Format- AVCHD (24 Mbps, 4:2:0)
Support- 2 cartes SDHC (classe 6) jusqu'à 32 Go
Capteur- TriMOS 1/4 de pouce x 2
Optique- 47,1 - 264 mm en 24x26 (f/1,8 - f/2,4)
Zoom- Optique 5,6x
Enregistrements- 1920x1080 (50i/25p), 1280x720 (50p)
Micro intégré- Oui stéréo
Connectique- XLR, HDMI, HD-SDI, casque
Dimensions- 158 × 187 × 474 mm
Poids- 2,8 kg avec batterie

Caractéristiques

Panasonic AG-3DA1 test review avis## Positionnement marketing
Dans un premier temps, il convient pour nous de bien différencier 3D et stéréoscopie. En effet, le premier terme, 3D, est en réalité un abus de langage puisque les caméras ne produisent pas d'images en 3D (si tel était le cas, nous pourrions allez voir derrière les objets), mais bien avec une impression de relief. Il faudrait donc employer le terme stéréoscopie, qui implique la prise de vue à la fois pour l'oeil droit et l'oeil gauche. Pour plus de simplicité et pour être raccord avec les désignations des industriels, nous parlerons dans notre test de 3D, conscient toutefois du problème que cela implique.

Pourquoi sortir un caméscope 3D "tout-en-un" ? La réponse est simple : ce caméscope n'existait pas. Jusqu'à présent pour réaliser un film en 3D il n'y avait que deux solutions : filmer en Rig (plateau sur lequel on vient fixer 2 éléments pour la prise de vue) avec miroir ou en Rig "Side by side" (deux caméras côte à côte) ce qui impliquait une installation très lourde, complexe et fort coûteuse, car elle implique 2 caméras identiques.

Panasonic AG-3DA1 test review avis divers rig 3D

La 3D n'est pas une technologie nouvelle révélée par Avatar. On projetait déjà des films en 3D dans les cinémas des années 60. Toutefois, elle revient en force depuis 2009 pour dynamiser le marché des téléviseurs plats. La HDTV est déjà bien implantée, il "faut" désormais proposer une autre innovation technologique pour vendre. Bref, les fabricants ont dû se pencher sur les moyens de production après avoir planché sur la diffusion. Panasonic a ainsi songé au caméscope 3D binoculaire qui ne nécessite aucune autre installation, et vendu moins de 20 000 euros.

Pour autant, filmer en 3D n'est pas aussi simple qu'un tournage classique. Non pas que le caméscope 3D soit en lui-même plus compliqué, mais sa technique de tournage, elle, diffère complètement. Il est donc important de comprendre les règles et les limites du film en relief avant de se lancer.

Les principes de la 3D

La 3D est produite grâce à la convergence de deux points de vue : le gauche et le droit. L'être humain parvient à voir grâce aux deux yeux qui transmettent les images au cerveau. Ce dernier les interprète pour afficher une seule image. La convergence des yeux nous permet d'apprécier les distances entre les objets et d'obtenir une vue en relief. Le caméscope 3D reprend le même principe avec deux optiques, deux capteurs, deux processeurs et deux cartes mémoires. On obtient au final deux films séparés que l'on réunira en un seul au montage.

Le Panasonic 3DA1 simplifie le tournage sur de nombreux points par rapport à un tournage en Rig. La synchronisation du diaphragme, de la luminance/chrominance et de la focale sont gérés automatiquement et simultanément. Le caméraman n'a donc à gérer que l'iris, la mise au point et la convergence. Cela représente un sérieux soulagement pour les opérateurs qui ont déjà expérimenté un tournage en 3D en Rig (cf. notre reportage chez Marc Dorcel pour la production d'œuvres pornographiques en stéréo), mais cela nécessite un temps d'apprentissage pour les caméramans qui ne connaissent que les tournages en 2D.

La première difficulté réside dans la parallaxe, autrement dit l'impact du changement de position de l'observateur sur l'objet observé. Plus un sujet est loin et plus la convergence est faible (le point d'intersection entre les deux axes du regard droit et gauche). Quand le sujet est très proche, les yeux doivent converger sur un angle beaucoup plus serré ce qui demande un effort d'accommodation. La distance inter-oculaire entre nos deux yeux est d'environ 65 mm. Si cet écart était plus important, la perception du relief serait plus efficace sur de longues distances. Plus cet écart est court et plus le relief sera perceptible sur des distances courtes et des objets petits. Cette règle de la parallaxe est importante en tournage, car elle détermine le confort de visionnage du spectateur final à qui l'on souhaite éviter des maux de tête et des vertiges. James Cameron a lui-même dû modérer ses effets 3D sur le montage d'Avatar pour ne pas donner mal au coeur au public durant deux heures.

Le réglage de la convergence des lentilles est très important, car elle va révéler le relief des objets que vous filmez. Sur le Panasonic AG-3DA1, la convergence s'effectue à l'aide d'une molette située sur le flanc gauche. En la tournant, vous déterminez à quel niveau l'image passe en stéréo, là où convergent les deux axes de prise de vues. Si votre objet est situé trop prêt et avant le plan de convergence vous obtiendrez une parallaxe très importante qui fatiguera le spectateur. À l'inverse, si l'objet est derrière le plan de convergence la parallaxe sera positive et l'effet 3D très agréable. Enfin, la taille de l'écran où sera diffusé le film a aussi son rôle. Un écran trop grand provoquera des maux de tête et un écran trop petit ne produira rien du tout...

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Ainsi, filmer une île située à 3 kilomètres a peu d'intérêt en relief, mais filmer une pomme à 30 cm de l'objectif aura un effet très inconfortable sur le spectateur. Il faut trouver constamment le juste équilibre.

De même, l'opérateur doit se méfier de "la violation de fenêtre" qui consiste à faire passer brusquement un objet devant l'objectif. C'est le cas d'un passant qui arrive dans votre champ alors que vous filmez un paysage. Il apparaitra soudainement en relief alors que votre convergence est pointée sur un arbre à 10 mètres et jaillira de l'écran en étant coupé par les bords. Au montage, il convient de trier les plans indésirables (avec un écran et des lunettes 3D) et de ne pas enchaîner les plans trop vite, car l'oeil du spectateur doit systématiquement s'accommoder. Bref, un storyboard en 3D demande une préparation particulière qui laisse peu de place aux imprévus et aux évènements furtifs comme en reportage news.

Optique et capteurs

L'AG-3DA1 est unique en son genre, du moins pour l'instant, en attendant que Sony sorte à son tour sa caméra 3D binoculaire.

Ici tout est en double. Il possède deux lentilles à f/1,8-f/2,4 couvrant une distance focale de 47,1 à 264 mm en équivalent 35 mm. On ne démarre pas avec un grand-angle loin de là, mais c'était une chose prévisible sur un caméscope 3D puisque l'ouverture du champ doit rester modeste pour accentuer le relief. Viennent ensuite 2 tri capteurs MOS 1/4,1 pouce d'une résolution approximative de 2 mégapixels, et en bout de course deux processeurs d'encodage AVCHD 24 Mbps qui produisent deux fichiers séparés et stockés sur les deux cartes SD. Les cartes mémoires sont exclusivement au format SD et SDHC et impérativement de classe 6 pour supporter le débit à 24 Mbps. Avec une SD de classe 4 le caméscope refuse d'enregistrer. Une capacité de 16 ou 32 Go est vivement conseillée sachant qu'aucune carte n'est fournie avec le caméscope.

L'AG-3DA1 propose 3 modes d'enregistrement :

  • 1920x1080 pixels en 50i (entrelacé)

  • 1920x1080 pixels en 25p (progressif)

  • 1280x720 pixels en 50p (progressif)

Connectique

En terme de connexions, la spécificité du 3DA1 est sa double sortie HD-SDI en fiche BNC (une pour chaque "oeil"). Cette double interface présente deux avantages :

Primo, elle permet de filmer en "tête de caméra" en raccordant l'AG-3DA1 directement à un enregistreur de carte P2 au format AVC-Intra. Au lieu de récupérer deux flux AVCHD 24 Mbps en 4:2:0 sur 8 bits, vous récupérez deux flux natif AVC Intra à 100 Mbps en 4:2:2 sur 10 bits.

Secundo, elle permet le montage 3D sur un moniteur broadcast 3D comme le Panasonic BT-3DL2550E avec des lunettes à filtres polarisés (qui coûte la bagatelle de 7000 euros). Nous reviendrons plus tard sur les spécificités du montage en 3D mais sachez qu'il faut prévoir d'emblée un matériel de postproduction adapté et souvent très coûteux.

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Enfin, on trouve aussi deux prises XLR à l'avant et une prise casque mini-jack. Il n'y a pas de prise HDMI ni de sortie Composante ou Composite.

Note importante : il est tout à fait possible de se limiter à un tournage en 2D avec l'AG-3DA1. Il suffit pour cela d'utiliser une seule des deux cartes SD qui contient chacune des rushes en résolution FullHD.

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Sur le terrain

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Ergonomie

Certes, le 3DA1 est un système de tournage 3D allégé et "prêt à tourner", mais il n'en demeure pas moins un caméscope de poing trop lourd et trop volumineux pour être tenu à bout de bras. Le terme de caméscope de poing n'est d'ailleurs pas vraiment applicable sur le terrain, car le boîtier qui mesure près de 50 cm de long pèse 3 kg avec la batterie est difficile à porter d'une main. Un trépied s'avère donc indispensable pour garantir des plans stables en stéréoscopie.

Certains diront que le 3DA1 ressemble à un radar mobile et c'est vrai. Il n'y a qu'à filmer sur le bord d'une route pour s'en convaincre : les voitures ralentissent toutes en l'apercevant. Sa paire de "jumelles" intégrée se comporte comme un seul objectif. Il n'y a d'ailleurs qu'une seule bague pour la mise au point et une seule bague pour le zoom. Elles sont non graduées et à l'infini.

Hormis cette partie atypique, l'AG-3DA1 reprend le même boîtier que ceux des caméscopes de la famille AVCCAM de Panasonic qui reprenait elle-même celui des modèles MiniDV type AG-DVX100. On retrouve le même agencement des boutons avec la touche Menu et le bouton flèche près du viseur pour enclencher la lecture ou l'avance rapide. Le 3DA1 enregistre aussi sur des cartes SDHC avec deux lecteurs situés sous le viseur protégés par une trappe. Attention, seules les cartes SD et SDHC de classe 6 sont compatibles avec le débit AVCHD. La caméra s'allume avec un interrupteur classique On/Off, mais la mise sous tension est très longue : comptez 20 secondes avant de pouvoir filmer. Cela confirme que le 3DA1 n'est vraiment pas un caméscope de reportage-news. La finition générale en plastique peut sembler un peu "toc" mais elle finalement assez robuste. Si Panasonic avait opté pour du magnésium, le poids aurait été bien plus conséquent ce qui n'est pas une priorité sur un caméscope de poing.

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Panasonic AG-3DA1 test review avis interface Panasonic AG-3DA1 test review avis cartes SDHC class 6
Le bouton-flèche (lecture, avance-rapide) Les slots de cartes SDHC

Le 3DA1 s'utilise avant tout en tout manuel. Cet aspect ergonomique pèse sur tout le tournage. Ici, plus question de poser sa caméra et de presser le bouton rouge en laissant les automatismes tout gérer. Le cadreur doit s'atteler systématiquement à trois réglages pour chaque plan ; l'iris qui est débrayable jusqu'à +24 dB (variable par palier de 1 dB), la mise au point qui peut s'effectuer avec la bague ou en Automatique en pressant le bouton AutoPush, et enfin la convergence qui est le plus délicat. Seul le zoom est automatique avec une vitesse progressive, mais il est également manuel avec la bague d'objectif (pas de cran de butée) et son rapport est de 5x seulement.

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L'interrupteur d'allumage (20 secondes sont requises pour la mise sous tension). Le bouton PushAuto et les boutons USER pour sélectionner le type d'affichage de l'écran : 2D ou 3D.

Le réglage de la convergence s'effectue par une molette sur le flanc du boîtier qui n'est d'ailleurs pas placée au meilleur endroit. En la tournant, vous faites le relief en faisant converger les deux axes de la caméra sur un point de l'image. Ce réglage s'effectue en contrôlant l'image sur l'écran LCD (ou le viseur) dont on peut commuter le type d'affichage via les boutons USER : soit l'image de gauche en 2D, soit l'image de droite en 2D, ou soit l'image en 3D. Dans ce dernier mode, il suffit de superposer les deux images pour réussir votre convergence. Reste à déterminer le bon point... L'affichage d'une zone de sécurité vous aide pour le réglage, mais l'idéal est d'avoir un moniteur 3D en permanence sur le tournage pour évaluer correctement la parallaxe.

Autre détail, l'écart interaxial entre les deux objectifs mesure 6 cm soit l'équivalent d'un être humain. Il est donc indispensable de maintenir une distance d'au moins 2 mètres avec le sujet au premier plan pour obtenir un bon relief. Un piège dans lequel nous sommes tombés plusieurs fois lors du test avec des objets situés trop près. À noter que le zoom est possible durant l'enregistrement. La focale démarre sur un angle de champ assez restreint de 47 mm et varie sur un rapport de 5x.

Panasonic AG-3DA1 test review avis mise sous tension

L'écran LCD est plutôt bien fourni pour assurer cette tâche : une résolution de 921 000 pixels pour une diagonale de 8 cm. Idem pour le viseur avec ses 1,22 mégapixels pour 1,1 cm.

Qualité d'image

La plupart des réglages étant manuels, il convient de soigner avec soin chaque plan. La balance des blancs se règle via l'interrupteur classique à trois crans A/B/Prest qui applique les températures de couleurs de 3200 K à 5600 K. Un calibrage manuel peut naturellement être opéré via le bouton AWB en pointant la caméra sur une surface blanche.

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Panasonic AG-3DA1 test review avis balance des blancs manuelle Panasonic AG-3DA1 test review avis balance des blancs préréglages
Le bouton de calibrage manuel de la balance des blancs Les profils de température de couleurs (A,B,Preset)

Le diaphragme, comme nous l'avons dit précédemment, se corrige avec la molette. Ce réglage s'est révélé incertain et très délicat, car l'écran LCD ne donne pas forcément la luminosité réelle. Nous avons parfois filmé des plans surexposés sans le savoir. En terme de sensibilité, le 3DA1 est assez médiocre, mais avec des capteurs 1/4 de pouce il ne faut pas s'attendre à des miracles en basse lumière. L'image est sombre sous 10 lux, peu visible sous 5 lux et en poussant le gain à 24 dB beaucoup de bruit apparait.

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Panasonic AG-3DA1 test review avis qualité images Panasonic AG-3DA1 test review avis test basse lumière 3 lux
Sous 27 lux. Sous 3 lux à 24 db.

En terme de piqué, le résultat est probant. L'AG-3DA1 perçoit bien les nuances et garde la netteté sur l'ensemble de l'image. Sur ce point il faut signaler que les caméscopes Panasonic sont souvent les meilleurs y compris en gamme grand public. Peu de gens savent par exemple que le HDC-TM700 avec un simple débit de 17 Mbps délivre le meilleur piqué d'image du marché AVCHD y compris face aux reflex FullHD type Canon 5D Mark II ou Nikon D7000 (du moins sur notre mire en labo). Tant mieux, car Panasonic a précisément choisi ce modèle pour décliner sa version 3D grand public sur le SDT750.
Une comparaison du 3DA1 (en haut) avec le Nikon D7000 qui filme aussi en FullHD 25p (en bas)

Panasonic AG-3DA1 test review avis qualité des images face au Nikon D7000

Post Production 3D

La récupération des rushes en soi ne pose aucun problème puisqu'il s'agit de fichiers AVCHD classiques répartis sur deux cartes SDHC. Il vous suffit donc de les copier sur votre ordinateur pour les déposer ensuite sur la timeline de votre logiciel de montage. Encore faut-il posséder un logiciel compatible 3D...

Sur Windows, le marché se résume pour l'instant à Sony Vegas Pro 10 (testé) qui est le seul logiciel PC à gérer la 3D au moment où nous écrivons ces lignes. Vegas importe les clips Side by Side du 3DA1 sans difficulté. Il suffira ensuite de synchroniser les deux pistes superposées (les clips droits au dessus des clips gauches ou inversement). Il suffit alors de sélectionner les deux pistes (sélection + clic-droit de la souris) pour les "associer en tant que sous-clip 3D stéréoscopique", c'est-à-dire les fusionner sur une seule piste. On aura évidemment pris soin auparavant de spécifier dans les paramètres du projet "Mode 3D stéréoscopique : côte à côte (demi)". Vegas possède même une fonction de "recadrage" (carte 3D stéréoscopique dans l'onglet "Effets") pour corriger une convergence ou même créer des titres en 3D à partir de titres en 2D. Il est néanmoins conseillé de faire au mieux au tournage, car ce type de retouche rattrape souvent mal les erreurs.

Panasonic AG-3DA1 test review avis deux flux vidéo

Sur Mac, Final Cut Pro gère aussi la 3D (sans plug-in) avec un montage sur vue gauche et une conformation avec vue droite pour créer le Side by Side selon Panasonic, mais nous n'avons pas pu le vérifier.

Lors du test, Panasonic nous a prêté le moniteur BT-3DL2550E (7 300 euros ttc) qui intègre une double connectique HD-SDI et est fourni avec des lunettes à filtres polarisés dites passives. Elles ont l'avantage d'être légères et bon marché, mais la résolution est divisée par deux et l'angle de vue est réduit. Pour du montage cela suffit amplement. Dans le cas d'un visionnage du film, on s'orientera plutôt vers une TV Plasma 3D avec lunettes actives (où chaque image est en plein résolution) via l'interface HDMI du caméscope.

Montage en 2D

Il est naturellement possible de se contenter d'un montage en 2D FullHD en piochant les rushes dans l'une des cartes du 3DA1. Là encore, Vegas Pro 10 a l'avantage de gérer de façon totalement fluide les clips AVCHD grâce à un nouveau codec de prévisualisation. Les saccades et les latences sur la timeline en FullHD font désormais partie du passé. Tout se passe comme au temps du DV.

Les choses seront évidemment plus compliquées pour ceux qui possèdent Final Cut Pro (encodage via par Apple Pro Res obligatoire) ou d'autres logiciels qui n'ont pas la chance de digérer l'AVCHD.

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Verdict

Panasonic AG-3DA1 test review avis recommandé

Nous n'avions jamais tourné en 3D avant ce test. Et il faut admettre que l'exercice demande un temps d'entraînement voir une formation. Bien que Panasonic nous ait prodigué plusieurs conseils notamment sur les contraintes de la parallaxe, nous avons obtenu au début de nos essais, des rushes difficilement exploitables au montage. Le plus complexe à appréhender est la gestion de la convergence. Ne pas filmer un sujet trop près et faire la convergence derrière ou devant un sujet ont été nos principaux soucis lors du test. Ainsi, même un caméscope 3D "tout-en-un" ne simplifie pas le tournage au même niveau qu'un caméscope 2D.

L'autre souci se pose au montage au niveau du monitoring. Le fait de travailler plusieurs heures devant un écran 3D avec des lunettes fatigue énormément les yeux. Prévoyez un paquet d'aspirine ou ménagez-vous des pauses lors d'un projet qui sera nécessairement plus long qu'un montage en 2D.

Reste la question du marché de la 3D. Ce type de caméscope a t-il vraiment un avenir ou est-ce un effet de mode en attendant la déferlante du 4K (à notre avis plus intéressant) ? Nous tenterons une réponse de normand en affirmant que les téléviseurs seront bientôt tous compatibles 3D, mais que la stéréoscopie restera marginale en terme d'usage, à l'exception des jeux vidéo qui sont un vecteur idéal de développement. Le public aura ainsi la faculté de visionner la version 3D d'un film Blu-ray, mais le fera-t-il pour autant s'il doit supporter des lunettes ? Il faudra certainement attendre le développement de technologies permettant de visionner des images stéréoscopiques sans accessoire pour que le grand public adopte massivement la 3D.

Pendant le salon de la Photo 2010, un visiteur situé devant un écran 3D sur le stand de Panasonic a demandé si l'image était meilleure qu'en HD ? Une hôtesse lui a répondu que seule la perception changeait. Le visiteur a alors rétorqué "dans ce cas ça n'a aucun intérêt". L'adoption de la 3D sera sans doute un travail de longue haleine.

Bref, faut-il recommander le Panasonic 3DA1 ? Oui dans la mesure où il simplifie considérablement le tournage en 3D grâce à son optique binoculaire et qu'il est pour l'instant l'unique modèle du marché à le faire (en attendant que Sony sorte son premier modèle en 2011). Mais sera t-il toujours le meilleur dans un an ? Le mieux est de viser la location dans un premier temps.

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+
  • Architecture Side by Side dans un seul boîtier
  • Bon piqué d'image
  • Enregistrement HDTV 1080 sur 2 cartes SDHC
  • Double sortie HD-SDI
  • Contraintes du tournage en 3D (convergence, réglages manuels)
  • Sensibilité mauvaise en basse lumière
  • Lenteur d'allumage
  • Poids et taille importante pour un caméscope de poing
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