Les succulentes, ce n'est pas ce qu'on pense. Ce sont des plantes que le commun des mortels appelle cactus et qui poussent dans le désert. Elles sont surtout "gorgées de sucs" qui leur permettent de survivre dans les milieux arides, les cactus en étant une variété parmi d'autres. Thomas Balaÿ, photographe à l'ancienne, y voit un voyage méditatif auquel il entend nous initier avec la parution de son livre édité chez Ulmer.

Quels types de lumière utilisez-vous ?

L’ensemble des images ont été réalisées en lumière du jour. J'ai voyagé en France chez des producteurs et parcouru des jardins botaniques. La seule difficulté a été d’obtenir dans la durée une lumière cohérente pour toute la série des Succulentes. Utiliser la lumière du jour est un vrai plus lorsque l’on photographie le végétal ; elle nous permet de révéler les matières, les volumes de la plante avec justesse. Je ne voulais pas non plus que l’effet photographique prenne le dessus sur la plante.

Vous annoncez en préambule de votre livre que vous n'avez utilisé que de l'argentique…

Oui. J’utilise le Fuji GX 680, un moyen format argentique dont les optiques ont un rendu exceptionnel. Lorsque l’on photographie la nature en particulier, je trouve que l’argentique révèle quelque chose de plus naturel que le numérique qui a parfois tendance à être trop parfait et qui devient pour le coup, à mon sens, artificiel. Ce qui m'intéresse en sus de son rendu unique, c’est le processus photographique en lui-même. Il nous oblige à être plus rigoureux dans le choix du sujet que l’on photographie. On ne peut se permettre, vu le coût des pellicules, de faire des milliers d’images. En règle générale, je n'effectue que très peu de prises de vue par sujet, quatre voire cinq. Travailler en positif avec de la Fuji Provia 100 F demande aussi une certaine rigueur lors de l’exposition du film, les écarts d’expositions n'étant que très peu tolérés. Toutes ces contraintes sont au final un vrai avantage. Elles me permettent d’être plus concentré sur la plante que je photographie, attentif au moindre changement de lumière… En fait, on se retrouve en très peu de temps dans une forme de méditation.

© Thomas BalaÿAgave victoriae reginae.

Nadia Ali Belhadj

Journaliste rédactrice. N'aime rien tant que de faire des interviews de photographes car les trouve gentils. Se fout de la technique comme de sa première pomme. Complètement soumise à Vivian Maier. Ses publications 

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