Un lecteur se questionne sur comment progresser en photo : choisir un nouvel objectif ou un nouveau boîtier ? Voici quelques éléments de réponse.

Bonjour, j'ai découvert la photo avec un Sony Alpha 6000 et deux objectifs 18-55 mm et 55-210 mm. Aujourd'hui, j'aimerais quelque chose me permettant de passer au  niveau supérieur. J'hésite entre l'achat d'un nouvel objectif plus polyvalent ou l'achat d'un boîtier plus haut de gamme de type Alpha 7. Daniel Q., lecteur de Focus Numérique

La question de Daniel est intéressante à plusieurs titres, notamment sur la notion de progression en photographie. Certains photographes souhaiteront disposer d'un "meilleur" boîtier, plus rapide et offrant de nouvelles fonctionnalités pour libérer leur créativité. D'autres préfèreront améliorer la qualité de leurs images avec plus de piqué ou un bokeh (le flou permettant de détacher un sujet de son arrière-plan) plus présent. On le voit, la notion de progression, en photo, n'a rien d'évident.

Des Boîtiers assez proches

Commencer la photographie avec un Sony A6000 est plutôt un bon point. Ce boîtier expert dipose de presque toutes les fonctionnalités pour s'essayer à diverses pratiques photographiques, du portrait à la photo sportive en passant par la vidéo. Choisir un nouveau boîtier de type Alpha 7 ne fera pas nécessairement d'évoluer sensiblement dans sa pratique photo. Qui plus est, la série 24x36 de Sony n'a pas de flash intégré, ce qui limite de fait la possibilité de déboucher un contre-jour par exemple, mais ce n'est qu'un détail.




Une autre qualité d'image

Effectivement, il y a toujours plusieurs possibilités pour évoluer dans sa pratique photographique.

Certains s'intéresseront à progresser dans une thématique particulière, comme la macrophoto par exemple, la photographie de paysage ou d'architecture. Dans ce cas, il est sans doute plus intéressant d'acheter des optiques spécialisées (macro, à décentrement...) ou des accessoires afin d'obtenir de meilleurs résultats.

D'autres souhaiteront obtenir une meilleure qualité d'image avec plus de piqué et une profondeur de champ réduite. Dans ce cas, plusieurs stratégies existent.

Dans le cas de Daniel, il est intéressant de noter qu'il est équipé d'un double kit qui convient parfaitement à la découverte de la photographie. Le couple 18-55 / 55-210 mm est polyvalent et permet de couvrir un large éventail de situations de prises de vue. Ces optiques sont toutefois limitées par des ouvertures trop classiques : f/3,5-5,6 pour le 18-55 et f/4-5,6 pour le 55-210 mm. Elles ne sont donc pas très à l'aise quand la lumière vient à manquer et ne permettent pas de bénéficier d'une très faible profondeur de champ.

Des optiques plus lumineuses

Pour améliorer la "qualité" des images, une première solution consisterait donc à acheter une optique plus lumineuse pour bénéficier d'une profondeur de champ plus réduite, donc d'un bokeh plus dense.

Depuis la sortie de l'A6000, Sony n'a malheureusement pas développé de nouvelles optiques spécifiques aux capteurs APS-C, la marque s'étant concentré sur les optiques 24x36 (elles peuvent être utilisées sur l'A6000 avec un coefficient multiplicateur de 1,5x).

Chez Sony, nous vous orienterons donc vers quelques focales fixes comme le 35 mm f/1,8 (équiv. 50 mm en 24x36) ou 24 mm f/1,8 (équiv. 35 mm en 24x36). Certes, Daniel précise qu'il cherche une optique polyvalente et, de fait, les focales fixes ne sont pas des modèles de polyvalence. Toutefois, leur ouverture généreuse permettra de photographier des ambiances lumineuses plus délicates sans avoir à grimper en sensibilité ISO.

Pour gagner en piqué et remplacer ce 18-55 mm (très moyen en la matière), vous pouvez également vous tourner vers la belle gamme d'optiques Sony Zeiss f/4. Vous trouverez alors le 16-70 mm qui offre justement une belle polyvalence ainsi qu'une bonne précision.
Toujours dans les zooms, le Sigma 18-35 mm f/1,8 est également intéressant. Très lumineux et piqué, il n'existe malheureusement pas en version pour appareils hybrides. Il faut acheter la bague de conversion MC-11 récemment présentée au CP+.


Passage au 24x36 ?

Daniel se pose également la question (légitime) de changer de boîtier et d'évoluer vers un modèle 24x36 dans la gamme A7. C'est une décision beaucoup plus radicale, qui impose également de changer les optiques. Le capteur 24x36 présente plusieurs avantages, mais également des inconvénients.

Un capteur 24x36 est généralement bien meilleur dans la gestion du bruit électronique. Ainsi, si la limite d'un capteur APS-C est aujourd'hui de 3 200 ISO en moyenne, il est possible de grimper à 6 400 ISO avec un A7 II. Un gain de 1 IL non négligeable pour la photographie en basse lumière ou quand il faut jouer avec des temps de pose très courts. Un capteur 24x36 permet également (de manière indirecte) de jouer plus facilement avec la profondeur de champ et donc de détacher un sujet, la profondeur de champ dépendant de la focale, de la distance de mise au point et de l'ouverture.

Toutefois, il est important de garder en tête que le passage au 24x36 nécessite l'achat de nouvelles optiques généralement plus onéreuses que les modèles équivalents pour le format APS-C. Le matériel est 24x36 est également plus volumineux et plus lourd. Un point important, car Sony ne semble pas décidé à réduire l'encombrement (ni le prix) de ses optiques, en témoigne l'imposant 35 mm f/1,4 Zeiss ou l'onéreuse gamme G Master...

L'investissement n'est donc pas anodin. Notez toutefois qu'à la rédaction, nous choisirions tous, de manière sans doute un peu irrationnelle, un capteur 24x36 pour le rendu spécifique du capteur...

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