Avec un peu de retard, le temps d'un premier tri des photos et de mettre en forme les présentes remarques, voici un test un peu particulier : le dernier reflex E-30, qu'Olympus a accepté de nous laisser emmener sur un terrain où un «expert» réactif comme lui devrait donner sa pleine mesure : le rallye automobile Monte-Carlo.

Cela fait des années que je suis des rallyes. Le Terres du Diois, sur lequel j'étais en poste de sécurité radio lors de sa renaissance en 1996, le rallye Paul Friedman, et d'autres... Dont le Monte-Carlo, que j'ai suivi assidûment depuis que, en remontant sur le Vercors en 2007, il s'est fortement rapproché du domicile familial.

L'an passé, mon K10D personnel m'avait satisfait, malgré un manque de réactivité de l'autofocus sur des voitures lancées à pleine vitesse. Cette année, joignons l'utile à l'agréable : testons un boîtier concurrent, susceptible d'intéresser les photographes de sport.

Olympus m'a donc prêté son dernier reflex, le E-30, équipé du nouvel objectif 14-54 mm f/2,8-3,5 version II. L'ensemble est annoncé en kit à 1700 euros, une option un peu plus coûteuse que le 14-42 mm mais d'un niveau bien supérieur. J'aurais souhaité avoir en outre un télézoom et un flash, mais ça sera pour une autre fois...

Avec cinq heures de train, j'ai le temps de découvrir l'appareil. Et de comprendre les différentes fonctions, car Olympus ne nous a pas fourni le manuel.
Olympus E-30 test terrain

Premier contact


L'Olympus E-30 est un reflex expert, pas de doute. La construction est de haute volée, l'appareil respire la solidité. La poignée bien proportionnée et le redan au niveau du pouce assurent une excellente prise en mains. La même remarque s'applique au 14-54 mm II, dont les bagues ne souffrent d'aucun jeu et demeurent fluides et précises en toutes circonstances. Il dispose également d'un fenêtre indiquant la distance de mise au point, mais celle-ci est un peu imprécise : il n'y a pas de graduations au-delà de 1 m.

Sur le plan ergonomique, le premier contact est mitigé. On retrouve quelques bonnes idées, comme le testeur de profondeur de champ sous le majeur droit, les boutons de correction d'exposition et de réglage de sensibilité idéalement placés sous l'index, une touche fonction personnalisable sous le pouce... L'interrupteur général, en couronne autour du trèfle de sélection, est également bien pratique, même si je persiste à préférer la solution Nikon/Pentax, autour du déclencheur.


En revanche, les boutons poubelle, info, menu et Live view, déportés sous l'écran, sont difficilement accessibles. Ceci étant, il était impossible de les mettre à gauche, comme le veut la tradition : l'écran est mobile. Le positionnement est donc justifié, ce qui ne le rend pas agréable pour autant.

On comprend moins pourquoi la molette arrière est aussi près du prisme : il faut tendre le pouce pour l'attraper, et ceux qui visent de l'oeil gauche devront au passage contourner leur nez... On l'aurait préférée plus à droite, directement sous la position naturelle du pouce.

Enfin, que dire du bouton de sélection du mode de mise au point, expédié loin de tout, à l'extrême gauche de l'appareil, et par conséquent inaccessible sans lâcher totalement l'objectif ? Il paraît finalement plus simple et aussi confortable de passer par la touche OK pour appeler les réglages à l'écran (excellente idée olympienne dont d'autres s'inspirent peu à peu), puis sélectionner le mode autofocus et le modifier par là !

Entrons dans les menus. C'est tout de suite un éloge à l'austérité : du gris, du blanc, et c'est tout. L'organisation est pour le moins étrange, avec deux zones de réglages «Prise de vues» sous-divisées elles-mêmes en deux pages. Qu'est-ce qui fait qu'un réglage se retrouve dans la zone 1 ou la zone 2 ? À part le hasard, je n'ai pas trouvé. Plus gênant, en bas de la page 2 de la zone 1, on revient à la page 1 de la zone 1 ; il faut donc revenir à gauche, puis changer de zone, pour passer aux autres réglages de prise de vues...

La zone réglages 1 (ci-contre) est particulièrement touffue. En fait, on déconseille à quiconque de se lancer dans cette jungle sans un guide indigène -- ou, à défaut, le manuel de l'appareil. Dommage : c'est là que l'on peut se mitonner un E-30 aux petits oignons. Car l'appareil est personnalisable à loisirs : on peut régler finement le verrouillage de la mise au point et/ou de l'exposition, le rôle des touches, celui des molettes -- mode par mode, s'il vous plaît ! --, le rythme de la prise de vues en rafale, le pas des réglages d'exposition ou même la vitesse de synchro flash !

C'est également là que vous pourrez autoriser la sensibilité auto en mode manuel, obtenant ainsi le mode TAv bien connu des Pentaxistes. Bref, les options sont nombreuses, poussées, mais pas forcément très explicites...

Je passe également un certain temps à régler le viseur : le prisme a semble-t-il été poussé dans ses derniers retranchements, et le bord du champ est légèrement flou si je cale le réglage dioptrique pour être parfaitement à l'aise quand je regarde au centre. Je finis par trouver un compromis acceptable, où je vois l'ensemble du champ net, mais je dois alors légèrement «forcer» (j'ai l'impression de regarder un objet proche) lorsque je regarde au centre.

Après cette première prise en mains, le train est arrivé, il est temps de récupérer mon véhicule pour monter sur le terrain du rallye, malgré un brouillard peu engageant.

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