Bilan

Après quinze jours en compagnie du dernier reflex Olympus, il est temps de tirer un premier bilan.

Olympus E-30 test terrain
Olympus E-30

Que penser de ce «bébé E-3», prometteur sur le papier ? Le bilan final est mitigé.

Sur le plan technique, le E-30 s'est révélé un reflex parfaitement capable, en visée optique donc. L'autofocus est réactif et complet, même certains font un peu mieux en très faible lumière. On apprécierait tout de même l'apparition d'un suivi dynamique du sujet comme sur les derniers Nikon. L'appareil répond globalement au doigt et à l'oeil, la balance des blancs automatique est plutôt moins mauvaise que sur d'autres modèles (sans atteindre les qualités de certains compacts qui, il est vrai, disposent d'une image «presque finale» pour la calculer et non du résultat d'un capteur photosensible situé à part) même si elle se laisse aller à quelques excès de chaleur (voir plus bas).

Le seul soucis que nous ayons noté est une irrégularité de l'exposition, avec une forte tendance à sous-exposer sur la neige (environ 1 EV) qui est classique en mode pondéré central, mais disparaît habituellement en mode matriciel lorsque le sujet est correctement détecté -- mais persiste sur le E-30.

Le confort de visée est en revanche plus limité que sur le E-3, mais aussi que sur un D90 ou un K20D : le dégagement oculaire est un peu juste pour les porteurs de lunettes et on note une légère perte de précision dans les angles -- signe sans doute que le pentaprisme a été poussé dans ses derniers retranchements.

Hôtel de ville de Paris, pris à hauteur de taille grâce à l'écran orientable. On notera les magnifiques aberrations chromatiques sur la flèche de Notre-Dame à droite.

En visée Live View, c'est sans doute un des meilleurs parmi les reflex qui lisent par le capteur principal (chez Sony, c'est un capteur secondaire qui est utilisé, et qui ne coupe pas les systèmes de mesure et de mise au point de la visée optique), et qui donc font la mise au point par détection du contraste. Hélas pour lui, il s'est entre-temps passé un événement dont la porté est difficile à mesurer précisément : le Panasonic G1. Celui-ci a démontré qu'une mise au point «de compact» pouvait être aussi performante qu'une mise au point «de reflex» (à détection de phase).

Certes, le travail des ingénieurs de Panasonic a dû être rude pour parvenir à ce résultat (un représentant de la marque nous confirmait récemment qu'ils «n'ont plus de cheveux»). Mais désormais, tous les fabricants de reflex utilisant ce principe doivent s'y mettre, et rendre le Live View parfaitement utilisable y compris sur des sujets mobiles -- et là, on est loin du compte : le délai de mise au point est sensible et la latence aggravée par un mouvement du miroir dont l'utilité reste douteuse.

En outre, le Live View Olympus souffre de limitations techniquement non justifiées, comme l'impossibilité de faire la mise au point n'importe où, et se retrouve parfois à la peine dans certaines situations comportant des sources lumineuses multiples -- validant une position où rien n'est net. Olympus, longtemps maîtresse du domaine, s'est désormais laissée dépasser par certains concurrents. Il reste l'écran orientable, extrêmement pratique pour viser sous des angles inhabituels et très pratique en macro ou pour photographier des foules, mais en contrepartie sa finesse est largement insuffisante à l'heure où les écrans VGA envahissent le segment.


Olympus E-30 - menus
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Par ailleurs, l'Olympus E-30 souffre de quelques vraies faiblesses, parmi lesquelles des menus à rallonge et une ergonomie parfois ratée (touches «info» et «poubelle» côte à côte et indiscernables au toucher, attention de nuit !, réglages d'autofocus dispersés à gauche et à droite de l'appareil, les deux molettes qui servent au zoom en mode lecture sans possibilité d'en utiliser une pour changer d'image...). Son vrai point fort est la possibilité d'afficher deux images côte à côte sur l'écran pour les comparer, mais là encore le mode d'emploi n'est pas toujours très logique : la touche Fn, par exemple, change de fonction selon que l'on affiche une image (elle permet alors de zoomer rapidement) ou deux (elle permet alors de se déplacer dans le cadre ou de changer d'image).

La qualité d'image est correcte, mais le 14-54 mm version II que nous avions pour notre test s'est révélé sujet aux aberrations chromatiques. On notera tout de même une accentuation en Jpeg très faible par défaut, favorisant le post-traitement mais ne permettant guère un tirage tel quel en grande taille -- cela restera toutefois invisible sur un A4.

In fine, le E-30 n'a pas le truc en plus qui lui permettrait de se distinguer. L'écran orientable est bien sûr un avantage, mais ceux qui veulent vraiment utiliser ce type de visée gagneront à opter pour le Panasonic G1. Pour le reste, c'est un reflex expert bien construit, techniquement sans reproche sévère, mais à l'ergonomie parfois mal pensée et aux réglages longs et complexes.

Bonus : Monte-Carlo historique

Pour finir en beauté, nous avons remis le couvert avec le Monte-Carlo historique, rallye de régularité né en 1998 pour perpétuer l'héritage des grands rallyes lorsque les contraintes du championnat du monde ont standardisé le rallye Monte-Carlo. Le Monte-Carlo historique persiste par exemple à comporter des «parcours de concentration», avec quatre villes de départ réparties en Europe : Barcelone, Turin, Reims et Oslo cette année.

Le Monte-Carlo historique n'est pas une épreuve de vitesse, mais de régularité. Les véhicules engagés, nés avant 1980, doivent respecter une moyenne imposée sur des «zones de régularité», d'un bout à l'autre de la zone ; des contrôles de passage inopinés ont lieu et chaque dixième de seconde d'avance ou de retard par rapport à l'heure idéale de passage vaut un point de pénalité. Le rôle du navigateur, qui doit donc s'assurer de la précision de son chronométrage et de la mesure de distance parcourue pour savoir constamment si la voiture est en avance ou en retard sur la moyenne en plus d'indiquer la route, est donc encore accru par rapport aux rallyes de vitesse.

Il arrive cependant parfois que la ZR se transforme en véritable épreuve de vitesse : lorsque la moyenne imposée est supérieure aux vitesses réellement réalisables. C'est le cas lorsqu'il neige à gros flocons sur une route étroite et tordue du Vercors, par exemple.


Les vitesses de passage demeurent alors élevées, sans atteindre bien entendu les sommets des quatre roues motrices actuelles. Une bonne occasion de s'entraîner aux filés : les risques de patinage de l'autofocus sont limités et, avec 300 concurrents au départ (cinq fois plus qu'à l'épreuve moderne), on peut prendre le risque de rater quelques photos. Ici, au 1/80è de seconde, avec la stabilisation en mode filé horizontal.

Le rythme élevé des concurrents, associé à l'absence de notes virage par virage -- le navigateur est assez occupé à vérifier la moyenne et à indiquer les changements de route --, implique également quelques surprises.


Ici, une Mercedes 280 E dont le pilote s'est laissé piéger par un virage se refermant. Pas de bobo, mais une tonne cinq de bon acier germanique «tankée» dans la neige, inutile d'espérer la sortir à la main...

Heureusement, la vitesse imposée étant légale (et aussi pour inciter les concurrents à la prudence... et limiter les coûts de surveillance), les routes ne sont pas fermées à la circulation pour les épreuves de régularité. Un peu plus bas, un spectateur récupère son Pajero et arrive en deux minutes...


Un fois sanglée au 4x4, la Mercedes est «choquée» et finit par sortir de son trou dans la neige. Le temps de la détacher, et elle repart, après avoir perdu environ 8 minutes.

Cependant, une compétition, même de régularité, en route ouverte n'a pas que des avantages. Les concurrents doivent notamment composer avec la circulation.


Les chauffeurs de cette Opel Kadett GT/E ont ainsi dû avoir une certaine émotion pour leur classement final en se trouvant nez à nez avec un semi-remorque sur une route trop étroite pour croiser un poids lourd... Heureusement, le camionneur y a mis du sien et rapidement reculé.


On remarquera que le temps, toujours désespérément gris, n'aura guère permis de mettre en valeur quoi que ce soit. Et également que, lorsque les nuages ne laissent passer qu'une lumière très froide, la balance des blancs automatique du E-30, qui donne une petite teinte chaude agréable sur la plupart des photos, accentue cette tendance et finit par donner un aspect presque ancien qui, finalement, correspond bien au sujet du jour... mais dont on se méfiera dans d'autres occasions, les conditions étant finalement faciles à repérer.


Les voitures du Rallye Monte-Carlo historique doivent avoir participé à un Monte-Carlo entre 1955 (le rallye est né en 1911, mais les plus véhicules anciens poseraient trop de problèmes pour parcourir les milliers de kilomètres des parcours de regroupement) et 1980. On y voit donc des voitures encore jeunes, comme cette Golf GTI.


Le fait que le rallye se court sur routes ouvertes incite également les autres possesseurs de véhicules un peu anciens à les faire rouler. Certains cas sont extrêmes, comme les possesseurs de cette berline non-identifiée des années 50 qui, depuis au moins deux ans, parcourent le rallye en même temps que les concurrents -- sans être engagés : le numéro 201, dans cette édition, était attribué à une Kadett. D'autres, plus modestement, préfèrent aller sur deux ZR avec un minibus des années 80 (voir au-dessus, derrière la Golf) plutôt que de prendre une berline compacte et récente à leurs parents -- toute ressemblance avec l'auteur de ces lignes n'aurait rien de fortuit.

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> Test terrain : Olympus E-30 au Monte-Carlo, jour 1
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