Canon EF 100 mm f/2,8 L Macro IS SUM

Comme en témoigne le L qui apparaît dans sa dénomination, le Canon EF 100 mm f/2,8 L Macro IS SUM vise le haut de gamme. Outre les options classiques pour ce type d'objectif — en particulier la limitation de la course, permettant de gagner du temps en utilisation non-macro —, on note l'arrivée pour la première fois d'un stabilisateur sur un objectif macro Canon. Il s'agit bien entendu du nouveau système Hybrid IS, qui compense aussi bien les translations que les rotations et doit être particulièrement adapté à une utilisation aux forts rapports de reproduction.

Caractéristiques

Monture : Canon
Format couvert : 24 x 36 mm
Plage focale : 100 mm
Équivalent 24x36 sur capteur APS-C : 160 mm
Ouverture maximale : f/2,8
Ouverture minimale : f/32
Distance de mise au point : 0,30 m
Nombre de lamelles du diaphragme : 9
Construction : 15 lentilles réparties en 12 groupes
Éléments spécifiques : un verre UD
Échelle des distances : oui
Rapport de reproduction : 1:1
Motorisation : oui
Stabilisation : oui
Dimensions : 77,7 x 123 mm
Diamètre filtre : 67 mm
Poids : 625 g
Pare-soleil : oui
Étui souple : oui

Prise en main

Le 100 mm macro f/2,8 signé Canon est dans la droite ligne des objectifs professionnels de la gamme L. Il jouit d'une excellente qualité de construction avec un corps en plastique texturé noir mat (avantage pour le poids et les chocs thermiques). Sur le devant, on retrouve la traditionnelle bague rouge, signature de la gamme L chez Canon. Petite particularité, le pourtour de lentille frontale est vierge de toute information. Les inscriptions de rigueur se situent sur le corps de l'objectif lui-même. 



Ce 100 mm est relativement compact et léger : un peu plus de 12 cm de long et un peu plus de 600 g. Ses mensurations se coordonnent parfaitement avec le gabarit d'un boîtier comme le 5D. IL peut sans aucun problème être utilisé à main levée durant de longues séances de prises de vue.

Conçu pour un usage terrain, il jouit d'une construction parée à affronter les pires conditions de prises de vues (humidité, poussière). Il intègre également une conception à mise au point interne : quelle que soit la distance de mise au point choisie, les dimensions de l'objectif restent inchangées et la frontale, fixe.



L'unique bague de réglage dédiée à la mise au point est large et confortable à utiliser. Sa fluidité est parfaite et on dispose de légers repères aux extrémités (distance minimale de mise au point en infini). Sa course relativement faible se "focalise" principalement entre 0,3 et 0,5 m. On retrouve sur le dessus un indicateur de distance de mise au point dynamique. Sur le côté de l'objectif sont disposés les interrupteurs : un limitateur de plage de mise au point, l'activation de l'autofocus et l'activation de la stabilisation optique.

Test labo

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple.

De plus, le piqué va dépendre de la définition du capteur de votre appareil (nous avons testé l'objectif avec un 5DsR de 50 Mpx) et de la taille de son capteur (24 x 36 mm pour le 5DsR). Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Le 5DsR dispose d'une définition de 8 736 x 5 856 px. Chaque pixel mesure donc 4 micromètres de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11 !

Pas de doute, ce 100 mm macro est excellent. Le niveau de piqué est très élevé et constant jusqu'à f/11. Au-delà, la diffraction fait son apparition et fait chuter le piqué général de l'image jusqu'à devenir une jolie bouillie inexploitable à f/32. C'est au centre de l'image que le piqué est le plus fort et ce, dès la plus grande ouverture f/2,8. On observe un décalage de netteté entre le centre et les bords qui se tasse à mesure que l'on ferme le diaphragme.



Testé avec Imatest




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Comparons maintenant ce 100 mm macro à son concurrent direct chez Tamron (90 mm f/2,8 Di VC USD) et chez Sony (90 mm f/2,8 G OSS). Un duel spécifique entre le Canon et le Tamron sera publié sous peu. Il nous manque malheureusement le modèle Nikon (105 mm f/2,8 G IF ED VR) et le Sigma (un 105 mm f/2,8 EX DG OS HSM).

Comme le Tamron, nous avons testé le Canon avec un EOS 5DsR. Le modèle Sony a pour sa part été testé avec un A7 II et son capteur de 24 Mpx. Afin de pouvoir les comparer, nous avons sous échantillonné les images faites avec le 5DsR en 24 Mpx avant de réaliser les planches de comparaison (scène test) et les graphiques Imatest.



 
D'après les mesures effectuées en laboratoire, le Canon et le Tamron sont au coude-à-coude, même si le Tamron a une petite longueur d'avance au niveau du piqué. Ces deux objectifs souffrent cependant d'un manque d'homogénéité entre le centre et les bords des images à presque toutes les ouvertures. Le modèle Sony pour sa part dispose d'une niveau de piqué légèrement moins élevé, mais d'un comportement parfait. C'est donc lui qui ressort "victorieux". Toutefois, en observant les planches de comparaison, il est difficile de déceler des nuances entre ces trois objectifs qui sont au final excellents et se valent largement.

Canon EF 100 mm f/2,8 L IS USM - Imatest 24 mpix

Tamron SP 90 mm f/2,8 Di Macro VC USD - Imatest 24 mpix

Sony FE 90 mm f/2,8 G OSS - Imatest 24 mpix

> Testés avec Imatest

Tamron SP 90 mm f/2,8 Di VC USD @ f/2,8 - 24 mpix
Tamron SP 90 mm f/2,8 Di VC USD @ f/2,8 - 24 mpix

Canon EF 100 mm f/2,8 L IS USM @ f/2,8 - 24 mpix
Canon EF 100 mm f/2,8 L IS USM @ f/2,8 - 24 mpix

Sony FE 90 mm f/2,8 G OSS @ f/2,8 - 24 mpix
Sony FE 90 mm f/2,8 G OSS @ f/2,8 - 24 mpix

Tamron SP 90 mm f/2,8 Di VC USD @ f/5,6 - 24 mpix
Tamron SP 90 mm f/2,8 Di VC USD @ f/5,6 - 24 mpix


Canon EF 100 mm f/2,8 L IS USM @ f/5,6 - 24 mpix
Canon EF 100 mm f/2,8 L IS USM @ f/5,6 - 24 mpix


Sony FE 90 mm f/2,8 G OSS @ f/5,6 - 24 mpix
Sony FE 90 mm f/2,8 G OSS @ f/5,6 - 24 mpix

Tamron SP 90 mm f/2,8 Di VC USD @ f/11 - 24 mpix
Tamron SP 90 mm f/2,8 Di VC USD @ f/11 - 24 mpix



Canon EF 100 mm f/2,8 L IS USM @ f/11 - 24 mpix
Canon EF 100 mm f/2,8 L IS USM @ f/11 - 24 mpix

Sony FE 90 mm f/2,8 G OSS @ f/11 - 24 mpix
Sony FE 90 mm f/2,8 G OSS @ f/11 - 24 mpix

Test terrain

La focale

Une focale correspond à un angle de champ – ou angle de vision – couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.

Voici ce que l'on obtient avec le 100 mm monté sur un reflex équipé d'un capteur 24 x 36 mm. Monté sur un reflex équipé d'un capteur APS-C, il devient un équivalent 160 mm (coefficient de conversion de 1,6x). Ce 100 mm est une optique avant tout pensée pour la macro qui permet de garder une distance raisonnable avec son sujet. Elle est également assez bien adaptée aux portraits.

Marque : Canon
Modèle : Canon EOS-1D X Mark II
Vitesse : 1/500 s, ouverture : f/6.7
Sensibilité : 3200 ISO
Focale : 100 mm, décalage expo : 0 IL
Objectif : Canon EF 100 mm f/2,8 L Macro IS SUM
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Marque : Canon
Modèle : Canon EOS-1D X Mark II
Vitesse : 1/90 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 1250 ISO
Focale : 100 mm, décalage expo : 0 IL
Objectif : Canon EF 100 mm f/2,8 L Macro IS SUM
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Le vignetage

Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (Indice de Lumination) : la valeur indiquée mesure la différence, en IL, entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Ce 100 mm vignette. On ressent le phénomène principalement aux plus grandes ouvertures et ce, jusqu'à f/4. Au-delà, il devient négligeable. Avantage ou inconvénient, cela dépend des cas de figure et des préférences de chacun. Quoi qu'il en soit, il se corrige facilement en post-production.





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Distorsions

Les objectifs ont tendance à "tordre la réalité". Les aberrations géométriques apparaissent lorsque l'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.

Oubliez les distorsions !


Stabilisation optique

Le principe d'un stabilisateur optique est simple : l'objectif est équipé d’une petite lentille montée sur un système de micromoteurs qui lui permet d’être mobile, c’est-à-dire de pouvoir bouger dans deux directions : verticale et horizontale. Ces micromoteurs sont actionnés grâce à un système gyroscopique qui détecte les moindres mouvements de l’objectif (et donc du bras du photographe), et les compense afin de les corriger. Très schématiquement, si on monte très légèrement son appareil vers le haut, la lentille dans l’objectif se déplace vers le bas et les deux mouvements s’annulent d’un point de vue optique : c’est comme si on n’avait pas bougé.

En macro, les effets de flou de bougé du photographe sont beaucoup plus présents. Généralement, cette technique photographique nécessite d'utiliser de "relatifs" longs temps de pose et des ouvertures fermées pour avoir une grande profondeur de champ. Du coup, c'est souvent avec un trépied qu'il faut travailler. Dans certains cas, on ajoute même un retardateur pour laisser le temps à l'appareil de se stabiliser après avoir appuyé sur le déclencheur. L'utilisation d'une stabilisation optique peut donc être d'une grande aide pour envisager la réalisation de macros à main levée.

Dans un cadre d'utilisation "normale", grâce à la stabilisation optique de ce 100 mm, nous avons réussi à descendre à main levée au 1/25 s. Cela équivaut donc à un gain de 2 IL. En macro (et pas au rapport maximum), nous avons gagné 1 IL. Ce n'est finalement pas grand-chose, mais c'est toujours ça de gagné.

Rappelons que cet objectif est le premier du nom à intégrer la stabilisation optique hybride de Canon, spécialement développée pour les prises de vue rapprochées.

Canon : stabilisation optique plus efficace en macro




Bokeh

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou – notion très subjective, même si certains éléments permettent de prévoir les choses – sur des images à faible profondeur de champ. Il dépend de nombreux paramètres dont principalement la conception de l'objectif, la forme et la taille du diaphragme.

Ce 100 mm a une ouverture maximale de f/2,8 ce qui qui lui permet de procurer des effets de profondeur de champ assez marqués en utilisation standard. Il est très facile de détacher un sujet principal de son arrière-plan dans un beau et doux flou. Pour peu que l'arrière-plan ne soit pas trop proche du sujet, il sera noyé dans un flou très diffus et agréable à l'œil.

Par contre, n'oublions pas non plus que la profondeur de champ est intimement liée à la distance de mise au point. En utilisation macro, à 30 cm, elle est extrêmement courte et nécessite une précision redoutable pour positionner le plan de netteté. La moindre erreur est immédiatement sanctionnée !





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Galerie terrain

Marque : Canon
Modèle : Canon EOS-1D X Mark II
Vitesse : 1/90 s, ouverture : f/5.6
Sensibilité : 1250 ISO
Focale : 100 mm, décalage expo : 0 IL
Objectif : Canon EF 100 mm f/2,8 L Macro IS SUM
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Marque : Canon
Modèle : Canon EOS-1D X Mark II
Vitesse : 1/90 s, ouverture : f/5.6
Sensibilité : 500 ISO
Focale : 100 mm, décalage expo : 0 IL
Objectif : Canon EF 100 mm f/2,8 L Macro IS SUM
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Marque : Canon
Modèle : Canon EOS-1D X Mark II
Vitesse : 1/90 s, ouverture : f/3.5
Sensibilité : 400 ISO
Focale : 100 mm, décalage expo : 0 IL
Objectif : Canon EF 100 mm f/2,8 L Macro IS SUM
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Marque : Canon
Modèle : Canon EOS-1D X Mark II
Vitesse : 1/250 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 100 ISO
Focale : 100 mm, décalage expo : 0 IL
Objectif : Canon EF 100 mm f/2,8 L Macro IS SUM
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Marque : Canon
Modèle : Canon EOS-1D X Mark II
Vitesse : 1/90 s, ouverture : f/5.6
Sensibilité : 400 ISO
Focale : 100 mm, décalage expo : 0 IL
Objectif : Canon EF 100 mm f/2,8 L Macro IS SUM
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Marque : Canon
Modèle : Canon EOS-1D X Mark II
Vitesse : 1/500 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 100 ISO
Focale : 100 mm, décalage expo : 0 IL
Objectif : Canon EF 100 mm f/2,8 L Macro IS SUM
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Verdict



Impossible de ne pas recommander cet objectif qui se présente comme un "must have" dans toute besace de photographe. Il ne faut pas sous-estimer la polyvalence d'un objectif macro de ce type. Outre ses possibilités évidentes en photo très rapprochée de faune, de flore ou même de détail (textures, par exemple), un 100 mm macro est aussi une arme redoutable en portrait. En portrait "classique" évidemment, par exemple des images en pied ou en plan américain, mais aussi en portrait rapproché. La très faible distance de mise au point permet de réaliser des images uniques avec des effets de profondeur de champ très marqués, et ce, malgré une relative faible ouverture maximale de f/2,8.

Passé ces considérations d'usage, force est de constater que le Canon EF 100 mm f/2,8 L Macro IS SUM jouit d'une conception s'approchant de la perfection, à l'image de nombreuses optiques en série L chez Canon : design, qualité de construction (protection tout temps), finitions et prise en main sont au rendez-vous.

Niveau qualité optique, c'est également très bon, avec un fort niveau de piqué (surtout au centre) dès la plus grande ouverture. On note cependant un manque d'homogénéité entre le centre et les bords des images aux plus grandes ouvertures. Pour le reste, oubliez les aberrations chromatiques et les distorsions. Le vignetage, lui, est de la partie et présent jusqu'à f/4.

Enfin, nous apprécions la présence d'une stabilisation optique : un atout de plus en termes de polyvalence pour réaliser des images à main levée. Cependant, nous sommes assez déçus de ses performances : 2 IL en cadrage "normal" et 1 IL en macro. Quoi qu'il en soit, la photo en macro à main levée n'est pas chose facile. En effet, dans le viseur, on peut vite avoir le tournis (précision du cadrage, travail de l'AF et action de la stabilisation optique). De plus la très faible profondeur de champ à f/2,8 limite les possibilités de prise de vue à main levée.

Points forts

Points faibles

Qualité de construction

Performances de la stabilisation optique

Finitions, design

Manque d'homogénéité du piqué entre le centre et les bords des images aux plus grandes ouvertures

Prise en main

Vignetage visible jusqu'à f/4

Stabilisation optique

 

Qualité optique générale

 

Piqué élevé au centre dès f/2,8

 

Pas de distorsions

 

Pas d'aberrations chromatiques

 


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