Nous terminons le cru 2016 de notre série de reportages Made in Japan avec la seule et unique usine Sigma au monde. La firme japonaise nous a en effet fait l'honneur de nous ouvrir les portes de son impressionnant site de production situé dans le nord du Japon, dans la région d'Aizu.

Au total, nous aurons donc visité 3 sites cette année : ceux de Tamron, Panasonic et Sigma, et 4 l'année dernière (Canon, Nikon, Tamron et Fujifilm). Il ne manque plus beaucoup de fleurons dans notre périple auprès des fabricants japonais et nous comptons bien réussir à pénétrer dans les usines de Sony, Olympus, Pentax et Zeiss l'année prochaine ! Les négociations ont déjà commencé...

Une philosophie à part

Visite de l'usine Sigma d'Aizu, 2016
L'entrée de la seule et unique usine Sigma située non loin du mont Bandai dans la région d'Aizu.

Quelques jours après avoir rencontré M. Kazuto Yamaki au CP+ 2016, nous avons donc eu l'insigne honneur de retrouver le président de Sigma dans son usine. Fier de nous la présenter en personne, il prend aussi soin de revenir sur l'histoire de la société, fondée par son père en 1961. 55 ans plus tard, et 4 ans après l'introduction de leur "Global Vision" en 2012, il est temps de faire un bilan !

Visite de l'usine Sigma d'Aizu, 2016
Pour atteindre l'usine perchée dans les montagnes, il faut avoir de la patience. Comptez 3 heures de Shinkansen depuis Tokyo et 1 bonne heure de petit train local qui grimpe dans les montagnes enneigées.

Visite de l'usine Sigma d'Aizu, 2016
Cheveux au vent, regard lointain : le patron se concentre avant la visite de l'usine d'Aizu !

Visite de l'usine Sigma d'Aizu, 2016
Arrivés à la gare de Bandaimachi, les Sigma-Mobiles nous attendaient pour nous conduire à l'entrée de l'usine : classe !

En quelques chiffres, Sigma est une entreprise fondée en 1961 qui compte un peu plus de 1 600 employés, répartis entre son siège à Kawasaki, son unique usine à Aizu et ses différentes filiales à travers le monde. Ses activités sont tournées uniquement vers la photographie, avec la production d'optiques, de boîtiers et de flashs en son nom. Sigma réalise aussi des optiques pour d'autres constructeurs en marque blanche, mais ce n'est pas son activité principale. La philosophie de Sigma est "Small Office, Big Factory". L'usine d'Aizu (1 400 employés) est ainsi la seule de l'entreprise et assure toute la production mondiale d'optiques. Elle s'étend sur près de 80 000 m². Ses capacités de production sont de 100 000 objectifs et 5 000 appareils photo par mois.

Visite de l'usine Sigma d'Aizu, 2016
M. Kazuto Yamaki, président de Sigma, nous présente les plans de l'usine d'Aizu.

Visite de l'usine Sigma d'Aizu, 2016
Vos serviteurs en tenue de combat pour aller arpenter les allées de l'usine d'Aizu accompagnés de Denju Matsumoto, grand chef de la qualité chez Sigma.

M. Yamaki nous délecte d'une anecdote intéressante. En effet — et nous l'évoquions d'ailleurs à l'occasion de notre visite des usines Tamron —, il est de tradition de dire que la production d'optiques nécessite une eau pure, et que c'est la raison pour laquelle les usines des plus grands constructeurs sont situées dans des régions montagneuses. Le PDG de Sigma a totalement contredit cette légende. Il est vrai que l'industrie de production d'objectif est très consommatrice d'eau, utilisée au cours des différentes phases de polissage et de lavage des lentilles. Mais la pureté de cette eau n'entre absolument pas en compte dans la qualité des verres produits. Pour M. Yamaki, le fait que les usines d'optiques soient situées généralement dans des zones montagneuses n'est toutefois pas un hasard : il semble que la mentalité des habitants de ces régions soit en adéquation parfaite avec la rigueur, la patience et la précision qui sont autant de clefs indispensables à la production d'objectifs de qualité.

La production des optiques

Visite de l'usine Sigma d'Aizu, 2016
Certaines opérations se déroulent dans des salles blanches avec sas de décontamination à l'entrée afin de limiter au maximum les poussières.

Visite de l'usine Sigma d'Aizu, 2016
Des techniciens vérifient minutieusement chaque lamelle de diaphragme pour écarter celles qui aurait le moindre petit défaut.

Visite de l'usine Sigma d'Aizu, 2016
Chez Sigma, les machines sont toutes bleues et les ateliers, verts. Ce sont en fait les couleurs préférées du fondateur de la marque, M. Michihiro Yamaki, père de l'actuel PDG.

Visite de l'usine Sigma d'Aizu, 2016
Vérification et installation de la carte électronique d'un objectif.

Visite de l'usine Sigma d'Aizu, 2016
Ici, un technicien positionne les lentilles qui viennent de sortir des différentes phases de polissage et de lavage sur un dôme qui sera mis au four. Lors de cette étape, les lentilles reçoivent leur traitement multicouche par sublimation thermique.

Visite de l'usine Sigma d'Aizu, 2016
Ici, c'est l'atelier peinture pour inscrire les différentes informations sur les objectifs.

Le procédé de production d'une optique est relativement similaire d'un constructeur à l'autre : un certain nombre d'étapes sont systématiquement nécessaires, et se font toujours dans le même ordre.

Pour bien comprendre, il faut dissocier la préparation des différentes lentilles — de la réception du  matériel brut (fourni par Hoya par exemple) jusqu'aux ultimes phases de vérification —, la préparation des éléments mécaniques (qui peuvent être en plastique et/ou en métal), tels le diaphragme ou le système de déplacement des lentilles pour la mise au point, et celle des composants électroniques, qui permettent par exemple de piloter l'objectif, de faire fonctionner l'autofocus ou encore la stabilisation optique. Toutes ces pièces sont préparées en amont, avant la dernière phase d'assemblage qui est suivie par le contrôle qualité.

Chez Sigma, il y a une particularité de taille. Une grande majorité des pièces (de la petite vis au gros fût en aluminium) sont usinées en interne.

Visite de l'usine Sigma d'Aizu, 2016
Dans cette salle, les pièces métalliques sont anodisées et prennent une couleur noire afin de limiter les réflexions internes de lumière à l'intérieur de l'objectif. C'est un procédé chimique en plusieurs bains.

Visite de l'usine Sigma d'Aizu, 2016
Entretien et réparations des moules : c'est tout un art !

Visite de l'usine Sigma d'Aizu, 2016
Ici, on nous montre la différence entre le matériel brut en aluminium (à droite) et sa version usinée (à gauche). Il s'agit d'une pièce d'un gros téléobjectif.

Visite de l'usine Sigma d'Aizu, 2016
Autre exemple : ici, vous pouvez découvrir à quoi ressemble le matériel de base brut d'une lentille sphérique, livré par l'un des plus gros fournisseurs de verre optique au Japon : Hoya. Il s'agit de l'une des lentilles du 150-600 mm.

Visite de l'usine Sigma d'Aizu, 2016
Même les plus petites pièces sont usinées à Aizu !

Visite de l'usine Sigma d'Aizu, 2016
Ici, les différents moules qui permettent de produire les nombreuses pièces des objectifs. La production se fait par injection.

Sigma communique beaucoup sur le soin que la firme apporte au contrôle qualité de ses optiques grâce à son banc de test maison, nommé A1. Cet outil, qui permet de réaliser des mesures FTM des objectifs, est équipé d'un capteur Foveon X3 de 46 millions de pixels. Tous les objectifs de leur nouvelle gamme sortis des chaînes de production sont vérifiés sur ce banc. En revanche, Sigma reste très secret sur le fonctionnement détaillé de son banc de test et nous nous sommes engagés à ne pas trop en révéler à son sujet. Cependant ceux qui seraient intéressés peuvent aller faire un tour ici pour en savoir plus.

Visite de l'usine Sigma d'Aizu, 2016

Visite de l'usine Sigma d'Aizu, 2016
Ici, la mire utilisée avec le banc de test MFT Sigma A1.

L'usine d'Aizu ne s'occupe pas que de la production des optiques, mais aussi des boîtiers et notamment des nouveaux hybrides dp Quattro. Nous avons vu leurs chaînes d'assemblage et elles tournent à plein régime !

Visite de l'usine Sigma d'Aizu, 2016
Nous avons hâte de tester les nouveaux dp Quattro, qui de ne devraient plus trop tarder désormais...

L'usine Sigma d'Aizu est probablement l'une des plus connues des photographes. En effet, la firme a publié il y quelques années de belles vidéos de présentation de ses chaînes de production. Les vidéos en question ont été vues près 500 000 fois.



Nous tenons à remercier vivement pour leur accueil M. Kazuto Yamaki et toute l'équipe Sigma pour leur accueil. Merci également à Sigma France, qui a rendu cette visite possible.

> CP+ 2016 - Entretien avec Kazuto Yamaki, PDG de Sigma
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