Photo Joel Meyerowitz

*NYC, 1978. © Joel Meyerowitz, Courtesy Howard Greenberg Gallery NYC*

La Maison Européenne de la Photographie à Paris met à l’honneur Joel Meyerowitz. Cette magistrale rétrospective est l’occasion de voir/revoir, jusqu'au 7 avril 2013, l’un des grands noms de la photographie américaine, connu essentiellement pour être l’un des pionniers de la couleur. L'exposition nous propose une leçon d’observation des États-Unis, à travers 50 ans de carrière.

Né en 1938 dans le Bronx, Joel Meyerowitz travaille dans une agence de publicité jusqu’à cette année 1962, où une journée change le cours des choses dans sa vie. Une journée passée auprès de Robert Frank, l’auteur du cultissime The Americans, lequel le fascine par sa gestuelle photographique dansée. De ce jour, muni d’un appareil 35 mm, il n’aura de cesse de parcourir les rues de New York, entre autres, dans un premier temps en noir & blanc.

Photo Joel Meyerowitz

Florida, 1967. © Joel Meyerowitz, Courtesy Howard Greenberg Gallery NYC

Chez Joel Meyerowitz, la question de la couleur est un leitmotiv, une expérimentation à laquelle il s’essayera dès ses débuts, en portant autour de son cou deux 35 mm, l'un avec une pellicule couleur, l'autre n& b — voir sa série de diptyques réalisée en Floride en 1967. De cette pratique de confrontation et de différenciation, il en tira les conclusions que l’image en couleur était plus riche d’informations et donnait beaucoup plus à voir, tout en étant plus exigeante. Pour lui, la couleur est du même ordre que le souvenir olfactif. Elle signifie nos choix, nos goûts dans le passé comme dans le présent et teinte notre mémoire.

Photo Joel Meyerowitz

*NYC, 1963. © Joel Meyerowitz, Courtesy Howard Greenberg Gallery NYC*

Photo Joel Meyerowitz

Florida, 1965. © Joel Meyerowitz, Courtesy Howard Greenberg Gallery NYC

Vers 1970, Joel Meyerowitz se consacre exclusivement à la couleur, utilisant de manière alternative une chambre Deardorff 20x25 et son 35 mm. Deux appareils, deux formats, pour deux écritures photographiques différentes : l’instant décisif, capté par son 35 mm, et la beauté du réel, avec la chambre grand format.

Le parcours de l’exposition, organisé de manière chronologique, démontre cette diversité et la grande modernité qui traverse tous ses clichés, devenus pour certains des jalons de l’histoire de la photographie.

Témoin de la vie de la rue new-yorkaise, Joel Meyerowitz enregistre des moments de conscience éphémères. L’énergie lui vient de la rue, cette rue même qu’il nomme "La Divine Comédie", où il recherche en permanence un éclat, un fragment d’un instant furtif. Joel Meyerowitz tisse de la foule, un geste, une mimique, une association de motifs, un paysage, pour raconter ainsi à chaque fois, une histoire aux détours de ces heureux hasards urbains.

Photo Joel Meyerowitz

Roseville Cottages, Truro, 1976. © Joel Meyerowitz, Courtesy Howard Greenberg Gallery NYC

L’exposition s'achève sur les images réalisées pendant 9 mois dans les ruines du World Trade Center, après le 11 Septembre. Documentaire unique et inestimable, car Joel Meyerowitz sera le seul photographe à pouvoir entrer dans la zone du Ground Zero, arpenter les décombres et fréquenter au quotidien les secouristes et pompiers.

Dans ses clichés en couleur, l’énergie de ce photographe est omniprésente, révélant la nature même de l’effroyable et l’impensable de ce jour sans fin. "Quelqu'un m'a reproché ce choix, sous prétexte qu'on doit photographier la tragédie en noir et blanc. Mais, pour moi, cette tragédie était encore accentuée par le fait qu'elle est arrivée par un jour magnifique, dans le ciel radieux d'une fin d'été !"

Photo Joel Meyerowitz

Five more found, NYC, 2001. © Joel Meyerowitz, Courtesy Howard Greenberg Gallery NYC

À voir absolument !

Maison Européenne de la Photographie

5 rue de Fourcy, 75004 Paris

www.mep-fr.org
www.joelmeyerowitz.com

Katia Cordova

Ses publications 

Contenus sponsorisés