Avec le Pentax K-7, le constructeur propose une évolution majeure de son appareil-phare, analogue à celle que représenta en son temps le K10D (premier reflex tropicalisé sous les 1000 euros).

Tout est entièrement nouveau, du châssis au viseur en passant par les optiques de kit et le système anti-poussière ; les parties évoluant le moins sont sans nul doute le système autofocus et le capteur, qui sont cependant  retouchés par rapport à ceux du K20D. Le nouveau Pentax attaque donc sans vergogne un appareil aussi apprécié que le Canon EOS 50D.

Le Pentax K-7 n'attaque cependant pas tout à fait le Nikon D300, qui conserve certains avantages spécifiques comme l'autofocus à 51 collimateurs, couplé avec la mesure d'exposition pour le suivi de sujet 3D, ou une rafale plus rapide. Le nouveau Canon EOS 7D, qui bat à plate couture le record de densité de pixels pour un capteur APS-C (18 Mpx), dispose lui aussi d'une rafale plus rapide et d'un système autofocus un peu plus complet ; on ne peut que souhaiter que Pentax abandonne rapidement le Saphox VIII (ici dans son évolution VIII+), qui marque désormais son âge.

Le K-7 dispose cependant d'un argument-choc pour ceux qui comptent la place : il est à peine plus encombrant qu'un reflex amateur traditionnel, et est également le plus léger de son segment. Cela peut paraître un détail, mais qu'il s'agisse de tenir dans un sac de randonnée à côté de vêtements chauds et de nourriture ou de s'adapter à des petites mains, c'est un avantage non négligeable.

Comme ses concurrents, le K-7 propose également un mode vidéo — inhabituel 1536x1024 pixels, ou plus classique HD 720p. Et comme chez les autres, celui-ci tient du dépannage plus que de la fonctionnalité utile : tout le monde (sauf Sony et Olympus) le met pour remplir les fiches techniques, mais personne n'arrive pour l'heure à convaincre totalement. Cela se passe donc en visée sur l'écran, sans autofocus pendant l'enregistrement (Canon et, plus récemment, Nikon le proposent, mais il demeure peu performant), et donc en mise au point manuelle une fois la vidéo lancée. Pour l'heure, on reste donc sur notre avis précédent : si vous voulez faire de la vidéo tout en profitant des avantages d'un grand capteur, c'est un Panasonic GH1 qu'il vous faut.

S'il est une vraie faiblesse du Pentax K-7 par rapport à la concurrence, c'est la gestion du bruit électronique. Le capteur Samsung né avec le K20D n'est pas le meilleur CMOS de l'histoire, c'est de notoriété publique ; mais le peu d'évolution par rapport au K20D lui-même interpelle. Non seulement Pentax ne partait pas en tête, mais il a de plus stagné et la comparaison en haute sensibilité (en particulier passé 1600 ISO) avec le D5000 ou l'EOS 7D est cruelle.

Avec l'apparition récente du K-x en entrée de gamme, Pentax fait même une expérience douloureuse : celui-ci profite d'un excellent 12 Mpx d'origine Sony, apparenté aux CMOS équipant D300s, D90, D5000 ou encore Alpha 700, et montre... l'expertise de Pentax en la matière. La faiblesse du capteur Samsung éclate donc d'autant plus qu'à capteur égal, Pentax peut sans rougir regarder les références de chez Nikon.

In fine, le Pentax K-7 est donc un excellent boîtier expert, résistant, à l'ergonomie irréprochable, doté d'un viseur remarquable à ce niveau de prix et d'une fiche technique ultra-complète ; en extérieur, il sera parfaitement à son aise et titillera sans vergogne des appareils pour l'heure 300 ou 400 euros plus chers. En intérieur ou en soirée, en revanche, les limites de son capteur se feront sentir et on évitera de dépasser les 1600 ISO.

Nos souhaits pour le K-8, donc : revenir sur le capteur du K-x, quitte à perdre en définition ; un système autofocus plus complet et un suivi de sujet amélioré ; une vidéo revue, avec un micro intégré en stéréo, le format AVCHD et un autofocus continu fonctionnel.

Points forts

Points faibles

Appareil globalement plus silencieux que les précédents modèles

Poignée un peu basse

Construction soignée et protection tout-temps

Mode vidéo embryonnaire

Stabilisation mécanique intégrée au boîtier

Pas de mise au point pendant le filmage

Compacité du châssis

Extraction de la carte SD/SDHC pénible pour les gros doigts

Ergonomie soignée

Correction de l'objectif délicate avec le logiciel sur les fichiers bruts

Personnalisation des touches et molettes

Le logiciel Pentax Remote assistant n'est plus livré avec le reflex

Modes Sv et TAv

Sensibilité et dynamique du capteur Samsung

Objectifs de kit tropicalisés

 

Pentax K-7
Qualité de fabrication :
Confort d'utilisation :
Vitesse :
Caractéristiques :
Qualité des images :
9,5/10
9/10
8/10
9/10
8/10

Face à la concurrence

Le K-7 s'attaque presque frontalement au Canon EOS 50D. Celui-ci a l'avantage d'une rafale légèrement plus rapide et d'une meilleure sensibilité (ils font pourtant jeu égal en définition), mais le K-7 propose un meilleur viseur et une véritable protection tout-temps.  L'EOS 50D est également dépourvu de fonction vidéo et la stabilisation sera dans les optiques. Sur le reste, c'est quasiment l'égalité ; pourtant, les deux modèles sont très différents et ont chacun une personnalité bien définie. Nul doute que les prendre en mains quelques minutes vous permettra de savoir lequel vous préférez : leurs différences principales sont souvent affaire de goût.


La comparaison avec le Nikon D300s est également à peu près inévitable, même s'ils ne jouent pas tout à fait dans la même cour. Le Nikon propose le même niveau de protection tout-temps et un viseur comparable, mais un système autofocus beaucoup plus évolué (avec suivi 3D du sujet) et une bien meilleure sensibilité ; en compensation, le Pentax est (légèrement) moins complexe, beaucoup moins imposant et largement moins cher (le précédent D300, semblable au D300s mais sans vidéo et un peu moins sensible, reste à l'heure où nous écrivons plus cher que le K-7).


L'Olympus E-30 est le dernier adversaire annoncé du Pentax K-7. Dépourvu de vidéo, celui-ci propose une réactivité comparable, pour ne pas dire identique. Son viseur est un peu plus étroit et sa protection contre les intempéries bien moins poussée, même si sa construction demeure de haute volée. Il est également le seul appareil cité sur cette page à se contenter d'un écran de 230 000 points ; certes, celui-ci est orientable, mais c'est une différence majeure tant pour revoir ses photos que lorsqu'on l'utilise pour viser. C'est également le seul expert actuel dont la gestion du bruit numérique ne soit pas meilleure que celle du K-7. En compensation, il est également bien moins cher.


On ne trouvera guère de concurrence chez Sony : l'Alpha 700, qui appartenait au même créneau, a laissé la place d'une part à un appareil professionnel allégé, l'Alpha 850 doté d'un capteur plein format d'une définition de 25 Mpx, d'un viseur incomparable et coûtant actuellement près de 2000 euros ; d'autre part, à un modèle amateur boosté, l'Alpha 550, avec un viseur bien plus étroit, une construction plus légère, une seule molette de réglages, mais qui a l'avantage d'un écran orientable et d'un tarif nettement inférieur.

 

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