Tandis que le rideau se ferme doucement sur l'édition 2015 de Visa pour l'Image avec la semaine dédiée aux scolaires, l'heure est au bilan pour l'organisation du plus grand festival international de photojournalisme.

visa pour l'image 2015

Un bilan plutôt satisfaisant pour Jean-François Leroy et son équipe, avec une fréquentation en hausse de 25 %, plus de 3 000 professionnels de l'image accrédités (280 agences représentant une cinquantaine de pays et plus de 30 agences et collectifs présent sur place), un réel engouement pour les nombreuses expositions (238 100 visiteurs) et un nombre très élevé de visiteurs professionnels et anonymes présents aux soirées de projection au Campo Santo.

visa pour l'image 2015

Le bilan positif de cette 27e édition de Visa pour l'Image ne peut cacher une réalité présente au détour de chaque conversation que l'on pouvait surprendre dans les nombreux bars et restaurants où se retrouvaient chaque soir professionnels et passionnés de l'image : le photojournalisme souffre, les professionnels de l'image sont de plus en plus seuls et livrés à eux-mêmes, devant financer sur leurs propres deniers des reportages aux parutions incertaines et tout cela bien trop souvent au péril de leur vie. Un constat dur et implacable corroboré cette année par le rapport publié par la SCAM ("Photojournalistes : une profession sacrifiée") avec des chiffres et des témoignages de photographes (et non des moindres...) qui laissent songeurs et devraient donner à réfléchir aux futurs photojournalistes...

Non le photojournalisme n'est pas mort !

Si le constat dressé par le rapport de la SCAM a de quoi faire frémir, les cimaises de Perpignan et une fréquentation à la hausse témoignent d'un réel engouement du grand public pour le travail des photojournalistes. De quoi donner à réfléchir aux "marchands de presses" préférant la photo facile à un vrai travail photographique de journaliste...

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Comme à son habitude, Jean-François Leroy et son équipe ont su choisir la crème des reportages parmi 4 500 dossiers présentés, preuve de la vitalité du photojournalisme que l'on a tendance à considérer comme moribond. Ce ne sont pas moins de 26 expositions (gratuites) disséminées aux quatre coins de Perpignan que les visiteurs pouvaient découvrir cette année, où se mêlaient grands noms du reportage et nouveaux venus.

Parmi les travaux les plus remarquables, le travail de Pascal Maître, exposé au couvent des Minimes et servi par des tirages somptueux sur lesquels les visiteurs pouvaient découvrir le fleuve Congo et tous ses excès. Le couvent des Minimes présentait également les travaux de la toute jeune Adrienne Surprenant, un reportage sans concession sur les répercussions de la construction du Canal interocéanique du Nicaragua sur la population.

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À quelques encablures, l'ancienne université présentait le reportage d'Alfred Yagghobzadeh sur la révolte des femmes Yézidies en Irak. Des femmes qui ont pris les armes afin de défendre et reconquérir leur honneur. La caserne Gallieni abritait l'exposition De Hara Kiri à Charlie d'Arnaud Baumann et Xavier Lambours. Une belle façon de rendre hommage aux journalistes de Charlie assassinés en ce début d'année. La chapelle du Tiers-Ordre abritait une exposition somptueuse d'un photographe peu connu du grand public : Juan Manuel Casto Prieto, qui présentait un formidable travail sur le Pérou, somme de nombreux séjours dans ce pays et d'un travail effectué à la chambre grand format sur les traces du grand photographe Martin Chambi. La plus belle exposition que nous ayons vue cette année à Visa.

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