Les images que vous allez voir ont été tournées entre janvier et mars 1944 par le réalisateur japonais Akira Kurosawa à Yokohama dans l’usine Nippon Kogaku Totsuka, soit l’ancien nom de Nikon. Tournées à des fins de propagande patriotique, elles ont été diffusées sous le titre Ichiban Utsukushiku ("Le Plus Beau"). Le film original dure 85 minutes, mais grâce au travail de Ron Volmershausen, vous pouvez regarder une sélection de séquences assemblées et diffusées gratuitement sur YouTube.


Akira Kurosawa, Nippon Kogaku Totsuka Factory (Nikon, Nikkor), Yokohama City, 1944 - Digest by Ron Volmershausen sur YouTube.

Outre les superbes images du film et le joli travail d’assemblage fait par Ron Volmershausen, ces archives présentent un intérêt historique immense et nous montrent comment fonctionnaient les usines d’optiques durant la Seconde Guerre mondiale. Les ouvrières que l’on voit sur ces images sont employées à fabriquer des lentilles pour des jumelles ou des systèmes de visée, mais on reconnaît bien les différentes étapes du meulage, du polissage et de la vérification qui sont aujourd’hui toujours indispensables lors de la fabrication des lentilles d’objectifs (comme en atteste notre série de reportages "Made in Japan" dans les usines optiques).


Document Sigma.

Les techniques ont bien changé puisque, comme nous avons pu voir lors de notre visite de l’usine de Tochigi où sont réalisées les optiques NiKKOR de Nikon, de nombreuses opérations sont désormais automatisées, comme le polissage ou le couchage.

L'usine Nippon Kogaku Totsuka ayant été totalement détruite dans les bombardements américains de février 1945, on ne peut évidemment pas comparer les chaînes pour voir si certaines machines auraient été utilisées encore aujourd'hui, comme chez Impossible Project, ou si les exigences de production modernes auraient rendu tous les systèmes de l'époque obsolètes. On constate cependant qu'à l'époque, il n'était pas encore question de salles blanches, comme celle dans laquelle nous avons pu pénétrer à Sendai lorsque nous avons suivi l’assemblage d’une optique Fujifilm.

fabrication objectif sigma
Document Sigma.

Comme bien des secteurs, l’industrie optique a subi de nombreuses évolutions en 70 ans et la modernisation des systèmes a permis de déléguer de nombreuses tâches à des machines, plus rapides et beaucoup plus précises. Alors que dans le film de Kurosawa, on peut voir des salles emplies de plusieurs dizaines d’employés travaillant à la chaîne dans un bruit de fond constant, notre expérience des usines récentes au Japon a été marquée par le calme et l’extrême rigueur qui y règnent. C’est une remarque que nous nous étions déjà faite en début d’année, lorsque nous avons visité l'usine d’optique Panasonic à Yagamata. D’immenses salles où les ouvrières travaillaient à la chaîne, on est passé à une industrie de pointe avec moins de manutention, comme vous pourrez aussi le constater sur les photos que nous avons réalisées cet hiver à Aomori dans les usines Tamron.

La fabrication des objectifs s’apparente parfois à de l’orfèvrerie et se montre extrêmement photogénique. Nous ne résistons donc pas au plaisir de partager avec vous d’autres films institutionnels sur le sujet, comme les trois vidéos de la chaîne de production Sigma dont nous avions eu l’occasion de vous parler après notre visite à Aizu, et celle diffusée par Zeiss au moment de la sortie de sa gamme Touit...





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