C'est avec un immense plaisir que nous voyons chaque jour notre boîte mail se remplir de vos images pour répondre à notre thématique. Cette fois encore, vous avez été nombreux à participer. Merci à tous et surtout, sachez que si votre photo n'est pas publiée ce mois-ci, nous la gardons précieusement pour pouvoir nous en servir plus tard et illustrer cette rubrique.



Pour rappel, nous vous proposons chaque mois une thématique photographique à laquelle vous pouvez répondre en nous envoyant 1 à 2 images. À la fin du mois, nous sélectionnons et publions sur Focus Numérique 3 à 4 photos sur lesquelles nous vous donnons notre avis, qu'il soit bon ou mauvais !

Pour ce mois d'avril, la thématique était lumière de printemps et la clémence des derniers temps a de fait favorisé votre créativité. Vos propositions étaient aussi intéressantes que diverses. Globalement, les photos proposées étaient particulièrement pertinentes et collaient bien au concept : vous avez su choisir l'heure adéquate pour utiliser la lumière naturelle et faire en sorte que celle-ci s'inscrive narrativement dans vos photos.

En effet, il ne suffisait pas de photographier à un moment propice de la journée, mais bien d'intégrer la lumière comme élément constitutif de la composition. D'ailleurs, à propos de celle-ci : bravo ! Il semble que les coups de cravache du mois dernier commencent à porter leurs fruits : vous avez pour la plupart cessé de centrer systématiquement vos sujets dans l'image ! Gardez donc ceci en mémoire : le placement des sujets dans une image participe de sa lecture et de son dynamisme. Il vous faut penser le cadrage (pour mieux pouvoir vous en affranchir par la suite) avec la règle des tiers. Cette dernière permet de diviser l'image en tiers égaux verticalement et horizontalement et aide à placer les éléments dans le cadre, elle permet de rendre plus harmonieuse sa lecture. 

Stéphane LE NIVET


Tenshin Han - Samsung Galaxy S3, f/2,6, 1/437 s, 80 ISO.

Dans son mail, l'auteur regrette de n'avoir eu que son smartphone avec lui pour "cause d'activité sportive". Nous ne lui en voulons pas, bien au contraire ! Le meilleur appareil photo étant celui que l'on a sur soi, Stéphane Le Nivet a eu bien raison de s'alléger pour pratiquer son jogging ! Qui aimerait courir avec un Nikon D4 autour du cou ? De plus, pour une publication web, comme ici, le piqué de l'image n'est pas primordial. Donc au contraire, nous vous encourageons à photographier avec vos smartphones et sachez, pour information, que leurs tests vont se multiplier sur notre site.

L'image de Stéphane Le Nivet présente un intérêt notable : la lumière y joue un rôle narratif important puisqu'elle est directement visible, grâce aux nuages qui jouent le rôle de diffuseur. On peut distinguer les rayons du soleil qui passent à travers la couverture nuageuse. Il m'a simplement paru important de souligner d'avantage leur présence ainsi que celle du ciel.



Pour arriver à ce résultat, j'ai procédé à quelques retouches colorimétriques grâce au mélangeur de couche. J'ai joué sur la saturation des couleurs, puis l'exposition et le contraste. J'ai assombri un peu le ciel grâce à un filtre radiant, puis le pinceau m'a permis de ne jouer que sur la clarté des rayons lumineux. Par un très léger recadrage, j'ai recentré légèrement l'horizon. Enfin, en jouant avec la courbe RVB, j'ai avons discrètement réchauffé l'image en accentuant les jaunes dans les hautes et moyennes lumières.




 

Emmanuel Cattier


Canon 6D, 1/2000 s, 105 mm f/2,8, 200 ISO.

Nous ne savons pas grand chose sur la photo si ce n'est qu'elle a été prise le 10 avril au parc Tivoli à Strasbourg. Nous hésitions à la publier, car l'approche florale de la thématique nous paraissait un peu trop évidente, mais nous reconnaissons que le joli bokeh du 105 mm ouvert à f/2,8 apporte une douceur agréable à l'image. Globalement cette photo, quoiqu'un peu trop classique à notre goût, est plaisante, voire apaisante. Un peu déçu par la quasi-absence de post-traitement, j'ai du coup voulu accentuer la douceur de la photo d'Emmanuel en insistant sur son côté éthéré.



Pour arriver à ce résultat, j'ai converti l'image en noir et blanc en jouant sur le mélangeur de couches. Ce dernier outil de Lightroom permet de jouer sur les contrastes par couche de couleur et de faire plus ou moins ressortir certaines parties de l'image. Ainsi les parties plus sombres de la fleur pourront être mises en exergue grâce aux couches rouge et jaune. Enfin, pour définitivement donner cette tonalité que l'on nomme "hi-Key" (terme anglophone qui désigne une image dont les parties les plus claires seront surexposées afin de ne faire ressortir que les parties les plus sombres), j'ai surexposé l'image de plus d'un diaphragme, augmenté les blancs, augmenté le contraste et légèrement abaissé la clarté pour m'inscrire dans la même intention romantique qu'Emmanuel.

Didier Julieno

Sony Nex-3N, 32 mm, f/8,0, 1/1000 s, 200 ISO.

Didier écris ceci à propos de sa photo : "La nature se nourrit des premiers rayons de soleil pour se relever d'une saison de sommeil." Une approche intéressante, qui donne en plus l'impression que Didier s'est levé tôt pour photographier cette fleur. Le soleil semble bas et il est heureux d'avoir joué avec le contre-jour. Le traitement de la photo choisi par Didier enterre les noirs, mais donne à l'image un côté vintage, presque argentique, qui ne me déplaît pas. D'ailleurs, globalement, Arthur et moi aimons beaucoup cette photo. Un seul point nous distingue : lui la trouve parfaite telle quelle et moi... au risque de passer pour un taliban du format carré (ce que je suis au fond, je le confesse), je ne peux m'empêcher de vous proposer le recadrage suivant :



La composition m'apparaît ici plus équilibrée et la marguerite tient une place plus importante dans l'image. Le feuillage à gauche du cadre permet de le fermer sans avoir besoin d'ajouter un vignetage ou tout autre artifice. Cependant, comme Arthur est persuadé que je fomente un complot contre lui, nous vous proposons une chose : votez !


Sebastien Bouveresse

Sigma DP2 Merrill, f/2,8, 1/1250 s, 100 ISO.

Enfin, examinons la photo de Sébastien. Pour commencer nous sommes ravis que ce dernier ait utilisé un Sigma DP2 Merrill, car même si ce n'est pas l'appareil qui fait le photographe, nous en croisons trop peu et les magnifiques couleurs de cette image sont en grande partie dues à l'incroyable capteur Foveon du boîtier. La chaude lumière du soir s'intègre donc parfaitement à l'image est c'est sans mal que nous nous imaginons nous aussi nous prélasser dans la douceur de cette sereine fin d'après-midi de printemps.

Néanmoins, deux détails nous chagrinent. À quoi sert la partie droite de l'image complètement vide ? Et attention à la superposition des plans. Ici, trois éléments sont alignés : le sujet assis de dos au premier plan, le groupe de trois personnes au deuxième plan et derrière, l'arbre. Après tout pourquoi pas, mais ces trois éléments, au lieu d'exister clairement séparément comme entités fondamentales de la composition, la déséquilibrent. La partie gauche de l'image est chargée, quand celle de droite reste vide.

Au niveau de la retouche, c'est un peu difficile. Évidemment, le format carré vous permettra d'asseoir avec plus de solidité la composition globale tout en conservant les magnifiques rayons orangés du soleil sur la gauche de l'image.



Mais malheureusement, il ne vous sauvera pas de l'enchevêtrement des sujets sur les deuxième et troisième plans. Gardez bien ceci à l'esprit : chacun des sujets qui composent l'image doit exister par et pour lui-même et doit être distinctement identifiable. La seule solution ici aurait été de placer l'appareil différemment et donc... au photographe de se placer différemment. Peut-être à la hauteur des sujets ? Tentez un portait en plan large pour conserver l'arrière-plan et finalement nous montrer le visage de cet inconnu et pas seulement son dos ? Pour qu'une photo marque notre esprit, elle ne peut pas se contenter de documenter un lieu ou une scène, il faut qu'elle nous raconte une histoire. Et pour ce faire, c'est au photographe d'utiliser non seulement tous les outils à sa disposition, mais aussi de réfléchir à son placement dans l'espace pour nous offrir le meilleur point de vue. D'aucuns appellent cela la gymnastique du photographe...

À très vite pour notre prochaine thématique mensuelle !


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