Presque un an jour pour jour après son annonce au CES 2016, la KeyMission de Nikon débarque à la rédaction pour test. Une attente de 360 jours qui pouvait laisser espérer un produit abouti et pour l'instant sans réelle concurrence. Il n'en est malheureusement rien.

SupportmicroSD
Capteur2 capteurs 1/2,3 pouce de 21,14 Mpx
Dimensions65,7 x 60,6 x 61,1 mm
Poids200 g
Optiquef/2
Micro intégréoui
ConnectiqueUSB, HDMI, Wi-Fi, NFC, Bluetooth
FormatVidéo : MP4 / Photo : JPEG
EnregistrementsVidéo : UHD 24p / HDTV 1080 30/24p. Photo : 30 Mpx (7744 x 3872) ou 7 Mpx (3872 x 1936 px)

Présentation
et prise en main de l'action-cam

Au CES 2016, l'annonce de la KeyMission de Nikon faisait l'effet d'une petite bombe. Le constructeur nippon, plus connu pour ses reflex et sa gamme Coolpix, mettait un pied en terre doublement inconnue pour lui : la vidéo et les action-cams. Pour un premier coup d'essai, la fiche technique avait de quoi faire rêver à la fois les geeks, pour qui la vidéo 360° représente aujourd'hui un Saint Graal, et les baroudeurs à la recherche une caméra UHD prête à les suivre dans leurs exploits les plus fous.

Ergonomie

En effet, dans une petite caméra de moins de 200 g tout équipée, résistante aux chutes jusqu'à 2 m et étanche jusqu'à -30 m sans caisson additionnel (il faut toutefois utiliser des protections spécifiques pour les lentilles), Nikon a réussi l'exploit d'intégrer deux capteurs photo/vidéo de 20 Mpx, deux optiques 180°, une batterie, un emplacement microSD, un port microUSB, une sortie HDMI de type D et deux commandes pour la photo et la vidéo. La réalisation est d'ailleurs remarquable et la finition, d'excellente qualité, avec une trappe d'accès à la carte mémoire et aux connectiques verrouillables, ainsi que deux larges boutons faciles à utiliser même avec des gants.

Action-cam UHD Nikon KeyMission 360 test reviewLa caméra est étanche jusqu'à 20 m avec les protections classiques. Pour descendre à -30 m, il faudra les changer par des modèles spécifiques.

Sous la caméra, vous trouverez un pas de vis Kodak qui permet de la fixer sur un trépied ou une perche classique. Nikon a eu le bon goût d'utiliser des accessoires de fixation compatibles GoPro ; la KeyMission est donc compatible avec un large panel de fixations. Nikon d'ailleurs propose une foultitude d'accessoires, du sac à dos à la sangle pour casque en passant par le harnais. Malheureusement, la KeyMission est livrée en standard avec peu d'entre eux : vous ne trouverez dans la boîte que l'adaptateur de base et deux fixations, une plate et une incurvée. Pour les autres accessoires, il faudra bourse délier et la facture peut rapidement grimper. Ainsi, la télécommande est vendue 60 € et la poignée, 35 €. En outre, nous avons pu tester cette fameuse poignée et nous avons malheureusement noté, sur deux exemplaires, un jeu au niveau de fixation qui fait trembler la caméra au moindre mouvement. Dommage. Autre déconvenue : la télécommande. Impossible de piloter la KeyMission au déballage de l'accessoire ; il faut impérativement associer la télécommande à la caméra via l'application. Autant de manipulations qui viennent un peu gâcher le plaisir.

Test action-cam UHD Nikon KeyMission 360La Nikon KeyMission 360 est livrée avec un minimum d'accessoires de fixation.

Les premiers essais de la KeyMission sont un peu déconcertants. L'interface de la caméra se limite à deux boutons, d'ailleurs trop faciles à utiliser ! En effet, ils sont un peu trop souples et trop sensibles. La plupart du temps, le simple fait d'extirper la caméra d'un sac ou d'une poche l'active. Après quelques jours d'utilisation, votre carte mémoire sera sans doute envahie de clips vidéo de l'intérieur de votre sac... mais en 360° ! En outre, cela a pour effet de décharger très rapidement la batterie, qui n'offre déjà qu'une autonomie très limitée (un peu moins d'une heure de vidéo). Il sera donc sage de s'équiper d'une seconde batterie (EN-EL12, vendue environ 20 €).

Une fois la KeyMission allumée, les déconvenues ne s'arrêtent pas pour autant. La caméra ne dispose d'aucun écran LCD pour communiquer avec l'utilisateur. Il faut décrypter le langage codé de la caméra, sorte de morse lumineux. C'est ainsi que nous avons découvert que la mise sous tension de la caméra implique également l'enregistrement automatique. Pour mettre uniquement la KeyMission sous tension (sans lancer d'enregistrement), il faut maintenir les boutons enfoncés 2 secondes. Bref, une rapide lecture de la documentation est plus que recommandée avant de partir à l'aventure.

Test action-cam UHD Nikon KeyMission 360La KeyMission 360 dispose de larges boutons facilement manipulables.

Application SnapBridge

Une fois la KeyMission en ordre de marche, il convient de l'appairer avec un smartphone — l'accessoire qui finalement n'en est pas un, puisqu'il est indispensable pour paramétrer la caméra. Les déboires ne sont malheureusement pas terminés. Nous avons testé notre exemplaire avec un smartphone Honor 8 doté d'un système d'exploitation Android avec la version 1.0.5 de l'application Nikon. La recherche et la connexion Bluetooth fonctionnent généralement bien, mais la détection de la KeyMission nous a parfois semblé interminable au point de recommencer plusieurs fois la séquence.

Action-cam UHD Nikon KeyMission AppDifférents menus de l'application SnapBridge 360/170 de Nikon. Les menus ne brillent pas par leur organisation.

Une fois la caméra appairée, si vous souhaitez utiliser votre smartphone comme télécommande, il faudra alors initier une connexion Wi-Fi. C'est automatique, mais là encore, c'est parfois très lent — et pour aboutir épisodiquement à un refus de connexion. L'application peut d'ailleurs se montrer récalcitrante, faisant l'objet de gels, voire de plantages complets. En mode Wi-Fi, il est possible d'obtenir une image de la scène filmée. Vous pouvez alors positionner correctement la caméra... avant l'enregistrement. En effet, une fois le filmage amorcé, l'écran devient totalement noir, avec juste un décompte du temps.

Avec un smartphone iOS, le fonctionnement semble encore plus complexe et je vous invite à lire le test du Bruno sur Les Numériques pour vous en rendre compte.

Une fois que tout est connecté, nous retrouvons (enfin) la simplicité de la connexion SnapBridge (Bluetooth Low Energy), qui permet de transférer les photos et vidéos de la caméra vers le smartphone de manière automatique (si souhaité) et totalement transparente. Une fois sur votre appareil connecté, vous pouvez partager vos médias sur les réseaux sociaux ou les plateformes compatibles, comme Facebook ou YouTube.

La suite des paramètres de la caméra réside dans un onglet un peu fourre-tout dans lequel vous trouverez aussi bien les options d'enregistrement des photos et des vidéos que la version du firmware (micrologiciel) ou la charge par ordinateur. Tout est pêle-mêle, sans réelle organisation logique.

Nikon KeyMission App

Au final, cette application est loin d'être satisfaisante, mais il ne s'agit que d'une application : les ingénieurs de Nikon peuvent facilement la mettre à jour pour améliorer rapidement le confort d'utilisation.

Partage

De manière assez étonnante, Nikon ne propose pas de solution "maison" pour partager ses images ou ses vidéos à 360°. Pour les vidéos, vous avez la solution YouTube ou Facebook. Mais pour les photos, il ne reste que la solution Facebook et si vous ne souhaitez pas ouvrir un compte sur le réseau social américain, il faudra utiliser d'autres solutions tierces. Pour notre test, nous avons donc utilisé la plateforme Kuula. Rien de dramatique, mais il aurait été opportun pour Nikon de proposer une solution sur son propre service d'hébergement, Nikon Image Space.

Qualité des images
Photos et vidéos 360°

Le mode photo de la KeyMission autorise deux formats d'enregistrement. Le premier enregistre des photos en 7 744 x 3 872 px (par défaut), soit un peu moins de 30 Mpx, ou en 3 872 x 1 936 px, soit 7,5 Mpx.

Des photos de qualité

Pour une bonne restitution des détails sur une image panoramique à 360°, seule la première option, à 30 Mpx, est réellement satisfaisante. Dans ce mode, les images "pèsent" un peu plus de 11 Mo, mais sont bien détaillées. Il est préférable de les visionner via une application spécialisée, afin de pouvoir naviguer dans l'image, plutôt que d'avoir une vision à plat de la scène capturée. En effet, la projection équirectangulaire déforme beaucoup, notamment les objets en périphérie. Les aberrations chromatiques sont bien visibles, mais les images sont globalement de bonne facture. La caméra a un peu tendance à sous-exposer, mais cela permet de conserver de la matière dans les ciels plus clairs — l'exposition est en effet un vrai casse-tête pour une photographie à 360° ! Le rendu des couleurs est plutôt bon et le piqué au centre de l'optique est honorable. En bordure de lentille, les détails sont plus floutés, mais c'est sans doute une technique pour adoucir la transition entre les deux modules photo. Nous avons comparé la KM360 à la Kodak Pixpro SP3604K et la caméra de Nikon s'avère bien meilleure, notamment au niveau de l'exposition, et offre des images légèrement plus piquées. En outre, le flux de travail est incommensurablement plus simple avec Nikon.

En intérieur, la KeyMission 360 semble bruiter plus que la double caméra de Kodak, mais une fois de plus; l'exposition est meilleure et, surtout, la KeyMission semble bien moins sensible au flare.

Des vidéos peu détaillées

La KM360 (KeyMission 360) propose plusieurs modes vidéos, mais nous nous intéresserons surtout aux modes UHD (3 840 x 2 160 px) et HDTV 1080 (1 920 x 1 080 px). De manière assez étonnante, ces deux formats sont disponibles uniquement à la cadence de 24p. Les scènes un peu rapides pourront donc paraître un peu saccadées. Comme les photos, les vidéos de la KeyMission sont sous-exposées pour préserver les hautes lumières. Toutefois, et même en 4K, les vidéos de la KeyMission manquent cruellement de détails. Les images 360° requièrent beaucoup d'information, d'où le succès des rigs intégrant plus de 2 caméras. Le constat est identique sur la SP360 4K de Kodak ; les images de cette dernière paraissent plus détaillées, mais une fois de plus, elles sont desservies par une exposition plus hasardeuse. Entre exposition et précision des images, il faudra donc choisir.

Pour faciliter la comparaison des vidéos, nous vous proposons de visionner deux extraits réalisés avec VLC qui gère désormais les vidéos 360°.

Extrait de la vidéo UHD de la Kodak Pixpro SP360 4K
Extrait de la vidéo UHD de la Nikon KeyMission 360
+
  • Montage automatique des photos et vidéo 360° : pas besoin d'assembler sur ordinateur
  • Qualité de fabrication : résistance aux chocs et étanche
  • Transfert facilité des images et des vidéos vers un smartphone via SnapBridge
  • Bonne qualité des photos 360° pour un système à deux objectifs
  • Les vidéos UHD 360° ne sont pas très détaillées
  • Peu de contrôle sur la photo ou la vidéo sans l'application
  • Très peu d'information sur la caméra (il faut décrypter les différentes signalétiques lumineuses)
  • Les connexions avec un smartphone peuvent être compliquées...
  • Application peu intuitive, laissant peu de liberté, très lente et parfois non fonctionnelle
  • Autonomie limitée et témoin de charge peu précis sur la caméra
  • Mises sous tension accidentelles trop fréquentes
  • Pas de système de stabilisation
En résumé

Malgré un retard conséquent, la KeyMission 360 de Nikon laisse un goût d'inachevé. Si la caméra est un bel objet, délivrant de belles photos et des vidéos UHD 360° honnêtes pour un système à deux objectifs, elle est desservie par une ergonomie embrouillée et une application trop récalcitrante qui vient gâcher l'expérience. La bonne nouvelle, c'est que des mises à jour sont toujours possibles.

KeyMission 360
Renaud Labracherie

Rédacteur en chef de Focus Numérique. Grand évangéliste du RAW. Ses publications 

Les prix
Nikon KeyMission 360
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