De nombreux compacts ou smartphones possèdent des positions "Macro" afin d'approcher de très près de son sujet. Mais cette appellation est souvent abusive, et la qualité de ces matériels, assez décevante. Voici nos conseils pour s'attaquer à la macrophotographie avec les bonnes armes.

papillon macro
Photo : Thawats

Macrophotographie ou proxiphotographie ?

Si le terme de macro est en théorie réservé aux photographies réalisées avec un rapport de grandissement minimum de 1:1, les fabricants font souvent entrer dans cette catégorie de nombreux objectifs dont les domaines d'application s'apparentent plutôt à la proxiphotographie, ou photographie rapprochée. Pour bien comprendre la différences entre ces deux notions, vous pouvez vous référer à notre article "Comprendre les notions importantes en macrophotographie".

Sur les appareils bridge ou compact, il est parfois bien difficile de connaître le rapport de grandissement offert par le système photographique, tant les fiches techniques sont peu loquaces à ce sujet. En revanche, l'information est toujours disponible concernant les objectifs de reflex. Nous avons passé au crible l'ensemble des objectifs macro testés sur Focus Numérique pour vous proposer notre sélection.

chenille macro
Photo : Ataglier

Des objectifs spécifiques

Il n'est pas nécessaire de débourser une fortune pour acquérir un objectif Macro, mais il est important de constater que bon nombre d'objectifs brandissant cette appellation ne proposent en réalité pas de rapport de grandissement maximal macrophotographique. C'est notamment le cas des zooms trans-standards comme les Sigma 17-70 mm f/2,8-4 DC Macro OS HSM ou Tamron 16-300 mm f/3,5-6,3 Di II VC PZD Macro, qui offrent un grandissement maximum de 1:3 seulement.

Pour travailler à des distances suffisamment proches pour atteindre un rapport de 1:1, il faut se tourner vers les focales fixes.




Il en existe des très abordables, comme le Nikkor Micro AF-S 40 mm f/2,8G, vendu moins de 250 € et destiné aux reflex au format DX. Sa focale de 60 mm le rend aussi à l'aise sur du portrait que de petits objets, mais elle est un petit peu courte pour la photographie d'insectes. En effet, même si sa distance minimale de mise au point permet d'atteindre un rapport macro, il est difficile de s'approcher de toutes petites bêtes sans les effrayer. Ce sera sans doute une limitation aussi pour le Canon EF-M 28 mm f/3,5 Macro, annoncé récemment pour le système EOS M et dont la focale correspond à un 45 mm en 24x36.




Pour travailler de manière plus confortable, les photographes de macro préfèrent généralement des focales un peu plus longues, ce qui a fait le succès du Tamron SP 90 mm f/2,8 Macro VC USD, dont le prix de 900 € au moment de son lancement est maintenant descendu en dessous de 700 €. Un tarif plus que raisonnable pour profiter de la stabilisation optique, indispensable en macro, et d'une excellente qualité optique, nos tests ayant révélé des images quasi exemptes de distorsion et d'aberrations chromatiques, et un piqué très bon et homogène de f/4 à f/11.

La plupart des marques proposent des objectifs macro dans une gamme de focales comprises entre 90 et 105 mm. Parmi ces modèles, notons l'excellent Sony FE 90 mm f/2,8 Macro G OSS, légèrement au-dessus de 1 000 €, l'AF-S VR Micro-Nikkor 105 mm f/2,8G IF-ED, vendu 999 € sur la boutique en ligne de Nikon, ou encore le Canon EF 100 mm f/2,8 L Macro IS USM qu'on trouve aujourd'hui à moins de 900 €, à la stabilisation hybride dont le fonctionnement est détaillé dans notre article "Canon : stabilisation optique plus efficace en macro".




Pour des applications plus spécifiques, les fabricants d'objectifs proposent également des objectifs Macro en plus longues focales, comme le Sigma 150 mm f/2,8 EX DG OS HSM APO Macro, le Tamron SP AF180mm f/3,5 Di LD (IF) macro, le Canon EF 180 mm f/3,5L Macro USM ou encore l'AF Micro-Nikkor 200 mm f/4D IF-ED, mais à des tarifs supérieurs aux modèles de 90 à 105 mm de focale.

Tous les tests d'objectifs macro publiés sur Focus Numérique :
> Nikkor Micro AF-S 40 mm f/2,8G
> Panasonic Leica DG Macro Elmarit 45 mm f/2,8 Mega OIS
> Sigma 17-70 mm f/2,8-4 DC Macro OS HSM
> Sigma 18-200 mm f/3,5-5,6 DC MACRO OS HSM
> Sony FE 90 mm f/2,8 Macro G OSS
> Tamron 16-300 mm f/3,5-6,3 Di II VC PZD Macro
> Tamron SP 60 mmf/2 Di II LD Macro
> Tamron SP 90 mm f/2,8 Macro VC USD


Des accessoires bon marché

soufflet macro
Photo : Jan Skwara

Si les objectifs Macro représentent la solution la plus agréable pour photographier à de très courtes distances, il est parfaitement possible de s'équiper pour un prix plus modique d'accessoires permettant d'allonger le tirage de votre système, donc la distance minimale de mise au point. Ces accessoires sont regroupés sous les termes de bagues-allonge ou bagues d'extension et sont disponibles en plusieurs longueurs, en fonction du grossissement qu'on souhaite obtenir.

Il en existe chez les fabricants de boîtiers et d'objectifs, comme les bagues Fujifilm MCEX-11 (11 mm d'épaisseur) et MCEX-16 (16 mm) pour le système XF qui intègrent des contacts électroniques permettant de conserver la mesure d'exposition et l'autofocus. Les prix varient de quelques dizaines à plusieurs centaines d'euros en fonction de la qualité de fabrication et des automatismes transmis par les contacts électriques. Canon, Nikon ou Kenko font partie des marques les plus reconnues dans le domaine.

Nous avons également testé récemment une bague-allonge singulière qui possède un tirage variable entre 40 et 55 mm : la Savage Macro ART Variable auto-extension tube est vendue entre 230 € et 260 € suivant sa monture, Canon ou Nikon. Elle s'est montrée tout à fait à la hauteur en termes de qualité de fabrication, mais son prix ne répond plus vraiment à l'appellation "accessoire bon marché".

> Test de la bague Savage Macro ART Variable auto-extension tube

Autre accessoire qui peut se montrer utile pour débuter en macro à moindre coût : la bonnette est en réalité une lentille convergente qui vient se visser à l'avant de l'objectif. Sa puissance se mesure en dioptrie : plus sa valeur est élevée, plus le grandissement obtenu est important. Raynox, Marumi, Hoya ou Canon sont les principales marques du secteur. La bonnette présente l'avantage de n'engendrer presque aucune perte de lumière. En revanche, il faudra la choisir de qualité pour éviter l'apparition d'aberrations chromatiques trop importantes et la perte de piqué.

Un peu passée de mode, la bague d'inversion comme en propose à son catalogue le fabricant Novoflex permet quant à elle de monter un objectif à l'envers pour le transformer en objectif macro.
Pour en savoir plus sur ces différents accessoires, reportez-vous à notre article "Lancez-vous dans la macro avec le bon matériel !"

Un éclairage contrôlé

Outre le système optique qui permet de réaliser des prises de vue rapprochées, la réussite d'une photographie en macro tient également à l'usage d'un éclairage approprié qui va compenser la faible luminosité d'une scène tout en évitant les ombres portées de l'objectif.

Il est bien évidemment possible d'utiliser des flashs cobra en déporté pour réaliser des éclairages créatifs.

Mais avant de vous lancer dans le montage complexe d'un système de flash, vous pourrez vous tourner vers des accessoires comme le Ray Flash Universal Ringflash, qui se monte sur un flash cobra, ou l'éclairage annulaire Led Kaiser R60, tous deux testés sur Focus Numérique. Vendu une centaine d'euros chacun, ils ne sont malheureusement pas exempts de défauts : nous avons reproché au premier une fabrication un peu légère, et l'absence de modulation par zone au second.

La solution pourrait également venir des objectifs avec éclairage intégré comme le Nanoha 5x, annoncé il y a quelques années, ou le Canon EF-M 28 mm f/3,5 Macro dont le test est à venir prochainement.

> Tous nos tests d'éclairages nomades et flashs cobra


L'indispensable trépied

trepied macro
Photo : Vitalii Hulai

Impossible de se lancer dans la macro sans un bon trépied. Même si la plupart des objectifs Macro possèdent un système de stabilisation qui va compenser les légères vibrations dues au photographe, la faible distance de travail et la profondeur de champ engendrée par cette pratique requièrent un positionnement très précis de l'appareil. N'importe quel trépied suffisamment résistant pour supporter le poids de votre matériel pourrait faire l'affaire, mais pour un vrai confort de travail, on fera attention à ce qu'il permette de descendre au ras du sol et que sa rotule offre une bonne liberté de mouvement. Vous trouverez sur notre site toute une liste de tests de trépieds.

Parmi eux, retenons quelques modèles intéressants, parmi lesquels le Manfrotto 290 Dual, dont nous avons apprécié la légèreté, détail important quand on photographie en extérieur et qu'on porte beaucoup de matériel, et au prix très raisonnable d'environ 130 €. Ce modèle possède une colonne centrale orientable à 90° grâce à un mécanisme ultra simple à mettre en œuvre, et des jambes dont l'écart peut être réglé à 25°, 46°, 66° et 88°, cette dernière position permettant de descendre jusqu'à seulement 5,5 cm du sol.

La macrophotographie est également un des domaines de prédilection de l'Induro Grand Turismo GTT104M1 qui possède une colonne courte pour descendre au ras du sol et un système d'inversion de la colonne centrale. Son prix est bien plus élevé que celui du Manfrotto, puisqu'il avoisine 400 €, mais il est justifié par une fabrication impeccable en fibre de carbone lui permettant de supporter jusqu'à 10 kg de matériel alors que le trépied ne pèse que 1,6 kg avec sa rotule-ball.






> Test du Manfrotto 290 Dual
> Test du Induro Grand Turismo GTT104M1
> Tous nos tests de trépieds

> Dossier – Tout savoir, tout comprendre, tout faire en macrophotographie

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