Le mode vidéo est une composante importante du Fujifilm X-T2. Vous en trouverez ici les caractéristiques, suivies du test labo. Pour le test terrain, nous avons demandé à notre spécialiste Emmanuel Pampuri de décortiquer pour nous les nouveautés présentes dans le boîtier.

Caractéristiques vidéo

Formats et modes

Le Fujifilm X-T2 est capable de filmer aussi bien en UHD (3 840 x 2 160 px) qu'en HDTV 1080, ce qui lui offre une belle polyvalence pour les vidéastes.

PAL / NTSC 
Tous les fichiers sont encapsulés dans un .MOV et encodés en H.264 (Profil High@L5)
- 4K (3 840 x 2 160 px)] 29,97p / 25p / 24p / 23,98p 100 Mbits/s ;
- HDTV (1 920 x 1 080 px) 59,94p / 50p / 29,97p / 25p / 24p / 23,98p, 100 Mbit/s ;
- HDTV (1 280 x 720 px) 60p / 50p / 30p / 25p / 24p, 50 Mbits/s.

À cette liste, il manque encore un mode d'enregistrement à haute cadence afin de pouvoir réaliser des ralentis fluides.

Test labo

Précision

Nous avons réalisé une série de clips en studio afin d'apprécier lae précision des vidéos produites par le X-T2. Le boîtier était équipé d'une optique 35 mm f/2. 

En mode UHD, la précision est excellente et l'image fourmille de détails. De manière assez étonnante, la conversion du mode UDH vers du HDTV  1080 n'apporte qu'un léger surcroît de précision ; habituellement, la différence avec un clip tourné directement en HDTV 1080 est plus flagrante.

L'enregistrement HDTV 1080 est d'excellente facture, avec là encore un très bon niveau de précision.


Autofocus

L'autofocus du X-T2 manque clairement de souplesse pour la vidéo et s'avère trop saccadé pour une utilisation classique. Il a toutefois l'avantage d'être assez rapide pour suivre un sujet en déplacement. Pour une utilisation dans le reportage ou l'interview, il sera sans doute plus sage de passer en mise au point manuelle.


Test terrain

Pour ce test terrain des fonctionnalités vidéo du Fujifilm X-T2, nous profitons du retour d'expérience d'Emmanuel Pampuri, choisi par la marque pour bêta-tester le boîtier.

Il y a des marques qu'on attend au tournant, Fujifilm en est une pour moi. J'ai longtemps pesté contre le fait que leurs innovations dans le monde de la photo ne soient pas appliquées en vidéo. Fujifilm est une société emblématique du cinéma argentique, grand fabricant de pellicule pour le cinéma et la photo. Quand je shootais en argentique, j'adorais la Velvia, la Sensia et toutes leurs émulsions dédiées au cinéma : les rendus, les textures avaient un côté magique... Je n'ai jamais été très partisan du JPEG direct en photo, car j'ai souvent été déçu. Depuis des années, je shoote en RAW et je post-produis pour sortir mes images — j’aime bien l’idée du développement numérique.

Fujifilm X-T2 test review mode vidéo Pampuri

Aujourd'hui, j’ai la chance d’avoir été choisi comme bêta-testeur pour le X-T2 et je vais vous parler d’un modèle de présérie — le boîtier et l’électronique sont finalisés, mais pas encore le firmware (micrologiciel) ; les spécifications dont je parle pourront donc évoluer dans le temps.

Le matériel utilisé

Pour ce test, j'ai utilisé les optiques Fujinon en monture X. À noter, les excellentes optiques Veydra devraient elles aussi sortir en monture X, ce qui serait une vraie bonne nouvelle.

Pour mes ralentis (timelapse), j'ai utilisé le slider motorisé de chez iFootage, le Sharkslider, ainsi que leur tête motorisée X2 Motion, qui feront l'objet d'une prochaine parution.

Pour la partie en mouvement, je reste fidèle à mon Helix JR de chez Letus, qui est toujours à mon sens le meilleur produit du marché parmi tous les stabilisateurs, même s'il n'offre pas la meilleure stabilisation : les Movi sont peut-être une cran au-dessus (et encore, je pense que je ne le règle pas bien), mais l'Helix JR est le plus ergonomique et le plus agréable à utiliser.

Pour la lumière enfin, j'ai utilisé le SL-Mini de chez DMG Lumière et le BiFlex de chez Aladdin.

Simulation obligatoire !

J'avoue avoir eu une expérience assez étonnante avec ce X-T2 : le passage par la simulation de rendu pellicule sur mon prototype m'a été imposé, pas possible de faire autrement !

En vidéo, depuis quelque temps maintenant, je travaille soit en RAW aussi, quand les moyens de le production le permettent, soit en Log. Quand on a pas la possibilité de faire du RAW, la méthode actuelle est plutôt de tourner avec un profil très neutre — SLog chez Sony, Vlog chez Panasonic, Canon Log, etc. — pour retravailler ensuite tout cela dans le logiciel d'étalonnage. Mais là, impossible : le modèle qu'on m'a prêté pour mes tests ne proposait que ce mode de simulation de pellicule.

Fujifilm X-T2, test terrain du mode vidéo par Emmanuel Pampuri

Vu que je n'avais pas le choix, et que les gens de chez Fujifilm insistaient sur le fait de faire du noir et blanc, je me suis laissé tenter. Finalement, avoir la maîtrise de ce qu'on enregistre et se dire que ça correspond à ce qu'on voit dans le viseur, ce n'est pas si mal. Certes, j'ai quelques contre-jours assez violents que j'aurais pu bien mieux rattraper si j'avais été en Log, mais ça fait du bien aussi de pouvoir revenir sur ce genre de sensations. Quand j'ai commencé avec l'informatique dans les années 1980 (oui, je suis vieux), on parlait du "WYSIWYG" pour "What You See Is What You Get" ("ce que vous voyez [à l'écran] est ce que vous obtenez [comme résultat])... C'était appliqué à la PAO et la mise en page, et l'on retrouve ici ce genre de méthode.

Au final, je suis assez fier du résultat, et je me dis que c'est plutôt bien d'avoir des profils d'image comme ceux que propose Fujifilm : ils apportent une vraie qualité et un vrai rendu, directement appliqués sur les rushs — pourquoi pas, après tout, tout le monde n'a pas forcément la maîtrise ou la volonté de passer des heures à faire de l’étalonnage.

Pour cette raison, Fujifilm a créé aussi un log nommé F-Log, mais qui n’est accessible que via l’enregistreur externe, sur la sortie HDMI ; si l’enregistrement interne se passe en 4:2:0 8 bits encodé en H.264, la sortie HDMI, elle, permet en effet d’enregistrer en 4:2:2 8 bits.
Sans enregistreur externe, on peut choisir entre des résolutions HD ou UHD, mais pas une vraie résolution DCI (Digital Cinema). On reste sur du 3 840 x 2 160 px sur 24/25 ou 30 images par seconde. Pas de ralentis ni de vrai 24p ; c’est du 23,98 : dommage. Si on utilise un enregistreur externe, comme un Atomos Shogun, on passe en 4:2:2 8 bits. J’aurais préféré du 10 bits, mais ce n’est malheureusement pas le cas.
Fujifilm explique que le F-log n’est pas accessible sur l’enregistrement interne pour une bonne raison : la logique de la courbe logarithmique n’est pas compatible avec un échantillonnage 4:2:0. Mais si on va plus loin, il n’est en théorie pas compatible non plus avec du 8 bits : il faut en théorie du 10 bits. Pour le moment, sur ce type de caméras, il n’y a que le Panasonic GH4 et le Leica SL qui sont capables de sortir du 4:2:2 10 bits sur le HDMI, et encore une fois, c’est bien dommage. Nombreux sont les constructeurs qui proposent cependant du Log en enregistrement interne ; c’est moins bon, mais ça peut apporter quelque chose. Il faudra vérifier à l’usage.

Ergonomie vidéo et form-factor

La technologie X-Trans qui se propose en alternative à la matrice de Bayer sur les capteurs CMOS m'a toujours attiré, mais j'avais été refroidi par les premiers essais du X100 qui me faisait pourtant rêver avec son ergonomie oldschool. Non que je sois nostalgique : le syndrome du "c'était mieux avant" a vite tendance à m'agacer fortement. Ce que j'aimais sur le X100 et le X-Pro, c'est ce viseur hybride électronique/optique placé dans le coin (oui je sais, c'est oublier les gauchers de la visée) et son côté "1 bouton = 1 fonction", avec des barillets de sélection plutôt très pratiques.

Certains critiquent la complexité de l’utilisation des molettes avec le barillet de vitesses, par exemple. Pour ma part, j’ai trouvé ça très malin et très efficace.

Fujifilm X-T2 test review mode vidéo Pampuri

Depuis l'arrivé des boitiers hybrides/mirorless, je rêve d'une chose, c'est que les constructeurs s'affranchissent du traditionnel form-factor du boîtier reflex. Les gars, vous n'avez plus de contraintes, vous n'êtes pas obligés de mettre le viseur électronique au milieu ! Ce n'est pas parce qu'on fait ça depuis toujours que c'est la bonne solution ! Le mettre dans le coin, comme sur les X-Pro1 et 2, est une excellente idée. Ça évite d'avoir de grosses et grasses traces de nez sur le LCD arrière et on respire mieux. Regardez ce que fait Leica depuis des années : la visée télémétrique n'est pas forcément l'argument principal des aficionados du Leica M, mais le positionnement du viseur dans le coin qui permet au nez d'avoir un dégagement confortable est un plus indéniable ! Le form-factor des boîtiers de l'ancien temps est principalement à imputer à la présence de la pellicule et de son défilement, à celle de l'obturateur mécanique et surtout du viseur optique. Bref, c'est comme ça, on ne va pas changer les choses du jour au lendemain, mais on devrait s'y employer. Je concevrai peut-être un jour une caméra (c'est mon rêve) et je pense qu'il y a beaucoup de choses à faire au niveau ergonomique pour le confort et le plaisir de l’utilisateur.

Parmi les fonctionnalités utiles, notons aussi la présence de 2 emplacements pour cartes SD. J'ignore encore si, dans la version finale, on pourra ou non faire de la sécurisation en Raid 1 sur les 2 cartes, ce qui pourrait être intéressant. Pour le moment, avec la version non finalisée du firmware, seule la bascule entre les 2 slots en continu est proposée.

Côté ergonomie toujours, notons qu'il est possible de choisir le sens de la rotation de la bague de mise au point suivant ses habitudes : c’est rudement bien pensé.

Poignée booster indispensable

Avoir une ergonomie typique photo avec ces argument déclinés à la prise de vues vidéo/cinéma est plutôt un grand atout à mon avis : les boutons tombent vraiment bien sous les doigts, le grip est très bon, surtout avec cette poignée booster optionnelle qui apporte des fonctionnalités supplémentaires pour la vidéo. Elle ajoute notamment de l'autonomie grâce à 2 batteries supplémentaires, et ce n'est pas un mal, car sans cette option, on est vraiment sur quelque chose de totalement insuffisant, proche de la ridicule autonomie des Sony A7x et A6300. Avec 3 batteries, c'est correct.

Fujifilm X-T2 et grip booster

J'insiste sur le fait que je parle d'un modèle de présérie. Sans être vraiment un prototype, la partie logicielle (le fameux firmware) n'est pas définitive et les ingénieurs de Fujifilm travaillent d'arrache-pied pour faire évoluer les choses dans le bon sens. La consommation électrique sera donc forcément améliorée avant la sortie du X-T2 fin septembre / début octobre.

Pour revenir à la poignée booster optionnelle, elle apporte donc, outre les batteries, une prise casque : seule est présente sur le boîtier la prise micro. Ce n’est pas ultra cool, mais au vu de l’autonomie, les videuses devront forcément passer par cette option. La présence du booster augmente aussi la capacité d'enregistrement continu, qui passe de 10 à 30 min, on ne sait pas trop pourquoi — est-ce une raison marketing ou technique ? Pour finir, une prise dédiée à l'alimentation externe est aussi présente sur ce grip booster.

Rendu et qualité d'image

En termes de qualité générale, le X-T2 il est plutôt très bon, même si j’aurais rêvé de le voir doté de la dernière dalle Epson présente dans le Leica SL, d'une résolution de 4 Mpx.

La qualité de l'image est pour moi assez incroyable. Je suis vraiment séduit par ce que j'ai vu : l'image a une signature unique et ces profils sont vraiment très sympas. C'est une image qui a une âme, une identité, une texture, un rendu... C'est très précis et à la fois très modelé, les peaux sont superbes (sauf sur quelques profils qui ont tendance à faire des rendus un peu "rose cochonou"), mais on a de quoi trouver son bonheur. Je suis vraiment sous le charme !

J'ai bien entendu hâte de recevoir le F-Log dans une prochaine mise à jour du firmware et voir ce que le X-T2 est capable d'encaisser en termes de dynamique en vidéo.

Conclusion pour la vidéo

À ce stade (boîtier de présérie avec firmware non définitif), la qualité est vraiment séduisante et l'ergonomie, plutôt plaisante — malgré les petits reproches que j'ai pu lui faire, et qui sont valables pour toutes les marques actuelles (sans compter les aberrations faites par Sony sur les boîtiers A7).
La prise en main est confortable et le X-T2 est agréable à utiliser. Pouvoir filmer de la même manière que je photographie, c'est toujours un plaisir pour moi et je pense qu'on n'a pas forcément besoin d'avoir une caméra sur l'épaule pour faire de la belle image en vidéo.
 


Dans ma vidéo de présentation, j'avais été assez critique sur l'autofocus en vidéo ; le dernier firmware améliore vraiment les choses. Je ferai des tests plus poussés, mais c'est maintenant plutôt utilisable et cela devrait encore progresser.

Du côté de l’ergonomie logicielle, il y a des aberrations qui, je l’espère, seront corrigées avec la version définitive, à commencer par le fait qu’il faut déclarer dans le boîtier qu’on utilise la sortie HDMI pour l’enregistrement, ce qui bloque l’enregistrement interne. La puissance du processeur doit être limitante de ce côté-là. Impossible, donc, de sécuriser votre enregistrement si vous utilisez un enregistreur externe. Cela fragilise un peu trop la chose : quand on sait que tous ses rushs sont tributaires d’un simple câble HDMI, ce n’est pas très rassurant. Autre point : si vous choisissez l’enregistrement externe et que vous voulez repasser ensuite sur l’enregistrement interne, n’oubliez pas de refaire le réglage dans l’interface, sinon vous aurez la mauvaise surprise de constater que rien ne sera enregistré (et on peut vite se faire avoir).

Mais au final, je suis vraiment très agréablement surpris par le rendu de l'image en vidéo et l'ergonomie est vraiment top (si vous me suivez régulièrement, vous savez combien c'est important pour moi !).

Certes, il lui manque encore quelques petites choses pour être vraiment à la hauteur d’un Panasonic GH4 ou d’un Sony A7S II, mais c’est un belle entrée en matière pour Fujifilm. La marque signe là un joli produit, capable de séduire les amoureux de la photo qui ont envie de cinéma numérique tout en conservant leurs habitudes ergonomiques.

Je vous avoue que depuis quelques années, après avoir pas mal utilisé le Canon 5D Mk II, après l’avoir adoré puis détesté pour son évolution timide dans le sens de la vidéo, j’avais longtemps basculé sur les Panasonic GH, puis les Sony A7S en vidéo, sans en être totalement satisfait pour la partie photo. Le Sony A7R II avait retenu toute mon attention et me donne de jolis résultats dans les deux modes, mais il coute deux fois plus cher que ce X-T2 (avec un capteur 24x36 et une résolution de 42 Mpx, certes, mais sans avoir fait de mesures précises, je ne suis pas certain qu’en vidéo la différence soit flagrante).
Le Fujifilm X-T2 pourrait vraiment convaincre ceux qui veulent le meilleur des deux mondes sans faire de sacrifices sur la qualité, que ce soit en photo ou en vidéo. Les simulations de pellicule proposent de jolis rendus et cette orientation me plaît pas mal aussi.

Un grand merci à Fabrice et à toute l'équipe de Fujifilm de m'avoir fait confiance. Je suis vraiment ravi d'avoir été choisi pour ce bêta-test, car comme je le disais plus haut, j'ai toujours été séduit par leur démarche en photo et je rêvais de les voir entrer dans la danse des photocams. Avec le X-T2, c'est désormais chose faite et j'ai vraiment la sensation que c'est le début d'une nouvelle aventure pour ce constructeur. Une affaire à suivre, donc.

Points forts

Points faibles

Qualité d’image Autonomie sans la poignée booster
Simulations de pellicule Poignée booster obligatoire pour la vidéo
Ergonomie générale Pas de ralentis
Rapport qualité d’image / prix Navigation dans les menus parfois étrange
Viseur électronique Sortie en 8 bits seulement
F-log Orientation de l’écran peu pratique en vidéo
  F-Log sur enregistrement externe uniquement


Exemple non compressé :
> Extrait concert UHD (180 Mo)

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