Format4 096 (h) x 2 160 (v) px 4K (4 096 × 2 160) jusqu'à 120 fps 3K (3 072 × 1 620) jusqu'à 160 fps 2K (2 048 × 1 080) jusqu'à 240 fps
SupportDIGITAL MEDIA (SSD): RED MINI-MAG®, 140 MB/s max data rate
Capteur8,8 Mpx RED DRAGON®. 20,48 mm (h) x 10,8 mm (v) x 23,2 mm (d).
Optique/
Zoom/
EnregistrementsREDCODE RAW ACQUISITION FORMATS : 4K (4 096 × 2 160), 2:1 (4 096 × 2 048), 2.4:1 (4 096 × 1 728), UHD/16:9 (3 840 × 2 160) 3K (3 072 × 1 620), 2:1 (3 072 × 1 536), 2.4:1 (3 072 × 1 296), 16:9 (2 880 × 1 620), 3:2 (2 880 × 1 920) 2K (2 04
Micro intégréStéréo, non compressé 24 bits 48 kHz
ConnectiqueWi-Fi. Ethernet. RS232. GPI Trigger
Dimensionsvariable selon les options
Poidsmodule caméra seulement 1,5 kg

Caractéristiques

RED a quelque peu affolé les foules en annonçant cette "petite" sœur dans la nouvelle gamme initiée par la Wepon annoncée en 2015 : nouvelle caméra 4K / RAW de la marque, la Red Raven est partie pour faire parler d'elle !

RED Raven test review

La toute nouvelle Raven chez RED.

Retour sur RED

Un peu d’histoire pour commencer. La RED Digital Cinema Camera Company a été fondée en 2005 par Jim Jannard. Nous avions eu l’occasion de le rencontrer il y a quelques années : c’est un sacré personnage, très charismatique, une locomotive, un visionnaire. Quand il raconte pourquoi il a créé RED, c’est assez simple : en 2005, entre la Sony Z1 qui enregistrait un signal numérique ultra compressé à 25 mb/s en HDV sur une bande magnétique et l'ARRI D21, qui coutait la bagatelle de 200 000 € boitier nu, il n’y avait rien ! La place était à prendre.

La qualité de l’image de la Sony Z1 n'était pas vraiment à la hauteur et Jim, étant amoureux des belles images, a ressenti la même chose. Venant de revendre sa précédente société, Oakley, il a donc décidé de se lancer dans l'aventure de la vidéo.

C’est ainsi qu’est née en 2007 la fameuse RED One. Sur le papier, on n'était pas loin de la science-fiction, tant les spécifications annoncées étaient hallucinantes pour l’époque. Cette caméra lancée au prix de 17 500 $ proposait un enregistrement 4K avec un codec révolutionnaire, qui permettait de compresser le RAW avec un rapport qualité d’image/poids de fichier jusqu’alors inédit. Pour rappel, le plus haut de gamme ne proposait alors que de la 2K, voire de la HD dans des codecs dérivés de ceux utilisés pour la télévision SD, pour un prix plus de 10 fois supérieur, et qui plus est avec un capteur 4 fois plus petit.

Le concept de base de RED était tellement audacieux que bon nombre ont d’abord cru à un coup de bluff, voire à une escroquerie. Quand la RED One est arrivée sur le marché, ça a été le début de la révolution. Canon a pris le relais fin 2008 avec le 5D Mark II, mais on ne parlait pas de la même chose. Si la RED One était prometteuse sur le papier, elle n’était pas dénuée de défauts, la colorimétrie était parfois hasardeuse, mais c’était tellement avant-gardiste que beaucoup lui ont pardonné ses erreurs de jeunesse et on tourne encore pas mal de films avec elle aujourd’hui.

Le plus amusant dans l’histoire, c’est qu’à l’époque, Panavision, société américaine qui avait la particularité de concevoir du matériel de tournage sans le vendre (caméras, optiques et accessoires uniquement à la location), avait publié une vidéo présentée par un homme en blouse blanche (le scientifique, ça impressionne toujours). Celui-ci nous expliquait, équations mathématiques à l'appui, pourquoi la RED One n’était pas une bonne caméra. 9 ans plus tard, cette même société s’associe à RED pour lancer une nouvelle caméra 8K, baptisée Millenium DXL...

Panavision Millenium DXLLa prochaine caméra Panavision Millenium 8K.

Présentation de la Raven

La Raven est donc la caméra "entrée de gamme" de chez RED. RED a 2 gammes : les Epic et Scarlet, constituant la gamme DSMC (Digital Still and Motion Camera), et les Raven, Scarlet W et Weapon, composant la nouvelle gamme appelée DSMC2 et initiée en 2015.

Mais qu’est-ce donc que ce truc, le DSMC ? C’est un concept de modularité initié en 2011 sur la première Epic. Le principe est que toutes les caméras RED sont en fait taillées à peu près de la même façon depuis le lancement de l’Epic. C’est un peu comme une boîte carrée, avec une monture optique sur laquelle viennent se greffer pléthore d'accessoires : il y en a beaucoup et pour tous les goûts, pour tous les usages.

DSMC2

Le concept DSMC2 va plus loin, car il il permet de rajouter ces modules accessoires sans avoir une prolifération de câblage qui fait souvent ressembler la caméra à un sapin de Noël avec guirlandes électriques, ou à une pieuvre, à vous de choisir l’image qui vous convient le mieux !

RED DSMC2

Les modules pour les spécifications DSMC2 chez RED.

Les versions DSMC2 ont des spécifications communes, comme la dernière génération de capteurs appelée "Dragon", l’enregistrement en Apple ProRes en plus du RED Code, un système d’autocalibration du capteur, le support de LUT 3D et la présence d’un serveur Wi-Fi intégré qui permet par exemple le pilotage de toutes les fonctions de la caméra via l’application Foolcontrol — un petit bijou, un concentré d’intelligence, fonctionnant sur iPad ou iPhone exclusivement. Cette application est tellement géniale qu’on se demande pourquoi elle n’est pas livrée en standard avec les caméras RED. Petite parenthèse, le développeur de cette app est français, il s’appelle Mikael Lubtchansky et ce qu’il a fait est un véritable modèle d’ergonomie logicielle.

RED DSMC 2 gammes

Disponibilité et prix

La RED Raven est proposée au prix de :

  • 7 010 € nue ("Brain only" et alimentation secteur) ;
  • 10 850 € pour le "Jetpack Package", incluant ainsi que le DSMC2 Jetpack Expander, une carte RED Mag Mini 120 Go, une batterie DSMC Belt Clip, le moniteur tactile LCD 4,7" et une poignée Outrigger ainsi qu'une mallette de transport ;
  • 11 050 € pour le pack le plus intéressant, ou "Base I/O V-Lock Package", incluant le dos V-Lock I/O, une carte RED Mag Mini 120 Go, le moniteur tactile LCD 4,7", une poignée de transport universelle et une mallette de transport.

Caractéristiques

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Sur le terrain

Prise en main

Les premières sensations procurées par la RED Raven sont excellentes. Le boîtier en aluminium paraît solide, on sent qu’on a quelque chose de conçu pour durer entre les mains. Le revêtement est un peu rugueux, la couleur grise est très discrète et on reconnaît dès le premier coup d’œil qu’on a bien affaire à une caméra RED.

Au final, on apprécie le design de ces caméras très cubiques, car il est possible les accessoiriser comme on le souhaite. RED présente la Raven comme une caméra idéale pour être installée sur un drone ou un stabilisateur 3 axes et c’est vrai qu’en plus, elle est assez légère pour ça : avec à peine 1,6 kg sur la balance, c’est clairement la bonne utilisation pour cette caméra.

Red Raven test review drone

Certes, ça implique une contrainte assez importante : on ne peut pas l’utiliser telle quelle sans lui adjoindre une poignée ou la mettre sur un pied, par exemple. C’est un peu regrettable qu’ils n’aient pas prévu une poignée de maintien latéral dans le kit standard, comme il existe en option au catalogue. Même si c’est un peu lourd, ça donne une ergonomie de type reflex plutôt agréable.

La Raven présente quelques différences avec les autres caméras positionnées plus haut dans la gamme : l’enregistreur SSD n’est pas amovible, pas plus que la monture optique. Ici, on ne pourra mettre que des RED Mag Mini (format SSD propriétaire) et des optiques en monture Canon EF. Le capteur étant proche du Super 35mm ou de l’APS-C, les optiques EF-S sont compatibles.

Pour faire ces premiers tests, j’ai choisi le Sigma 18-35 mm f/1,8, une optique très intéressante de par sa plage de focale et son ouverture pour une utilisation cinéma numérique/vidéo, bien que son ergonomie reste dédiée à la photo et qu’il lui manque une bague de diaph manuelle sans crantage. Cette optique a tellement la cote que certaines boîtes spécialisées dans le recarossage des objectifs photo font leur chiffre d’affaires avec ce Sigma en lui donnant une ergonomie cinéma !

Les autres restrictions sont liées au capteur. Même s’il est de la même famille Dragon que les autres modèles (Scarlet W et Weapon), sa résolution est limitée à de la 4,5 K… mais en fait il s'agit plutôt de 4K, puisqu’on est pile-poil dans la 4K DCI 4 096 x 2 160. La bonne nouvelle, c’est qu’on aurait pu craindre que RED limite aussi les choses du côté du codec, et sur ce point, c’est plutôt une belle surprise : on peut aller jusqu’au 3:1 et jusqu’à 120 fps !

Le concept DSMC2 permet normalement de se passer de câbles, puisqu'il inclut non seulement la jonction mécanique des accessoires, mais aussi les contacts électriques nécessaires.

L’écran de base de 4,7“ (11,9 cm) est limité à une orientation sur un seul axe, ce qui est assez dommage et pas forcément pratique dans certaines utilisations ; on peut en effet avoir besoin de fixer le moniteur autrement. RED a pensé à tout en proposant de petits accessoires afin de mettre un câble, mais c’est autant de suppléments à rajouter sur la facture finale.

Du côté de la facture, même si le boîtier de la caméra est à 7 000 € environ, il faudra compter 11 050 € précisément pour avoir le kit RED Raven I/O V-Lock qui inclut, comme son nom l’indique, la RED Raven, le moniteur 4,7“, ainsi que le dos V-Lock I/O afin de monter les batteries V-Lock et de brancher tout ce qu’il faut. Pour ce prix, vous aurez aussi une valise rigide de chez Pellicase, une carte RED Mag Mini de 120 Go, une alimentation secteur et une poignée de transport.

À noter au passage : ce sont, comme souvent, les accessoires qui feront monter très vite le prix de la caméra. En effet, ce n'est pas donné : la moindre carte supplémentaire de 120 Go coûte la bagatelle de 120 € et la version 1 To, 3 755 € ! Autant vous dire que la facture finale rendra forcément cette caméra beaucoup moins accessible.

Autre petite chose qui gratte un peu : l’absence de lecteur de carte, vu que c’est un modèle propriétaire. Impensable d’utiliser autre chose que le lecteur de RED Mag Mini, et c’est encore 190 € à rajouter à la note !

Red Raven test review package

Au niveau de l’ergonomie logicielle, pour ceux qui ne connaissent pas trop les RED sorties depuis l’EPIC, il est très facile de se balader dans les menus. On choisit aisément tous les réglages de la caméra grâce à l’écran tactile, et RED a poussé le bouchon jusqu’à permettre de déclencher l'agrandissement ou "magnification" (zoom dans l’image pour faire le point précisément) en reprenant les gestes de votre smartphone préféré, à savoir les fameux "pinch in" et "pinch out"' (pincements fermés et ouverts). On peut tout piloter ; cette Raven, comme ses grandes sœurs, permet d’aller très loin dans les réglages, tout est accessible du bout des doigts.

Qualité d'image

En ce qui concerne la qualité de l’image, nous avons été très agréablement surpris : on a affaire à une vraie caméra RED, la signature d’image est bien présente, la latitude est exceptionnelle, la colorimétrie, superbe, et c’est joliment défini.

Seul bémol : quand on passe à des taux de compression un peu élevés, il y a facilement une montée de fourmillement dans les basses lumières, ce qui peut être assez moche. Néanmoins, si on expose correctement son RAW, on ne doit pas avoir ce genre de problème.

Évitez donc la sous-exposition. Les outils de mesure de chez RED sont assez efficaces ; apprenez à vous en servir, le principe des 2 petits graphiques opposés verts et rouge indiquant respectivement la quantité de surexposition et de sous-exposition est vraiment très efficace !

Nous avons pu partir une journée en Normandie pour tourner avec la RED Raven et le zoom Sigma. Malheureusement, le temps n'était pas vraiment de la partie. Le ciel était d’un laiteux ignoble, pas le moindre modelé de nuage, c’était désespérément gris clair et très humide, voire totalement pluvieux. Allez trouver l’inspiration dans de telles conditions ! Nous vous présentons toutefois ce petit film, mis en valeur par la musique de la talentueuse compositrice et violoniste Ève-Marie Bodet.

Ballade en Normandie avec la RED RAVEN from Emmanuel Pampuri on Vimeo.

À noter : pour ceux qui ont un compte Vimeo, vous pouvez télécharger le fichier source 4K H264 pour regarder la qualité de plus près.

Une des restrictions de la RED Raven en comparaison avec ses grandes sœurs, c’est qu’on ne peut pas changer les filtres optiques appelés OLPF chez RED (Official Low Pass Filter). Ils proposent en effet des filtres qui se positionnent directement le capteur (ce qu’on appelle les filtres passe-bas en photo). Ils permettent de privilégier un type de rendu particulier en fonction de ce qu’on veut comme rendu d’image ; certains sont faits pour privilégier les rendus de peaux, d’autres les basses lumières ou encore la colorimétrie pour les images sous-marines, etc.

Le grand bonheur de ces caméras RED est de pouvoir jouer avec le RAW comme on peut le faire en photo, tout en conservant un poids de fichier assez léger, puisque le RAW, le fameux RED Code est compressé. On peut ainsi à loisir modifier la sensibilité, la balance des blancs, la colorimétrie bien entendu et tous les paramètres que l’on peut avoir en photo. Tout ceci est accessible depuis les logiciels de montage et d’étalonnage, que ce soit Première Pro CC chez Adobe, Final Cut Pro X chez Apple ou encore Da-Vinci Resolve chez BlackMagic Design, pour ne citer qu’eux.

Nous utilisons de préférence Premiere Pro CC, sauf pour les petits formats comme celui-là : nous préférons alors FCPX. Nous avons utilisé le plug-in Color Finale pour étalonner, et nous avons été agréablement surpris par la réactivité de tout cela sur notre Mac Pro 2014. Manipuler de la 4K RAW, ça peut faire peur à beaucoup, mais c’est aussi à ce niveau que RED fait la différence : le workflow est très simple, et on n'a pas besoin d’avoir un PC à 10 000 € pour manipuler les fichiers, pour peu que l’on accepte d’avoir une prévisualisation dans une qualité un peu inférieure. RED sait pleinement tirer parti des cartes graphiques de vos Mac ou PC.

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Verdict

Red Raven test review conclusion

La RED Raven est une vraie réussite technique : c'est un un régal à utiliser, tant on a l’impression d’avoir entre les mains une vraie caméra de cinéma magique.

Toutefois, le tableau est loin d'être aussi idyllique qu'annoncé par RED, et le problème est surtout d'ordre tarifaire. Le retour sur terre est violent quand on se rend compte que le tarif final du "kit de survie" est plus proche de 15 ou 20 000 €. RED avait établi il y a quelques années une première ambition avec la Scarlet, qui était de sortir une caméra beaucoup plus démocratique sans grand compromis sur la qualité.

La qualité est là, mais pour ce qui est de la démocratie, ça reste un peu utopiste a priori. Le projet de la Scarlet original, c’était la 3K pour 3 000 $. Un capteur 3K Super 16mm dans un boîtier compact et malin, un enregistreur RED Code, et tout ça pour un tout petit prix. Contrairement aux autres caméras de la marque, ils parlaient d’une fabrication en Chine et d’une distribution beaucoup plus large. Un produit destiné à un marché plus large, c’était sexy, mais entre-temps, la Scarlet est devenu la petite sœur de l’Epic.

C’est ce que je reprocherais le plus à cette Raven : au final, la différence de prix n’est pas si énorme — 4 000 € environ sur la caméra "Brain only", c’est beaucoup, mais quand on sait que la facture réelle flirte avec les 20 000 € accessoires compris, on relativise, a fortiori si on compare avec la Scarlet W, qui propose 5K, monture optique et support d’enregistrement interchangeable, plus de ralenti, un capteur plus grand, etc.

Tout est relatif, bien entendu, mais ce qui nous pousse à écrire cela, c’est l’écart de prix avec le modèle haut de gamme de chez RED : la fameuse Weapon, dont le prix de base est à plus de 27 000 € et dépasse les 100 000 € dans sa version la plus cossue, avec les accessoires qui vont bien.

La Raven est donc bien une vraie caméra RED : c’est une vraie proposition, l’image est superbe et ça a été un véritable bonheur pour moi de tourner avec cette caméra. C’est un rêve un peu plus accessible, mais ce n’est pas réellement une caméra qui rend l’univers RED plus abordable ; on reste sur un positionnement assez onéreux, puisque pour la même somme, vous pouvez avoir une belle petite voiture bien équipée. Après, c’est une question de priorité : dans un monde ou il devient de plus en plus difficile de valoriser ses équipements, il n'est pas facile d'investir entre 15 et 20 000 € dans une caméra. Oui, je rêve d’une RED à réellement 6 000 €. On a le droit de rêver, non ?

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+
  • Signature d’image RED
  • Feeling magique
  • Philosophie globale RED
  • RED Code (Codec)
  • Aspect robuste
  • Modularité
  • Beauté des images
  • Latitude de correction à l’étalonnage
  • Coût de la facture finale avec les batteries et accessoires indispensables
  • Écran LCD qui ne toune plus que dans un sens
  • Absence de kit 100% fonctionnel
  • Pas de lecteur de carte dans les kits de base
  • Fourmillements en basse lumière lors de capture à 120 fps (mais après tout c’est normal, vitesse x 5 = lumière x 5 !)
Emmanuel Pampuri

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