CapteurX-TRANS CMOS II, 16,3 Mpx
Monture-
Optique livréeFUJINON 23 mm f/2
StabilisationNon
Antipoussière-
ViseurOptique et électronique
Écran3 pouces (7,6 cm) - 1,044 million de points
Mise au point-
Modes autofocusIntelligent Hybrid AF (détection de contraste + corrélation de phase)
Mesures d'expositionTTL 256 zones
Modes d'expositionProgrammed AE, Shutter priority AE, Aperture priority AE, Manual exposure
Vitesse d'obturation1/4 000 s (mécanique) / 1/32 000 s (électronique) Max 30 s / Bulb
Motorisation-
Sensibilité ISO200-6 400 ISO en natif / 100-51 200 ISO en étendu
Mémoire55 Mo interne + Carte SD
AlimentationBatterie NP-95 (autonomie 330 vues)
Connexion802.11n / USB 2.0 (micro USB) / entrée micro (2,5 mm) / sortie µHDMI
Dimensions126,5 x 74,4 x 52,4 mm (L x H x P)
Poids440 g (avec batterie et carte SD)
Logiciels-
Dans la boîteBatterie NP-95, chargeur BC-65N, strap, câble USB, bouchon d'optique, protection, manuel.

Caractéristiques

L'annonce était très attendue. Le X100T (T pour Third) est la troisième mise à jour du X100, le boîtier qui a lancé Fujifilm dans l'univers de l'hybride en 2011, et avec maestria.

Ceux qui attendaient des évolutions majeures en seront pour leur frais, le X100T restant "très X100S", jusque dans son capteur. Mais le X100T apporte son lot d'améliorations, et elles sont loin d'être insignifiantes.

Fujifilm X100T
Pas de bouleversement au niveau du design : le X100T ressemble à un X100.

Petite déception, donc, pour ceux qui attendaient une nouvelle génération de capteur X-Trans CMOS. Ils n'auront qu'à attendre. Pas de version 20 Mpx ou 24 Mpx : on conserve donc l'actuel 16 Mpx. Consolation : ce capteur est toujours excellent. Tout comme le bloc optique qui, lui non plus, ne varie pas d'un iota : le 23 mm f/2 (équivalent à un 35 mm) reste en service, toujours accompagné de son diaphragme à 9 lamelles.

Enfin, toujours dans la catégorie "ne change pas", signalons que l'EXR Processor II en service sur le X100S est lui aussi reconduit sur le X100T. Idem pour la mesure d'exposition TTL sur 256 zones. On aura donc selon, toute vraisemblance, la même qualité de photos entre un X100S et un X100T.

Fujifilm X100T et son viseur hybrideUne des nouveautés : le viseur hybride optique / numérique plus confortable.

Mais si le cœur du système reste inchangé, beaucoup d'à-côtés ont été améliorés.

En premier lieu, c'est l'apparition d'une obturation hybride, électronique et mécanique, qui est à signaler. L'obturateur mécanique permettra d'atteindre les 1/4 000 s, classiques sur ce type de boîtier. Le passage en obturation électronique la présente comme totalement silencieuse (bien que sur les X100, la mécanique soit déjà tout à fait discrète) et surtout capable d'atteindre les 1/32 000 s.

L'apparition de ce type d'obturation est tout à fait intéressante, et constitue probablement le signe avant-coureur d'un changement global dans un avenir assez proche, y compris dans les reflex. Apparition, ou plutôt résurrection, car on se souviendra que des boîtiers comme le D70 de Nikon, lancé fin 2004, en étaient déjà équipés. Le principal intérêt à l'époque était de permettre des synchros flash bien plus rapides que les actuelles 1/250 s au mieux — le D70 permettant les 1/500 s : pas mal !

Reste à voir l'intérêt en pratique de ce type d'obturation sur un X100T. On en imaginera deux immédiats : en premier lieu, la prise de photos à pleine ouverture et par très grande luminosité, nécessitant parfois d'aller au-delà des 1/4 000 s. En second, le passage à l'obturation électronique permettra peut-être d'économiser des cycles d'obturateur mécanique.

Fujifilm X100T détail ergonomieLa correction d'exposition est désormais sur +/-3 IL.

Parmi les autres nouveautés liées à la prise de vue, signalons que la compensation d'exposition se fera désormais sur + ou -3 EV, au lieu des +/- 2 EV du X100S. De même, la montée en ISO est un peu améliorée, puisqu'un mode 51 200 ISO fait son apparition. Il ne s'agit toutefois pas d'une sensibilité standard, mais étendue, le X100T opérant toujours de 200 ISO à 6 400 ISO en standard.

Fujifilm X100T, viseur hybrideUn nouveau viseur hybride optique / électronique que nous avons hâte de tester !

Côté visée, si on retrouve le viseur hybride caractéristique des X100, celui-ci a fait l'objet de certaines améliorations. La vue proposée en visée électronique est plus claire, plus fluide (y compris par mauvais éclairage), et Fuji assure avoir réduit le décalage typique des visées électroniques.

En outre, une première sur les hybrides : on pourra enregistrer des vidéos en utilisant le viseur hybride et non l'écran LCD arrière, comme on le faisait avec les anciens caméscopes. Outre l'aspect un peu rétro — et une meilleure confidentialité liée au fait que personne ne verra à l'écran ce que vous filmez —, on y percevra également la possibilité d'économiser un peu de batterie, le viseur hybride étant certainement moins énergivore que l'écran LCD de 3 pouces (7,6 cm) du X100T.

De même, le viseur du X100T est doté d'une correction de parallaxe en temps réel. Les modes Focus Peaking et Digital Split sont utilisables via l'EVF, et le niveau de zoom ainsi que la zone de mise au point peuvent y être ajustés.

L'écran LCD justement, qui était l'une des faiblesses notoires des X100, a fait l'objet d'une refonte totale. À la place du 2,8 pouces 460 000 points, on trouve une bien meilleure dalle de 7,6 cm affichant 1 044 000 points, mais ni tactile, ni inclinable.

Fujifilm X100T détailDiaphragme, vitesse : tout est accessible via une bague ou un barillet.

Comme sur le X30, Fuji a doté son interface d'un intervallomètre. On notera aussi l'apparition d'un bracketing de balance des blancs, ainsi que 3 réglages possibles pour la sensibilité automatique (Auto 1, 2 et 3) au lieu d'un seul sur le X100s.

Autre similitude avec le X30, un mode de simulation Classic Chrome fait également son entrée.

En vidéo on a droit aux habituels 60p et 30p, et désormais 50p, 25p et 24p, en Full HD comme en 1280 x 720. Signalons également qu'une fonction de détection de visages fait son apparition.

Fujifilm X100T noir / argentDeux déclinaisons pour le Fujifilm X100T.

Côté interface, c'est aussi un petit festival de nouveautés. Primo, le X100T est équipé du WiFi. Secundo, Fuji continue à doter ses boîtiers d'une entrée micro standard (2,5 mm, également compatible avec un déclencheur filaire), une nouveauté déjà rencontrée sur le X30 dévoilé il y a peu. Enfin la sortie mini HDMI fait place à une micro HDMI (Type D).

La prise en main a également été repensée, un peu. Par exemple, on pourra désormais utiliser simplement la bague de diaphragme pour régler l'ouverture par paliers de 1/3 EV, au lieu d'utiliser le levier de commande. Le X100T est doté de 7 boutons "fonctions", tous personnalisables, en plus du bouton Q sur l'arrière. Et, comme on le voit sur les photos du produit, la disposition des boutons a été retouchée, que ce soit sur la gauche de l'écran...

Fujifilm X100T, disposition des touches, à gauche

... ou sur la droite.

Fujifilm X100T, disposition des touches, à droite

Disponibilité et prix

Le X100T sera disponible en décembre 2014, au tarif conseillé de 1 199 € TTC.

Caractéristiques

Prise en main

Le X100T est la troisième déclinaison du concept novateur de Fujifilm, inauguré en 2011 et qui continue de séduire de plus en plus de photographes un peu fatigués des reflex surdimensionnés...

Fujifilm X100T test review

Si le principe du X100 est assez unique en photo numérique, il ne l’est pas en argentique puisqu’il s’inspire directement non pas du Leica M auquel on le compare souvent, mais plutôt de l’Hexar de Konica dont il reprend les principaux arguments : boitier léger et compact grâce à la visée directe, excellent objectif à focale fixe de 35 mm (équivalent) ouvrant à f/2, obturation centrale très silencieuse, et mise au point autofocus. Tout y est, le numérique en plus ! Quand on connaît l’affection et la nostalgie qui étreint nombre de photographes à l’évocation de leur Hexar, il n’est pas étonnant que le X100 en fasse à son tour chavirer plus d’un…

Alors qu’apporte de nouveau ce « T » (pour « Third »), dans la mesure où le capteur et l’optique restent inchangées par rapport au « S », second du nom ? Principalement des améliorations ergonomiques, une obturation électronique permettant des temps de pose jusqu’au 1/32 000 s, une connectivité Wi-Fi, et surtout ce qui peut sembler l’aboutissement du concept de départ, à savoir pouvoir basculer entre visée optique ou électronique : la possibilité d’avoir les deux simultanément !

Prise en main

Il faut reconnaître qu’au delà de ses qualités purement photographiques, le design du X100 "en jette", et fait partie de ces outils qu’on a plaisir à utiliser parce qu’ils sont aussi fonctionnels qu‘élégants, s’inscrivant manifestement dans une certaine tradition photographique... On peut voir ces choix comme du « passéisme » et du snobisme, mais il me semble surtout que cela répond à des besoins pratiques et ergonomiques : le boiter est très plat pour le rendre compact, le choix des bagues dédiées pour les commandes d’exposition (diaphragme, vitesse et correcteur) me semble pertinent, les touches de commande sont peu nombreuses et bien disposées (et presque entièrement personnalisables)... On sent que les concepteurs ont pensé « photo » autant qu’à « vintage », poussant le souci du détail jusqu’à proposer un déclencheur fileté pour pouvoir visser un déclencheur souple, tellement pratique et pas cher !

Fujifilm X100T vue de faceFujifilm X100T : un look vintage pour un boîtier à la pointe de la technologie avec un viseur hybride optique / électronique.

Avec 430 g sur la balance, il fait pas loin de la moitié du poids d’un Leica muni d’une optique équivalente… Évidemment on ne retrouve pas le même touché, qui inspire tellement confiance chez la marque allemande, et le Fujifilm sonne beaucoup plus creux, mais on peut ranger ce dernier dans une poche de manteau sans trop le sentir. En revanche, je trouve le revêtement grainé trop glissant et d’un contact pas très agréable, la poignée étant en outre peu profonde bien qu’assez large. Mais dans l’ensemble la préhension se fait assez naturellement après un peu de pratique, et qu’on s’est fait à l’idée que sous ses aspects classieux, le X100 reste un appareil compact, expert certes, mais assez grand public comparé aux ténors de la visée directe.

Le viseur justement est honorable, bien en deçà bien sûr de celui d’un Leica (encore lui !), mais celui du X100T dispose d’un correcteur dioptrique et d’un dégagement oculaire tout à fait correct.

Les molettes de réglages ne sont pas verrouillées, mais elles présentent une résistance suffisante pour ne pas se pas se déplacer par inadvertance, notamment celle de correction de l’exposition, qui est un peu déportée au delà du bord pour pouvoir la manipuler au pouce très rapidement, et sans quitter le viseur. Notons à ce propos que l’incrément de correction monte à 3 IL contre 2 sur la génération précédente. En revanche la molette arrière (cliquable) est très (trop ?) fluide. Toutefois, elle ne risque pas de générer d’erreur puisqu’elle ne servira qu’à zoomer dans l’affichage lorsqu’elle est cliquée, ou à changer le couple vitesse/diaphragme par rotation lorsqu’on est en mode d’exposition automatique.

Fujifilm X100T test review vue de dessusDes accès directs à la vitesse (molette) et à l'ouverture (bague autour de l'objectif) : une manière de fonctionner qui a fait ses preuves.

La touche d’accès rapide « Q » migre au dessus du trèfle de commande, et permet d’ajuster la majorité des réglages à l’aide de la molette arrière. Vous pouvez en outre personnaliser ce menu rapide en sélectionnant les éléments et en les plaçant où vous le souhaitez. Vous pouvez enfin créer jusqu’à 7 jeux de réglages, accessibles facilement via ce menu rapide.

Les touches du trèfle de commande ne sont plus nommées, puisqu’elles sont personnalisables, de même que les deux commandes Fn sur le capot et à l’arrière du boitier (celle-ci ayant par défaut la fonction d’activer le Wi-Fi). Malheureusement, la bague de mise au point de l’objectif ne peut pas être reconfigurée comme c’est le cas sur le X30 par exemple, et ne servira donc à rien en dehors de la mise au point manuelle.

Fujifilm X100T test review autofocusUn levier permet de basculer rapidement entre mise au point manuelle et automatique.

D’une manière générale j’ai trouvé l’organisation du boitier très bien pensée, notamment dans un objectif d’efficacité. On retrouve cette démarche de simplification jusque dans les paramétrages fondamentaux : l’ergonomie choisie par Fujifilm pour l’accès aux différents modes d’exposition est à ce titre très maline. Plutôt que de multiplier les modes aux noms abscons, on se contente d’une bague pour le réglage manuel du diaphragme, avec une position A (dans ce cas on est en priorité vitessse), et d’une molette pour le temps de pose avec une position A (dans ce cas on est en priorité diaphragme). Si les deux sont en position A, on est en mode Program : l’appareil propose un couple que l’on pourra décaler au besoin en tournant la molette arrière. Simple, rationnel et efficace.

Fujifilm X100T test review vue de dosLes quatre boutons du trèfle de sélection sont paramétrables pour accéder rapidement à certaines fonctions.

On peut pousser cette simplification en activant le contrôle automatique de la sensibilité, dont la configuration est en outre très avancée, avec le choix possible de la sensibilité maximale et de la vitesse d’obturation minimale préférable quand on travaille en mode priorité ouverture. Pour couronner le tout, vous pouvez vous créer trois jeux de sensibilité Auto, et leur configuration sera directement accessible si vous configurez une touche d’accès direct aux ISO.
Fujifilm X100T test review connectiqueFujifilm X100T : entrée micro, Micro-USB pour la recharge et sortie HDMI de type D.

Visée, autofocus

Visée optique et électronique

L’expérience de visée de la famille X100 est l’un de ses principaux atouts, proposant à la fois un viseur optique de type direct, et une visée électronique EVF par le biais du même viseur optique. Vous pouvez bien entendu également travailler sur l’écran arrière, qui s’élargit (7,6 cm de diagonale) et gagne en résolution (1,04 Mpx) pour un rendu très précis et fiable..
Fujifilm X100T visée

Le choix du passage de la visée OVF (Optical View Finder, viseur optique) à la visée EVF (Electronic View Finder, viseur électronique de type OLED) se fait par simple rotation de la tirette placée en façade, et la transition de l’un à l’autre type de visée est assez rapide, permettant de sélectionner facilement la meilleure option en fonction de la situation : la visée EVF permet de pré visualiser entièrement l’image en exposition, rendu et profondeur de champ, quand la visée optique est plus agréable, claire et fluide, mais ne vous permet pas de contrôler la mise au point : vous devez alors faire confiance à l’autofocus… Sauf si vous optez pour l’affichage hybride, grande nouveauté de cette version T : en tournant la tirette de sélection des modes de visée vers l’intérieur, vous bénéficiez simultanément de la visée directe et de la visée vidéo, reprise dans un petit écran situé en bas à droite du viseur. Cet affichage vidéo est couplé au collimateur de mise au point sélectionné, pour pouvoir en permanence contrôler la netteté sur la zone souhaitée. Saute ainsi un dernier défaut de la visée « claire » avec les appareils autofocus : devoir leur faire confiance ! C’est une expérience assez incroyable, et c’est rapidement devenu mon mode d’affichage par défaut…

Fujifilm visée optique/ électronique

L’hybridation de la visée optique et électronique est non seulement intéressante pour l’affichage d’informations très variées au sein même de la visée optique, mais aussi pour l’affichage bref des images dans le viseur juste après le déclenchement : il s’opère alors une sorte d’arrêt sur image très utile pour vérifier à la volée si on a réussit à saisir l’image que l’on souhaitait sans même quitter le viseur, et avant de revenir très rapidement à la visée directe. Cet affichage des images est paramétrable de 1/2 s à 1s et elle est bien sûr aussi désactivable, pour ceux qui préfèrent travailler à l’ancienne…

Visée Fujfilm X100TDe gauche à droite : visée électronique, visée optique, visée hybride optique + vérification AF en visée électronique.

Les informations en visée optique sont très complètes et paramétrables, incluant les limites de cadre bien sûr, mais aussi une grille de cadrage, un niveau électronique, un histogramme en temps réel, la distance de mise au point, la balance des blancs, etc. Vous pouvez même piloter les réglages du flash sans quitter le viseur optique !

Vous avez donc le choix entre un affichage très complet sur la configuration du boitier ou au contraire une visée très épurée ne retenant que l’essentiel comme le couple vitesse/diaphragme et la sensibilité de manière à se concentrer sur le cadrage.

La zone délimitant les limites de cadrage en visée OVF s’adapte au format d’image choisi, parmi les ratios 3:2, 16:9 et 1:1 (format carré), mais ne couvre pas 100 % du champ photographié (environ 92 % seulement). Ca peut paraître étonnant étant donné que le viseur quant à lui laisse voir davantage de champ que l’image finale, mais c’est un problème récurrent des appareils à visée claire. En revanche, le cadre indiqué dans le viseur corrige la parallaxe en se décalant pour s’adapter à la distance de mise au point, on retrouve bien là les caractéristiques classiques des appareils à visée directe, qui en font des instruments de visée qui ne brillent pas par leur précision, mais plus conçus pour la prise de vue rapide au jugé.

le mystère de la couverture à 92 %

Il peut sembler étonnant (et un peu rageant…) que le cadre indiqué dans le viseur ne corresponde pas à 100% de l’image finale, surtout dans un appareil à 1000 euros. Ce problème se rencontre à notre connaissance sur tous les appareils à visée directe, et tient au fait que l’angle de champ varie en fonction de la distance de mise au point : lorsque la distance de mise au point se réduit, le tirage de l’objectif augmente, l’angle de champ se réduit et par conséquent la « focale apparente » augmente. Toutefois, cette variation de cadrage n’est pas prise en compte et le cadre indiqué dans le viseur est le plus souvent calé sur la distance minimale de mise au point (le cadrage le plus serré). Toutefois, il me semble que cela pourrait être pris en compte dans un boitier comme le Fujifilm X100 : comme les informations sont affichées à la demande en les superposant à la visée, et que l’objectif est fixe (donc les variations d’angle anticipables), on pourrait imaginer un cadre dont les dimensions suivraient la distance de mise au point… Pour l’instant en tous cas, pour pouvoir bénéficier d’une visée à 100 %, il faudra donc travailler en visée électronique.

Mise au point

La mise au point peut se faire manuellement avec la bague de l’objectif, assez fluide et ample : vous verrez alors si vous êtes en visée optique le cadre se décale pour prendre en compte la distance de mise au point au fur et à mesure. Toutefois, il était assez délicat de réaliser une netteté manuelle dans un viseur direct ne bénéficiant pas d’assistance à la mise au point télémétrique. On préférait alors réaliser celle-ci en visée électronique sur les versions de X100 précédentes. Là encore, un grand merci à la visée hybride, innovation majeure du X100T : dans cette configuration de visée, vous contrôler votre cadrage ET la mise au point, bénéficiant ainsi du meilleur des deux mondes…

Fujifilm X100T visée optique correction parallaxe
En visée optique et mise au point manuelle, le cadre de visée s'adapte en permanence à la mise au point permettant de corriger les erreurs de parallaxe à la volée.

En outre, la version T propose un nouveau type d’aide en mise au point manuelle : l’antique stigmomètre qui divise l’image en deux et qui équipait nombre de reflex de la grande époque, et qui vient compléter l’option plus moderne de focus peaking, qui affiche en surbrillance les contours nets…

Fujifilm X100T visée hybride mise au point manuelle
En visée optique, une portion de la visée affiche soit un agrandissement de la zone AF, soit le focus peaking soit le stigmomètre électronique.

L’autofocus quant à lui propose les deux modes classiques AF-S ou AF-C pour un suivi de sujet en mouvement. Attention toutefois à ce dernier mode, car il n’est capable de suivre et d’ajuster la mise au point que sur un seul collimateur à la fois, contrairement à beaucoup de systèmes AF capables d’utiliser plusieurs collimateurs simultanément pour assurer un suivi latéral. Ici, il faudra prendre garde à laisser le sujet sur la même zone durant son déplacement. Ceci sera possible, quelle que soit la composition choisie, car la couverture AF est totale sur tout le cadre : du grand luxe quand on vient du reflex !

L’AF s’est révélé assez véloce et réactif, même s’il n’est pas taillé pour la prise de vue sportive soutenue. En outre, j’ai constaté sur l’exemplaire dont je disposais une étonnante disparité de performance entre les 49 collimateurs proposés : les centraux s’en sortent beaucoup mieux que les latéraux, qui ont tendance à vite patiner… Ceci est certainement dû au fait que seuls les points AF centraux sont de type hybride (détection de phase et de contraste), alors que les latéraux ne fonctionnent qu’en détection de contraste, plus lent. On privilégiera donc les collimateurs centraux et on ajustera la composition après verrouillage de la mise au point… à l’ancienne en somme !

Pour finir sur cet aspect, j’ai été bluffé par l’excellent mode macro qui permet des mises au point jusqu’à des distances de 10 cm, contre 40 cm pour la version S, ce qui permet vraiment de s’ouvrir à des types d’images nécessitant normalement des équipements optiques spécifiques.

Précision, colorimétrie

Qualité optique

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple.

De plus, le piqué va dépendre de la définition du capteur de votre appareil (ici, 16 Mpx) et la taille de son capteur (APS-C pour ce X100T). Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Le Fujifilm X100T dispose d'une définition de 4896 x 3264 pixels. Chaque pixel mesure donc 4,8 µm de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/16 !

Globalement, le couple capteur / optique du X100T fonctionne bien. La qualité optique est au rendez-vous, malgré un net retrait aux plus grandes ouvertures. L'objectif procure le meilleur de lui-même de f/4 à f/8 et maintient un très haut niveau de qualité jusqu'à f/16. Les images sont dans l'ensemble homogènes du centre jusqu'aux bords. Par contre, aux plus grandes ouvertures, on observe un net manque d'homogénéité et un piqué global moins fort, avec pour conséquence une reproduction des fins détails plus faible.

Fujifilm X100 T Imatest

Gestion du bruit électronique

Comme de coutume, pour notre test, la scène est éclairée sous 200 lux. Le Fujifilm X100T est réglé en mode M avec une ouverture fixée à f/5,6 pour une valeur ISO de 100 avec un temps d'obturation de 1/4 s. Nous faisons ensuite varier la sensibilité ISO ainsi que la vitesse d'obturation. Les images sont visibles à 100 % et vous pouvez télécharger les fichiers bruts (RAF).

Les JPEG

matrice x-transNe l'oublions pas : le X100T reprend les mêmes composants, parmi ceux qui sont susceptibles de jouer sur le bruit, que leX100s. On retrouve le même capteur X-Trans CMOS de 16 millions de pixels au format APS-C, le même processeur EXR et la même optique : 23 mm f/2. Rappelons que ce capteur X-Trans est doté d'un filtre coloré singulier, différent de la classique matrice de Bayer, qui autorise le retrait du filtre passe-bas sans apparition de moirage.

Tailles des différents capteurs
Comparaison des tailles (agrandies 4x) de différents capteurs.

Premier point, les problèmes d'exposition que nous avions rencontrés avec son prédécesseur semblent être atténués, bien que l'on note toujours des images assez denses. Il faudra souvent user du correcteur d'exposition pour relever les niveaux.

Sans surprise, les images sont très bonnes jusqu'à 1 600 ISO, et correctes jusqu'à 6 400 ISO. De 1 600 à 6 400 ISO, le bruit monte effectivement, mais il reste très discret et peut même s'apparenter à un peu de matière pour donner du corps aux images. Au-delà de 6 400 ISO, par contre, la qualité des images chute et le bruit prend de l'importance ; il a toutefois l'avantage de ne pas être coloré et donc de rester relativement discret.

Par ailleurs, le Fujifilm X100T inaugure un mode 51 200 ISO qui fournit une magnifique bouillie de pixels : une sensibilité totalement inexploitable, sauf en cas d'extrême nécessité.

Mais au final, on peut tout de même souligner que Fujifilm a amélioré ses algorithmes de réduction du bruit : en comparant les planches du X100T à celles de X100s, on remarque que l'on semble avoir gagné 1 IL. Autrement dit, avec le T, on obtient à 12 800 ISO ce que l'on obtenait avec le S à 6 400 ISO.

Vous pouvez comparer les résultats avec ceux de ses prédécesseurs, le X100s et le X100, et ceux de ses récents concurrents à grands capteurs : le DP2 Quattro et le LX100.

Comparaison à tirage équivalent

Nous avons choisi de confronter le X100T à quelques boîtiers référents tel leRicoh GR (capteur APS-C, 16 Mpx), le Nikon A (capteur APS-C, 16 Mpx) ou le Panasonic LX100 (4/3" à 13 Mpx).

Nous comparons naturellement les boîtiers à "tirage équivalent". Nous avons "normalisé" les images pour un tirage 40 x 60 cm en 180 dpi, soit une définition de 12 Mpx environ. Les images sont réalisées à 3 200 ISO avec ci-dessous des détails à 100 %.

Attention, les boîtiers ne sont pas équipés d'optiques équivalentes, le piqué initial n'est donc pas le même. Il faut essayer de comparer uniquement le niveau de bruit électronique... Pas si simple.

Clairement, les capteurs APS-C s'en sortent mieux que le capteur 4/3" du LX100. 3 200 ISO est une sensibilité déjà élevée et le bruit électronique est également visible sur les compacts experts de 2013. Vous noterez la présence de moutonnement et de marbrures violettes. Le X100T est vraiment remarquable avec un grain peu présent et un lissage modéré. En entre les 4 concurrents, c'est le modèle Fujifilm qui est en tête.

Fujifilm X100T, test review, comparaison tirage équivalent

Oscilloscope

Passons certaines images du Fujifilm X100T sous l'œil de l'oscilloscope pour un avis plus "mathématique".

Le compact APS-C expert montre une fois de plus d'excellents résultats et sur la plage 200 - 3 200 ISO, le bruit est vraiment bien contenu : les escaliers sont bien visibles et les pics encore discrets. Fujifilm reste le maître incontesté pour ce qui est de la gestion du bruit électronique jusqu'à 3 200 ISO. La reproduction des valeurs sombres est déjà plus problématique à 6 400 ISO et notre gamme de gris s'uniformise trop à 12 800 ISO.a

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Fujifilm X100T test review bruit électronique sur grisFujifilm X100T – 200 ISO Canon 7D Mark 2 test review bruit gamme gris graphique 100 ISO
Canon 7D Mark 2 test review bruit gamme gris 3200 ISOFujifilm X100T – 3 200 ISO Fujifilm X100T test review bruit gamme gris graphique 3200 ISO
Fujifilm X100T test review bruit gamme gris 6400 ISOFujifilm X100T – 6 400 ISO Canon 7D Mark 2 test review bruit gamme gris graphique 6400 ISO
Fujifilm X100T test review bruit gamme gris 12800 ISOFujifilm X100T– 12 800 ISO Fujifilm X100T test review bruit gamme gris graphique 12800 ISO

Exposition, RAW

Le X100T inaugure un nouveau mode d’obturation électronique permettant d’atteindre des temps de pose jusqu’au 1/32 000 s, mais qui ne permet pas l’usage du flash. On peut laisser l’appareil choisir entre ces deux modes, on les sélectionner manuellement. Pour ma part, j’en ai eu l’usage pour des prises de vue très lumineuses de paysage enneigé au soleil et à grande ouverture, d’autant plus que la sensibilité minimale assez haute de 200 ISO impose des contraintes fortes dans ces situations (vous pourrez descendre à 100 ISO, mais uniquement en JPEG). C’est donc une option très pertinente qu’il serait bon de voir se généraliser sur les reflex. Soulignons que l’obturateur mécanique lui-même s’améliore, autorisant des temps de pose jusqu’à 1/4 000 s, ce qui est très bon pour un obturateur central situé dans l’objectif (et qui, rappelons-le au passage, n’impose pas de vitesse limite de synchronisation au flash). La qualité d’image est très bonne jusqu’à 3 200 ISO, mais il est tout à fait possible de pousser à 6400 qui est la limite en format RAW (vous pouvez pousser jusqu’à 51 200 ISO en JPEG).

Exposition et extension de dynamique

Globalement l’exposition est assez juste, avec une petite tendance à sous-exposer tout de même, certainement pour protéger les hautes lumières. Dans ce même but, un traitement appelé Dynamic Range (DR) est systématiquement appliqué aux images, réglable sur trois niveaux dépendant de la sensibilité choisie : jusqu’à 400 ISO, seul le niveau DR100 est accessible (correspondant a priori à un traitement nul), à 400 ISO on a le choix entre DR100 et DR200, et il faudra au minimum une sensibilité de 800 ISO pour accéder au mode DR400. Le principe de ce traitement est de récupérer de la modulation dans les hautes lumières, un peu comme si l’appareil enregistrait dans l’image faite à 800 ISO également les images faites à 200 et 100 ISO, plus détaillées dans les hautes lumières, avec un gain en dynamique théorique de 2 IL. Un mode DR AUTO est aussi proposé, qui ne sera vraiment efficient à mon sens qu’en ISO AUTO : ainsi le boitier pourra choisir le niveau de réduction du contraste approprié et accessible en fonction de la sensibilité qu’il aura lui-même choisi. J’ai pu constater que la réduction du contraste reste subtil, certainement dans un souci d’éviter les rendus trop artificiels. En tous cas, même dans des situations à très forts contrastes pour lesquels le plus haut niveau serait requis, la valeur DR400 est rarement atteinte, ce qui est plutôt une bonne chose à mes yeux.

Exemples de photos

Fujifilm X100T exemple 1
Fujifilm X100T exemple 2
Fujifilm X100T exemple 3
Fujifilm X100T exemple 4
Fujifilm X100T exemple 5
Fujifilm X100T exemple 6
Fujifilm X100T exemple 7
Fujifilm X100T exemple 8
Fujifilm X100T exemple 9
Fujifilm X100T exemple 10
Fujifilm X100T exemple 11
Fujifilm X100T exemple 12

Verdict

Fujifilm X100T test review recommandé

Je dois reconnaître qu’en tant qu’habitué des reflex haut de gamme et familier de leur relative complexité et encombrement, j’ai trouvé très agréable le principe de la famille X100 pour le reportage sur le vif et la photo de type « miscellanées ». La formule que propose la version T montre de façon convaincante le degré de maturité auquel est parvenu Fujifilm dans le développement de son concept, qui va au delà de l’attrait simple pour l’aspect rétro : les fonctionnalités et l’hybridation réussie des types de visées, la compacité et la légèreté de l’appareil ainsi que la qualité globale des images en font un outil extrêmement pertinent en tant que « second » boitier.

Et c’est là peut-être son seul « hic » : son usage reste quand même limité du fait de son objectif fixe, et du coup le tarif peut sembler relativement élevé pour un utilisateur non professionnel, à moins de vouloir se spécialiser dans le reportage pur et dur et de pouvoir se contenter de cet unique appareil.

Cette réserve mise de côté et si on assume les limites que nous impose le X100 (comme c’est le propre des appareils à forte personnalité : ils en font moins mais le font bien), et le côté parfois un peu léger de sa finition qui fera sourire les adeptes de la visée télémétriques, c’est le genre d’appareil avec lequel on peut passer de longues heures avec plaisir à faire de la photo, et c’est certainement là l’essentiel.

+
  • Visée hybride optique et électronique
  • Qualité d'image jusqu'à 3 200 ISO
  • Objectif lumineux f/2,8
  • Excellent piqué de l'optique à f/4
  • Compacité et poids
  • Design soigné
  • Simple d'usage
  • Silence de fonctionnement
  • Obturation électronique jusqu'au 1/32 000s
  • Autonomie revue à la hausse : plus de 400 vues
  • Coque un peu plastique
  • Prix élevé
  • Pas de personnalisation de la bague de l'objectif
  • AF erratique sur quand le sujet est sur le côté
  • Pas de suivi AF latéral
  • Toujours pas de stabilisation optique ou mécanique
  • Pas de tropicalisation du boîtier
  • Toujours pas d'écran tactile ou orientable
  • Pas de prise casque
Les prix
Fujifilm X100T
X100T
Priceminister 1027,00 €
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Digixo 1129,00 € Voir l'offre
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Fnac.com marketplace 1177,00 € Voir l'offre
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