Capteur2/3" X-Trans CMOS II (8,8 x 6,6 mm) de 12 Mpx
Monture/
Optique livréeZoom optique 4x, 28-112 mm f/2-2,8. Mode macro 1 cm
StabilisationOptique
FlashOui, pop-up. Sabot de flash disponible.
ViseurViseur électronique OLED de 0,39 pouce, environ 2 360 000 points. Couverture de l'image env. 100 %. Dégagement oculaire env. 17,5 mm. Grossissement 0,65x. Détecteur oculaire intégré.
ÉcranLCD Couleur TFT 3 pouces (7,6 cm), inclinable proportionnel 3/2, environ 920 000 points, couverture environ 100 %
Mise au pointAF Hybride intelligent (TTL analyse de contraste / TTL par détection de phase). Assistant lumineux
Modes autofocusMulti, zone Tracking (suivi)
Mesures d'expositionTTL sur 256 zones. Multizone, centrale pondérée et spot
Modes d'expositionPSAM, EXR
Vitesse d'obturationDe 30 s à 1/4000 s. À pleine ouverture, 1/1000 s seulement.
Motorisation12 ips
Sensibilité ISO100 - 12 800 ISO
MémoireCartes mémoire SD/ SDHC/ SDXC(UHS-I). 55 Mo intégré.
AlimentationBatterie Li-ion NP-95 (470 images)
ConnexionWi-Fi, USB 2.0, prise micro (mini-jack 2,5 mm), HDMI type D
Dimensions119 x 72 x 60 mm (L x H x P)
Poids423 g avec batterie et carte.
Logiciels/
Dans la boîte/

Caractéristiques

Fujifilm X30

Avec le X30, Fujifilm met sur les rails sa troisième génération de compacts experts en capteur X-Trans. Le X30 remplace le X20 en apportant quelques modifications à l'ancienne recette, à commencer par le Wi-Fi dont le X30 est désormais équipé. Mais ce n'est pas là la seule modification : si le X30 conserve la base technique du X20 (ensemble capteur-optique), la liste de ses nouveautés le rend bien plus intéressant qu'il n'y paraît a priori.

Le X30 sera proposé en version noire ou bicolore argent et noir.

Adieu viseur optique, place à la visée électronique

La nouveauté la plus notable est à chercher dans la visée : Fujifilm inaugure sur le X30 son nouvel EVF "temps réel", annoncé par la marque annonce comme le meilleur de sa catégorie.

Fujifilm X30, viseur électroniqueExit la visée optique, le X30 passe à la visée électronique

Remplaçant le viseur optique du X20 et offrant un grossissement de 0,65x, cet EVF de 0,39 pouce affiche un temps de latence de seulement 0,005 seconde et affiche la visée sur un écran OLED de 2,36 millions de pixels. Il est accompagné d'une fonction de contrôle automatique de la luminosité permettant d'obtenir une présentation de la scène toujours bien lisible. En passant à l'EVF, la visée acquiert une couverture de 100 %, contre 85 % avec l'OVF du X20.

Enfin, désormais, les informations affichées dans le viseur changeront automatiquement de position en fonction de l'orientation du boîtier (à l'horizontale ou à la verticale).

Fujifilm X30, détection de l'orientation du boîtier, portrait ou paysage
En mode portrait, les informations de prise de vue basculent automatiquement.

Deuxième différence notable : l'ajout d'une seconde bague de commande placée juste derrière la bague de zoom. Elle sert à modifier l'ouverture et la vitesse d'obturation. On pourra également l'utiliser pour jouer sur la sensibilité ISO, les options de simulation de film, la balance des blancs ou la cadence en rafale. Il suffit de presser le bouton de réglage de la bague sur l'avant de l'appareil et de choisir le réglage.

Fujifilm X30, bague de commande multifonctionUne bague multifonctions fait son apparition.

Autre ajout appréciable, l'écran LCD du X20, un peu petit et peu défini, gagne en confort sur le X30. Il passe de 2,8 pouces à 3 pouces (7,6 cm), devient inclinable, et — surtout — passe à 920 000 points, contre seulement 460 000 sur le X20.

Fujifilm X30, écran LCD inclinable 3 pouces 920000 pointsL'écran LCD, désormais orientable, mesure 3 pouces (7,6 cm) et affiche 920 000 points !

Côté connectique, outre le Wi-Fi dont nous avons déjà parlé, le X30 inaugure une sortie vidéo micro HDMI (au lieu du mini HDMI du X20) et se voit équipé d'une prise jack 2,5 mm permettant de relier au boîtier un micro ou un déclencheur filaire. Si on y branche un micro, la captation audio se fera en stéréo. Au passage, le X30 rend donc facultatif l'adaptateur micro MIC-ST1 vendu en option sur le X20. Pratique, sauf pour ceux qui l'avaient déjà acheté.

Nouvelle batterie et donc nouvelle autonomie

Dernière grosse différence par rapport au X20, le X30 utilise une nouvelle batterie. Si la batterie NP-50 du X20 était annoncée à 270 images, la NP-95 (déjà utilisée dans le X100S) est censée garantir 470 clichés dans les mêmes conditions. On la chargera dans le boîtier via le câble micro USB fourni, ou en utilisant un chargeur secteur.

Voilà pour le gros des nouveautés matérielles. On peut également ajouter que la mémoire interne du boîtier passe de 24 Mo à 55 Mo.

Nouveaux modes et fonctionnalités

Une nouveauté réside dans les simulations de rendu proposées par Fuji, avec l'arrivée d'un rendu Classic Chrome en plus des Velvia, Provia, Astia, etc. La compensation d'exposition passe désormais à +3 ou -3 EV en photo (+/-2 EV en vidéo) contre +/-2 EV sur le X20. De plus, un mode Panorama fait son apparition dans les modes de prise de vue, ainsi qu'un intervallomètre accessible dans les menus.

Fujifilm X30, nouveau rendu Chrome ClassicExemple de rendu Classic Chrome (exemple fourni par Fuji).

Ce qui ne change pas

Pour le reste, le X30 conserve les attributs du X20, à commencer par le capteur X-Trans CMOS II de 2/3" et 12 Mpx associé au même zoom 4x équivalent 28-112 mm, ouvrant de f/2 à f/2,8 et stabilisé par déplacement de 5 lentilles. La formule optique ne varie pas : on retrouvera les 11 éléments en 11 groupes du X20, de même que la mesure d'exposition en TTL sur 256 zones, ou la rafale à 12 ips maximum en JPEG.

Fujufilm X30, boutons et trèfle de sélection

Prix et disponibilité

Le Fujifilm X30 sera commercialisé en octobre prochain à 549 € TTC.

PREMIER AVIS

À première vue, le X30 pourrait sembler n'être qu'une évolution timide du X20. Ceux qui attendaient un capteur plus grand, comme les 1 pouce en vogue en ce moment, en seront pour leur compte. La base capteur-optique ne varie pas.

Mais la somme des modifications apportées par rapport au X20 est tout de même conséquente, et souvent très bien vue. La seconde bague, l'EVF (bien que certains continuent de préférer la visée optique), le Wi-Fi, l'autonomie presque doublée, l'écran considérablement revu à la hausse, la prise micro standard, ainsi les petits ajouts dans les menus (intervallomètre par exemple), font du X30 une mise à jour particulièrement riche.

Y a-t-il de quoi convaincre les possesseurs de X20 de passer au X30 ? C'est peu probable, car les photos qu'ils tireront de leur boîtier ne seront pas meilleures. Par contre, Fuji replace ses compacts experts dans le haut du panier, et semble prêt à affronter une concurrence que l'on espère acharnée. La prochaine photokina devrait nous le confirmer (on l'espère).

Caractéristiques

Prise en main

Boîtier compact à la bouille d’austère baroudeur, le Fujifilm X30 reprend l’esprit du design rétro développé par la marque et qui fait de plus en plus d’adeptes. Disponible en noir ou argenté, il s’insère indéniablement dans la lignée des "X" et succède au X20, qui équipe de nombreux photographes experts.

Il fait évoluer la gamme en douceur puisqu’il reprend le même objectif (l'excellent 28-112 mm "équivalent" ouvrant à f/2-2,8) et le même capteur à 12 Mpx de taille 2/3" (8,8 x 6,6 mm).

Fujifilm X30 test review zoom ouvertLe X30 de Fujifilm est encore le seul compact à disposer d'un zoom optique manuel.

C’est plutôt vers l’ergonomie qu’il faudra rechercher les évolutions, notamment concernant la visée : Fujifilm a en effet opté pour un viseur électronique en remplacement du viseur optique du X20, et doté le X30 d’un écran orientable.

En termes de gabarit, le X30 se situe dans la moyenne haute, entre les compacts grand public et ses concurrents directs en compacts experts : le Canon PowerShot G7X par exemple, à capteur 1 pouce et à tarif un poil plus élevé, le Ricoh GR au capteur APS-C mais qui commence à dater, ou encore les Sony Cybershot RX100 Mark III et Panasonic Lumix LX100...

Faisons-lui à présent passer l’épreuve du feu...

Prise en main

Boîtier

J’ai eu l’occasion de tester en même temps le X30 et le X100T, et il est amusant de constater la convergence ergonomique que Fujifilm a fait subir à ces deux boîtiers. Autant le X100T est très compact pour un appareil à "grand capteur" (APS-C), autant que le X30 est imposant pour un produit de la gamme des compacts. À tel point qu’il m’arrivait souvent de me tromper lorsqu’il s’agissait de les repérer au toucher dans les poches de mon manteau !

Fujifilm X30 test review écran orientableL'écran LCD orientable du X30.

C’est un choix auquel j’adhère, dans la mesure où la prise en main me semble toujours un peu délicate sur les compacts jouant la carte de la miniaturisation... Le X30 est d’une excellente finition et inspire vraiment confiance, semblant d’une solidité plus grande encore que son grand frère le X100T. De plus, le revêtement glissant et plastique du X100T que je n’apprécie pas beaucoup est ici remplacé par un caoutchouc plus agréable, assurant une prise en main plus fiable. La poignée n’est pas très profonde, mais bien complétée par un petit débord à l’arrière sur lequel le pouce pourra trouver appui.

Fujifilm X30 test review vue de côtéUne petite poignée pour assurer une bonne prise en main.

D’un poids similaire à celui du X100T (430 g sur la balance), il est assez lourd pour un compact, mais là encore on peut le voir comme un avantage pour la prise en main et la stabilité. L’écran orientable est d’une construction impressionnante, d’allure beaucoup plus solide que sur beaucoup d’autres concurrents, y compris les reflex.

Ergonomie

L’objectif se voit doté d’une bague dont le rôle est personnalisable, ce qui est une excellente chose : elle servira à la mise au point quand l’autofocus est désactivé, mais ne sera pas inutile le reste du temps comme c’est le cas avec le X100T. Par défaut, elle joue le même rôle que la molette arrière et opère donc comme une bague de diaphragme lorsque l'on travaille en priorité ouverture, configuration qui séduira nombre de photographes. Je l’avais pour ma part affectée au réglage de la sensibilité, mais on peut aussi opter pour la balance des blancs, ce qui peut être pertinent puisque ce réglage important n’a pas de touche dédiée.

Fujifilm X30 test review vue de dessusLa bague de mise au point peut également être attribuée à un autre réglage.

Les réglages du diaphragme et du temps de pose s’opèrent via la molette ; un appui sur cette molette cliquable agrandit la zone sur laquelle se trouve le collimateur AF. Par ailleurs, une touche facilement accessible fait son apparition en façade, permettant de passer rapidement du réglage du diaphragme à celui du temps de pose et vice versa lorsqu’on est en mode d’exposition manuel.

L’ergonomie et l’organisation générale du boîtier est bien pensée et permet de travailler efficacement.

Fujifilm X30 test review vue sur le zoomLe Fujifilm X30 est un boîtier assez massif.

Pour la prise de vue rapide, la sensibilité automatique reste le meilleur choix, car sa configuration est très avancée chez Fujifilm : vous pouvez définir la sensibilité maximale et la vitesse d’obturation minimale (temps de pose que vous ne souhaitez pas dépasser lorsque vous êtes en priorité ouverture). Pour couronner le tout, vous pouvez vous créer trois jeux de sensibilité Auto et leur configuration sera directement accessible si vous configurez une touche d’accès direct aux ISO.

Pour les réglages plus pointus, on dispose d’une touche d’accès rapide "Q" affichant une interface de contrôle très complète, que vous pouvez en plus personnaliser en maintenant la touche enfoncée. Vous n’aurez donc quasiment jamais besoin d’accéder au menu en situation de prise de vue, ce qui est très appréciable.

Le trèfle de commande permet d’accéder au mode macro, au retardateur, au mode de flash et au choix du collimateur de mise au point, mais là encore ces touches sont configurables en fonction de vos préférences de travail.

Fujifilm X30 test review vue de dos

D’une manière générale les commandes sont peu nombreuses et bien disposées, et on salue le choix de Fujifilm d’avoir conservé un vrai barillet manuel pour la correction d’exposition, facilement accessible et sans verrouillage, mais suffisamment résistant pour ne pas être tourné par inadvertance. Enfin, on dispose d’un filetage sur le déclencheur du plus bel effet, qui permettra de fixer un déclencheur souple, simple et pas cher.

Sur le terrain

Allumage

L’activation du Fujifilm X30 est assurée par l’objectif, présentant un point mort de mise à l’arrêt sous la focale 28 mm. J’ai tendance à me méfier de ce genre de système, puisque l’on risque d’aller trop loin dans la rotation et d’éteindre l’appareil au moment crucial, d’autant plus qu’il n’y a aucun verrouillage de protection. Toutefois, la résistance avant le point d’arrêt est assez grande et, avec un peu d’habitude, on finit par s’y faire.

La réactivité à l’allumage n’est pas phénoménale et sa sortie de veille, assez longue dans sa configuration par défaut (1 seconde environ), nécessite un appui long sur le déclencheur. Il faudra donc s’en méfier et bien anticiper les possibilités de prise de vue pour que l’appareil soit opérationnel à temps. Il est possible sinon de désactiver la mise en veille dans le menu "Gestion de l’alimentation", mais dans ce cas il vaut mieux prévoir des batteries de rechange car la visée électronique est évidemment gourmande en énergie.

L’appareil propose enfin un mode "démarrage rapide" qui ne met en veille que les affichages LCD et pourra représenter le meilleur compromis si vous utilisez le X30 pour de la photographie de rue.

Autonomie

En configuration et usage standard, la batterie m'a permis de réaliser environ 400 à 500 images, ce qui mieux que son prédécesseur. On passe d’une capacité de 960 à 1 700 mAh et le X30 accepte dorénavant les mêmes batteries que le X100T, ce qui très pratique si vous avez la chance de disposer des deux dans votre fourre-tout !

Zoom

Si le zoom qui équipe le X30 est excellent et bien lumineux (f/2 à 28 mm), sa focale minimale de 28 mm est un peu longue quand d’autres compacts démarrent à 24 mm. En revanche, on a affaire à un "vrai" zoom à commande mécanique, un peu raide et trop rapide à mon goût, mais ça reste le meilleur choix à mes yeux pour la pratique photo.

Visée et affichage

Le choix de Fujifilm d’abandonner le viseur optique (OVF) qui équipait le X20 fait débat, car ce type de visée fait partie des arguments qui distinguent les compacts experts des appareils grand public. Mais il faut reconnaître que Fujifilm ne fait que s’aligner sur la concurrence, puisque presque plus personne ne propose d'OVF sur les compacts.

Pour ma part, la présence d’un viseur optique est un critère assez déterminant, mais je préfère toutefois un bon viseur électronique (EVF) à un mauvais viseur optique. Or rappelons que le viseur du X20 ne couvrait que 85 % du champ photographié, contre 100 % bien sûr pour la visée électronique. Soulignons également que le viseur du X30 est un modèle du genre avec une belle résolution (2,36 Mpx), une belle fluidité dans les conditions de lumière normales, et qu’il dispose d’un correcteur dioptrique assez ample.
Fujifilm X30 test review viseur électroniqueUn viseur électronique avec détecteur de présence et réglage dioptrique.

Toutefois, la fluidité de la visée chute un peu lorsqu’on presse le déclencheur à mi-course, car le diaphragme se ferme à la valeur demandée et l’appareil doit alors compenser la perte de lumière. Pour la même raison, le bruit s’amplifie et la visée peut être beaucoup moins propre que l’image finale : plus de bruit, voire une sous-exposition si l’appareil ne peut pas compenser totalement par le gain la perte de lumière due à la fermeture du diaphragme.

L’affichage, très complet et personnalisable, inclut les données d’exposition, la distance de mise au point, le niveau électronique, une grille de cadrage, l’histogramme... Le tout suivant l’orientation horizontale ou verticale de l’appareil : du grand confort !

En appuyant sur la touche "View", le X30 propose quatre modes de visée : viseur EVF seul, sans ou avec détection oculaire (le meilleur choix pour économiser la batterie), écran LCD arrière seul, ou combinaison des deux avec détection oculaire.

Avec la touche "Disp", on dispose de plusieurs modes d’affichage, dont une configuration avec seulement les informations sur l’écran arrière de manière à utiliser l’appareil en mode "expert" : écran de contrôle complet à l’arrière et viseur "pur" ne retenant que l’essentiel (diaphragme, vitesse et cadrage).

Après prise de vue, l’image peut rester affichée dans le viseur 0,5 s ou 1 s, ce qui est très pratique je trouve, mais vous pouvez également désactiver cet affichage pour mieux vous concentrer sur la scène.

Modes

La molette de sélection des modes donne accès aux classiques P, S, A et M, ou à des modes plus ludiques ("appareil jouet", miniature, couleurs pop, etc.). Un nouveau mode panoramique est également censé faire des assemblages à 360°, mais je dois avouer que je n’ai jamais réussi à finir un tour complet, l’appareil stoppant de lui-même le balayage à environ 180° et assemblant quand même l’image en signalant le problème (je n’ai pas fait le test sur trépied). Toutefois, à main levée et sans prendre de précautions particulières, les images résultantes sont bien assemblées.

Visée, autofocus

La mise au point sur le Fujifilm X30 peut se faire manuellement avec la bague de l’objectif, assez fluide et ample. Vous pouvez vous aider du focus peaking qui souligne les zones nettes et zoomer rapidement dans la scène en pressant la molette arrière, cet agrandissement étant centré sur le collimateur actif.

Fujifilm X30 test review mise au point

L’autofocus quant à lui propose les deux modes classiques : AF-S ou AF-C, pour un suivi de sujet en mouvement. Les 49 collimateurs sont bien répartis sur l’ensemble du champ et le système AF reprend le principe hybride propre à Fujifilm combinant la détection de phase (que l’on retrouve sur les reflex) et la détection de contraste (qui travaille sur l’image vidéo). Attention, tous les collimateurs ne sont pas égaux en performances et les capteurs à détection de phase, qui restent les plus efficaces en conditions lumineuses normales, sont surtout concentrés au centre.

Globalement, la réactivité de l’AF est très bonne, nerveuse et précise.

Il faut souligner que le mode AF-C n’est capable de suivre le mouvement d’un sujet que sur un seul collimateur à la fois, contrairement à beaucoup de systèmes autofocus qui utilisent plusieurs collimateurs simultanément pour assurer un suivi latéral. Ici, il faudra donc prendre garde à laisser le sujet sur la même zone durant son déplacement. Cette précaution étant prise, le suivi sera fiable si le mouvement n’est pas trop rapide.

Dernier bémol : le suivi AF en rafale n'est possible que si vous le demandez ; pour cela, il faut accéder aux modes de prises de vue via la touche "Drive" puis "Suivi AF". Le X30 travaille alors à une cadence d’environ 3 i/s : on est loin des 12 i/s dont il est capable (!) lorsqu'il ne doit pas assurer en même temps un suivi de mise au point.

Gestion du bruit électronique

Pour notre test, la scène est éclairée sous environ 250 lux. Le Fujifilm X30 est positionné en mode A et l'ouverture, fixée à f/5,6. Nous faisons ensuite varier la sensibilité ISO. La focale utilisée est 50 mm en équivalent 24x36. Les images sont visibles à 100 % et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (RAF).

Les JPEG

Le Fujifilm X30 est équipé d'un petit capteur de 2/3" 12 Mpx, dont les photodiodes font environ 2,2 µm de côté. La plage ISO s'étend de 100 à 3 200 ISO en RAW et peut grimper jusqu'à 12 800 ISO en JPEG uniquement.

Tailles des différents capteurs
Comparaison des tailles (agrandies 4x) de différents capteurs.

Pas de surprise avec les JPEG de 100 à 800 ISO : les images sont superbes et même à 100 % sur écran, le bruit électronique est pratiquement indiscernable sur les 4 clichés. À 800 ISO, on perd toutefois un peu un dynamique, les zones sombres se "bouchent" peu à peu et, en JPEG toujours, le lissage de la réduction de bruit par défaut devient déjà un peu fort : on aura intérêt à privilégier le format brut ou à désactiver la réduction du bruit, car sur le X30, on peut le trouver assez plaisant, avec un rendu assez "argentique" (ceci est bien sûr affaire de goût et de finalité des images).

À 1 600 ISO, le grain est encore bien contenu et les pixels colorés peu présents sur les clichés.

La plage ISO de 100 à 1 600 ISO est donc parfaitement exploitable et la qualité d’image est excellente jusqu’à 800 ISO.

Le passage à 3 200 ISO est un peu plus difficile. Plusieurs problèmes se présentent : une dérive colorimétrique générale notamment dans les verts, l'apparition de marbrures violettes dans les aplats noirs et un grain un peu plus visible. À cette sensibilité-là, il ne faudra pas dépasser un tirage 20 x 30 cm. Les valeurs supérieures sont, logiquement, encore plus compliquées et ne sont accessibles qu'en mode JPEG. Il s'agit donc probablement d'extrapolations logicielles d'une sensibilité réelle limitée à 3 200 ISO. À 6 400 ISO, les images s'affadissent encore, la réduction du bruit électronique vient les lisser copieusement et la dynamique s'affaisse un peu plus. La valeur de 12 800 ISO ne sera à utiliser qu'en dernier recours.

De manière générale, on ne sera pas souvent amené à monter fortement en sensibilité, dans la mesure où la luminosité de l’objectif est plutôt généreuse, et la stabilisation, efficace.

Comparaison à tirage équivalent

Nous avons choisi de confronter le X30 à quelques boîtiers référents actuels, tel le Sony RX100 Mark III (1" à 20 Mpx), le Panasonic LX100 (4/3", 12,7 Mpx) et le Canon G1X Mark II (1,5" à 15 Mpx).

Nous comparons naturellement les boîtiers à "tirage équivalent". Nous avons "normalisé" les images pour un tirage 40 x 60 cm en 180 dpi, soit une définition de 12 Mpx environ. Les images sont réalisées à 1 600 ISO avec ci-dessous des détails à 100 %.

Attention, les boîtiers ne sont pas équipés d'optiques équivalentes, le piqué initial n'est donc pas le même. Il faut essayer de comparer uniquement le niveau de bruit électronique... Pas si simple.

Premier constat, les différents boîtiers ont des rendus franchement... différents. Sur notre scène, le Sony RX100 Mk III délivre une image très dense. Pour faciliter la comparaison, nous avons équilibré les niveaux entre les différents boîtiers. Au niveau des détails, les 20 Mpx du Sony font également merveille quand il s'agit de réaliser un tirage grand format. Pour la gestion du bruit électronique, les boîtiers les plus pixelisés sont également favorisés et le Fujifilm X30 termine bon dernier de notre comparatif.

Fujifilm X30, test review, comparaison tirage équivalent avec les Sony RX100 Mark 3 (RX100 Mk3), Panasonic LX100 et Canon G1X Mark 2 (G1X Mk2)

Oscilloscope

Passons certaines images du X30 sous l'œil de l'oscilloscope pour un avis plus "mathématique".

À 100 ISO, les images sont bien détaillées et la gamme de gris, bien retranscrite avec des paliers francs et des aplats uniformes. En poussant à 800 ISO, les paliers sont encore bien visibles, mais le bruit électronique vient perturber le rendu uniforme des aplats grisés. À 1 600 ISO, le bruit reste maîtrisé, mais les rendus plus denses sont moins bien lotis : le grain est plus visible et la dynamique se réduit. En atteignant 6 400 ISO, les paliers s'estompent et le grain envahit tous les niveaux de gris.

Fujifilm X30 test review bruit électronique sur gris 100 ISOFujifilm X30 – 100 ISO Fujifilm X30 test review bruit gamme gris graphique 100 ISO
Fujifilm X30 test review bruit électronique sur gris 800 ISOFujifilm X30 – 800 ISO Fujifilm X30 test review bruit gamme gris graphique 800 ISO
Fujifilm X30 test review bruit électronique sur gris 1600 ISOFujifilm X30 – 1 600 ISO Fujifilm X30 test review bruit gamme gris graphique 1600 ISO
Fujifilm X30 test review bruit électronique sur gris 1600 ISOFujifilm X30 – 3 200 ISO Fujifilm X30 test review bruit gamme gris graphique 1600 ISO
Fujifilm X30 test review bruit électronique sur gris 3200 ISOFujifilm X30 – 6 400 ISO Fujifilm X30 test review bruit gamme gris graphique 6400 ISO

Fichiers bruts

Nous mesurons également le bruit de fond du capteur en reconduisant le protocole de test précédent, mais dans le noir complet avec un bouchon sur l'objectif afin de mesurer le bruit de lecture et d'amplification uniquement.

Le graphique ci-dessous représente la déviation standard (donc le bruit) pour les différents pixels colorés : rouges, verts, bleus, et verts. Pour simplifier les résultats, nous n'affichons ici les résultats que pour l'une des séries des pixels verts.

Dans l'absolu, cette mesure est difficilement exploitable et il faut comparer le Fujifilm X30 à d'autre boîtiers pour se rendre compte des différences. Il est intéressant de noter que sur la plage 100-3 200 ISO, nos mesures montrent que le X30 a de meilleurs résultats que le Nikon D810 et son capteur 24x36 à 36 Mpx. Vous constatez également que le capteur Fujifilm est également meilleur que le 1" du Sony RX100 Mark III, malgré une taille de photodiode plus petite.

Fujifilm X30 bruit électronique dans les fichiers bruts, comparaison avec le Nikon D810 et le Sony RX100 Mark 3 (RX100 Mk3)

Exposition, RAW

Mesure de la lumière

Le Fujifilm X30 est équipé d’un capteur de mesure de lumière à 256 points produisant un bon équilibre, même s’il se trompe un peu sur les sujets à risque, par exemple les paysages de neige (un piège "classique"...). Néanmoins l’accès simple et rapide au correcteur d’exposition et, surtout, la prévisualisation du rendu grâce à la visée EVF (éventuellement épaulée par l’histogramme en temps réel) permettent de toute façon de s’en sortir assez rapidement, quelle que soit la situation.

Rendu des images

On l’a dit, le X30 est doté du même capteur que le X20 ; il ne faudra pas donc pas attendre de révolution en ce qui concerne le rendu. Toutefois la technologie CMOS X-Trans de Fuji a fait ses preuves, et la définition assez modeste de 12 Mpx est a priori une très bonne chose pour la qualité finale du fichier, notamment en termes de dynamique : c'est le point faible classique des compacts aux résolutions trop élevées.

De fait, le rendu des couleurs est très subtil, avec une balance des blancs correcte en automatique. On aura toutefois intérêt à configurer une touche d’accès rapide à ce réglage (aucune touche n’étant prévue de base pour cela), afin de pouvoir l’ajuster finement. On trouvera alors tous les modes importants, notamment la température de couleur et la balance des blancs manuelle.

Le travail sur les fichiers bruts confirment la bonne dynamique du capteur : on pourra vraiment aller y travailler les ombres et les hautes lumières, contrairement à d’autres appareils compacts pour lesquels on se demande un peu à quoi sert le format brut proposé.

On dispose en outre pour le travail en JPEG d’une large palette de rendus hérités de l’expertise de Fujifilm en matière de films argentiques, logiquement nommés d’après les films phares de la marque : Velvia (saturé et contrasté), Astia (doux et subtil), Provia (standard) et un petit nouveau : Classic Chrome qui s’inspire du célèbre Ektachrome de Kodak.

Le piqué est très bon pour un capteur de cette taille, et l’accentuation de base est bien dosée.

En vidéo, le X30 délivre des séquences aux couleurs soutenues et à la belle fluidité. Il est capable de monter à 60 i/s en mode progressif. Le micro intégré, bien sensible, est réglable manuellement. On dispose en outre d’une entrée micro au format jack 2,5 mm (et non 3,5 qui est le plus courant). En revanche, pas de sortie casque pour le monitoring. De même, la sortie HDMI est de type "micro" et non "mini" comme sur beaucoup de reflex. Vous pouvez désormais ajuster les paramètres d’exposition pendant l’enregistrement, ou laisser l’appareil gérer la sensibilité en automatique.

Exemples de photos

Nous n'avons rien épargné au Fujifilm X30 : ni le froid, ni la neige, ni même un fort soleil dans le cadre. Globalement et pour un capteur 2/3", le boîtier s'en sort honorablement sans atteindre des sommets.

Fujifilm X30 exemple 1
Fujifilm X30 exemple 5
Fujifilm X30 exemple 2
Fujifilm X30 exemple 3

Avec un beau soleil dans le champ, l'optique du X30 montre ses limites et vous pouvez "admirer" le superbe flare présent sur ce cliché.

Fujifilm X30 exemple 4
Fujifilm X30 exemple 7

Deux exemples de panoramiques réalisés à main levée par simple balayage. Cette fonction est toujours appréciable pour réaliser rapidement des photographies d'ensemble. Vous remarquerez que les passants sont "touchés" par un effet d'images fantômes.

Fujifilm X30 exemple 6
Fujifilm X30 exemple 10

Le mode macro autorise une mise au point à quelques centimètres du sujet avec un rendu final vraiment satisfaisant.

Fujifilm X30 exemple 9

Licence Creative Commons
Ce Test Fujifilm X30 de Vincent Lambert est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International.

Fondé(e) sur une œuvre à /test-1981/compact-fujifilm-x30-exemples-photos-15.html.

Verdict

Fujifilm X30

Très agréable à utiliser, le Fujifilm X30 s’impose vite comme un appareil efficace et rassurant en termes de solidité. L’écran tournant, même s’il est assez limité dans ses mouvements, est très costaud tout en étant aisé à manipuler. On ne fera pas de selfies avec le X30, certes, mais ce n’est pas le genre d’images auquel il se destine : c’est un appareil sérieux, qui semble davantage voué à constituer le boîtier d’appoint d’un photographe aguerri.

Le compact expert de Fujifilm a plusieurs atouts, dont son look rétro plutôt réussi : le X30 a plus de charme que les plus aseptisés Sony RX100 Mark III ou Canon PowerShot G7X. En outre, si vous cherchez un zoom optique manuel, vous n'avez tout simplement pas le choix : le X30 est le seul de sa catégorie à proposer cette option. Son prix joue également en sa faveur, mais le G7X de Canon, qui n'est "que" 100 € plus cher, propose un capteur de 1 pouce plus performant.

+
  • Autonomie en hausse
  • Même batterie que X100T
  • Objectif lumineux et zoom manuel
  • Viseur électronique de qualité
  • Qualité d'image satisfaisante pour un capteur 2/3
  • Solidité et finition soignée
  • Écran orientable
  • Nombreuses fonctions de personnalisation
  • Simple d'usage
  • Un peu lourd pour un compact
  • Focale mini un peu longue (28 mm)
  • Pas de suivi AF latéral
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

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