Présentation

Nous profitons de la sortie de la mise à jour du Tamron SP 90 mm f/2,8 Macro Di VC USD pour le confronter à son principal rival dans l'univers Canon : le Canon Macro EF 100 mm f/2,8 L IS USM.

Même si leurs focales ne sont pas exactement identiques, ces deux objectifs ont tous deux la particularité d'être conçus pour les prises de vue terrain à main levée et d'intégrer une stabilisation optique.


Nous avons recommandé chacun de ces deux modèles lors de leurs tests respectifs, mais entre les deux, quel est le meilleur choix ? Nous allons tenter de le déterminer !



Caractéristiques : Égalité

Ces deux objectifs se ressemblent beaucoup au niveau de leurs caractéristiques techniques. Les deux sont conçus pour la macro et proposent un rapport de reproduction de 1 pour 1 avec une distance minimale de mise au point de 30 cm.

La version Canon est légèrement plus longue (de 10 mm) que la version Tamron. Cela permet de conserver un tout petit plus de distance avec son sujet, ce qui peut être un avantage pour des photos d'insectes vivants, par exemple. Les deux objectifs sont taillés pour le terrain et les photos à main levée (construction tout temps, mensurations et poids contenus, stabilisation optique). À l'avantage de Tamron, on peut citer la compatibilité avec le Tap-in en option (personnalisation et mise à jour de l'objectif) et la présence d'un revêtement au fluor sur la lentille frontale.

Difficile de les départager. C'est donc une égalité pour ce premier point !

  Tamron SP 90 mm f/2,8 Di VC USD Canon EF 100 mm f/2,8 L IS USM
   Tamron SP 90 mm f/2,8 Di VC USD Canon EF 100 mm f/2,8 L IS USM
Monture Canon, Nikon, Sony Canon
Format couvert 24 x 36 mm 24 x 36 mm
Plage focale 90 mm 100 mm
Équivalent 24x36
sur capteur APS-C
135 mm 160 mm
Ouverture maximale f/2,8 f/2,8
Ouverture minimale f/32 f/32
Distance de mise au point 0,3 m 0,3 m
Nombre de lamelles
du diaphragme
9 9
Construction 14 lentilles en 11 groupes 15 lentilles en 12 groupes
Éléments spécifiques 1 lentille LD, 2 lentilles XLD, traitement eBAND et BBAR 1 verre UD
Échelle des distances oui oui
Rapport de reproduction 1x 1x
Motorisation oui oui
Stabilisation oui oui
Dimensions 79 x 117,1 mm 77,7 x 123 mm
Diamètre filtre 62 mm 67 mm
Poids 610 g 625 g
Pare-soleil oui oui
Étui souple non oui

Prise en main : AVANTAGE CANON

Même au niveau de la prise en main, il est difficile de départager ces deux objectifs ! Commençons par les mensurations : le modèle Tamron est un peu plus court, mais légèrement plus large que la version Canon. Question poids, les deux objectifs se talonnent, avec un peu plus de 600 g dans les deux cas.



Côté design, ce sont deux philosophies différentes. Tamron joue la carte de l'élégance et de la discrétion, quand Canon, sur ses séries L, s'affirme plus avec un aspect professionnel. Au niveau des différences, on peut noter une finition métal pour le Tamron, alors que Canon opte pour un plastique texturé mat. Même si la version métal est plus flatteuse, on sait que les corps en plastiques sont "souples" au niveau des changements brutaux de températures (chocs thermiques).



Pour ce qui est de la mise au point, les deux objectifs sont toutes options : une bague large et confortable à utiliser, des repères de butée, une course modérée, un indicateur de distance de mise au point dynamique, un limitateur  de plage de mise au point (avec une option en plus sur le modèle Canon). La position des bagues est cependant différente. Sur le Tamron, elle est vers l'extérieur de l'objectif, alors que sur le Canon elle est au centre. Sur ce point, nous donnons l'avantage à Tamron. Son usage est plus naturel et favorise la stabilité. Par contre, niveau fluidité, c'est Canon qui reprend l'avantage avec une bague un peu plus précise.



Au final, nous penchons légèrement pour la version Canon, mais la prise en main est aussi excellente sur le modèle Tamron.

Tests labo : avantage TAMRON

Nous avons testé le 90 mm et le 100 mm avec un Canon EOS 5Ds R et son capteur 24 x 36 mm de 50 Mpx. Le boîtier dispose d'une définition de 8 736 x 5 856 pixels. Chaque pixel mesure donc 4 µm de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11.

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11, par exemple.

De plus, le piqué va dépendre de la définition du capteur de votre appareil et de la taille de son capteur (le Canon EOS 5DsR bénéficie d'un capteur 24 x 36 mm de 50 Mpx). Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Soyons clairs tout de suite : ces deux objectifs sont excellents et disposent d'une qualité optique remarquable ! Le niveau de piqué est très élevé et constant jusqu'à f/11. Au-delà, la diffraction fait son apparition et fait chuter le piqué général de l'image jusqu'à devenir une jolie bouillie inexploitable à f/32. C'est au centre de l'image que le piqué est le plus fort, et ce, dès la plus grande ouverture f/2,8. On observe un décalage de netteté entre le centre et les bords qui se tasse à mesure que l'on ferme le diaphragme.

D'après les mesures effectuées en laboratoire, le Canon et le Tamron sont au coude-à-coude, même si ce dernier a une petite longueur d'avance au niveau du piqué et de l'homogénéité. L'avantage va donc à Tamron, mais en observant les planches de comparaison, difficile de déceler des nuances entre ces deux objectifs qui sont au final excellents et se valent largement.





Testés avec Imatest
















Test terrain : Égalité

La différence entre un 90 mm et un 100 mm est assez faible. Le 100 mm, légèrement plus long, vous permettra de prendre un tout petit peu plus de distance vis-à-vis de votre sujet et le flou d'arrière-plan sera un peu plus diffus. Si vous utilisez le modèle Canon sur un reflex équipé d'un capteur au format APS-C, vous obtenez un "équivalent" 160 mm, alors qu'avec le Tamron, vous obtenez un 135 mm (coefficient de conversion de 1,6x chez Canon).


Canon EF 100 mm f/2,8 L IS USM.

Nous l'évoquions dans les tests : il ne faut pas sous-estimer la polyvalence d'un objectif macro de ce type. Outre ses possibilités évidentes en photo très rapprochée de faune, de flore ou même de détail (textures, par exemple), c'est aussi une arme redoutable en portrait. En portrait "classique" évidemment, pour des images en pied ou des plans américains, mais aussi en portrait rapproché. La très faible distance de mise au point permet de réaliser des images uniques avec des effets de profondeur de champ très marqués, malgré la relativement faible ouverture maximale de f/2,8.


Tamron SP 90 mm f/2,8 Di VC USD.

Ces deux objectifs procurent des effets de profondeur de champ assez marqués en utilisation standard. Il est très facile de détacher un sujet principal de son arrière-plan dans un beau et doux flou. Pour peu que l'arrière-plan ne soit pas trop proche du sujet, il sera noyé dans un flou très diffus et agréable à l'œil.

Par contre, n'oublions pas que la profondeur de champ est intimement liée à la distance de mise au point. En utilisation macro, à 30 cm, elle est extrêmement courte et nécessite une précision redoutable pour positionner le plan de netteté. La moindre erreur est immédiatement sanctionnée !


Canon EF 100 mm f/2,8 L IS USM.

Tamron SP 90 mm f/2,8 Di VC USD.

Ces deux objectifs présentent peu de défauts optiques. Commençons par oublier les distorsions : ils en sont tous les deux dépourvus, pour notre plus grand plaisir. Quant aux aberrations chromatiques, elles sont très faibles, voire inexistantes sur le Canon. Sur le modèle Tamron, on les ressent légèrement à la plus grande ouverture sur les bords des images. Le vignetage est pour sa part de la partie. Pour vous en débarrasser totalement, vous devrez fermer à f/5,6.

 
Distorsions : à gauche le Tamron, à droite le Canon.

Duel - Tamron SP 85 mm f/1,8 Di VC USD Vs Canon EF 85 mm f/1,8 USM  
Vignetage à f/2,8 : à gauche le Tamron, à droite le Canon.


 
Aberrations chromatiques à f/2,8 : à gauche le Tamron, à droite le Canon.

En macro, les effets de flou de bougé du photographe sont souvent présents. Cette technique nécessite généralement d'utiliser des temps de pose relativement longs et des ouvertures de diaphragmes réduites de façon à obtenir une grande profondeur de champ. Il faut donc souvent travailler avec un trépied et, dans certains cas, ajouter un retardateur pour laisser le temps à l'appareil de se stabiliser après avoir appuyé sur le déclencheur. L'utilisation d'une stabilisation optique peut donc être d'une grande aide et permet d'envisager la réalisation de macros à main levée.

Ces deux objectifs proposent des stabilisations optiques supposées optimisées pour la macrophotographie. Dans les faits, nous avons un peu déchanté sur leur efficacité. Dans le cadre d'une utilisation classique, nous avons réussi à descendre à main levée au 1/25 s, grâce à la stabilisation optique. Cela équivaut donc à un gain de 2 IL. En macro (et pas au rapport maximum), nous avons gagné 1 IL. Ce n'est finalement pas grand-chose, mais c'est toujours cela de gagné.






Canon EF 100 mm f/2,8 L IS USM.


Tamron SP 90 mm f/2,8 Di VC USD.

Match nul pour ce qui du test terrain entre ces deux objectifs qui proposent peu ou prou les mêmes performances et la même polyvalence.

Vous pouvez télécharger les fichiers originaux (JPEG et RAW) en pleine définition des tests terrain respectifs du Tamron et du Canon.

Verdict : égalité

C'est la première fois que cela arrive ! Nous sommes contraints de déclarer match nul pour ce duel. En effet, positionnés grosso modo au même tarif et disposant de possibilités comparables, ces deux objectifs sont au coude-à-coude sur tous les plans et jouissent tous deux d'une très bonne qualité optique.

Si on est tatillon, on peut souligner le fait que le Tamron offre un rendu un peu plus piqué et homogène que le Canon. Par contre, niveau prise en main, le Canon reprend l'avantage avec une bague de mise au point manuelle plus précise que sur le Tamron. Les 10 mm de plus du Canon assurent de prendre un peu plus de distance vis-à-vis du sujet à photographier et amplifier les flous d'arrière-plan. En revanche, et nous tenons à le souligner, nous avons été déçus par les performances de la stabilisation optique qui ne fait gagner "que" 1 IL en macro.




En alternative, il y a bien entendu le modèle Sigma présenté au CP+ en 2011, le Macro 105 mm f/2,8 EX DG OS HSM également équipé d'une stabilisation optique, que l'on peut s'offrir pour environ 550 €. Nous allons nous empresser de contacter Sigma pour qu'ils nous prêtent une version de cette optique et que nous affinions ce beau duel.

> Toutes les focales fixes testées
> Tous nos duels
> Toute l'actualité (tests et articles)
> Suivez en direct l'actualité photo sur la page Facebook de Focus Numérique

PARTAGER
Contact Vie privée, Cookies Conditions Générales d'Utilisation