À l'heure du
Mois de la Photo à
Paris, c'est à Londres qu'est inaugurée la plus attendue exposition de cet automne. En effet, depuis le 8 octobre, les murs de la
Tate Modern accueillent deux «monstres» de la photographie contemporaine.
William Klein/ Daido Moriyama, deux visions de la vie urbaine ou la ville comme toile de fond, terrain de jeu d'expérimentations visuelles.
Capter et célébrer la ville dans son rythme propre, l'angoisse, la solitude, la frénésie, parfois la confusion, Klein et Moriyama mettent en exergue les différents visages de la beauté de ces métropoles gigantesques telles que
New York ou
Tokyo.
Immeuble Another Country in New York, 1971 © Daido Moriyama
Tokyo, 2011 © Daido Moriyama
Si le premier a influencé le second, tous les deux ont une pensée visuelle et graphique de l'espace, le processus de la mise en page est un des aspects indissociables de leur travail.
L'exposition de la Tate ne se veut pas comparative, mais plutôt associative. L'enjeu de cette double rétrospective, où chaque artiste est présenté séparément de l'autre, est de montrer comment chacun utilise le médium photographique dans son aspect global en extrapolant ses possibilités formelles.
L'un,
William Klein (né en 1928), associe la photographie à d'autres disciplines, comme le cinéma, l'abstraction, la peinture. Le second,
Daido Moriyama (né en 1938), lui creuse, cherche à développer une écriture photographique où l'instantanéité de la prise de vue redessine des territoires formels.
Bikini, Moscou, 1959 © William Klein
Candy Store, New York, 1955 © William Klein
L'exposition débute par le premier film en couleur de
William Klein,
Broadway by light (1958), sorte de méditation expérimentale nocturne et abstraite de
Broadway. Les gros plans successifs du scintillement perpétuel des enseignes lumineuses sont la seule forme narrative du film.
Daido Moriyama, chef de file du mouvement avant-gardiste japonais, Provoke (1968-1970) présente, sous le titre
"Memory", une série de 39 grands tirages en noir et blanc puisés dans l'ensemble de son oeuvre et qui constituent un accrochage mural géant de 17 mètres.
Tirages conventionnels, tirages d'époque encadrés, installations murales, archives, planches contact, Klein et Moriyama ont tous deux cette variété et cette souplesse de pensée, de compréhension de l'espace, où le lieu de l'exposition devient à lui seul le processus de création.
William Klein + Daido Moriyama
À la
Tate Modern, Londres jusqu'au 20 janvier 2013