Avec l’arrivée du printemps et de l’été, c’est toute la nature qui s’éveille, se parant pour l’occasion de ses plus belles formes et couleurs. Pour tout photographe amoureux de la nature, c’est aussi l’occasion de réaliser des clichés de la diversité florale de la région. Dans cet article, nous allons voir comment aborder techniquement la photographie de fleurs.

Réussir ses photographies de fleurs

différence entre proxiphotographie et macrophotographie

Dès que l’on aborde la question de la photographie de fleurs, on se retrouve rapidement confronté à deux termes qui perdent souvent les novices : proxiphotographie et macrophotographie. Les deux pratiques permettent d’obtenir des résultats quasi similaires pour un œil non habitué, mais se révèlent pourtant techniquement différentes.

On parle de macrophotographie quand l’objectif permet un rapport de 1:1 signifiant que le sujet photographié fera exactement la même taille sur la surface photosensible (capteur ou pellicule) à l'aide de laquelle il sera photographié que dans la réalité. L'image d'un objet de 1 cm mesurera donc 1 cm une fois projetée sur le capteur d'un appareil photo.

Inversement, on parle de proxiphotographie quand ce rapport est inférieur à 1:1 (soit 1:2 ou moins). C’est le cas de nombreux objectifs d'entrée de gamme utilisant l'appellation "macro". Contrairement aux vrais objectifs macro, ils ont souvent la spécificité d’offrir une large plage de focale (par exemple 70-300 mm), mais ne permettent la photographie rapprochée que sur une plage réduite. Vous trouverez alors sur l'objectif un bouton "macro" à enclencher, permettant à l'optique d'effectuer une mise au point à une distance minimale d'environ 1 m. Vous y trouverez aussi souvent l’inscription "1:2", preuve qu’il ne s’agit pas d’un objectif macro à proprement parler. Notez que ce rapport de grossissement est aussi celui appliqué par les compacts et bridges à travers le mode macro proposé (parfois appelé "mode fleur").

Cette mise au point technique a donc pour but de rappeler les différences entre ce que l’on appelle la proxiphotographie et la macrophotographie.  Cependant, sans avoir à investir dans des objectifs macro — souvent hors de prix —, la proxiphotographie est un bon moyen de s’initier à la photographie florale et ses contraintes techniques, bien souvent communes aux deux disciplines en question.

Réussir ses photographies de fleurs

Réussir ses photographies de fleurs
La proxiphotographie et la macrophotographie ne proposent pas la même approche mais offrent toutes deux des résultats séduisants.

Les réglages du boîtier

Concernant la prise de vues, la première chose à faire est de passer votre appareil photo en mode manuel. Si vous ne vous sentez pas capable de tout gérer en manuel, privilégiez la priorité à l'ouverture (A ou Av) afin de tout de même garder le contrôle sur la profondeur de champ. Dans tous les cas, débrayez l’autofocus.

La faible profondeur de champ est non seulement une caractéristique mais également un des charmes de la photographie florale. En contrôlant l’ouverture du diaphragme vous allez pouvoir agir sur la zone de netteté et ainsi isoler le sujet de son environnement. Attention, n’oubliez pas qu’en plus de l’ouverture, la profondeur de champ dépend aussi de la focale utilisée et de la distance entre le sujet photographié et l’appareil photo. Avec un 105 mm f/2,8 macro à 30 cm d'une fleur, vous n’aurez pas la même profondeur de champ qu’avec un 200 mm f/4 utilisé en proxiphotographie à 1 m du sujet.

Réussir ses photographies de fleurs

Réussir ses photographies de fleurs
L'arrière-plan d'une telle photo gagnant parfois à être discernable, il est inutile de systématiquement choisir la plus grande ouverture de diaphragme possible.

Pour ce type de photographie, il est important de soigner la qualité des images que vous réalisez. Pour ce faire, évitez de trop augmenter la sensibilité ISO du capteur ; privilégiez des valeurs de 100, 200, ou 400 ISO selon le boîtier utilisé. Plus vous augmentez la sensibilité, plus vous générez de bruit électronique et détériorez la finesse de votre image. Dans la mesure du possible, il convient de plus de travailler à l’abri du vent afin de pouvoir utiliser un temps de pose relativement long — conséquence liée à l'utilisation d'une faible sensibilité ISO. Si un léger vent persiste, prenez votre mal patience ou tentez d’abriter votre sujet comme possible — posséder une plaque de Plexiglas peut s'avérer idéal mais l’encombrement provoqué n’en vaut pas forcément la peine.

Concernant la mise au point, même s'il est tout à fait possible de travailler à main levée, vous vous rendrez vite compte qu’il est plus que confortable de travailler avec un petit trépied pouvant se positionner au ras du sol. En effet, la mise au point s’effectue en premier lieu sur l’objectif — il s’agit ici de choisir votre rapport de grossissement — puis, dans un second temps, en vous plaçant de manière à cadrer dans la zone de netteté. Ce n'est plus à l'aide de la bague de l'objectif que vous faites alors le point mais à l'aide de votre corps ou de votre trépied. C’est donc à vous de vous déplacer... Si bien qu'à la longue, à main levée, on attrape vite des crampes ainsi qu'une frustration grandissante.

La composition

Si, comme toujours, les règles de base de la composition s’appliquent, en photographie florale encore plus que dans toute autre pratique, c'est votre manière de cadrer, de gérer la lumière et votre angle de prise de vues qui feront passer un vulgaire pissenlit pour une composition poétique.

Une règle évidente et non exclusive à la photographie de fleurs consiste à remplir le cadre. Plus le sujet est petit, plus il est impératif de respecter cette règle afin de donner toujours plus d’intensité à votre composition. Il faut que le sujet domine votre photo.

De même, jouez avec les lignes ; qui dit fleurs dit tiges, branches, feuillage, etc. Pour justement remplir le cadre et donner de l’intensité à votre composition, essayez de jouer avec ce qui entoure la fleur afin de créer des lignes directrices, de définir des points de fuite, de guider le regard vers le point fort de votre image.

Réussir ses photographies de fleurs

Contrastez vos plans avec votre environnement. Par exemple, une fleur rouge ne ressortira jamais mieux que sur un fond vert composé de pâture ou de feuillage, une fleur bleu sur un fond jaune ou orangé composé d’herbe ou de paille séchée. Ayez en tête le cercle chromatique et les couleurs complémentaires.

En plus de décentrer votre sujet, cherchez l’angle le plus adapté à la fleur. Généralement il s’agit de se mettre plus ou moins à hauteur de fleur. Si vous photographiez trop en plongée votre composition sera généralement plus pauvre ; il vous sera plus difficile d’isoler le sujet et surtout l’ensemble donnera une impression d'écrasement des plans. Ce cadrage est notamment à éviter en proxiphotographie mais peut cependant être utilisé en macrophotographie pour donner l'impression de "plonger" dans le cœur de la fleur.

Réussir ses photographies de fleurs
Dans ce cas précis, le résultat s'avérerait plus intéressant en plongée de façon à mettre en valeur le cœur de la fleur (voir la première image d'illustration de ce tutoriel).

Pour aller plus loin

Afin d'obtenir un contenu encore plus créatif, vous pouvez améliorer vos compositions à l’aide de quelques astuces simples à mettre en place :
  • Pour améliorer le fond, n’hésitez pas à le "nettoyer" un peu, tout en respectant la nature évidemment ! Il ne s’agit pas de débroussailler une parcelle, ni même de couper une fleur indésirable en second plan, mais de coucher délicatement un peu d’herbe ou de caler une branche à l’aide d’une autre.
  • Avant de commencer à photographier une fleur, prenez le temps de bien observer et de choisir celle qui se prêtera le mieux à votre composition. Écartez notamment celles qui comment à flétrir ainsi que celles dont les pétales ont été dévorées par un insecte.
  • Certains insectes peuvent cependant vous servir dans vos compositions ; il peut être intéressant de cadrer une abeille butinant, une araignée tissant sa toile, etc. Évidemment, une nuée de pucerons dévorant une plante a tout de suite moins de charme qu’une sauterelle posée sur un pétale…

Réussir ses photographies de fleurs
La présence de l’insecte est ici intéressante. Une fleur en meilleur état aurait cependant été préférable.

Vous pouvez aussi créer un flare en plaçant le sujet entre le soleil et vous de façon à octroyer une dynamique supplémentaire à votre composition.

Le conseil le plus important pour bien réussir vos photographies de fleurs est sûrement de profiter des moments de la journée que sont l'heure dorée et l'heure bleue, soit juste après le lever du soleil et juste avant son coucher. À cet instant, le soleil est encore bas et l'esthétique de la lumière plus marquée, tout ce qu’il vous faut pour créer une belle photo de fleur.

Réussir ses photographies de fleurs
La lumière joue une part importante ; cette photo prise dans un sous-bois par temps gris manque cruellement de dynamisme.

Pour conclure

Une fois que vous aurez maîtrisé les bases de la photographie florale, il ne vous restera plus qu’à sortir à la bonne heure, armé de votre matériel et de votre patience, pour jouer avec la nature et partager vos plus belles compositions — avant de peut-être penser à investir dans du matériel encore plus spécifique.

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