenas ont disparu, mais les amoureux continuent à se prendre en photo avec la Tour Eiffel en arrière-plan. Ouf ! Là aussi, il fait très sombre, mais l'autofocus n'a pas failli. La balance des blancs offre un rendu des tons chauds très agréable.

Leica Q (Typ 116) exemple 32

Sur le chemin du retour, nous croisons ce couple qui poétise sur le canal Saint-Martin. Nous ne pouvons nous empêcher de réaliser une dernière image, tant le Leica Q (Typ 116) nous a séduits. À 6 400 ISO et à pleine ouverture, le rendu reste très appréciable. Les détails sont encore bien présents et le bruit est très proche d'une granulation argentique. Même la balance des blancs ne s'en sort pas si mal.

Nous rentrons le sourire aux lèvres après cet après-midi et cette soirée de reportage dans Paris. Nous n'avons quasiment pas pris le temps de regarder nos images sur l'écran arrière, mais nous savons que ce Leica s'en est bien sorti, très bien même. En dérushant nos images, nous en sommes convaincus : Leica signe là l'un des meilleurs appareils photo de toute son histoire.

Verdict

Leica Q

Inutile de tergiverser : Leica signe ici l'un des meilleurs boîtiers de son histoire. Équipé d'un capteur plein format 24x36 de 24 Mpx, d'un objectif lumineux de 28 mm f/1,7 ainsi que d'un viseur ultra défini de 3,86 millions de points, la marque allemande met sur le marché l'arme fatale du photographe reporter... ou du moins celle dont rêvent de très nombreux photographes.

Évidemment, ce Leica Q (Typ 116) n'est pas parfait. Il lui manque un écran orientable et un viseur un peu moins contrasté, sa dynamique d'exposition est faible et son mode vidéo, à la traîne. On aurait préféré aussi que les touches arrière soient rétroéclairées, mais soyons francs : nous avons pris beaucoup de plaisir à travailler avec ce boîtier.

D'abord parce que sa construction est exemplaire. Le bloc optique est une pièce d'orfèvrerie comme il n'en existe que trop peu sur le marché. La bague pour passer en mode macro dégage une nouvelle échelle de profondeur de champ et un blocage intuitif fait passer de l'autofocus à la mise au point manuelle. Mise au point manuelle qui s'octroie le luxe d'une butée, qui est douce et... sensuelle. Du Leica dans toute sa splendeur.

Autre chose ? La véritable bague de diaphragme est extrêmement agréable, celle du temps de pose, élégamment posée sur l'épaule droite du boîtier, et le reste respire l'épure. Vous trouvez que 1/2 000 s est trop peu pour travailler à pleine ouverture ? Pas de problème l'obturateur électronique viendra vous secourir jusqu'au 1/16 000 s. Vous trouvez qu'un 28 mm est trop large pour du reportage et que le grand-angle déforme trop les portraits ? Pas de problème, le Q dispose d'une fonction de recadrage numérique qui simule le 35 mm et le 50 mm dès la prise de vue.

Outre le fait que Leica signe avec le Q une véritable affirmation de sa "Deutsche Qualität", ce boîtier sans véritable concurrence lui offre surtout un ancrage dans la technologie photographique contemporaine.

Face à la concurrence

Sony RX1

Il n'y a actuellement aucune offre.

Sony RX1

En novembre 2012, Sony lançait un véritable pavé dans la mare aux numériques avec le premier compact 35 mm plein format, le RX1. De nombreux photographes attendaient un petit compact 24x36 numérique, sorte de phénix des idoles d'autrefois, comme le Nikon 35 Ti, l'Olympus XA1, Ricoh AD-1, ou Contessa de Zeists Ikon. Bref, nous attendions un nom historique de la photo (notamment Leica pour ne pas le citer) et finalement c'est un géant de l'électronique qui fut le premier à dégainer. Et de belle manière.

Le RX1 et le RX1R (sans filtre passe-bas) sont compacts, dotés d'une belle optique 35 mm f/2 et de nombreux raccourcis. Comme tout premier essai, le RX1 a de bonnes marges d'évolution : l'autofocus est un peu lent, l'optique n'est pas stabilisée, l'écran n'est ni orientable ni tactile, le boîtier ne dispose pas de viseur intégré et l'obturation est limitée au 1/2 000 s. Cependant, malgré son âge, le RX1 a quelques avantages sur le Leica Q, notamment un flash intégré pour déboucher un contre-jour ou éclairer une scène, ainsi qu'une griffe porte-accessoire "bavarde" à laquelle il est possible de connecter différents accessoires comme des micros sans fil. Nous apprécions aussi la possibilité de relier un micro (mais pas de sortie casque), son mode vidéo plus complet (HDTV 1080 à 50/25/24p), la recharge par micro-USB et la possibilité de configurer le fonctionnement du joypad.

De son côté, le Leica Q offre tout le confort d'une certaine modernité avec un viseur électronique intégré, spacieux et très précis, un écran tactile (mais pas orientable), une connexion Wi-Fi et un autofocus de compétition qui surclasse largement son concurrent. L'optique 28 mm f/1,7 est également plus séduisante non pas tant par sa focale (c'est avant tout une histoire de goût et d'habitude photographique) que par son ouverture généreuse, sa construction superbe (passage facilité du mode autofocus au mode manuel) et lsa stabilisation. En outre, le Q dépasse également le RX1 sur la cadence rafale, l'autonomie de la batterie et propose un format RAW DNG plus ouvert.

+
  • Bonne gestion du bruit électronique jusqu'à 3200 voire 6400 ISO
  • Autofocus rapide même en basse lumière. Suivi de sujet efficace.
  • Appareil globalement silencieux
  • Viseur électronique spacieux, très précis et fluide en bonne lumière
  • Optique lumineuse et stabilisée. Mode macro à 17 cm.
  • Belle finition et qualité de fabrication du boîtier et de l'optique
  • Écran LCD tactile, mais interface partiellement utilisable
  • Wi-Fi et NFC intégré
  • Interface graphique simple et facile à prendre en main
  • Autonomie correcte : entre 300 et 500 vues
  • Livré avec Adobe Lightroom
  • Format RAW DNG offrant une large compatibilité
  • Écran LCD non orientable
  • Pas de flash intégré
  • Mode vidéo limité : pas de possibilité de réglage ouverture, vitesse et sensibilité ISO.
  • Autofocus trop hésitant en vidéo (bogue ?). Scintillements importants selon les éclairages.
  • Dynamique encore limitée du viseur électronique
  • Latitude d'exposition un peu décevante
  • Carte mémoire accessible par la semelle du boîtier
  • Niveau électronique sur 1 seul axe
  • Pas de recharge par micro-USB !
  • Pas de prise micro ou casque. Pas de prise USB 3.0.
  • Touches non rétroéclairées
  • Pas de finition à l'épreuve des intempéries
  • Enregistrement DNG seul impossible (il faut obligatoirement enregistrer un JPEG)
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

Les prix
Leica Q (Typ 116)
Fnac.com 4200,00 €