Prise en main

Les premières sensations procurées par la RED Raven sont excellentes. Le boîtier en aluminium paraît solide, on sent qu’on a quelque chose de conçu pour durer entre les mains. Le revêtement est un peu rugueux, la couleur grise est très discrète et on reconnaît dès le premier coup d’œil qu’on a bien affaire à une caméra RED.

Au final, on apprécie le design de ces caméras très cubiques, car il est possible les accessoiriser comme on le souhaite. RED présente la Raven comme une caméra idéale pour être installée sur un drone ou un stabilisateur 3 axes et c’est vrai qu’en plus, elle est assez légère pour ça : avec à peine 1,6 kg sur la balance, c’est clairement la bonne utilisation pour cette caméra.

Red Raven test review drone

Certes, ça implique une contrainte assez importante : on ne peut pas l’utiliser telle quelle sans lui adjoindre une poignée ou la mettre sur un pied, par exemple. C’est un peu regrettable qu’ils n’aient pas prévu une poignée de maintien latéral dans le kit standard, comme il existe en option au catalogue. Même si c’est un peu lourd, ça donne une ergonomie de type reflex plutôt agréable.

La Raven présente quelques différences avec les autres caméras positionnées plus haut dans la gamme : l’enregistreur SSD n’est pas amovible, pas plus que la monture optique. Ici, on ne pourra mettre que des RED Mag Mini (format SSD propriétaire) et des optiques en monture Canon EF. Le capteur étant proche du Super 35mm ou de l’APS-C, les optiques EF-S sont compatibles.

Pour faire ces premiers tests, j’ai choisi le Sigma 18-35 mm f/1,8, une optique très intéressante de par sa plage de focale et son ouverture pour une utilisation cinéma numérique/vidéo, bien que son ergonomie reste dédiée à la photo et qu’il lui manque une bague de diaph manuelle sans crantage. Cette optique a tellement la cote que certaines boîtes spécialisées dans le recarossage des objectifs photo font leur chiffre d’affaires avec ce Sigma en lui donnant une ergonomie cinéma !

Les autres restrictions sont liées au capteur. Même s’il est de la même famille Dragon que les autres modèles (Scarlet W et Weapon), sa résolution est limitée à de la 4,5 K… mais en fait il s'agit plutôt de 4K, puisqu’on est pile-poil dans la 4K DCI 4 096 x 2 160. La bonne nouvelle, c’est qu’on aurait pu craindre que RED limite aussi les choses du côté du codec, et sur ce point, c’est plutôt une belle surprise : on peut aller jusqu’au 3:1 et jusqu’à 120 fps !

Le concept DSMC2 permet normalement de se passer de câbles, puisqu'il inclut non seulement la jonction mécanique des accessoires, mais aussi les contacts électriques nécessaires.

L’écran de base de 4,7“ (11,9 cm) est limité à une orientation sur un seul axe, ce qui est assez dommage et pas forcément pratique dans certaines utilisations ; on peut en effet avoir besoin de fixer le moniteur autrement. RED a pensé à tout en proposant de petits accessoires afin de mettre un câble, mais c’est autant de suppléments à rajouter sur la facture finale.

Du côté de la facture, même si le boîtier de la caméra est à 7 000 € environ, il faudra compter 11 050 € précisément pour avoir le kit RED Raven I/O V-Lock qui inclut, comme son nom l’indique, la RED Raven, le moniteur 4,7“, ainsi que le dos V-Lock I/O afin de monter les batteries V-Lock et de brancher tout ce qu’il faut. Pour ce prix, vous aurez aussi une valise rigide de chez Pellicase, une carte RED Mag Mini de 120 Go, une alimentation secteur et une poignée de transport.

À noter au passage : ce sont, comme souvent, les accessoires qui feront monter très vite le prix de la caméra. En effet, ce n'est pas donné : la moindre carte supplémentaire de 120 Go coûte la bagatelle de 120 € et la version 1 To, 3 755 € ! Autant vous dire que la facture finale rendra forcément cette caméra beaucoup moins accessible.

Autre petite chose qui gratte un peu : l’absence de lecteur de carte, vu que c’est un modèle propriétaire. Impensable d’utiliser autre chose que le lecteur de RED Mag Mini, et c’est encore 190 € à rajouter à la note !

Red Raven test review package

Au niveau de l’ergonomie logicielle, pour ceux qui ne connaissent pas trop les RED sorties depuis l’EPIC, il est très facile de se balader dans les menus. On choisit aisément tous les réglages de la caméra grâce à l’écran tactile, et RED a poussé le bouchon jusqu’à permettre de déclencher l'agrandissement ou "magnification" (zoom dans l’image pour faire le point précisément) en reprenant les gestes de votre smartphone préféré, à savoir les fameux "pinch in" et "pinch out"' (pincements fermés et ouverts). On peut tout piloter ; cette Raven, comme ses grandes sœurs, permet d’aller très loin dans les réglages, tout est accessible du bout des doigts.

Qualité d'image

En ce qui concerne la qualité de l’image, nous avons été très agréablement surpris : on a affaire à une vraie caméra RED, la signature d’image est bien présente, la latitude est exceptionnelle, la colorimétrie, superbe, et c’est joliment défini.

Seul bémol : quand on passe à des taux de compression un peu élevés, il y a facilement une montée de fourmillement dans les basses lumières, ce qui peut être assez moche. Néanmoins, si on expose correctement son RAW, on ne doit pas avoir ce genre de problème.
Évitez donc la sous-exposition. Les outils de mesure de chez RED sont assez efficaces ; apprenez à vous en servir, le principe des 2 petits graphiques opposés verts et rouge indiquant respectivement la quantité de surexposition et de sous-exposition est vraiment très efficace !

Nous avons pu partir une journée en Normandie pour tourner avec la RED Raven et le zoom Sigma. Malheureusement, le temps n'était pas vraiment de la partie. Le ciel était d’un laiteux ignoble, pas le moindre modelé de nuage, c’était désespérément gris clair et très humide, voire totalement pluvieux. Allez trouver l’inspiration dans de telles conditions ! Nous vous présentons toutefois ce petit film, mis en valeur par la musique de la talentueuse compositrice et violoniste Ève-Marie Bodet.

Ballade en Normandie avec la RED RAVEN from Emmanuel Pampuri on Vimeo.

À noter : pour ceux qui ont un compte Vimeo, vous pouvez télécharger le fichier source 4K H264 pour regarder la qualité de plus près.

Une des restrictions de la RED Raven en comparaison avec ses grandes sœurs, c’est qu’on ne peut pas changer les filtres optiques appelés OLPF chez RED (Official Low Pass Filter). Ils proposent en effet des filtres qui se positionnent directement le capteur (ce qu’on appelle les filtres passe-bas en photo). Ils permettent de privilégier un type de rendu particulier en fonction de ce qu’on veut comme rendu d’image ; certains sont faits pour privilégier les rendus de peaux, d’autres les basses lumières ou encore la colorimétrie pour les images sous-marines, etc.

Le grand bonheur de ces caméras RED est de pouvoir jouer avec le RAW comme on peut le faire en photo, tout en conservant un poids de fichier assez léger, puisque le RAW, le fameux RED Code est compressé. On peut ainsi à loisir modifier la sensibilité, la balance des blancs, la colorimétrie bien entendu et tous les paramètres que l’on peut avoir en photo. Tout ceci est accessible depuis les logiciels de montage et d’étalonnage, que ce soit Première Pro CC chez Adobe, Final Cut Pro X chez Apple ou encore Da-Vinci Resolve chez BlackMagic Design, pour ne citer qu’eux.

Nous utilisons de préférence Premiere Pro CC, sauf pour les petits formats comme celui-là : nous préférons alors FCPX. Nous avons utilisé le plug-in Color Finale pour étalonner, et nous avons été agréablement surpris par la réactivité de tout cela sur notre Mac Pro 2014. Manipuler de la 4K RAW, ça peut faire peur à beaucoup, mais c’est aussi à ce niveau que RED fait la différence : le workflow est très simple, et on n'a pas besoin d’avoir un PC à 10 000 € pour manipuler les fichiers, pour peu que l’on accepte d’avoir une prévisualisation dans une qualité un peu inférieure. RED sait pleinement tirer parti des cartes graphiques de vos Mac ou PC.
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