Fujifilm X-T2test review vue avec 35 mm f/2
Le X-T2 de Fujifilm monté avec son grip d'alimentation.

Gabarit

Le Fujifilm X-T2 est un hybride APS-C haut de gamme (semi-pro, pro...) assez compact. Le gain, par rapport à des reflex équivalent comme le Nikon D500 ou le Canon 7D Mark II, est vraiment intéressant avec un volume deux fois moindre. Ainsi, le X-T2 (sans optique) occupe presque 600 cm3, alors que le Nikon D500 atteint 1 370 cm3. Au niveau du poids, le constat est similaire : le X-T2 se limite à 507 g (avec batterie et carte mémoire), contre 860 g pour le Nikon D500 (carte XQD). Là encore, l'écart est important et appréciable.

Fujifilm X-T2 test review comparaison dimensions
Source : Camerasize.


Ergonomie

Le nouvel hybride Fujifilm reprend la ligne de son frère aîné le X-T1, ainsi que sa qualité de construction. Le fabricant assure une finition à l'épreuve des intempéries et nous avons noté des joints en mousse au niveau des trappes batteries et cartes. Avec les optiques dotées de joints caoutchouc, le X-T2 ne devrait pas frémir devant une pluie hivernale ou un vent de sable en plein désert.

hybride Fujifilm X-T2 test review nu
Vue directe sur le capteur APS-C X-Trans III du X-T2.

Le X-T2 est-il est une copie parfaite du X-T1 ? À première vue, il serait assez simple de répondre par l'affirmative. Un examen plus attentif met en lumière quelques changements bienvenus.

Ainsi, sur le dessus de l'appareil, la commande vidéo (rouge) disparaît : il faudra désormais chercher le mode vidéo au niveau de la couronne sous la molette ISO. Le correcteur d'exposition dispose maintenant d'un mode C qui permet d'atteindre des valeurs supérieures, jusqu'à +/- 5 IL. Des éléments que vous avions déjà rencontré sur le X-Pro2.Fujifilm X-T2 test review vue de dessus Heureusement, le X-T2 ne reprend pas le système de couronne pour la sensibilité ISO, qui ne nous avait guère convaincus sur le modèle à visée hybride optique/électronique. Ici, la sensibilité ISO a son propre barillet cranté de 200 à 12 800 ISO avec des positions L (Low), Auto et H (High). Cette dernière peut être assignée à 25 600 ou 51 200 ISO selon votre bon vouloir. Le mode Auto propose 3 configurations personnalisables : ISO mini, max et temps de pose minimal. L'appareil n'est pas capable de sélectionner automatiquement ce temps de pose en fonction de l'optique utilisée ; il faudra donc penser à régler ce paramètre à chaque changement.

Fujifilm X-T2 test review menu iso auto

Pour le reste des commandes supérieures, vous retrouverez une ergonomie "à l'ancienne" avec des molettes gravées pour régler le temps de pose ou corriger l'exposition. Avec une optique disposant d'une bague de diaphragme, vous accédez manuellement à tous vos réglages d'exposition. Vous disposez également de deux leviers pour modifier la motorisation (et accéder à la vidéo) et modifier la mesure d'exposition. Notez que le mode pondéré central est désormais présent : une excellente nouvelle !
Ces deux leviers, placés sous les molettes ISO et temps de pose, souffrent du manque de place et sont difficilement accessibles. Il en va de même pour la touche Fn, trop à l'étroit entre le barillet pour le temps de pose et le correcteur d'exposition. Là encore, il sera difficile de modifier les paramètres en hiver avec des gants. C'est le prix à payer pour une telle compacité. À tout garder, l'ancienne touche vidéo était plus accessible.

Le dos est également assez complet avec différentes touches, une molette de réglage, un trèfle de sélection et un joystick pour déplacer le collimateur autofocus. Les boutons sont malheureusement assez petits et à peine affleurants. Des commandes mieux dessinées auraient été plus pratiques ; là encore, il faut batailler pour les activer. Seul le joystick est facilement accessible.

Fujifilm X-T2 test review vue de dosLe Fujifilm X-T2 vue de dos avec sa poignée d'alimentation.

Vous retrouverez la touche Q qui permet d'accéder à un menu de réglage rapide. Dommage que l'écran ne soit pas tactile, ce qui aurait rendu les opérations encore plus rapides.
Le boîtier est également facile à personnaliser et vous disposez de 8 commandes paramétrables. Comme la plupart des hybrides de la marque, le X-T2 dispose d'une fonction très pratique. Il suffit de maintenir la touche Disp appuyée pour faire apparaître le menu de configuration. Simple et efficace comme on aime ! Nous regrettons seulement l'absence d'un rétroéclairage de certaines touches qui permettrait une navigation plus aisée dans les menus et les options dans la pénombre. Le X-T2 étant particulièrement à l'aise dans les hautes sensibilités ISO et discret au niveau du déclenchement, il sera sans doute largement utilisé pour les spectacles.

Fujifilm X-T2 hybride test review personnalisation des commandes

Avec l'apparition d'un X70 à l'écran tactile, nous attendions tous sa généralisation sur les modèles suivants. L'absence d'une telle fonctionnalité sur le X-Pro2 pouvait laisser craindre le pire pour le X-T2, et nous n'avions pas tort. Le nouvel hybride ne dispose toujours pas de cette fonction pourtant si pratique. C'est un choix que nous avons réellement du mal à comprendre. Il est en effet très facile de proposer de désactiver cette possibilité pour ceux qui sont réfractaires et pour un boîtier à plus de 1 500 €, on ne peut pas parler de restriction tarifaire. Bref, il faudra faire sans...

L'écran LCD est monté sur une double charnière qui permet de l'incliner dans une position horizontale et verticale. Le procédé n'a toutefois rien d'évident et il faut déverrouiller le système à l'aide d'un levier afin de choisir l'orientation. Après le système "sur pattes" du Pentax K-1, on se questionne également sur ce choix : pourquoi ne pas simplement mettre l'écran sur une rotule pour offrir à la fois une plus grande liberté et une facilité d'utilisation ?

hybride fujifilm x-t2 test review orientation horizontale de l'écranhybride fujifilm x-t2 test review orientation verticale de l'écran
Sans être tactile, l'écran s'oriente pour une prise en main horizontale ou verticale.

Du côté de la définition, l'écran LCD n'évolue pas et reste sur une dalle de 7,5 cm capable d'afficher 1 040 000 points. Une définition qui demeure inférieure à certains modèles qui offrent parfois jusqu'à 2 360 000 points. L'écran a un ratio 3/2 et l'image occupe la totalité de l'espace, les informations venant en surimpression.

Visée électronique

Exit l’œilleton rond du X-T1 et bienvenue au modèle rectangulaire. S'il a moins de "classe", il s'avère plus confortable pour les porteurs de lunettes et plus efficace pour lutter contre la lumière parasite. La visée est confiée à une dalle Oled de 0,5 pouce (1,5 cm) affichant là 2 360 000 points. Le grossissement est de 0,77x en équivalent 24x36. La visée est donc très large et agréable. Le X-T2 conserve ainsi l'un des meilleurs viseurs électroniques du moment.

Nous aurions aimé une définition supérieure, comme le propose le Leica Q avec une dalle à 3,68 Mpx. Ne boudons pas notre plaisir, la visée est spacieuse, confortable et fluide dans la plupart des situations avec un rafraîchissement à 60 ips en mode normal et 100 ips en mode stimulé. Il faut vraiment être dans l'obscurité pour voir le bruit envahir la visée, mais même dans ce cas, il est possible de cadrer et de réaliser une mise au point, ce qui est toujours appréciable. Bon point, les informations s'orientent, que l'on soit en mode portrait ou en mode paysage. Une option qui n'est malheureusement pas répercutée sur l'écran LCD arrière.

Il est possible d'afficher de nombreuses informations dans le viseur (et l'écran) comme des grilles d'aide à la composition, un niveau électronique (sur 1 seul axe...), un histogramme d'exposition, une échelle des distances et de profondeur de champ.

Autonomie

L'autonomie des batteries constitue généralement un handicap pour les boîtiers hybrides qui sollicitent beaucoup la batterie par la visée électronique ou la visée sur écran. Avec le X-T2, Fujifilm introduit une nouvelle référence de batterie qui répond au doux nom de NP-W126S et présente les mêmes caractéristiques que le précédent modèle (NP-W126) à savoir 8,7 W.h (1 200 mAh / 7,2 V).

Cette batterie permet environ 300 déclenchements et quelques minutes de vidéo en mode normal. C'est mieux qu'avec le X-T1, mais c'est encore loin d'être suffisant. Le nouveau Nikon D3400 annonce plus de 1 200 clichés avec une seule batterie.

En outre, il est possible de basculer le boîtier en mode "stimulé" (dans la gestion de l'alimentation ou en appuyant sur la touche du bas sur le trèfle de sélection par défaut) pour bénéficier d'un rafraîchissement du viseur à 100 ips et de grappiller quelques millisecondes en autofocus. Dans ce mode, l'autonomie de la batterie fond comme neige au soleil et nous avons à peine pu dépasser 250 vues...

Fujifilm X-T2 test review mode boost
Une pression sur le bouton bas du trèfle permet de passer en mode stimulation (boost).

Le X-T2 est livré avec un charger de batterie (sans témoin de niveau de charge) et on peut désormais recharger l'appareil à l'aide d'un câble micro-USB : une excellente nouvelle. Dommage qu'il ne soit pas possible d'utiliser l'appareil pendant la recharge.

Pour plus d'autonomie, il n'y a pas 36 solutions : il faut s'équiper d'une poignée d'alimentation, la VPB-XT2 (330 €), qui permet d'embarquer 2 batteries supplémentaires. La poignée est compatible avec les anciennes batteries NP-W126. Au total donc, ce sont 3 batteries qui peuvent être embarquées pour tutoyer les 1 000 déclenchements.

Fujifilm X-T2 hybride test review poignée alimentation et batteries VPB-XT2
Le Fujifilm X-T2 et sa poignée d'alimentation et booster. 3 batteries peuvent être embarquées.

Cette poignée est plus qu'un grip d'alimentation : c'est un ce qu'on appelle un "booster". C'est le deuxième "stimulant" pour le X-T2. Avec le VPB-XT2, la cadence rafale monte à 11 ips avec un obturateur mécanique (toujours 14 ips en obturation électronique) et globalement, l'appareil devrait être un petit peu plus réactif. Dans ce mode, l'autonomie baisse également pour atteindre péniblement 700 vues.

hybride fujifilm x-t2 test review bouton boost de la poignée VPB-XT2

À ce stade, il peut être utile de faire un récapitulatif des modes booster ou stimulants :

Mode boost Boost poignée fonction normal boost
oui oui rafraîchissement visée 60 ips 100 ips
oui oui réactivité autofocus 0,08 s 0,06 s
  oui latence en deux déclenchements 0,19 s 0,17 s
  oui latence au déclenchement 0,05 s 0,045 s
  oui temps aveugle 0,13 s 0,114 s
  oui cadence maximale 8 ips 11 ips

Les gains sont donc parfois très intéressants, parfois beaucoup moins.

Contrairement à la poignée du X-T1, le VPB-XT2 est légèrement plus large que le boîtier, ce qui donne une allure un peu évasée à l'ensemble. Sans être laid, ce grip manque certainement d'élégance. Il donne également accès à une alimentation secteur pour recharger les deux batteries et une sortie casque.

Connexions et mémoire

Le Fujifilm X-T2 propose 2 emplacements SD compatibles SD/SDHC/SDXC jusqu'à la norme de communication UHS-I et UHS-II. La trappe s'ouvre sur le côté et dispose d'un système pour éviter les ouvertures intempestives. Les deux slots permettent soit de passer d'une carte à l'autre, lorsque la première est pleine, soit de séparer les JPEG des RAW. Il est possible de choisir la destination des vidéos.

Fujifilm X-T2 hybride test review stockage carte mémoire

Côté connectique, le nouvel hybride de Fujifilm est assez classique avec :
    • • sur le côté :
    • – sortie USB 3,
    • – entrée micro stéréo mini-jack 3,5 mm (il n'y a pas de sortie casque, qui est reléguée sur la poignée d'alimentation),
    • – sortie HDMI (micro / type D) ;
  • • à l'avant :
    • – synchro flash ;
  • • interne :
    • – puce Wi-Fi.
  •  
Fujifilm X-T2 hybride test review connexions
L'application Fujifilm Camera Remote permet de prendre le contrôle de l'appareil à distance et sans fil. Pour cela, il suffit de démarrer le serveur Wi-Fi sur le X-T2 et de demander une connexion à partir de l'application sur le smartphone ou la tablette. L'application, assez riche, permet de modifier de nombreux paramètres à la prise de vue. Il est également possible de télécharger les images présentes sur la carte et de géolocaliser les clichés.

Fujifilm X-T2 test review hybride application wifi

Si cette connexion est rapide, elle nécessite bon nombre de manipulations. Il est vrai qu'après avoir goûté à la simplicité du SnapBridge de Nikon, qui assure une liaison permanente pour transférer les images de manière immédiate, la solution Wi-Fi semble désormais un peu vieillissante.

Menus et opérations

Les menus du X-T2 sont relativement simples, mais les traductions, parfois hasardeuses. Ainsi, la cadence rafale est traduite par "Élan de vitesse" et certaines parties ne semblent pas (ou mal) traduites, à l'image du drive-einstellung... Malheureusement le X-T2 n'embarde pas d'aide contextuelle pour expliciter telle ou telle option. Il faudra consulter la documentation technique régulièrement. De plus, quelques incohérences sont à pointer. Pourquoi retrouver la connexion sans fil dans le menu de réglage de la prise de vue ? Pourquoi l'option de formatage de carte est-elle localisée dans la configuration utilisateur ?

Fujifilm X-T2 test review menus

Bon point, il est possible de personnaliser un menu afin de regrouper les options que vous utilisez le plus souvent et éviter ainsi des recherches fastidieuses dans les menus. Un clic prolongé sur la touche Disp affiche le menu de personnalisation des commandes.

Test fujifilm X-T2 test review
Menus de personnalisation du boîtier.

Bruit au déclenchement

Le X-T2 est un boîtier plutôt discret et si vous trouvez le déclenchement encore trop bruyant, vous pouvez basculer en obturation électronique, qui rend l'utilisation de l'hybride totalement silencieuse. Voici qui devrait ravir les photographes de studio ou de spectacle.

Logiciels

Le X-T2 est livré avec le logiciel Silkypix "assaisonné à la sauce" Fujifilm. C'est pour l'instant le seul logiciel à pouvoir traiter les fichiers bruts du boîtier. Il faut bien avouer que le X-Trans CMOS III est un excellent capteur, mais sa technologie particulière (pas de matrice de Bayer) freine les développements par des compagnies tierces.
Les choses évoluent cependant et les principaux acteurs du marché, hormis DxO Optics Pro, savent désormais traiter les fichiers RAW X-Trans, mais les mises à jour sont généralement plus lentes. Notez toutefois que les fichiers RAW sont d'ores et déjà traités par Adobe Lightroom, avec la possibilité d'appliquer les différents profils couleur, comme le fameux Acros.

Traitement fichier brut Fujifilm X-T2 Acros dans Lightroom

Dans un premier temps, il faudra donc se contenter de Silkypix. Si l'interface est assez austère, le logiciel permet de profiter pleinement du potentiel des images.

Notez que les fichiers JPEG du X-Pro2 (et c'est valable pour tous les boîtiers X-Trans) sont d'une remarquable qualité et qu'il est parfois difficile d'atteindre le même niveau de traitement du bruit électronique ou de rendu des détails avec le logiciel.

Fujifilm X-T2 logiciel développement
Le logiciel de développement des fichiers bruts livrés par Fujifilm.

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