Nous l'avons attendu, ce Yuneec Typhoon H Pro, et enfin le voilà !

Concurrente directe de DJI, Yuneec est une firme chinoise basée aux États-Unis et alliée du géant américain Intel, avec qui elle a développé la technologie RealSense. Le modèle que nous testons ici est équipé de 6 moteurs, d'une caméra UHD montée sur une nacelle orientable à 360°, mais aussi et surtout d'un système d'évitement automatique des obstacles.



Dans l'univers impitoyable des drones, pour le moment, DJI règne en maître, grâce notamment à deux produits phares : le Phantom 4, qui présente un excellent rapport qualité/prix, et l'Inspire 1, basé sur une plateforme évolutive et qui cible les pros. Cependant, dans ce marché en perpétuelle mutation et dopé par une croissance annoncée de 600 % sur les deux prochaines années, cette domination ne sera sans doute pas pas immuable.

En effet, Yuneec, société hongkongaise fondée en 1999 et spécialisée dans l'aviation électrique, ne compte pas se laisser damer le pion et veut se positionner en véritable alternative à DJI. Après un quadricoptère plutôt réussi, le Q500, et un hexacoptère surprenant, le Typhoon H Advanced, l'outsider revient avec une version professionnelle de ce dernier : le Typhoon H Professional RealSense.

Derrière ce nom légèrement barbare se cache certainement l'un des drones les plus intéressants et les plus aboutis du marché. Nous avons pris la route de la Normandie pour découvrir son potentiel.

Test du drone Yuneec Typhoon H Pro

Étant donné la réglementation très stricte qui encadre l'usage des drones, nous avons pratiqué notre essai dans un cadre de loisir, en gardant l'appareil à vue, à une altitude inférieure à 150 m, loin de toute agglomération, habitation, zone d'aérodrome ou personne.

Présentation

Si l'Inspire 1 est le drone au look le plus travaillé que nous ayons testés, le Typhoon H Pro est plus brut, moins épuré, mais présente un coup de crayon tout de même très personnel avec une silhouette qui ne manquera pas de vous rappeler quelques enfouis cauchemars arachnéens.

Basé sur une plateforme renfermant le GPS, divers capteurs, la batterie et la carte mère, les 6 bras rétractables de cet hexacoptère accueillent des moteurs brushless équipé d'hélices "twist and lock" et de trains d'atterrissage rétractables.

Déployé, le Typhoon H Pro mesure 52,1 x 45,7 x 29,5 cm, mais une fois rangé, il tient dans un rectangle de 35 x 27 x 25,4 cm, ce qui en fait finalement un drone compact et facile à transporter au regard de son potentiel.

Test du drone Yuneec Typhoon H Pro

Son poids de 1,695 kg tout mouillé lui permet d'être homologué facilement, d'autant que sa hauteur de vol maximale de 122 m l'empêche de dépasser la hauteur maximale de 150 m autorisée par la DGAC. Ses 6 moteurs le propulsent à une vitesse ascensionnelle maximale de 5 m/s, une vitesse descendante maximale de 3 m/s et une vitesse horizontale maximale de 20 m/s (soit environ 70 km/h), le tout avec une autonomie théorique de vol de 22 minutes grâce à un batterie Lipo 4S de 14,8 V et 5 400 mAh.

Au delà de ces caractéristiques techniques, le Typhoon H Pro est vendu avec la Ground Station ST16. Véritable poste de pilotage du drone, elle intègre un écran tactile de 7 pouces (≈17,8 cm) basé sur une interface Android très complète et assurant une retransmission d'image en HD 720p sur une fréquence de bande de 5,8 GHz en Wi-Fi. La distance maximale de transmission vidéo et de contrôle est donnée pour 1,6 km.

Test du drone Yuneec Typhoon H Pro

L'autre pièce maîtresse du Typhoon est la caméra CG03+. Elle est équipée d'un capteur CMOS 1/2,3" et d'un objectif 14 mm f/2,8 sur 98° (a priori sans distorsion, selon le constructeur), pouvant prendre des clichés en 12,4 Mpx, ainsi que des vidéos UHD 30p ou Full HD 1080 24/25/30/48/50/60 et 120p. L'enregistrement se réalise sur carte microSD.

Configuration de test

Pour ce test nous avons utilisé le Typhoon H Pro dans sa configuration optionnelle équipé du module RealSense d'Intel, de 2 batteries, du chargeur SC4000-4 permettant la recharge simultanée de la télécommande ST16 et, justement, de la ST16 Personal Station Ground. La captation est assurée par la Caméra Yuneec CGO3+ évoquée ci-dessus.

En option, nous disposions aussi de la Remote Control Typhoon Wizard qui permet de prendre la main sur le drone, mais que nous n'avons pas eu le temps de tester. Le transport de tout ce matériel s'est fait simplement, puisque nous disposions aussi du sac à dos Typhoon H Pro.

Test du drone Yuneec Typhoon H Pro

Prise en main

Replié dans son sac à dos, le Typhoon H Pro ne laisse guère augurer de ses intéressantes capacités de vol. En effet, ce drone est relativement compact pour un hexacoptère, et finalement assez léger. Un poids qui n'entache en rien sa qualité de finition, de construction et d'assemblage. Avec ces trains d'atterrissage et ces bras en carbone, on a en réalité affaire à un drone qui ne s'encombre pas de fioritures stylistiques et va droit à l'essentiel : voler avec efficacité.

Grâce à son GPS placé sur le dessus, ses sonars frontaux et ventraux, sa caméra pour le Visual Positioning et, bien sûr, l'ajout de notre module Intel RealSense, le Typhoon semble avoir des yeux partout et assurer une stabilité à toute épreuve.

D'ailleurs, Yuneec est aussi très rassurant sur la sécurité : outre les différentes fonctions liées à l'évitement d'obstacles, le Typhoon H Pro est aussi capable de voler et d'atterrir en toute sécurité même avec un moteur en moins, grâce au mode Fail Safe. Un point que nous n'avons pas testé, mais qui inspire confiance.

Test du drone Yuneec Typhoon H Pro

Le Typhoon H Pro est le premier hexacoptère que nous testons. Sa ligne est bien différente de ses principaux concurrents, les Phantom 4 et Inspire 1. Ses finitions le situent juste derrière l'Inspire 1, ce qui est plutôt un bon point.

En termes de performances de vol pures, là aussi, nous sommes un cran derrière l'Inspire 1, mais ce point ne rentre pas en compte dans nos tests, sauf s'il a une incidence sur la réalisation des prises de vues. La vitesse maximale de 70 km/h nous paraît suffisante pour filmer un véhicule en mouvement lorsque l'on connaît ses points de passage, aussi nous ne développerons pas outre mesure cet aspect.

L'avantage du Typhoon H Pro par rapport au Phantom 4 est que, comme l'Inspire 1, il fait "sérieux" : il a cet aspect professionnel / amateur éclairé qui peut rassurer un client sur une prise de vues. Évidemment, nous sommes loin des véritables plateformes volantes telles que les DJI S1000, mais son gabarit, sa construction et la cinétique de ses trains d'atterrissage lui confèrent un statut que le Phantom 4 n'a pas. Sans parler de la station de contrôle ST16, qui fera taire toute mauvaise langue pensant que vous pilotez un jouet....

Test du drone Yuneec Typhoon H Pro

Préparatifs de vol

Charge et installation des hélices

La recharge complète d'une batterie Lipo 4S de 5 400 mAh prend environ 1 heure 30, et celle de la radiocommande, un peu moins de 4 heures. Les batteries n'intègrent pas de diodes permettant de connaître leur niveau, ce qui est gênant quand on est sur le terrain avec plusieurs jeux de batterie.

Une fois l'ensemble de vos batteries chargées, il ne vous reste plus qu'à fixer les hélices. Pour ce faire, vous devez dans un premier temps remonter les 6 bras articulés de sorte qu'ils s'emboîtent bien dans le corps du drone, puis visser les hélices selon l'ingénieux système "twist-n-lock". On positionne l'hélice en respectant le code couleur et la lettrine, on appuie en même temps que l'on visse d'à peine un 1/8e de tour, et celle-ci est fixée.

L'ensemble monté, assurez vous que tous les bras sont bien clipsés, que la batterie est correctement enfoncée à l'arrière du drone et... patientez, on revient !

Test du drone Yuneec Typhoon H Pro

Télécommande

La télécommande ST16 est magnifique. On pourra évidement nous taxer d'être trop facilement séduits par la débauche de commandes, de switchs et de boutons, mais c'est un fait : nous adorons cette télécommande et nous la trouvons enfin à la hauteur d'un produit de ce prix. La finition est sérieuse et nous n'avons pas l'impression d'avoir un simple rectangle de plastique creux fiché de deux joysticks, à la différence du Phantom 3 Standard. Même la télécommande de l'Inspire 1 ne rivalise pas avec elle ; seule celle du 3DR Solo de Robotics s'en sort avec les honneurs.

On a donc bien un véritable tableau de commande, équipé de touche de raccourcis pour accéder à certaines fonctions et, surtout, un bel écran tactile de 7 pouces (17,8 cm) qui apporte un retour HD 720p et permet surtout de ne pas avoir à sortir son téléphone de la poche, le connecter ou télécharger une application dédiée. Alléluia ! En outre, grâce à une sortie HDMI, il est possible de profiter d'un écran déporté ou de coupler la ST16 à une autre télécommande de façon à avoir un opérateur dédié au mouvement de caméra.

En revanche, en dépit de sa belle allure, la portée de la télécommande n'est pas très élevée au regard de ce que propose DJI : le contrôle radio et le retour vidéo sont limités à 1,6 km. C'est suffisant et permet de conserver le drone à vue, mais dans de vastes paysages ou à la montagne, on aura tôt fait d'atteindre cette limite.

Test du drone Yuneec Typhoon H Pro

Le plus gros avantage de la télécommande est évidement son écran tactile, qui offre non seulement le retour vidéo, mais aussi les données télémétriques et l'accès à toutes les fonctions de vol, de la caméra et du drone. Notez que nous disposions de la dernière version de la ST16, avec ses 3 antennes pour une améliorations de la portée du retour vidéo (a priori, les premiers utilisateurs auraient eu quelques problèmes de déconnexion récurrents...).

Test du drone Yuneec Typhoon H Pro

Outre les commandes d'altitude, roll, gaz et dérives, on a accès à divers switchs qui permettent d'activer le "Return to Home", des modes de vol, l'évitement d'obstacles, le déclenchement de la vidéo et la prise de photo. Le tilt de la caméra se commande par une gâchette d'index à gauche, quand une autre à droite permet de passer d'un mode de réactivité proche de la tortue à celui d'un lièvre.

La commande "Pan" de la nacelle est située en haut à gauche, et c'est le switch situé en haut à droite qu'il faudra activer pour relever les patins d'atterrissage. Enfin, le plus important, le bouton rouge que vous rêvez tous d'actionner est situé en haut à gauche et lance les moteurs...

Test du drone Yuneec Typhoon H Pro

L'application

Il n'y a pas d'application à télécharger sur la radiocommande. Elle est d'office équipée d'un OSD développé par Yuneec et basé sur un noyau Android. On retrouve donc facilement des raccourcis pour de revenir au menu principal ou à la page précédente. Le retour tactile est plutôt réactif et nous n'avons pas noté de latence trop importante ou handicapante, même si nous sommes loin des dernières dalles de smartphones.

Test du drone Yuneec Typhoon H Pro

Les informations télémétriques sont situées sur la gauche de l'image, et l'on retrouve à droite des raccourcis pour accéder aux différentes options de vol et calibration. Il est possible de configurer plus avant la télécommande, mais les menus sont denses et vous devrez maîtriser la langue de Shakespeare ou... le mandarin.

Paramètres de prise de vues

L'interface de la radiocommande offre des accès directs à la balance des blancs, au réglage de l'exposition, au mode de prise de vues photo/vidéo UHD et HDTV 1080 et aux préférences d'images. Notez qu'il est possible de filmer en RAW et que l'obturation va de 4 s à 1/8 000 s.

Test du drone Yuneec Typhoon H Pro

Test du drone Yuneec Typhoon H Pro
 

Pilotage et prise de vues

Modes de pilotage

La procédure de décollage est la suivante : on allume en premier la radio commande ST16, puis le drone. Une fois l'acquisition des satellites complétée et la connexion Wi-Fi initialisée avec la caméra, il suffit d'appuyer 3 secondes sur le bouton rouge de la télécommande pour lancer les moteurs, puis de diriger lentement vers le haut le stick qui commande la hauteur. On sent immédiatement une stabilité remarquable et toute l'efficacité du Visual Positioning System. Une pichenette sur le switch situé en haut à droite permet de remonter les trains d'atterrissage et de profiter pleinement de la commande 360° de la nacelle.

L'expérience de vol est très plaisante. Les commandes sont très douces sans nuire à la réactivité et, surtout, le contrôle se fait avec précision et vélocité. Au-dessus des falaises de notre terrain d'essai, malgré les quelques vents marins de rivage qui ont un peu bousculé notre engin, sa stabilité s'est avérée exemplaire.

Le plaisir de pilotage le situe au-dessus d'un Phantom 4, et juste derrière un Inspire 1 qui, lui, se montre plus réactif et plus véloce en accélération. Cependant le plaisir de réaliser des images aériennes avec le Typhoon H Pro est bien présent, voire addictif. L'addiction sera toutefois de courte durée, puisqu'il ne faudra pas compter sur plus de 20 minutes d'autonomie.

Test du drone Yuneec Typhoon H Pro

Évidemment, pour gérer avec précision un vol non planifié et une bonne captation sans à-coups, il faudrait qu'une troisième main surgisse et prenne par exemple le contrôle du pan, pendant que nous gérons déjà la hauteur et les gaz. Mais la restriction est finalement la même sur tout drone de ce type : pour une prise de vue aérienne pro, il faut un pilote et un cadreur, point.

Cependant, comme le Phantom 4 et le 3DR Solo, le Typhoon H Pro dispose de modes de vol automatisés.

Test du drone Yuneec Typhoon H Pro

"Orbit me" tourne autour du porteur de radiocommande, tandis que "Point of Interest" fixe un point pour tourner autour. "Curve Cable Cam (CCC)" permet de parcourir un trajet, d'en enregistrer des coordonnées GPS, puis d'ordonner au drone de refaire le trajet automatiquement. Dans tous ces modes, vous n'avez plus du tout à vous occuper des commandes de pilotage, seulement à contrôler votre axe de caméra. Enfin, le mode "Follow me" suivra la balise GPS de la radiocommande et "Watch me" oblige la caméra à vous regarder.

Dans l'ensemble, tous ces modes sont intéressants et utiles, puisqu'il permettent de se détacher du pilotage pour se concentrer sur la prise de vues, mais nous aurions souhaité une fonction similaire au "Tap Fly" ou au "Way Points" du Phantom 4, pour n'avoir rien d'autre à faire que de définir des points sur une carte et laisser le drone se déplacer automatiquement pendant que nous gérions la prise de vues.

Test du drone Yuneec Typhoon H Pro

Comme un œil de Moscou au-dessus de tout cela, l'"Obstacle Avoidance" veille à ce que rien ne vienne gêner la course du drone. L'"Intel RealSense" est un petit bijou technologique qui construit un modèle 3D de son environnement, afin de pouvoir non seulement repérer un obstacle à éviter, mais aussi de se souvenir d'un environnement déjà parcouru ; il saura alors déterminer a posteriori la meilleure solution pour éviter un obstacle en fonction d'un choix précédent. Oui, nous sommes bien aux frontières de l'intelligence artificielle, et en plein dans le deep learning, cette mouvance qui tend à faire apprendre aux machines comment réagir dans une situation donnée sans que celle-ci ne soit au préalable enregistrée.

Sur le terrain, la fonction est bluffante : dans un environnement boisé, le drone a su éviter les branchages tout en suivant le sujet. C'est lui qui a décidé de s'éloigner, de passer au-dessus ou en dessous des obstacles. Seul reproche, la fonction est liée aux capteurs frontaux uniquement...


Qualité d'image



La qualité d'image de la caméra CGO3+ est bonne, mais un peu en deçà de nos espérances.

En photo, l'image est globalement agréable, piquée et détaillée, mais si l'on zoome à 100 % apparaissent des artefacts de compression peu agréables sur les plus fins détails. Il faut dire que le débit limité à 50 Mbps en UHD pourra sembler un peu faible pour certaines scènes. De même, les bords et les coins sont légèrement flous et, sur les contrastes les plus marqués, de légères aberrations chromatiques sont perceptibles. En outre, la dynamique est un peu faible et les hautes lumières, un peu trop rapidement brûlées. Heureusement, il est possible de travailler en RAW DNG.

En revanche, l'argument mis en avant par Yuneec d'une lentille de 14 mm "sans déformation" est un peu exagéré. Si effectivement la déformation est moindre qu'avec nombre d'action-cams testées (dont les GoPro), elle n'apparaît pas mieux corrigée que chez DJI. La colorimétrie est également un peu mieux maîtrisée chez DJI, mais Yuneec semble faire jeu égal, voire un peu mieux en termes de piqué général.

Exemples de photos issues du RAW

Test du drone Yuneec Typhoon H Pro

Test du drone Yuneec Typhoon H Pro

En vidéo, la qualité dépendra évidement du mode choisi, mais pour ce qui est de la vidéo UHD, le rendu est superbe. L'image est bien détaillée, croustillante et précise. Par moments, une granulation apparaît et du bruit est présent, mais il participe au rendu des textures. En tout cas, le lissage est moindre qu'avec la caméra de DJI. En HDTV, même constat, notamment en 60p où le rendu est superbe.

En revanche, deux points négatifs sont à noter. En premier lieu, attention à bien travailler en balance des blancs manuelle : la gestion automatique est mauvaise et, en fonction de l'orientation de la source lumineuse, on passe très rapidement d'une balance des blancs chaude à un balance des blancs froide avec un nette désaturation des couleurs. Par ailleurs, le mode 1080 120p censé pouvoir générer des ralentis fluides ne nous a pas du tout convaincus : l'image est bruitée et saccadée, sans que nous sachions précisément pourquoi.

Extraits vidéo UHD 30 ips



La stabilisation du drone couplé à la nacelle est vraiment bluffante. On a l'impression d'un trépied géant posé au milieu des champs.

Photos issues d'une vidéo UHD

Test du drone Yuneec Typhoon H Pro


Verdict

 
Yuneec Typhoon H Pro recommandé test review
Le Yuneec Typhoon H Pro est un drone surprenant, maniable, puissant, véloce et particulièrement stable. Il est peut-être même le drone le plus stable que nous ayons testé. D'ailleurs, son pilotage est un régal et avec le GPS, le Visual Positioning et l'Obstacle Avoidance activés, on se sent en confiance et rapidement à l'aise.

La radiocommande ST16 pourrait servir d'exemple à tous les constructeurs de drones, tant il est pratique à l'usage de ne pas avoir à appairer son smartphone avec une radiocommande, tout en profitant d'un large écran tactile, à l'interface dense mais fluide. L'expérience de pilotage et de contrôle est donc globalement très réjouissante.

La qualité d'image est bonne, mais un peu en dessous de ce que nous attendions. Nous pensions Yuneec capable de faire mieux que DJI : ce n'est pas à proprement parler le cas. L'apparition d'une fine granulation sur certains rushs ne sera pas du goût de tous et, surtout, la déficience de la balance automatique des blancs pourra jouer de vilains tours si vous n'y veillez pas. La qualité d'image en UHD 30p reste excellente, surtout sur plan fixe, et le HDTV 1080 60p pour les sujets en mouvement comblera les professionnels et les amateurs d'images aériennes.

Un autre point achèvera de les convaincre : la compacité globale de l'engin. Bien qu'équipé de 6 moteurs, l'ensemble replié se range dans un sac à dos et se transporte facilement grâce à son poids contenu. Cette compacité et cette légèreté ne nuisent pas à la qualité de construction ; même si l'Inspire 1 paraît beaucoup mieux fini, il est beaucoup plus fastidieux à transporter et préparer au décollage.

Test du drone Yuneec Typhoon H Pro

Reste la question de la technologie RealSense, implémentée sur notre modèle de test. Même si le drone a mis du temps à nous repérer et nous suivre, il a réussi à se sortir de situations a priori inextricables, ou qui auraient requis un bon niveau de pilotage pour s'en sortir.

Néanmoins, bien que nous soyons très séduits par l'expérience et très amateurs de deep learning — qui autonomise les machines et leur apprend à réagir en fonction de situations données, en analysant leur environnement, et non plus seulement via de lignes de scripts prédéfinis —, nous pensons que l'expérience aurait pu être poussée un encore un peu plus loin.

En effet, il aurait été intéressant que l'ensemble de ses capteurs permette au Typhoon H Pro de voir son environnement dans sa globalité, comme une bulle autour de lui, plutôt que "simplement" devant lui. En outre, nous aurions apprécié que cette analyse de l'environnement puisse bénéficier davantage au pilote, en lui proposant des vols automatiques encore plus autonomes pour qu'il n'ait plus qu'à se concentrer sur les axes de prise de vues.

Évidemment, nous recommandons largement ce Typhoon H Pro, mais nous nous demandons si finalement, à 700 € de moins dans sa version sans RealSense, le Typhoon H Advanced n'est pas une meilleure affaire. Il bénéficie en effet de tous les raffinements de la version testée ici, à l'exception — certes non négligeable — de la détection et de l'évitement d'obstacle.

En tout cas, Yuneec se pose ici en véritable alternative à la suprématie de DJI et c'est une posture que nous saluons, car c'est un très bon signe pour le marché. Comme chacun sait, dans un marché de libre échange, sans concurrence, point d'émulation, et sans émulation, point de créativité.

Points forts

Points faibles

Bras rétractables

Pas de caméra évolutive

Trains d'atterrissage rétractables

Autonomie encore trop faible

Compacité

Mauvaise balance des blancs automatique

Finitions

Ni Way Points ni Tap Fly

Nacelle 360°

Distance de contrôle et de retour vidéo un peu limitée

Stabilité de la caméra

Ralentis en 120p peu esthétiques

Stabilité en vol

50 Mbps en UHD seulement

Facilité de prise en main

Écart de prix élevé par rapport à la version dépourvue de RealSense

Télécommande ST16 idéale et sous Android

 

Écran intégré et tactile

 

Retour vidéo HD

 

Fonction de double commande opérateur - pilote possible

 

Nombreuses fonctions automatisées

 

RealSense

 

Qualité d'image satisfaisante globalement

 


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