CapteurCMOS 8,9 x 13,5 mm 20,48 Mpx
MontureNA
Optique livrée32 mm f/1,8
StabilisationNon
AntipoussièreNA
ViseurNon
ÉcranOui, tactile
Mise au pointDétection de contraste
Modes autofocusAF-S - AF-C
Mesures d'expositionTTL
Modes d'expositionPASM
Vitesse d'obturationÉlectronique 1/8 000 s - 1 s
Motorisation22 i/s (4 s)
Sensibilité ISO80-51 200 ISO
MémoireMicro SD
AlimentationUSB
ConnexionUSB
Dimensions69 x 49 x 26 mm
Poids110 g
Logicielsapplication DxO One
Dans la boîtechargeur

Caractéristiques

Nous vous en avions parlé à l'occasion de son annonce, au début de l'été : la DxO ONE est un véritable appareil photo expert conçu pour être utilisé avec un iPhone.

Présentation

[Cette partie reprend la présentation publiée le 18 juin 2015, NDLR.]

"Tu vas vraiment être surpris", m'a prévenu l'attaché de presse de DxO. La société française spécialisée dans les logiciels (pointus) de correction d'images (DxO Optics Pro, flux d'images dans certains smartphones...) a placé la barre assez haut pour cette nouvelle annonce. Avec la DxO ONE, DxO devient l'un des rares constructeurs d'appareils hexagonaux. Découverte.
dxo one

J'avoue, je n'avais pas imaginé DxO devenir un fabricant d'appareils photo. Mon idée était plutôt une série de compléments optiques pour smartphone. D'un côté, je n'étais pas loin. D'un autre, je n'y étais pas du tout. Car si la DxO ONE a bien une optique, elle a également bien plus. Il s'agit d'un véritable appareil photo (et caméra) avec un capteur et un déclencheur physique. Pas d'écran, pas de commandes ; tout est déporté sur l'écran d'un iPhone : visée, réglages de la prise de vue, mise au point.

Un bel objet

Mais revenons sur le boîtier avant d'en décortiquer le fonctionnement. L'appareil est en aluminium forgé et arbore un design "panda", c'est-à-dire bicolore noir et argent.

La fiche technique de la ONE est plutôt impressionnante. Imaginez un gros briquet Zippo (en plus épais : 69 x 49 x 26 mm pour 110 g en fonctionnement) dans lequel vient se loger un capteur 1" (oui oui, 1 pouce) de 20 Mpx rétroéclairé (le même qui équipe la série RX100 Mark II et Mark III de Sony) et une optique focale fixe de 32 mm en équivalent 24x36 ouvrant à f/1,8. Cette optique est équipée d'un iris mécanique à 6 lamelles ajustable jusqu'à f/11.
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La DxO ONE peut capturer des photos et des films en mode autonome — sans iPhone, donc.

Pour la conception de l'optique, les ingénieurs de DxO Labs sont partis d'une feuille blanche pour s'affranchir des contraintes liées à plus de 100 ans d'histoire de la photographie. La formule optique est "airless" avec une lentille arrière qui touche le capteur : il n'y a aucun tirage optique. Vous noterez que l'optique n'est pas stabilisée, le capteur non plus.

Et le reste de la fiche technique est à l'avenant : mise au point mini à 20 cm, obturation entre 15 s et 1/8 000 s, plage de sensibilité de 100 à 51 200 ISO (Hi 2), mode d'exposition PSAM, vidéo HDTV 1080 à 30 i/s, enregistrement JPEG et RAW (DNG), carte microSD UHS-I, petit écran Oled tactile de rappel, etc. Un véritable concentré d'appareil photo... sans écran. Des spécifications qui rappellent la série QX de Sony et notamment le QX100, également équipé d'un capteur 1" et d'un zoom optique 3x 28-100 mm, mais qui n'enregistre pas de RAW.

SuperRAW

Et le RAW justement, c'est un peu le domaine de prédilection de DxO. Les photographes exigeants connaissent DxO Optics Pro, qui propose actuellement l'un des meilleurs dématriceurs ainsi que des algorithmes puissants pour le traitement du bruit électronique. Tout ce savoir-faire, ou du moins une partie, est embarqué dans la DxO ONE. Une fois la photo réalisée, un JPEG est transféré sur le smartphone pour un partage immédiat sur Internet.

Le JPEG, d'accord, mais le RAW ? Le fichier brut est quant à lui enregistré sur la carte mémoire (et non pas dans le téléphone) pour un traitement ultérieur à l'aide du logiciel DxO Connect (iOS / Windows / Mac OS X) ou naturellement DxO Optics Pro (Windows, Mac OS X).

Les plus observateurs auront vite identifié la commande SuperRAW sur l'interface du smartphone. Un RAW oui, mais un SuperRAW, ça sert à quoi ? Eh bien si les conditions lumineuses sont extrêmes, le SuperRAW permet d'enregistrer rapidement 4 images consécutives (RAW donc) à la cadence de 22 i/s. Ces images sont alors combinées pour ne former qu'un énorme fichier (entre 80 et 160 Mo tout de même) contenant beaucoup de données. C'est là que les algorithmes de DxO entrent en jeu. En effet, le logiciel DxO Connect est alors capable d'associer à la fois une réduction du bruit spatiale (le fameux algorithme PRIME de DxO Optics Pro) et une réduction du bruit temporel (TNR, pour Temporal Noise Reduction) qui analyse les 4 images afin d'en supprimer les pixels aberrants (le bruit). Les quatre fichiers sont enregistrés sur la carte et pourront être édités indépendamment. Sur des scènes rapides, un traitement d'images parasites est naturellement prévu.

D'après DxO, la ONE obtiendrait un score de 85 sur DxOMark ! Pour mémoire, un Nikon D3s (24x36 donc) n'atteint que 82 points... On demande à voir.

Et la vidéo ?

Côté image animée, la DxO ONE est un peu moins alléchante. L'appareil filme, mais uniquement en HDTV 1080 à 30 i/s ou en 720p à 120 i/s (pas mal pour les ralentis). La caméra fait donc l'impasse sur le standard PAL ou le 24 i/s. Peut-être lors d'une mise à jour ? Notez que le mode vidéo bénéficie d'une stabilisation électronique. Pas de prise micro ou casque pour le son, mais la caméra offre une captation sonore stéréo intégrée.

Apple, compagnon indispensable

Avec le petit écran Oled tactile au dos, la DxO ONE fonctionnement parfaitement en mode autonome. D'un simple geste, vous pouvez passer d'un mode photo à la vidéo, et un point vient signaler la mise au point correct du cliché.

Il est toutefois impossible d'opérer le moindre réglage et la ONE prend tout son sens une fois connecté à un smartphone ou une tablette... d'Apple. En effet, la DxO ONE ne fonctionne que dans l'environnement du géant américain.

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La DxO ONE se recharge via un port micro-USB et dispose d'un emplacement pour carte microSD.

Mais attention, travailler "pour" Apple n'est pas de tout repos. La conception du système de communication avec les iPhone et iPad a nécessité plusieurs mois de recherche, de nombreuses étapes de validation et, sur le volume total de la DxO ONE, l'ensemble n'occupe finalement pas moins d'un tiers. Pour obtenir la certification MFA ("Made for Apple"), il faut rassurer le constructeur californien sur le fait que la caméra ne viendra pas endommager les produits Apple.

La DxO ONE s'inspire des appareils photo bicorps qui ont eut leur heure de gloire au début des années 2000.

La DxO ONE vient se connecter aux périphériques Apple (iPhone 6 Plus, iPhone 6, iPhone 5s, iPhone 5c, iPhone 5, iPad Air 2, iPad mini 3, iPad Air, iPad mini 2 et iPad de 4e génération) via le port Lightning. Ce port rapide permet de transférer plus vite les données. Le connecteur, rotatif sur ± 60°, est à la fois souple et résistant. En cas de choc, il se replie, libérant ainsi l'iPhone ou iPad pour éviter la casse.

dxo oneL'écran de l'iPhone ou de l'iPad se transforme en tour du contrôle de la DxO ONE.

Les spécifications d'Apple ne permettent pas à l'iPhone / iPad d'alimenter un périphérique. La DxO ONE dispose donc d'une batterie (environ 200 vues d'autonomie) qu'il faudra recharger, comble de l'ironie, via un autre port, micro-USB. Lors de notre prise en main avec un modèle de présérie, nous avons noté un temps de mise sous tension d'environ 2 secondes.

Une application spécifique se lance automatiquement lors de la connexion de la ONE à un iPhone / iPad. Vous avez alors accès à tous les réglages de prise de vue, en mode simplifié ou avancé. Vous pouvez choisir au doigt la zone de mise au point et déclencher soit par l'iPhone / iPad, soit par le bouton physique de l'appareil photo. Pas de flash sur l'appareil DxO : l'application utilise le flash de l'iPhone / iPad.

Point intéressant, il est possible de retourner la DxO ONE (le port Lightning est symétrique) pour réaliser des selfies avec une détection automatique. En cas de basse lumière, l'écran de l'iPhone / iPad pourra même être utilisé comme une sorte de boîte à lumière pour éclairer les visages (15 lux pour un iPhone et jusqu'à 60 lux pour un iPad). Astucieux.

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Une fois transféré dans l'iPhone / iPad, le JPEG sera directement accessible dans l'application Pellicule. Vos images seront ainsi immédiatement visibles sur l'écran de l'iPhone / iPad et peuvent être instantanément partagées sur Facebook, Instagram et Twitter, tirant parti de la connectivité naturelle de l'iPhone.

Les mises à jour de la DxO ONE s'effectueront via l'application iOS et seront donc transparentes pour l'utilisateur qui n'aura aucune manipulation supplémentaire à effectuer.

Nous avons noté quelques oublis, comme un pas de vis Kodak pour la fixation sur un trépied ou la possibilité de poser tout simplement la DxO ONE à plat sur un support (le dessous est bombé).

DxO devrait proposer rapidement une série d'accessoires pour la ONE et notamment des compléments optiques. Une puce Wi-Fi est d'ores et déjà intégrée, mais pour l'instant, elle n'est pas activée. Mise à jour, quand tu nous tiens...

Disponibilité et prix

La DxO ONE sera bientôt disponible en précommande en France sur dxo.com au prix de 599 € TTC.

Elle sera fournie pour une durée limitée avec une licence gratuite de deux logiciels maintes fois primés : DxO OpticsPro (Édition ELITE), le convertisseur RAW de référence pour les photographes exigeants, disponible séparément au tarif de 199 € TTC), et DxO FilmPack (Édition ELITE également), qui restitue fidèlement le look des films argentiques, disponible séparément au prix de 129 € TTC.

Caractéristiques

Prise en main

Révolutionner la prise de photo avec un smartphone. Tel est le message de DxO. Voilà qui est prometteur et ambitieux. Et pour cette ambition, la société française a mis les moyens avec un appareil photo / vidéo baptisé DxO One qui a nécessité deux années pour la conception, les tests et la matérialisation. Nous avons pu passer quelques jours avec cet appareil en poche, greffé à un iPhone 6 Plus. Voici nos premières impressions.

Campagne publicitaire Apple pour Iphone 6 et la photographie
Selon Apple, les photos réalisées avec un iPhone peuvent s'exposer en grand. Ici, gare du Nord.

Le principe

Le marché

Nombreux sont ceux qui ont l’habitude de prendre des clichés avec leur smartphone : on l’a toujours sur soi, il est allumé en permanence, il produit parfois des clichés honnêtes et le plus souvent, il est connecté à Internet, ce qui facilite grandement le partage. Certains l’utilisent comme un simple bloc-notes, d’autres ont troqué leur appareil photo (que l’on qualifiera de traditionnel) avec cet outil à tout faire.

La qualité d’image et la réactivité de l’autofocus ont longtemps été les pierres d’achoppement des smartphones. Peu de pixels, un autofocus anémique : les débuts de l’air smartphone en photo furent laborieux. Mais rapidement, les constructeurs ont proposé des modules photo beaucoup plus performants. En dépit d'une taille de capteur souvent ridicule au départ, ils se sont livrés à une boulimie des pixels. De 4, les smartphones sont rapidement passés à 8 puis 16 Mpx, et continuent à accumuler les pixels jusqu’à atteindre aujourd’hui plus de 20 Mpx. Un véritable gavage. Les systèmes de mise au point ont également progressé très rapidement — plus rapidement que ceux des appareils photo traditionnels.

Samsung S6
Le Samsung Galaxy S6 (testé), le meilleur smartphone à petit capteur du moment, capture en 16 Mpx.

Aujourd’hui, si la définition est largement suffisante et la mise au point, rapide, la qualité des images reste en retrait par rapport à celle des compacts (une fois de plus traditionnels) équipés de grands capteurs : 1 pouce, 4/3 de pouce, APS-C… Avec des photodiodes plus larges, les capteurs collectent mieux la lumière et délivrent des clichés de bien meilleure tenue dans les hautes sensibilités. Autre point, la présence d’un grand capteur implique l’utilisation de focales plus grandes pour une focale équivalente en 24x36. Et plus la focale est grande, plus la profondeur de champ est courte. C’est optique. D’où l’idée d’utiliser de grands capteurs.

D’autres tentatives

Et cette idée n’est pas nouvelle. Sony propose déjà depuis 2 ans des modules photo, les QX, qui intègrent des capteurs imposants. Ces modules que l’on vient fixer sur les smartphones communiquent par Wi-Fi et utilisent les écrans des téléphones, généralement de bien meilleure qualité que ceux des appareils photo, pour la visée et le contrôle. Le QX100 embarque un capteur 1 pouce de 20 Mpx, identique à celui de la DxO ONE.
Sony QX 10 et QX100
Le Sony QX100 clippé à un smartphone.

Encore plus fort, Panasonic a réussi la prouesse d’intégrer un capteur 1 pouce dans un téléphone avec une focale fixe. C’est le CM1. Et le résultat est à la fois intéressant et réussi.

Photophone Panasonic Lumix CM1
Le Panasonic CM1 : un capteur 1 pouce et un téléphone dans un même boîtier.

Sur le terrain

Avec la ONE, DxO propose lui aussi un module à appairer avec un smartphone ou une tablette (Apple pour le moment) afin d’utiliser son écran comme tour de contrôle.

Un peu à la manière d’Apple, DxO a fait des choix drastiques pour optimiser au mieux la DxO ONE. Pour l’instant (les choses pourraient un jour évoluer), la ONE ne fonctionne donc qu’avec les iPhone ou iPad dotés d’un connecteur Lightning, format propriétaire à Apple. Il impossible de piloter le module à distance par Bluetooth ou Wi-Fi. Il existe bien une puce à l’intérieur du module, mais elle n’est pour l’instant pas activée. De toute façon, la caméra n’est pas équipée d’un pas de vis ou d’un système pour tenir debout tout seule (ou alors tournée vers le ciel ou le plafond). Un accessoire est en cours de création, mais il ne sera pas livré en standard, et la DxO ONE coûte déjà plus de 600 €…

La DxO ONE est livrée dans une belle boîte — là encore, on sent l’influence d’Apple et de son écosystème. Le module est clairement un produit haut de gamme, la prestation de DxO doit donc être à la hauteur. Et elle l’est. La DxO ONE est un petit bloc d’aluminium au design "panda" (bicolore) réussi. La finition est de bonne facture, mais après quelques jours au fond d’une poche avec des pièces ou des clés, le revêtement est déjà un peu marqué. Il faudra voir comment évolue la peinture dans le temps. Toutefois, seul le capot avant, qui protège l’optique et sert à la mise sous tension, semble un peu plus fragile que le reste. L’ensemble paraît au premier abord un peu lourd avec ses 108 g, mais cela renforce l'impression de qualité et de robustesse.

DxO ONE test review vue avec capot ouvertUn capot permet de protéger la lentille et de mettre sous tension la DxO ONE.

La mise sous tension une petite expérience en soi : il faut baisser le capot d’un cran pour mettre le module en marche en vue d'une utilisation autonome. Un cran supplémentaire est nécessaire pour déverrouiller et déployer le connecteur. Une fois la ONE reliée au téléphone, une application, DxO Connect, requiert son téléchargement sur le Store d’Apple. Quelques secondes plus tard, la DxO ONE est opérationnelle.

DxO ONE test review connecteurUn mouvement du capot vers le bas libère le connecteur Lightning.

Nous avons utilisé la DxO ONE avec un iPhone 6 Plus, le plus large écran de smartphone disponible chez Apple. Il est naturellement possible d’utiliser un iPad pour une surface encore plus importante. L’affichage est fluide, mais granuleux en basse lumière. L’interface est plutôt intuitive et complète en photo ; elle l’est en revanche beaucoup moins (complète) en vidéo.

DxO One test review connectée à un iPhone 6 PlusLa DxO ONE connectée à l'iPhone 6 Plus d'Apple.

En photo donc, il est possible d'effectuer presque tous les réglages principaux. On a accès aussi bien à un mode tout automatique qu’aux modes scènes ou PSAM. Notez que le mode P peut se décaler, comme sur certains reflex : pas mal ! Vous trouverez un correcteur d’exposition, différentes mesures de la lumière, un système de mise au point manuelle (une loupe, pas de focus peaking) et la possibilité de régler finement la sensibilité jusqu’à 12 800 ISO, voire plus dans le mode étendu (51 200 ISO). La DxO ONE vous laisse la main pour définir à partir de quelle vitesse elle augmente la sensibilité ISO, et quelle est sa valeur maximale à ne pas dépasser.

DxO Connect : réglage de la sensibilité ISO.

Plusieurs formats d’enregistrement sont disponibles, du simple JPEG au SuperRAW (voir ci-dessous, Qualité d'image) en passant par un RAW plus classique. Dans tous les cas, un JPEG sera transféré dans le téléphone, alors que les RAW seront conservés dans la carte mémoire de la DxO ONE.


DxO Connect : en haut les différents mode d'enregistrement JPEG, RAW et SuperRAW.

DxO Connect : réglage de la sensibilité ISO.
DxO Connect : mise au point manuelle avec loupe.

L’optique est un équivalent 32 mm en 24x36 — une focale passe-partout, mais la plupart des smartphones ont des équivalents 28 mm. L’un des regrets est bien sûr l’absence de stabilisation ou de zoom optique. Cela aurait permis à la DxO ONE de jouer à armes égales pour ces fonctionnalités avec les compacts ou les modules de Sony. Il n’en est rien.

DxO One test review doigtAvec un iPhone 6 Plus, un doigt vient souvent perturber la prise de vue.

Vous avez la possibilité de réaliser un petit zoom 3x en écartant 2 doigts, mais il s'agit d'un zoom numérique et non d'un recadrage dans l'image, le JPEG final faisant 5 406 x 3 604 px. À l'écran, l'image perd en précision et dès que les modes RAW et SuperRAW pointent leurs pixels, ce mode ne sert plus à rien.

DxO One test review JPEG normal

DxO test review zoom 3x
Vue normale en haut, zoom 3x en bas. Vous pouvez cliquer sur les vignettes pour visualiser les images en pleine définition.

Réactivité : des progrès à faire

Nous voici fin prêts pour nos premiers clichés. Le temps de mise sous tension est acceptable et il faut compter environ 2 secondes avant de prendre une photo si la DxO ONE est connectée au téléphone. La DxO ONE étant un module, la prise de vue n’est jamais immédiate, or malgré sa compacité, il est inimaginable de laisser la DxO ONE connectée en permanence, à moins de vouloir déformer vos poches. Il faut donc sortir le téléphone, sortir le module, le déployer et le connecter. Des opérations qui triplent le temps pour une prise de vue. La DxO ONE concerne donc avant tout les photographes sur iPhone qui recherchent une qualité maximale pour leurs clichés et prennent le temps nécessaire pour les réaliser.

Le connecteur de la DxO ONE autorise une bascule sur +/- 60°, ce qui s’avère très pratique pour photographier ou filmer au ras du sol ou au-dessus d’un obstacle. Le mouvement est fluide et la connexion semble tenir. Là encore, il faudra voir comment elle évolue dans le temps. DxO a réalisé des tests jusqu’à 38 000 cycles.

La mise au point de la DxO ONE est plus lente qu’un iPhone 6 ou qu'un compact actuel. Ce manque de réactivité n’est pas rédhibitoire, mais nous attendions plus de célérité et une mise au point aussi rapide qu'avec les meilleurs smartphones actuels. Le choix de la zone de mise au point s’effectue au doigt, directement sur l’écran. En basse lumière, nous avons eu quelques clichés flous et il manque un indicateur plus précis pour dire que l'appareil n'a pas réussi à faire le point correctement.

La mémoire tampon en SuperRAW n'est que de 2 images. Ensuite, il faudra patienter près de 25 secondes avant de pouvoir déclencher à nouveau, le temps de vider la mémoire.

La DxO ONE n'intègre pas de flash, mais il est possible d’utiliser celui de l'iPhone ou de l'iPad. En outre, en mode selfie, l’écran se transforme en boîte à lumière pour un éclairage plus doux que le flash.

En mode autonome...

Il est bien sûr possible d’utiliser la DxO ONE en mode autonome, c’est-à-dire sans qu'elle soit reliée à un iPhone/iPad. On est alors en configuration minimale.

L’écran LCD monochrome arrière tactile permet de passer du mode photo au mode vidéo. On bascule alors en mode automatique : il n’est plus possible de modifier quelque réglage que ce soit. Un témoin permet juste de savoir quand le point est effectué.

Bon point, la DxO ONE conserve le format d’enregistrement précédemment utilisé (JPEG, RAW, SuperRAW). DxO est également conscient de ces lacunes et devrait proposer à l’avenir l’accès à une configuration personnalisée, en plus des autres modes.

Test DxO One review mode autonome église Saint Paul
Impossible de sortir un appareil photo ou un smartphone dans l'église de Saint-Paul de Londres, mais la petite DxO ONE sait se faire vraiment discrète. Reste encore à améliorer la technique pour assurer de meilleurs cadrages.

... et autonomie

La batterie de la DxO ONE est donnée pour 200 photos. Lors de nos tests, nous avons à peine dépassé 100 vues et quelques minutes de vidéo. La conception du module n’autorisant pas le changement de batterie, l’autonomie est clairement un de ses points noirs. DxO le sait et travaille déjà à son amélioration.

Notez que nous avons plusieurs fois retrouvé la DxO ONE avec le capot abaissé dans notre poche : une situation qui peut en partie expliquer cette faible autonomie. Il faudra donc veiller à la recharger souvent. La charge de la batterie, très rapide, ne monopolise le chargeur qu’une petite heure. Point important, il est possible de relier une batterie extérieure (ou un chargeur) via le port micro-USB afin d’alimenter le module et ainsi prolonger durablement la prise de vue.

DxO One test review vue sur la connectique et le logement carteLa batterie étant inamovible, la charge passe forcément par la prise micro-USB qui immobilise l'appareil.

Qualité d'image

Avec un capteur 1 pouce, la DxO ONE surclasse facilement les capteurs de la plupart des smartphones, beaucoup plus petits. Vous pouvez vous reporter à nos mesures en labo en ce qui concerne l'optique et la montée ISO.

L'optique délivre une belle qualité d'image dès la pleine ouverture, avec de très belles performances dès f/2. Sur le terrain, la DxO ONE tient ses promesses et même si le beau temps n'était pas au rendez-vous dans la City de Londres, les images fourmillent de détails. L'expertise de DxO dans le traitement des défauts optiques et des capteurs est clairement un avantage.

DxO One exemple 12

DxO promet surtout une bien meilleure gestion du bruit électronique que les smartphones actuels. Avec un capteur 1 pouce de 20 Mpx, le défi n'est pas très difficile à relever.

Nous avons donc soumis la DxO One aux pires conditions lumineuses : la ville de nuit avec de forts contrastes entre les zones noires et les éclairages puissants ponctuels. Si les JPEG sont finalement assez classiques, il faut activer le mode RAW et SuperRAW pour bénéficier de tout le savoir-faire de la marque. Revers de la médaille, il faudra impérativement passer par la case ordinateur pour exploiter tout le potentiel de la ONE ; le traitement des fichiers .DXO pesant environ 80 Mo nécessite environ 1 minute et 20 secondes sur une machine pas trop ancienne.

Rappelons le fonctionnement du SuperRAW. Ce mode permet d'enregistrer rapidement 4 images consécutives (RAW donc) à la cadence de 22 i/s. Ces images sont alors combinées pour ne former qu'un énorme fichier (entre 80 et 160 Mo tout de même) contenant beaucoup de données. C'est là que les algorithmes de DxO entrent en jeu. Le logiciel est en effet capable d'associer à la fois une réduction du bruit spatiale (le fameux algorithme PRIME de DxO Optics Pro) et une réduction du bruit temporel (TNR, pour Temporal Noise Reduction) qui analyse les 4 images afin d'en supprimer les pixels aberrants (le bruit).

DxO One exemple 5

Sur le cliché ci-dessous, vous pouvez visualiser le JPEG, le RAW DNG et le SuperRAW traités avec DxO Optics Pro réglé par défaut. Les fichiers en pleine définition sont également disponibles. La sensibilité est à 8 000 ISO et les résultats sont pour le moins surprenants. Le cliché est surexposé de +0,7 IL. Dans un premier temps, nous vous laissons deviner qui est qui. Rappelons que nous sommes à 8 000 ISO, une sensibilité à laquelle peu de smartphones oseront s'aventurer !

DxO One test review bruit traitement

DxO One test review comparaison

Le JPEG, à gauche, s'en sort finalement assez bien avec une image détaillée et un ciel granuleux, mais qui présente de la matière. Au centre, le DNG, traité avec le mode Prime, est peut-être l'image la plus équilibrée avec un moutonnement bien réduit et une bonne préservation des détails. Le SuperRAW, à droite, est décevant avec un lissage vraiment trop appuyé, notamment dans le ciel qui n'a plus aucune matière. Bien sûr, ces réglages sont ajustables sous DxO Optics Pro, mais par défaut, l'avantage du SuperRAW n'est pas évident dans les très hautes sensibilités.

Ci-dessous, un autre détail de la scène avec toujours, de gauche à droite : JPEG, RAW et SuperRaw. Là encore, le DNG (avec Prime) nous semble le plus équilibré.

DxO One traitement superraw, jpeg et raw

Nous réalisons un second test encore plus difficile avec une lumière violente en direct. La sensibilité est désormais à 3 200 ISO sans correction d'exposition. Malheureusement, le cliché en RAW est flou, nous pouvons donc seulement réaliser une comparaison entre JPEG et SuperRAW.

La encore, le SuperRAW présente une sorte de matrice qui normalement n'existe pas. C'est sans doute une erreur dans le traitement temporel des fichiers. Il faut toutefois noter que la réduction du bruit à 3 200 ISO est beaucoup plus efficace.

DxO ONE comparaison traitement superraw

DxO One test review traitement bruit comparaison

Sur le traitement du bruit, le SuperRAW ne nous convainc donc pas totalement et le résultat dépendra de vos clichés et des ambiances lumineuses. Cependant, en dessous de 6 400 ISO, le traitement du bruit est globalement satisfaisant.

Pour la dynamique, les fichiers DNG sont effectivement plus intéressants pour rattraper des détails dans les hautes ou basses lumières. Ce n'est pas vraiment un scoop, mais ça fonctionne.

DxO One test review dynamique

DxO One Test review exposition

Vidéo, le parent pauvre

La DxO ONE filme, mais pour l’instant uniquement en HDTV 1080 30p ou HDTV 720 en 120p. Peu de surprises de ce côté avec un codec H.264 pour le moins classique et facile à éditer. En mode vidéo 16:9, l’angle de champ est largement réduit, plus étroit par rapport au mode photo.

On regrette que la caméra ne propose pas plus de possibilités au niveau des réglages. On attendait avant tout un peu plus de souplesse avec la possibilité d’enregistrer en 50/25p tout en ayant la main sur l’exposition avec un mode M, par exemple. Ensuite, il aurait été appréciable d’avoir des assistants pour faciliter la mise au point (focus peaking) et l’exposition (zébras, fausses couleurs…). Tout cela sera possible, mais requiert encore pas mal de développement.

Partage aisé

Parfaitement intégré au système d’Apple, DxO Connect bénéficie automatiquement des possibilités de l'iPhone/iPad auquel la ONE est rattachée. Ainsi, vous pouvez instantanément partager vos images avec les services installés sur votre appareil, celles-ci apparaissant dans la pellicule (photo roll) : Facebook, Twitter, Flickr…

Des évolutions permanentes

La DxO ONE n’en est encore qu’à ses balbutiements que la société planifie déjà des mises à jour. Des mises à jour de l’application DxO Connect, mais aussi du micrologiciel (donc des fonctionnalités) du module.

Les mises à jour via l’application seront totalement transparentes pour l’utilisateur : il ne s’en rendra même pas compte et verra de nouvelles fonctionnalités arriver. Les développeurs planchent sur un horizon artificiel, la possibilité d’afficher des Exif, un niveau de batterie plus précis ou un mode rafale. De meilleures fonctionnalités vidéo sont également sûrement au programme.

Si les bases de la DxO ONE sont fixées, ses possibilités restent encore à explorer. Un système qui permet également de corriger des bogues à la volée — un atout appréciable, puisque pendant nos tests, la caméra est restée une fois bloquée sans la moindre possibilité de l’éteindre.

Des accessoires sont également en préparation. DxO proposerait prochainement une attache rapide pour trépied, un caisson étanche, un porte-filtre et un pare-soleil. Des compléments optiques sont bien sûr en cours de réflexion.

Une offre logicielle exceptionnelle

La DxO ONE est livrée par défaut et pendant un an, avec une partie de la suite logicielle de DxO, à savoir l'excellent DxO Optics Pro (correction des défauts optiques et traitement du bruit électronique) et Film Pack. L'ensemble revient environ à 200 € dans le commerce. DxO a sans doute trouvé là un bon moyen de faire la promotion de ses outils.

Précision, colorimétrie

La DXO ONE est équipée d'une focale de 11,9 mm ouvrant à f/1,8 et d'un capteur 1 pouce de 20 Mpx.

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple.

De plus, le piqué va dépendre de la définition du capteur de votre appareil (20 Mpx pour la DXO One) et la taille de son capteur (1 pouce). Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

La DXO ONE dispose d'une définition de 5 544 x 3 694 px. Chaque pixel mesure donc 2,4 µm de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/8 !

La qualité optique que procure la DXO ONE est impressionnante. Les images fourmillent de fins détails et ce, même dès les plus grandes ouvertures (f/2). À f/1,8, le piqué est globalement légèrement en retrait. Dans l'ensemble, il est assez homogène sauf sur les bords extrêmes des images. La DXO ONE procure le meilleur d'elle-même à f/5,6. Au-delà, la diffraction fait son apparition. Pas d'aberrations chromatiques ni de vignetage à déplorer.

Nous comparons les résultats de la DxO ONE avec ceux du Sony RX100 Mark II et du Panasonic Lumix GM1. Ces deux appareils disposent d'un capteur équivalent : 1 pouce / 20 Mpx. Nous observons à la pleine ouverture et à f/5,6 en position grand-angle pour le RX100 Mk2. Pas de doute, optiquement, la DXO One fait mieux que ses concurrents directs.

DxO One au 11,9 mm et à f/1,8
DxO ONE au 11,9 mm et à f/1,8.

Sony RX100 Mark 2 au 10 mm et à f/1,8
Sony RX100 Mark II au 10 mm et à f/1,8.

Panasonic Lumix GM1 au 10,2 mm et à f/2,8
Panasonic Lumix GM1 au 10,2 mm et à f/2,8.

DxO One au 11,9 mm et à f/5,6
DxO ONE au 11,9 mm et à f/5,6.

Sony RX100 Mark 2 au 10 mm et à f/5,6
Sony RX100 Mark II au 10 mm et à f/5,6.

 Panasonic Lumix GM1 au 10,2 mm et à f/5,6
Panasonic Lumix GM1 au 10,2 mm et à f/5,6.

Gestion du bruit électronique

Pour notre test, la scène est éclairée sous environ 250 lux. Notre appareil étalon est le Canon 5D Mark III qui, pour un gris neutre 18 %, requiert le couple f/5,6 - 1/8 s à une sensibilité de 200 ISO.

La DxO ONE est également calée pour exposer correctement un gris 18 % avec une sensibilité de 100 ISO et une ouverture de f/5,6.

Nous faisons alors varier la vitesse et la sensibilité ISO. Les images sont visibles à 100 % (JPEG). Nous avons également traité avec DxO Optics Pro les différents fichiers SuperRAW à toutes les sensibilités ISO afin de pouvoir comparer les deux versions.

Les JPEG

Le capteur 1" de 20 Mpx est bien connu de nos services, puisqu'il équipe déjà le bridge RX10 de Sony ou le RX100 Mark III. Sur un capteur 1" de 20,1 Mpx, le côté d'un photosite fait environ 2,4 µm.

Tailles des différents capteurs
Comparaison des tailles (agrandies 4x) de différents capteurs.

Les JPEG délivrés par la DxO ONE sont bons sans être extraordinaires. Nous sommes finalement assez proches de ce que propose un RX100 Mark III. Le bruit et le lissage sont bien contenus jusqu'à 800 ISO et une granulation est visible à 1 600 ISO à 100 % sur écran. On pourra pousser à 3 200 ISO sans trop de problèmes, les sensibilités supérieures étant plus délicates.

Nous avons également traité les fichiers .DXO du SuperRAW dans DxO Optics Pro afin de bénéficier de tout le savoir-faire de la marque. Rappelons que le temps de traitement d'un fichier excède 1 minute sur un ordinateur classique. Le traitement sur ordinateur permet de gagner facilement 1 IL, et il est possible de pousser la DxO ONE jusqu'à 6 400 ISO.

Comparaison à tirage équivalent

Nous avons également comparé les images RAW traitées par DxO Optics Pro. Le SuperRAW (SR) de la DxO ONE nécessite plus de 1 minute de traitement et le traitement PRIME pour le fichier ARW du Sony RX100 Mark III impose 45 s d'attente.

Nous comparons naturellement les boîtiers à "tirage équivalent". Nous avons "normalisé" les images pour un tirage 40 x 60 cm en 180 dpi, soit une définition de 12 Mpx environ. Les images sont réalisées à 3 200 ISO avec ci-dessous des détails à 100 %.

Attention, les boîtiers ne sont pas équipés d'optiques équivalentes, le piqué initial n'est donc pas le même. Il faut essayer de comparer uniquement le niveau de bruit électronique... Pas si simple.

Si les JPEG bruts de boîtier sont très proches, la réduction du bruit temporal du SuperRAW apporte un supplément de qualité. Le lissage est un peu plus important, mais la granulation est vraiment atténuée.

DxO ONE - 3 200 ISOSony RX100 Mark III - 3200 ISO
DxO ONE - SR 3 200 ISOSony RX100 Mark III - 3200 ISO PRIME

Exposition, RAW

Exposition

La DXO ONE utilise un système de mesure de la lumière TTL. Aucune information n'est donnée sur le nombre de zones prises en compte par l'appareil.

Il dispose d'un correcteur d'exposition sur ± 3 IL, directement accessible via une molette. Notons qu'il existe un mode Super RAW avec assemblage de 3 photos prises très rapidement à l'aide du logiciel DXO Connect.

Latitude d'exposition

Pour vérifier la latitude d'exposition tant d'un point de vue pratique qu'artistique, nous avons photographié notre scène test sur une plage de ± 3 IL et corrigé les fichiers bruts (DNG) avec Adobe Lightroom 6 afin d'obtenir une exposition similaire.

Pour les images sous-exposées, il est possible de récupérer facilement 2 IL et de retrouver des éléments au-delà, mais le grain est bien visible et vient troubler la restitution des détails les plus fins.

Pour les images surexposées, il est possible de récupérer 1 IL, mais on note déjà une perte d'informations. Au-delà, toutes les informations sont perdues.

Le capteur de la DXO ONE possède donc une latitude d'exposition relativement limitée de -2 à +1 IL, soit une plage de 3 IL. C'est le même type de résultat que l'on peut observer sur un boîtier comme le Canon PS G7X. C'est l'inconvénient des petits capteurs et par conséquent des "petits pixels". Pour gagner en latitude, il faut passer sur un capteur plus grand !

Exemples de photos

DxO One exemple 1
DxO One exemple 2
DxO One exemple 3
DxO One exemple 4
DxO One exemple 5
DxO One exemple 6
DxO One exemple 7
DxO One exemple 8
DxO One exemple 9
DxO One exemple 10
DxO One exemple 11
DxO One exemple 12

Verdict

DxO ONE

La DxO ONE ne s’adresse pas à tout le monde. De par son prix et son positionnement haut de gamme, elle vise clairement les photographes exigeants qui ne veulent pas (ou plus…) sortir avec un appareil photo traditionnel et qui souhaitent partager rapidement leurs images sur Internet. Du côté des journalistes, la DxO ONE sera sans doute un outil idéal pour le reportage ou la couverture d’un salon : le module sera connecté en permanence et il sera possible de réaliser des recadrages sévères dans des images de qualité pour une diffusion immédiate sur les réseaux. Paradoxalement, c'est en mode autonome que la DxO ONE pourra être vraiment intéressante, pour entrer dans des lieux ou les appareils photo ou les smartphones sont interdits.

C’est donc presque un choix philosophique et photographique. Car après quelques jours passés avec la DxO ONE, la démarche de sortir avec un module complémentaire à son téléphone est finalement assez proche de celle de sortir avec un compact ou un petit COI (compact à objectif interchangeable), en plus de son téléphone : il faut veiller à avoir de la batterie, vider régulièrement la carte mémoire et si l’on veut bénéficier du meilleur de la DxO ONE, le passage par la case ordinateur est obligatoire. Surtout, les compacts conservent encore quelques avantages comme un zoom optique, une autonomie supérieure, une mise au point plus rapide, des systèmes de stabilisation, un véritable flash…

Au final, c’est en mode autonome que la petite caméra présente son plus bel atout : la discrétion. Petite et silencieuse, elle passe partout là ou il est interdit de sortir un appareil photo ou... un smartphone.

Pour ce qui est de la qualité, la DxO ONE délivre effectivement de belles images : l'excellente optique couplée au capteur 1 pouce de 20 Mpx produit des résultats vraiment intéressants. Pour le traitement du bruit électronique, le savoir-faire de DxO est bien là, mais si les JPEG sont bons, ils ne sont pas vraiment meilleurs que les autres constructeurs (Sony, Panasonic). La "moulinette DxO" permet d'obtenir de bien meilleurs clichés jusqu'à 3 200 voire 6 400 ISO au prix d'un temps de traitement sur ordinateur important. Au-delà, le capteur montre ses limites et même les plus puissants algorithmes ne suffisent plus.

Face à la concurrence

Panasonic Lumix CM1

Amazon 451,92 €

Panasonic Lumix CM1

Pour nous, le CM1 est actuellement le meilleur smartphone pour la photo avec un très bon compromis entre taille de capteur, optique et encombrement. Ici, pas de module complémentaire, pas de connexion à établir, pas de batterie supplémentaire à vérifier : tout est intégré et bien intégré. L’application est également de haute volée, avec tout ce qu’un appareil photo se doit d’avoir et plus. Le concept du grand capteur couplé au smartphone semble plus abouti. Dénichable autour de 800 €, le CM1 s’avère nettement moins cher qu’un iPhone 6 couplé à une DxO ONE.

Test du Panasonic Lumix CM1

Sony QX100

Sony QX100

Sony propose également un module photo équipé d’un capteur 1 pouce de 20 Mpx (c’est d’ailleurs le même). Positionné à 400 €, ce module présente l’énorme avantage d'offrir un zoom optique. Un zoom 3,6x certes, mais un zoom. En outre, le QX fonctionne avec la plupart des smartphones actuels, sans distinction, grâce à une interface Wi-Fi qui permet le pilotage distant.

La DxO ONE, elle, enregistre en RAW, ce que le QX100 rechigne toujours à faire, même après une mise à jour.

Présentation des Sony QX

+
  • Excellent piqué des images dès f/2
  • Bonne gestion du bruit électronique jusqu'à 3 200 ISO
  • Bonne gestion du bruit électronique jusqu'à 6 400 ISO en mode SuperRAW (nécessite le traitement sur ordinateur)
  • Possibilité de jouer avec la profondeur de champ (bokeh)
  • Qualité de fabrication
  • Fonctionne en mode autonome et très discrète
  • Livrée avec DxO Optics Pro
  • Parfaite intégration dans l’environnement iOS (connecteur, application…)
  • Pas de connexion pour Wi-Fi (pour l'instant) pour un pilotage à distance ni avec un appareil Android
  • Pas de zoom optique
  • Pas de stabilisation optique
  • Autonomie limitée
  • Mode vidéo un peu léger
  • Mise au point en retrait par rapport aux smartphones haut de gamme actuels
  • Prise en main parfois délicate : le doigt se retrouve souvent devant l'objectif. Mise en route avec l'iPhone fastidieuse à la longue.
  • Le mode SuperRAW nécessite le passage par un ordinateur et DxO Optics Pro
  • Ne fonctionne qu’avec des appareils Apple / Lightning
  • Impossible de poser la caméra sur la tranche sans accessoire. Pas de vis absent.
  • Pas de format photo 16:9, 21:9 ou 1:1
  • Pas de mode rafale (pour l'instant)
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

Arthur Azoulay

Spécialiste des optiques et rédacteur en chef adjoint de Focus Numérique. La photo est pour lui une obsession. Ses publications 

Les prix
DxO One
Miss Numérique 539,00 €