Format- REDCODE RAW 4:2:2, 12-16 Bit
Support- SSD (64, 128, 256 Go)
Capteur- APS-H de 14 Mégapixels Mysterium-X (27.7mm (h) x 14.6mm (v) = 31.4 mm (d))
Optique- non fournie (monture EF et PL)
Zoom- selon optique
Enregistrements- 5K FF 5120x2700 pixels (1-12 im/sec) - 4K HD 4096x2160 pixels (1-30 im/sec) - 3K HD 3072x1620 pixels (1-48 im/sec) - 1080p HD 2048x1080 pixels (1-60 im/sec) - 1K 1024x540 pixels (1-120 im/sec)
Micro intégré- Non
Connectique- HD-SDI, HDMI, casque (mini-jack), Sync, Control, GIG-E, micro x2 (mini-jack)
Poids- 2,27 kilos (boîtier nu)

Caractéristiques

RED Scarlet-X ## Positionnement marketing La sortie de la Scarlet-X fut annoncée en novembre 2011 en même temps que l'EOS C300 de Canon (sans doute une pure coïncidence...). RED, son fabricant est déjà connu pour ses deux précédentes caméras RED One et EPIC qui furent très appréciées pour leur format 4K. La Scarlet-X est donc la version d'entrée de gamme de ce trio de caméras RED puisqu'elle est vendue 9 700 dollars dans sa configuration minimale, c'est-à-dire boîtier nu, sans optique ni monture.

Red Scarlet-X test review | Red One | Red Epic | | Scarlet-Xcapteur APS-H
5K (1-12 im/sec) 4K, 3K, 1080p, 1K
RedCode RAW, 4:2:2
Module SSD
monture Canon EF ou PL
à partir de 9 700 $ | RED Onecapteur APS-H
4K, 3K, Full HD, HDRx
(16:9, 2:1, et Anamorphic 2:1)
RedCode RAW, 4:2:2
Module SSD
monture Canon EF ou PL
25 000 $ | EPICcapteur APS-H
5K (120 im/sec), 4K, 3K, 2K, 1080p, 720p
(16:9, HD, 2:1 et Anamorphic 2:1)
RedCode RAW, 4:2:2
Module SSD
monture Canon EF ou PL
à partir de 34 500 $ |

Quelles différences entre la Scarlet, la EPIC et la RED One ?

La Scarlet est vendue deux à trois fois moins chère que la EPIC et la RED One. Or à première vue, rien ne les distingue vraiment sur le papier. La EPIC possède le même capteur et filme dans les mêmes définitions, mais certains détails justifient cet écart de prix considérable :

  • La EPIC peut filmer en 5K (5120x2700) jusqu'à 120 images/sec. Cela permet de réaliser de superbes ralentis. La Scarlet, elle, est limitée à 12 images/sec en 5K.

  • Les formats 4K, 3K et 2K de l'EPIC et de la RED One sont captés au ratio 16:9, HD, 2:1 et Anamorphic 2:1.

  • La RED One et la EPIC sont vendues avec une monture PL pour les optiques Cinéma alors que la Scarlet est proposée avec une monture EF Canon (la monture PL est en option).

  • Sur la Scarlet-x, la fonction HDRx permettant de capteur deux expositions différentes simultanément n'est disponible qu'en 3K.

La Scarlet-X face à ses concurrents

La Scarlet est en concurrence avec deux autres caméras de cinéma numérique : la Canon EOS C300 et la Sony PMW-F3L.

[Red Scarlet-X](http://www.red.com/store/scarlet/product/scarlet-x-w-al-canon-mount-side-ssd) | Sony F3 | Canon C300 | | RED Scarlet-Xcapteur APS-H
5K, 4K, 3K, Full HD
RedCode RAW, 4:2:2
Module SSD
monture Canon EF ou PL
à partir de 9 700 $ | Sony PMW-F3Lcapteur Super 35 mm
Full HD
XDCAM, 4:2:0, 35 Mbps
Carte SxS
monture PL
14 000 € TTC | Canon C300capteur Super 35 mm
Full HD
MXF, 4:2:2 (8 bits), 50 Mbps
Compact Flash
monture Canon EF ou PL
14 350 € TTC |

Les prix du tableau sont issus du fabricant pour RED et des distributeurs en France pour Canon et Sony en juin 2012.

Dans sa configuration minimale (sans monture ni optique), la Scarlet-X est vendue près de 10 000 dollars sur le site web de RED. Elle se place ainsi comme la caméra de cinéma numérique la moins chère de sa catégorie tout en offrant l'enregistrement en 4K, dont sont orphelins la Sony F3 et la Canon C300 qui se cantonnent au Full-HD.

Mais il serait hasardeux de se limiter à une comparaison tarifaire. Car en choisissant l'un de ses produits vous optez aussi pour une ergonomie, un workflow et au final un usage bien spécifique.

Primo, la Scarlet est vendue 9 700 dollars en boîtier "nu" c'est-à-dire sans écran, sans viseur ni mémoire SSD. Or, si l'on choisit le kit Scarlet + SSD 64 Go + monture PL/EF, son prix grimpe entre 16 000 et 17 500 dollars soit un prix équivalent à la Canon C300 et la Sony F3 qui sont vendues en standard avec un écran LCD et un viseur. Il faut aussi tenir compte du coût des médias. Pour une capacité de 64 Go, une carte Compact Flash pour Canon coûte 150 euros, une carte SxS pour Sony coûte 600 euros et une SSD coûte 950 dollars. Le prix du média est d'autant plus important que l'enregistrement en 4K est nettement plus gourmand que le Full-HD. Un média SSD de 64 Go ne pourra en effet contenir que quelques minutes de rushes en 4K non-compressés.

Secundo, on n'achète pas une caméra RED comme on achète un caméscope de poing. La destination et l'usage sont totalement différents et nous sommes toujours surpris de voir des utilisateurs hésiter entre une Sony PMW-EX1R et une Scarlet. La Scarlet n'est pas une caméra de reportage qui s'allume en 4 secondes, prête à tourner. Elle est spécifiquement conçue pour les tournages de cinéma numérique c'est-à-dire avec un chef opérateur qui maîtrise les réglages (diaph, température, focus, choix des optiques) et avec un preneur de son séparé puisque la Scarlet ne possède pas de micro intégré ni même de prises XLR, mais uniquement 2 prises d'entrées audio mini-jack.

Tertio, filmer en 4K au format RAW n'est pas anodin. Certes, un logiciel de montage comme Adobe Premiere ou Sony Vegas Pro gère parfaitement le 4K en natif. Mais les débouchés du 4K sont très restreints. Il n'y a quasiment pas de téléviseurs 4K et le prix d'un vidéo-projecteur en 4K est exorbitant. Si votre objectif est d'acheter une Scarlet pour filmer en 4K mais post-produire en Full-HD autant vous orienter vers la location ou bien vers une caméra adaptée comme la Canon C300 ou la Sony F3 qui sont d'excellentes caméras numériques. On le dit pas assez mais acheter une Ferrari pour rouler sur des graviers a peu d'intérêt...

Enfin, dernier point non négligeable : les délais de livraison. RED ne possède pas de stock et ne fabrique sa caméra que sur commande. Il faut donc attendre plusieurs semaines, voire quelques mois avant d'obtenir la Scarlet (un loueur a reçu sa caméra 3 mois après sa commande). De plus, RED ne possède pas un réseau de distribution et de SAV comme Canon ou Sony et refuse le support à distance (email avec photo par exemple) ce qui vous oblige à renvoyer la caméra à la moindre défaillance (avec les frais de livraison et le délai d'attente ce que ça implique). Pour les tournages urgents, la location est donc conseillée.

Capteur et optique

La Scarlet-X est équipée d'un capteur APS-H de 14 Mégapixels Mysterium-X d'une surface de 27,7mm (hauteur) x 14.6mm (largeur) capable de transférer des données à une vitesse vertigineuse de 55Mo/Seconde. Un tel débit explique aussi le choix du média SSD REDMAG qui gère parfaitement ces données en 4K.

La Scarlet-X intègre aussi la technologie HDRx (Imagerie à large plage dynamique) avec 13,5 stops et jusqu'à 18 stops.

Pour l'optique, RED propose plusieurs montures:

| | | | Monture Canon EF en aluminium
700 $ | Monture Canon EF en titane
2000 $ | Monture PL en titane
2000 $ |

Il y a donc deux montures Canon, l'une en aluminium et l'autre en titane, qui est plus solide pour fixer les gros zooms. La monture Canon EF permet d'adjoindre toutes les optiques Canon EF telles que celles utilisées sur le Canon 5D Mark II ou 7D. Quant à la monture PL en titane, elle permet d'utiliser toutes les optiques Cinéma de plusieurs fabricants. Pour ce test, nous avons par exemple utilisé une monture PL avec des objectifs Zeiss.

Sur le terrain

Red Scarlet-X test review La Scarlet-X avec un viseur.

Note : Nous avons pu tester la Scarlet-X grâce à la société de location Cine-Loc située en région parisienne qui nous a prêté la caméra. Nous les remercions pour leur accueil chaleureux et leur compétence.

Prise en mains

Le design et l'ergonomie de la Scarlet-X se démarquent totalement des caméscopes traditionnels ou même des caméras de cinéma numériques comme la Sony F3 ou la Canon EOS C300. Le boîtier en aluminium est un bloc dont le design et la finition rappellent plutôt les appareils photo des années 50. Avec un corps aussi volumineux et lourd (2,7 kilos sans monture ni optique), la Scarlet-X est assurément une caméra de pied et non de poing.

L'alimentation est assurée par une batterie elle-même imposante dont l'installation rappelle le jeu de mécano puisqu'il faut dévisser une trappe pour ouvrir son logement. La Scarlet-X fonctionne un peu comme une unité centrale d'ordinateur. Son allumage requiert une dizaine de secondes pour lancer le système électronique qui chauffe énormément. Du coup, la caméra enclenche un ventilateur permanent assez tapageur qui s'interrompt heureusement dès l'enregistrement. Les commandes sont assez grossières avec 3 boutons rouges d'enregistrements : deux à l'avant, l'autre à l'arrière.

Red Scarlet-X test review détail | Red Scarlet-X test review détail | | La molette-fléchée permet de naviguer dans le menu en l'absence d'écran tactile. | Les prises à l'arrière comprennent les sorties HDMI, HD-SDI, Sync et Control, et casque. |

Pour contrôler l'image, la Scarlet-X requiert un viseur ou un écran LCD tactile qui sont vendus en option par RED et qui se câblent sur le boîtier. Le fabricant propose :

  • un viseur OLED 1280x1024 pixels (3900 $),

  • un viseur LCD 1280x784 pixels (3200 $),

  • un écran tactile LCD 22 cm (3450 $),

  • un écran tactile LCD 12,7 cm (1600 $).

Pour ce test, nous avons utilisé l'écran tactile de 12,7 cm. La réactivité au toucher est un peu capricieuse et il faut parfois insister pour enclencher une commande. Nous sommes d'ailleurs surpris que l'écran tactile centralise à ce point les réglages de la caméra. Ce genre d'ergonomie issue des caméscopes grand public est généralement assez mal vu par les professionnels qui préfèrent des gros boutons et des interrupteurs directement accessibles sur le boîtier. Le fait d'utiliser la Scarlet comme un iPhone risque donc d'en agacer plus d'un... La Scarlet-X avec l'écran LCD tactile 12,7 cm.

Hormis les bagues de l'objectif, tous les réglages de la prise de vues passent par l'écran tactile sachant qu'un bouton-flèches est présent sur le boîtier si vous utilisez un viseur. Le menu est un peu l'usine à gaz de la Scarlet-X dans lequel il faut apprendre à naviguer : température de couleur, obturateur, nombre de frames/sec, format d'enregistrement sont tous présents dans des onglets situés en haut de l'interface. Ces réglages sont manuels et déterminent la couleur et la luminosité de chaque plan. Il faut donc vérifier ces réglages à chaque changement de position de la caméra.

Concernant les optiques, nous avons utilisé pour ce test une monture PL avec un objectif Carl Zeiss Planar T f/1,4 de 50 mm. Red Scarlet-X test review ZeissLa Scarlet-X avec un objectif Carl Zeiss Planar T f/1,4 de 50mm.

Qualité d'image

Les utilisateurs de la EPIC avaient beaucoup apprécié la fonction HDRx qui permet de capter simultanément deux flux d'information avec une exposition différente pour créer une plage dynamique beaucoup plus élevée. Hélas, la Scarlet-X est dépourvue de HDRx en 4k et n'en bénéficie qu'en 3k et seulement pour le 24p et le 25p. C'est là sa principale faiblesse face à l'EPIC.

La caméra peut également shooter en 5K grâce au capteur APS-H de 14 mégapixels Malheureusement, il est limité à un taux de rafraîchissement de 12 im/sec ce qui ne permet pas des vidéos très fluides. C'est donc bien le 4k qui est la principale résolution pour cette caméra et son résultat est exceptionnel.

La Scarlet-X peut aussi filmer à 60 im/sec en 2k (HD 1080p) autorisant par la même occasion des ralentis. Mais la définition est alors équivalente à la moitié du 4k et pour être honnête il n'y a aucun intérêt à filmer dans ce format avec une Scarlet car l'écart de qualité avec le 4K est considérable.

Le 3K, lui, est un bon compromis. Il autorise du 48 images/sec (mais sans HDRx qui n'est disponible qu'en 25/24p) avec une image assez bonne et faire un peu de ralentis.

Enfin, la Scarlet peut shooter jusqu'à 120 images/sec, mais en 1k soit une définition deux fois inférieure au Full-HD.

En clair, le HDRx et le ralenti sont les deux pertes dont souffriront le plus les habitués de la EPIC.

5K 4K 3K 2K 1K
Fichier REDCODE RAW (R3D) - 16-bit
taux de compression 18:1 à 3:1
Définition 5120 x 2700 4090 x 2160 3072 x 1620 2048 x 1080 1024 x 540
Ratio 1.90
Images/sec 1 - 12 im/sec 1 - 30 im/sec 1 - 48 im/sec 1 - 60 im/sec 1 - 120 im/sec
HDRx maxi 6 12 25 30 60

Sensibilité

La gamme de la sensibilité de la Scarlet-X va de 250 à 12800 ISO. La valeur est réglable par incréments d'1/3. Lorsque la valeur ISO est réglée, l'appareil enregistre le changement dans la métadonnées et le moniteur réagit en conséquence. Des valeurs ISO élevées conduisent à des images plus lumineuses, et vice versa. La valeur de l'ISO peut être modifié en relecture sur le moniteur LCD.

La sensibilité n'est pas le point fort de la Scarlet-X. Les résultats de nos tests en labo avec un objectif Zeiss ouvert à f/1,4 montre une image très sombre sous un éclairement de 3 lux, là où la Canon C300 perçoit sans problème le sujet avec la même ouverture et avec un ISO inférieur.

Tests sous un éclairement de 3 lux

Red Scarlet-X test review sensibilité | | | Scarlet-X avec optique Zeiss 50mm à f/1,4 à ISO 800. L'image est très sombre, voire invisible. | Canon C300 avec optique Canon 50mm à f/1,4 à ISO 320.
On ne constate quasiment aucun bruit. |

Rendu des couleurs

La colorimétrie dépend des réglages accessibles sur l'écran tactile de la Scarlet avec les températures de couleurs. RED Scarlet-X test reviewLe menu tactile de la Scarlet-X gère l'ensemble des réglages "image" de la caméra affichés en haut. Ici notre scène est filmée en 4K, ISO 800, 24p, RC 6:1 en température 5431k. Un histogramme en bas affiche le spectre RVB (Rouge, Vert, Bleu).

RED Scarlet-X test review mire

Le résultat en image. On relève des tons très nuancés très proche d'une texture très "cinéma 35 mm". RED Scarlet-X test review

Piqué d'image

La définition 4k surpasse évidemment toutes les caméras Full-HD et ce piqué d'image se remarque énormément. Les lignes de notre mire de référence s'affichent pleinement, sans moiré ni aliasing.

RED Scarlet-X test review piqué | | | Scarlet-X : la qualité 4K restitue un piqué exceptionnel. | Canon C300 : un Full-HD sans aucun moiré et des lignes bien nuancées. |

| Sony FS100 test review avis qualité des images | | Scarlet-X : le capteur APS-H de 14 mégapixels affiche chaque détail. | Sony FS100EK avec capteur Super 35mm et objectif 18-200 mm (f/3,5). |

La mire intégrale filmée en 4090x2160 pixels en 24p avec l'objectif Zeiss 50mm f/1,4.

(Téléchargeable en qualité native par clic-droit)

Audio

La Scarlet n'est fournie avec aucun micro ni même de prises XLR. Cela ne devrait pas gêner les chefs opérateurs qui sont habitués à déléguer l'audio à un ingénieur-son avec une mixette séparée. On peut toutefois raccorder un micro sur l'une des deux entrées mini-jack histoire d'avoir un son témoin. Le son sera alors enregistré en stéréo PCM 24 bit, 48KHz.

Post-production

La Scarlet génère des fichiers 4K au format RED Raw nommés R3D. Ces fichiers R3D sont enregistrés sur le disque RED et se présentent sous la forme d'un dossier .RDM qui contient une série de dossiers .RDC (Red Digital Clip). Il y a un dossier .RDC pour chaque clip enregistré, donc si vous avez filmé 50 clips vous aurez 50 dossiers. Le dossier .RDM est également accompagné d'autres fichiers, .log et .profile qui contiennent des données de la caméra, qui, bien qu'elles ne soient pas toujours utilisées par les flux de production, doivent être conservées. Lorsque vous archivez les données RED, vous devez toujours copier l'intégralité de la structure de dossiers/fichiers de chaque volume sur lequel ont été enregistrées des données.

Le fichier .R3D est un fichier de données brutes haute qualité REDcode. Étant donné qu'il existe une limitation de taille de 2 Go pour les fichiers, les clips plus volumineux sont fractionnés en plusieurs fichiers R3D. Dans ce cas, chaque fichier doit être présent pour que le clip soit lisible. Les noms de fichiers R3D avec des suffixes de chiffres (comme _001) ne doivent en aucun cas être modifiés, car cela les rendrait tout simplement illisibles par la fenêtre Lister et transférer de Final Cut Pro. Les clips en 4K de la Scarlet-X dans Vegas Pro 11.

Le format RED Raw permet des corrections d'images très poussées au montage, bien plus étendues qu'avec le format MPEG-2 Long GOP de la Canon C300. En outre, Premiere Pro d'Adobe gère les rushes 4K en natif ainsi que Vegas Pro 11 de Sony que nous avons utilisé sur ce test. Il est ainsi possible de corriger la température de couleur, le gain (ISO), la luminosité, le contraste et le DRx de chaque rush comme on le ferait en tournage. Sur Vegas Pro, les rushes sont importables en natif sans reconversion et un simple clic-droit de la souris sur un clip dans "Propriétés du décodeur R3D" ouvre la fenêtre des corrections.

Il est bien sûr recommandé de travailler sur une station de montage musclée pour éditer en 4K. La nôtre était un PC HP sous Vista 64 bits avec un QuadCoeur (4 x 2 GHz) et 6 Go de RAM et il y avait des latences en manipulant ou en corrigeant les clips avec plusieurs couches. La configuration informatique est donc bien plus gourmande qu'en Full-HD, et nécessite surtout beaucoup plus d'espace de stockage. Pour info, un clip RED Raw en 4K de 30 secondes pèse 1,4 Go !

L'autre problème se pose à l'exportation. Que souhaitez-vous faire de vos montages 4 K ? Cette question devrait même se poser avant l'achat de la Scarlet-X. Car les logiciels de montage peuvent évidemment masteriser votre montage en 4K mais pour le diffuser où et comment ? Hormis, certains vidéo-projecteurs professionnels et une poignée de téléviseurs 4K au prix exorbitant, la diffusion 4K reste l'apanage de certaines salles de cinéma numérique. La plupart des utilisateurs en seront donc réduits à convertir leur montage 4K en Full-HD pour les diffuser sur blu-ray, écran de projection ou même sur Internet. La qualité native 4K même convertie en Full-HD reste toutefois de meilleure qualité qu'un film tourné en HD.

Cette vidéo a été captée par une Scarlet-X en 4K avec des optiques Leica (50mm Summicron M / 90mm Elmarit M / 135mm Tele-Elmar M) en 320 ISO, 25p, RC6:1. Les clips on ensuite été convertis en RG2RC2 sur Premiere Pro 5.5. et le montage exporté en 1920x1080 sur Youtube. Le résultat est excellent (il n'y a pas de son).

Verdict

La Scarlet-X est résolument une caméra de cinéma numérique exceptionnelle à ce niveau de prix. Le fait de pouvoir filmer en 4K avec un corps de caméra inférieur à 10 000 euros est une aubaine pour bon nombre de productions. Outre sa définition d'image, ses réglages colorimétriques, son rendu "cinema" et sa compatibilité avec les optiques PL ne peuvent que ravir les chefs opérateurs exigeants. Enfin, son format RED Raw ouvre d'immenses possibilités d'étalonnage en post-production et c'est là un gros avantage face à la Canon C300.

Il faut toutefois appréhender la Scarlet-X avec tout le workflow qui en découle et la diffusion. De ce point de vue, la comparaison avec la Canon C300 n'est pas tranchée. Bien que les deux modèles ciblent la production cinématographique indépendante, la Canon C300 est plus ouverte à d'autres applications (reportage, documentaire) grâce à une ergonomie plus "caméscope" et avec un workflow plus souple (le Full-HD en Mpeg-2 étant géré de façon fluide par toutes les solutions de montage). Enfin, si la C300 filme "seulement" en Full-HD, son capteur est bien plus performant en basse lumière.

Bref, nous recommandons la Scarlet-X, pourvu qu'on ne se laisse pas aveugler par le prix attractif, et que l'on maîtrise la post-production 4K.

+
  • Image 4K (définition exceptionnelle)
  • Format RED Raw adapté à l'étalonnage
  • Boîtier robuste en aluminium
  • Prises HD-SDI et HDMI
  • Corps de caméra lourd et ventilateur très bruyant
  • Pas de prises XLR (mais pas forcément gênant pout tout le monde)
  • Station de montage puissante requise
  • Sensibilité très moyenne en basse lumière
Les prix
RED Scarlet-X
Il n'y a actuellement aucune offre.
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