Nous les réclamons souvent dans nos tests de boîtiers, mais à quoi servent les zébras d'exposition en vidéo ? C'est la question que nous pose Marie dans son courrier.

Mon Panasonic FZ1000 propose des zébras dans les menus du mode vidéo. À quoi servent réellement ces rayures qui viennent masquer la prise de vue ?
Marie D., lectrice de Focus Numérique.

Si la photo et la vidéo partagent certaines notions comme l'ouverture (iris), la sensibilité (gain) ou le temps de pose (temps d'obturation), certains outils et assistants, en revanche, diffèrent entre les deux mondes. Ainsi, pour l'exposition des clichés, les photographes utilisent différents outils de mesure (matricielle, pondérée centrale, spot) et peuvent vérifier l'exposition à l'aide d'un histogramme. En vidéo, d'autres outils sont disponibles.

Le principe

En vidéo, l'exposition est encore plus cruciale qu'en photo, car généralement, les capteurs — donc les vidéos obtenues — offrent moins de latitude de travail en postproduction. Idéalement, pour bien exposer une scène, il faudrait pouvoir afficher le profil du signal de sortie de l'image filmée afin de vérifier qu'il n'y a pas de surexposition (signal à 100 % ou plus) ou de sous-exposition (signal à 0% ou moins).

Dans l'exemple ci-dessous, la mesure est réalisée au niveau de la sélection en pointillés. On voit clairement les différences de valeurs entre la neige (environ 85 % du signal) et les teintes sombres du temple ou de l'arrière-plan (environ 10 % du signal).

comprendre les zébras d'exposition, exemple oscilloscope vidéo


Il existe de multiples solutions pour vérifier et exposer correctement. On peut aussi utiliser un histogramme d'exposition, mais les vidéastes disposent d'autres outils, comme les fausses couleurs, la mesure en direct (spotmètre en %), oscilloscope et les fameuses rayures que l'on appelle zébras. Ces outils sont indispensables, car, comme en photo, il est toujours hasardeux de vérifier l'exposition d'une scène uniquement en observant l'écran.

Si l'oscilloscope est intéressant, il ne lit qu'une partie de la scène filmée. L'idée des hachures est de définir des zones plus larges de mesure et d'indication à l'opérateur. Les zébras sont un système de surimpression sur l'écran de cadrage, afin de visualiser les zones correspondant à une valeur d'exposition : les zones hachurées à l'écran sont toutes à la même valeur d'exposition, valeur définie (ou non) par l'utilisateur.

Comment utiliser les zébras

Généralement, les caméscopes et les appareils photo permettent de définir 1 ou 2 niveaux de signal. Certains modèles proposent de régler précisément le niveau d'exposition. Vous retrouverez généralement un niveau à 70 % et un à 100 %. Pourquoi ces valeurs ? La première correspond à une exposition correcte d'un visage à la peau claire, la seconde indique une surexposition avec une perte des détails.

On peut donc définir deux usages majeurs des zébras :

- Le premier est d'assurer un filmage sans perte de détail des zones enregistrées dans les hautes lumières (un ciel, par exemple). Il faut alors utiliser les zébras à 100 % et vérifier qu'aucune hachure n'est visible sur l'écran. De cette manière, vous vous assurez que le signal est toujours en dessous de 100 %. Il est préférable de partir d'une image sous-exposée et d'ajuster les paramètres pour faire apparaître les zébras sur les zones souhaitées. En pratique donc, sur votre ciel, il suffit d'ouvrir l'objectif (ou de changer un autre paramètre comme le gain) afin de voir le ciel hachuré. Vous êtes alors à 100 % sur les hautes lumières, c'est une exposition à droite. Afin d'obtenir un ciel avec des détails, vous pouvez fermer l'optique ou modifier le gain d'un demi-diaph. Cette méthode peut laisser paraître des zones bouchées, mais il est toujours plus facile de récupérer de la matière dans les zones denses.

- Le deuxième usage est d'assurer une exposition correcte sur le visage des personnes filmées. Il faut alors utiliser la valeur 70 % et s'assurer cette fois que le visage est bien légèrement "zébré". Cela n'empêche aucune des zones de l'image capturée d'être sur- ou sous-exposée, mais vous vous garantissez une exposition juste des personnes à l'écran. Là encore, en pratique, il faut partir d'une image sous-exposée et ouvrir afin d'obtenir les premières rayures sur les hautes lumières du visage (brillance du front ou des pommettes).

La première question qui se pose alors est : que se passe-t-il si la personne n'a pas la peau très claire ? Il faut savoir que le réglage à 70 % n'est qu'une valeur d'indication. En effet, selon les carnations, même certaines peaux claires ne sont pas toutes bien exposées à 70 %. Il faut donc faire des essais et regarder les images en sortie sur un écran d'ordinateur pour adapter les réglages. Généralement, il est conseillé de descendre l'exposition d'un demi-diaphragme. Pour une peau foncée, le niveau doit se situer à 60 %.

Zébras visage bien exposée à 70%
Réglés à 70%, les zébras "lèchent" le visage de Guillaume qui sera bien exposé.

En cinéma, les zébras sont ajustables et c'est bien là l'intérêt, puisque vous pouvez choisir le niveau d'exposition à régler. A contrario, les derniers reflex (D5, D500) de Nikon offrent bien la possibilité d'afficher des zébras, mais sans possibilité de modifier ni de connaître le niveau ! Autant dire qu'ils ne servent à rien.

Chez Sony et notamment l'A7R II, c'est un peu plus intéressant. Il est possible de choisir différents niveaux de zébras, mais de manière étonnante, la valeur 50 % — pour une exposition neutre et donc une dynamique maximale — n'est pas disponible.

Menu zebra du Sony A7R II
Le menu zébra du Sony A7R II.

Sachez également que si les reflex Canon ne proposent de zébras par défaut, l'installation du firmware (micrologiciel) alternatif MagicLantern permet d'exploiter cette fonctionnalité.

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