Saint-Bonnet-le-Froid

Olympus E-30 test terrain
Olympus E-30
Après une courte nuit pour un tri rapide des photos prises sur le Vercors, départ avant l'aube vers l'Ardèche, puis la Haute-Loire. Le but : Saint-Bonnet-le-Froid, petit village à la limite des deux départements et lieu mythique du Rallye Monte-Carlo, pour une spéciale classique depuis des décennies qui s'enfonce à fond de vallon, avant de monter sur un plateau pour... revenir à son point de départ !

Les gendarmes m'arrêtent à trois bons kilomètres de St-Bonnet. Pas grave, quand on aime le rallye, il faut savoir marcher. C'est le moment où l'on se dit que le E-30 n'est pas un exemple de légèreté, bien qu'il rende 100 grammes à un EOS 40D... Mine de rien, on s'habitue vite aux poids plumes comme le K-m ou le G1, récemment testés par votre serviteur.

Le tout, en fait, est d'avoir une bonne sangle. Et là, Olympus fait comme Nikon sur le D90 : la sangle elle-même est assez large, mais la zone matelassée est courte et nettement plus étroite. Du coup, ce n'est pas la protection douce qui frotte sur le cou, mais la bordure rêche en nylon. Heureusement, c'est l'hiver et on peut passer la bandoulière autour du col de la veste (tout en se disant qu'elle n'est décidément pas très longue), mais en été une sangle mieux faite s'imposera... et on peut trouver mesquin ce genre d'accessoire sur un appareil à 1100 euros. En comparaison, la sangle de mon K10D est certes plus étroite, mais le matelassage couvre toute sa surface et la rend finalement plus confortable, malgré un boîtier 60 g plus lourd.

Bref, après une bonne demi-heure de marche, arrivée à St-Bonnet. L'arrivée de la spéciale est enneigée et glacée, les champs sont recouverts d'une bonne trentaine de centimètres de neige, bien durcie en surface par plusieurs gels successifs... mais bien poudreuse en-dessous, pour ceux qui traversent la croûte -- un petit rappel des abus de bonne chère de la fin d'année ?


Les spectateurs sont plus nombreux que sur le Vercors et, selon la tradition locale, font des feux pour se réchauffer -- et faire griller les saucisses. Les commissaires de course ont bien géré l'affluence et placé le public en contre-haut de la piste ; les deux individus situés de l'autre côté, dans une zone moins protégée, sont des photographes accrédités d'une agence sportive.

L'aperçu ci-dessus a subi un réglages des courbes : le temps est toujours aussi terne, couvert, et l'originale manque dramatiquement de contraste.

Cette année, le Monte-Carlo ne fait pas partie du championnat du monde des rallyes, mais du championnat IRC, une série d'épreuves moins contraignantes pour les organisateurs et moins coûteuse pour les écuries. Petite particularité : l'IRC est massivement sponsorisé par Eurosport...


...qui a généreusement envoyé un Écureuil équipé d'une caméra (au-dessus du patin droit) pour faire quelques plans d'ambiance et filmer les concurrents en course. LesNumériques n'ont pas encore eu l'occasion de tester ce genre de gros caméscope à ventilateur intégré, peut-être un jour ?

Cette photo est encore sous-exposée. C'est le moment de voir comment le E-30 réagit en-dehors des réglages standard : je mets +2/3 EV de correction d'exposition (les histogrammes m'indiquent que ce sera le réglage le plus équilibré), et je passe l'autofocus en mode multizone pour voir comment il identifie et suit les sujet.

Olympus E-30 test exemple

Le constat est rapide ; une poignée de rafales auront suffi. Le système autofocus du E-30 est, comme beaucoup d'autres appareils du reste, nettement plus lent en multizone que verrouillé sur un seul point. Résultat : sur des rafales de trois à huit images, il y a au mieux deux photos nettes -- dont celle-ci, où le regard de Sébastien Ogier, futur vainqueur du rallye avec Julien Ingrassia, est bien visible. Certes, je suis plus près de la piste qu'hier, et les voitures passent plus vite...

Pour en avoir le coeur net, je rebascule en collimateur unique, d'abord en sélectionnant celui au centre-droit du viseur -- ainsi, je suis sûr de dégager l'avant de la voiture et donc d'équilibrer l'image.

Olympus E-30 test exemple

Le diagnostic est confirmé : Hänninen et Markkula peuvent en témoigner. Le collimateur sélectionné est situé sur l'inscription «Rallye Monte-Carlo», juste en-dessous du casque du pilote ; la mise au point accuse un très léger retard, la netteté étant sur le plan allant du navigateur à l'aile arrière, mais c'est beaucoup mieux qu'en multizone...

Sur le terrain, j'ai la vague impression que le collimateur central est toutefois un peu plus précis que les collimateurs latéraux. Plus tard, en étudiant les photos sur l'écran de l'ordinateur, cette impression disparaîtra : le taux de réussite est à peu près le même. Peut-être le central est-il légèrement plus sensible donc, mais la différence n'est pas flagrante -- elle l'est, en revanche, entre le mode «un collimateur» et le mode «multizone».

Olympus E-30 test exemple

À force de passages, la glace disparaît. Les derniers concurrents passent donc encore relativement vite, malgré leurs véhicules nettement plus lents -- deux roues motrices seulement, puissance nettement inférieure et pneus de série...

Fin de l'épreuve, il est temps de rentrer à St-Bonnet pour manger. Un attroupement sur la place du village...


Jean Ragnotti, ancienne star du rallye à la longévité exceptionnelle (vice-champion de France en 1970, il remporta son dernier titre national en 1994), se fraie un chemin entre les fans jusqu'au restaurant -- qui propose un menu spécial rallye à 30 euros par personne, autant dire que pour ma part, j'irai ailleurs.

Cette photo est l'exemple typique de celle que l'on fait au jugé avec un reflex normal. On prend son plus grand angle, on vise approximativement le centre de la zone à cadrer et  on déclenche en se disant qu'on recadrera a posteriori. Mais le E-30 a, comme son grand frère E-3 et les Sony série 300, un écran orientable. Le temps de sortir et d'incliner celui-ci vers le bas, je tends les bras bien haut et je vois précisément ce que je vais photographier et -- plus important dans une scène de foule -- où se fera le point.

Certes, la mise au point est terriblement lente dans ce mode, et c'est d'autant plus regrettable que Panasonic a justement prouvé cet automne qu'il était possible de la faire rapidement. Certes, le double basculement du miroir pendant la réinitialisation du capteur est pour le moins pénible. Néanmoins, il est des situations où ce Live View sur écran orientable, aussi imparfait soit-il, s'avère extrêmement utile...

Après un repas rapide dans un restaurant archi-bondé (la blanquette à 8 euros a son petit succès), et une attente dans un bistrot lui-même plein à craquer (il s'est mis à neiger dehors), il est temps de retourner sur la spéciale. Lorsque j'y arrive, l'hélicoptère de la sécurité est en train de faire chauffer son Arriel pour prendre l'air...


L'Écureuil a beau être un hélicoptère léger (1200 kg à vide), il soulève une petite tempête de neige pulvérulente. Cela pose un problème à l'autofocus du E-30, qui ne sait s'il doit se caler sur l'hélicoptère ou sur les flocons qui passent devant, jusqu'à ce que je le remettre en multizone ; là, il repère effectivement l'Écureuil en pleine montée. Note pour plus tard : l'AF multizone s'impose pour les sujets difficiles à détecter à cause de la brume ou d'obstacles, l'AF ponctuel est irremplaçable sur les sujets en mouvement rapide.

Malgré l'absence de protection tout-temps du boîtier, l'appareil n'a pas manifesté le moindre mécontentement envers cet assaut glacé. On n'en dira pas autant du photographe, qui a particulièrement apprécié la poussière de glace qui s'immisce dans le col jusqu'au bas des omoplates...

Pour le deuxième passage dans l'épreuve spéciale de Saint-Bonnet-le-Froid, le bitume a été dégagé par le premier passage. Aussi, je décide d'aller au «point stop» (endroit à la fin de l'ES où les concurrents s'arrêtent pour pointer et prendre connaissance de leur temps) voir les équipages de plus près.


Jan Kopecký et Petr Starý, sur Skoda, étaient dixièmes au soir du premier jour. Ils ouvrent donc la piste le lendemain, en conséquence d'une règle qui inverse l'ordre de départ des dix premiers concurrents pour ne pas défavoriser le premier du classement -- à la fin des années 90, on avait vu des pilotes s'arrêter 40 secondes ou 1 min à trente mètres de l'arrivée de la dernière épreuve du soir, juste pour ne pas ouvrir la route le lendemain.

Le matin, balayant la neige pour les suivants, il avait perdu plus de 50 secondes. Au deuxième passage, il améliore de 3'20" et fait le deuxième temps...

On notera que l'appareil a parfaitement fait le point sur le visage du Tchèque, mais aussi, notamment sur l'image en pleine taille, qu'à 640 iso le bruit est bien visible dans les ombres. Confirmation également de la présence d'aberrations chromatiques, peu visibles sur un écran ou un tirage, mais bien présentes en zoom à 100 %.


À chaque arrivée d'un concurrent (ici, Ogier / Ingrassia), c'est la ruée : à gauche en rouge, les commissaires récupèrent le carnet de pointage, et notent l'heure de passage. À droite, les journalistes essaient de glaner quelques réactions à chaud, accompagnés d'un duo de spectateurs italiens infiltrés qui ne seront éjectés de la zone de presse qu'au bout d'une bonne demi-heure, après s'être faits remarquer en hurlant une bordée d'encouragements à un pilote transalpin. Au milieu, une photographe se couche sur les capots de tous les arrivants pour immortaliser les membres d'équipage à travers le pare-brise.

On notera ici une tendance à boucher la zone d'ombres ; cependant, avec la correction d'exposition de +2/3 EV, l'histogramme est bien centré et un coup de courbes permet de récupérer pas mal de détails.

La journée tire à sa fin lorsqu'on voit arriver à pieds un individu râblé. Il discute trente secondes avec les commissaires, trop heureux de le rencontrer, et va chercher sa voiture... de l'autre côté du point stop -- et donc, dans une zone interdite à la circulation hormis pour les concurrents !


Décidément, ça doit aider de s'appeler Jean-Pierre Nicolas (champion de France 1971, vainqueur du Monte-Carlo et vice-champion du monde 78, patron historique de l'équipe Peugeot Sport des années 80 aux années 2000) et de faire partie des instances dirigeantes du championnat IRC.

Voilà, plus qu'à marcher trois kilomètres pour rejoindre le véhicule, puis quatre heures de route pour rentrer. Demain, les affaires reprennent avec une spéciale dans le sud de la Drôme et la descente dans les Alpes-Maritimes...

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