Sigma 50-100 mm f/1,8 DC HSM Art

Une fois de plus, Sigma donne le ton de l'innovation en créant le premier télézoom à ouverture constante plus lumineux que le traditionnel f/2,8 ! Après le très remarqué 18-35 mm f/1,8, voici donc le 50-100 mm f/1,8 DC HSM Art. Il intègre naturellement la gamme Art et il est compatible avec les reflex équipés de capteurs APS-C Canon, Nikon et Sigma.

Sa formule optique est très ambitieuse, avec pas moins de 21 lentilles réparties en 15 groupes incluant de nombreux éléments à faible dispersion et haut indice de réfraction. L'autofocus est confié à la motorisation HSM. L'ouverture maximale de f/1,8 est associée à un diaphragme à 9 lamelles, l'un des plus grands développés par Sigma. Il est optimisé pour la vidéo avec des transitions douces.

Le 50-100 mm f/1,8 DC HSM Art jouit d'une conception à encombrement constant et la mise au point est garantie sans changement de focale. Cette fonction fera le bonheur des vidéastes qui souhaitent faire des bascules de point en manuel. L'objectif mesure un peu plus de 17 cm de long et pèse près de 1,5 kg. C'est donc un gros bébé qui nécessitera un collier de fixation (de série) pour être utilisé sur un trépied.

Bien entendu, cet objectif est éligible au programme de changement de monture, est vérifié par le banc MTF A1 et est compatible avec le dock USB de la marque.

Caractéristiques

Monture : Canon, Nikon, Sigma
Format couvert : APS-C
Plage focale : 50-100 mm
Équivalent 24x36 sur capteur APS-C : 75-150 mm
Ouverture maximale : f/1,8
Ouverture minimale : f/16
Distance de mise au point : 0,95 m
Nombre de lamelles du diaphragme : 9
Construction : 21 lentilles réparties en 15 groupes
Éléments spécifiques : verres FLD, verres SLD
Échelle des distances : oui
Rapport de reproduction : 0,15x
Motorisation : oui, HSM
Stabilisation : non
Dimensions : 93,5 x 170,7 mm
Diamètre filtre : 82 mm
Poids : 1 490 g
Pare-soleil : oui
Étui souple : oui

Prise en main

Comme toujours avec les "nouveaux" objectifs Sigma, ce 50-100 mm f/1,8 est avant tout un très bel objet. Le design est soigné et élégant. La qualité de construction et le niveau de finitions sont irréprochables. On apprécie la finition noire mate, ainsi que les différents éléments en métal qui sont agréables au toucher et donnent un sentiment de robustesse. 

Test télézoom Sigma 50-100 mm f/1,8 DC HSM Art vue d'ensemble

Relativement compact (un peu plus de 17 cm de long), il jouit d'une conception à encombrement constant : peu importe la focale choisie, les dimensions de l'objectif restent inchangées. Par contre, il est très lourd. Comptez près de 1,5 kg. C'est le prix à payer pour l'ouverture constante f/1,8 et la formule optique ambitieuse ne comprenant pas moins de 21 lentilles réparties en 15 groupes.

L'objectif est si lourd que Sigma a dû intégrer un collier de fixation trépied (rotatif) afin de soulager la baïonnette. Par comparaison, sachez par exemple qu'un Canon EOS 80D pèse 730 g, ou un Nikon D500, moins de 900 g. Avec une telle différence de poids, l'équilibre est délicat et il faudra se méfier des longues séances de prises de vues à main levée. Idéalement, il faudrait utiliser les boîtiers avec des grips.

Test télézoom Sigma 50-100 mm f/1,8 DC HSM Art

La bague de zoom (la plus étroite et située vers l'intérieur) est confortable à utiliser. Elle est assez dure, ce qui la rend particulièrement précise. Bon point, la course entre le 50 et le 100 mm est assez modérée.

Quant à la bague de mise au point manuelle (la plus large et située vers l'extérieure), elle est elle aussi très agréable à l'usage. La fluidité est parfaite, la course, modérée, et on dispose de repères de butée pour signifier la distance de mise au point minimale et l'infini. Bien entendu, on dispose en parallèle d'un indicateur de distance de mise au point dynamique sur le dessus de l'objectif. C'est un sans-faute !

Test télézoom Sigma 50-100 mm f/1,8 DC HSM Art

Sur le côté, un seul interrupteur pour désactiver la mise au point automatique, puisque l'objectif est dépourvu de stabilisation optique.

Le Sigma 50-100 mm f/1,8 DC HSM Art est livré avec un pare-soleil et un étui souple. Rappelons de plus qu'il est compatible avec le Dock USB Sigma et éligible au programme de changement de monture.

Test télézoom Sigma 50-100 mm f/1,8 DC HSM Art

Test labo

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple.

De plus, le piqué va dépendre de la définition du capteur de votre appareil (nous avons testé l'objectif avec un EOS 80D de 24 Mpx) et de la taille de son capteur (APS-C pour le 80D). Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Le 80D dispose d'une définition de 6 000 x 4 000 px. Chaque pixel mesure donc 3,7 micromètres de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11 !

Ce nouveau petit télézoom est un exemple de constance et d'homogénéité ! Toute d'abord, commençons par saluer ses performances remarquables dès sa plus grande ouverture f/1,8. Le niveau de piqué qu'il délivre est élevé et surtout très homogène. Ce piqué évolue finalement très peu à mesure que l'on ferme le diaphragme, sauf à partir de l'arrivée de la diffraction. Ce comportement, certes un peu monotone mais exemplaire, est valable à presque toutes les focales. Seule surprise aux plus grandes ouvertures et à fond de zoom, avec un comportement pour le moins original, puisque les bords des images sont plus piqués que le centre de f/1,8 à f/4.





Testé avec Imatest





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Pour le plaisir, nous vous proposons de découvrir ou redécouvrir les résultats que nous avons obtenus avec le très remarqué 18-35 mm f/1,8, premier zoom disposant d'une ouverture constante supérieure à f/2,8 qui avait reçu, haut la main, le label "Recommandé par Focus Numérique" ; nous l'avions testé à l'époque avec un Canon EOS 650D.

Sigma A 18-35 mm f/1,8 DC HSM

Bien entendu, nous ne pouvons que recommander cet objectif qui de plus, par son tarif "raisonnable" devient immédiatement un must have pour les utilisateurs de reflex APS-C.

Voir le test complet


Sigma A 18-35 mm f/1,8 DC HSM - Canon EOS 650D @ 18 mm f/1,8
Sigma A 18-35 mm f/1,8 DC HSM - Canon EOS 650D @ 18 mm f/1,8

Sigma A 18-35 mm f/1,8 DC HSM - Canon EOS 650D @ 18 mm f/5,6
Sigma A 18-35 mm f/1,8 DC HSM - Canon EOS 650D @ 18 mm f/5,6

Sigma A 18-35 mm f/1,8 DC HSM - Canon EOS 650D @ 24 mm f/1,8
Sigma A 18-35 mm f/1,8 DC HSM - Canon EOS 650D @ 24 mm f/1,8

 Sigma A 18-35 mm f/1,8 DC HSM - Canon EOS 650D @ 24 mm f/5,6
Sigma A 18-35 mm f/1,8 DC HSM - Canon EOS 650D @ 24 mm f/5,6

 Sigma A 18-35 mm f/1,8 DC HSM - Canon EOS 650D @ 35 mm f/1,8
Sigma A 18-35 mm f/1,8 DC HSM - Canon EOS 650D @ 35 mm f/1,8

Sigma A 18-35 mm f/1,8 DC HSM - Canon EOS 650D @ 35 mm f/5,6
Sigma A 18-35 mm f/1,8 DC HSM - Canon EOS 650D @ 35 mm f/5,6

 

Test terrain

La focale

Une focale correspond à un angle de champ – ou angle de vision – couvert par l'appareil équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.

Ce 50-100 mm appartient à la gamme DC, conçue pour les reflex équipés de capteur au format APS-C. En appliquant un coefficient de conversion de 1,5x, on obtient un "équivalent" 75-150 mm. Cette plage de focale correspondant à un petit télézoom est parfaite pour les amateurs de portraits, mais aussi, dans une certaine mesure, pour la photo de sport ou animalière.





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Le vignetage

Tous les objectifs donnent une image dont la périphérie, et particulièrement les coins, sont plus sombres. Le vignetage se mesure en IL (Indice de Lumination) : la valeur indiquée mesure la différence, en IL, entre la quantité de lumière reçue par les bords et celle reçue au centre.

Le vignetage est bien présent. Le phénomène est visible principalement aux plus grandes ouvertures de f/1,8 à f/2,8 et ce, à toutes les focales. Au-delà, il devient négligeable. Certains y verront un défaut à corriger (assez facilement en post-production), d'autres un avantage pour "refermer" leurs cadrages.





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Distorsions

Les objectifs ont tendance à "tordre la réalité". Les aberrations géométriques apparaissent lorsque l'on s'éloigne des conditions de Gauss. On rencontre deux types de distorsions géométriques : les distorsions en coussinets et les distorsions en barillets.

Bon point, les distorsions sont assez discrètes.




Bokeh

Le bokeh est à mettre en relation avec la profondeur de champ. On peut le comparer à la "qualité" du flou ou encore à la manière dont l'objectif passe du net au flou – notion très subjective, même si certains éléments permettent de prévoir les choses – sur des images à faible profondeur de champ. Il dépend de nombreux paramètres dont principalement la conception de l'objectif, la forme et la taille du diaphragme.

Comme avec le 18-35 mm, Sigma réitère l'exploit de proposer un zoom — ici un petit télézoom — avec une ouverture constante maximale supérieure à f/2,8.

Jusqu'à présent, la référence était les traditionnels 70-200 mm (équivalents 105-300 mm sur des reflex APS-C) f/2,8 constant. Ce 50-100 mm est donc plus lumineux de 1,5 IL que ses grands frères. C'est indéniablement un avantage pour la réalisation de photos en faibles conditions lumineuses (d'autant plus que l'objectif est dépourvu de stabilisation optique), mais aussi pour jouer avec la profondeur de champ.

L'ouverture maximale de f/1,8 constitue en effet un atout de taille pour obtenir de très beaux effets de bokeh. Ce dernier est d'ailleurs très doux et englobant (diaphragme 9 lamelles). Il sera très facile de détacher un sujet de son environnement, a fortiori à fond de zoom 100 mm.





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Galerie terrain

Marque : Canon
Modèle : Canon EOS 70D
Vitesse : 1/800 s, ouverture : f/7.1
Sensibilité : 400 ISO
Focale : 100 mm, décalage expo : 0 IL
Objectif : Sigma 50-100 mm f/1,8 DC HSM Art
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Marque : Canon
Modèle : Canon EOS 70D
Vitesse : 1/8000 s, ouverture : f/1.8
Sensibilité : 400 ISO
Focale : 100 mm, décalage expo : 0 IL
Objectif : Sigma 50-100 mm f/1,8 DC HSM Art
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Marque : Canon
Modèle : Canon EOS 70D
Vitesse : 1/8000 s, ouverture : f/1.8
Sensibilité : 400 ISO
Focale : 100 mm, décalage expo : 0 IL
Objectif : Sigma 50-100 mm f/1,8 DC HSM Art
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Marque : Canon
Modèle : Canon EOS 70D
Vitesse : 1/8000 s, ouverture : f/1.8
Sensibilité : 400 ISO
Focale : 100 mm, décalage expo : 0 IL
Objectif : Sigma 50-100 mm f/1,8 DC HSM Art
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Marque : Canon
Modèle : Canon EOS 70D
Vitesse : 1/8000 s, ouverture : f/1.8
Sensibilité : 400 ISO
Focale : 100 mm, décalage expo : 0 IL
Objectif : Sigma 50-100 mm f/1,8 DC HSM Art
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Marque : Canon
Modèle : Canon EOS 70D
Vitesse : 1/8000 s, ouverture : f/1.8
Sensibilité : 400 ISO
Focale : 100 mm, décalage expo : 0 IL
Objectif : Sigma 50-100 mm f/1,8 DC HSM Art
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Marque : Canon
Modèle : Canon EOS 70D
Vitesse : 1/5000 s, ouverture : f/1.8
Sensibilité : 200 ISO
Focale : 69 mm, décalage expo : 0 IL
Objectif : Sigma 50-100 mm f/1,8 DC HSM Art
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Marque : Canon
Modèle : Canon EOS 70D
Vitesse : 1/1600 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 200 ISO
Focale : 64 mm, décalage expo : 0 IL
Objectif : Sigma 50-100 mm f/1,8 DC HSM Art
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Marque : Canon
Modèle : Canon EOS 70D
Vitesse : 1/2500 s, ouverture : f/1.8
Sensibilité : 200 ISO
Focale : 94 mm, décalage expo : 0 IL
Objectif : Sigma 50-100 mm f/1,8 DC HSM Art
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Marque : Canon
Modèle : Canon EOS 70D
Vitesse : 1/1600 s, ouverture : f/4.5
Sensibilité : 200 ISO
Focale : 81 mm, décalage expo : 0 IL
Objectif : Sigma 50-100 mm f/1,8 DC HSM Art
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Verdict

Test télézoom Sigma 50-100 mm f/1,8 DC HSM Art, notre avis

Une fois de plus, Sigma fait très fort en mettant sur le marché un objectif très innovant et jamais vu. En plus de ses caractéristiques très impressionnantes (ouverture constante f/1,8), l'objectif est aussi une réussite au niveau de la prise en main (quoiqu'un peu lourd), de la qualité de construction et de la qualité optique.

Pas de doute, ce petit télézoom est un modèle de constance et d'homogénéité : un niveau de piqué très élevé, et ce, dès la plus grande ouverture f/1,8 et quelle que soit la focale. On déplore seulement un léger décrochage à fond de zoom avec un comportement un peu étrange aux plus grandes ouvertures (les bords des images sont plus piqués que le centre). Le vignetage est tout à fait acceptable et pourra, si nécessaire, se corriger sans peine. On observe quelques aberrations chromatiques sur les bords aux plus grandes ouvertures. C'est donc un quasi sans-faute !

Quasi, car l'objectif fait l'impasse sur la stabilisation optique. Si l'intérêt de cette technologie est contestable sur les grands-angles ou même sur les focales normales, il ne l'est pas sur de longues focales. À fond de zoom, ce petit téléobjectif équivaut tout de même à un 150 mm ! Alors il est vrai que son ouverture très lumineuse lui permet de compenser par rapport à un f/2,8 constant (un peu plus de 1 IL), mais on sait également qu'une bonne stabilisation optique permet d'aller largement plus loin (entre 3 et 4 IL). Lors de notre visite du CP+2016 à Yokohama, au Japon, nous avions rencontré M. Katzuto, président de Sigma Corporation, et l'avions interrogé sur les raisons de ce choix. Outre la difficulté d'intégration, il a argué privilégier la qualité optique avant tout :

Cela aurait probablement rendu l’objectif plus imposant et lourd, ou cela aurait été physiquement impossible. Le diamètre des baïonnettes Nikon et Canon est trop petit. S’il avait été plus grand, nous aurions pu le faire. La conception d’une optique est limitée par ces contraintes liées aux appareils photo eux-mêmes. Si nous avions fait des compromis sur la qualité optique, qui est notre priorité numéro 1, nous aurions pu en intégrer un. Quoi qu’il en soit, nous tenterons toujours de le faire.
Kazuto Yamaki, PDG de Sigma Corporation

Quoi qu'il en soit, l'absence de stabilisation coûte son Recommandé à cette superbe optique.

Points forts

Points faibles

Ouverture constante f/1,8

Pas de stabilisation optique

Design, ergonomie, qualité de construction

Comportement étrange à fond de zoom aux plus grandes ouvertures

Prise en main

Poids conséquent

Niveau de piqué général

Légères aberrations chromatiques aux plus grandes ouvertures

Constance et homogénéité

 

Faible vignetage

 

Faibles distorsions

 


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