Sony A6300 test review recommande

Après 15 jours passés en compagnie de l'Alpha 6300 de Sony, il est temps de rendre nos conclusions. Globalement, le boîtier APS-C s'est révélé efficace et performant.

Nous avions déjà apprécié et recommandé l'A6000 en juin 2014 pour sa compacité, son autofocus rapide et sa qualité d'image. Le nouvel hybride haut de gamme APS-C de Sony vient consolider la position dominante de la marque.

Toutefois, il convient de noter que les principales améliorations de l'A6300 proviennent du nouveau capteur APS-C de 24,2 Mpx et du processeur Bionz X. La définition n'évolue pas, mais l'imageur intègre un autofocus à corrélation de phase qui n'aurait pas à rougir face à des reflex sportifs comme le Nikon D500 ou le Canon 7D Mark II. Lors de nos tests, le boîtier hybride a assuré des rafales à 11 ips avec un suivi autofocus remarquable. Seule la mise au point en basse lumière mériterait un peu coup de pouce, certains concurrents (Micro 4/3 en tête) faisant mieux. L'électronique du boîtier permet en outre l'enregistrement de vidéo UHD.

Sur le reste, l'A6300 ne propose pas beaucoup de nouveautés et conserve un design très proche de l'A6000. On retrouve bien deux molettes de réglage, mais la roue codeuse au dos du boîtier n'est pas aussi pratique que deux molettes de réglage de part et d'autre de la poignée.
L'écran LCD est certes inclinable, mais il n'est toujours pas complètement orientable (il n'est pas utilisable en portrait, par exemple, ou pour des vidéos en mode selfie) ni tactile. Il est également très (trop) brillant pour une utilisation en plein soleil.
Le viseur électronique est de qualité, mais il est désormais en retrait en matière de précision par rapport à celui de certains concurrents comme le Q de Leica.
Bon point, les ingénieurs de Sony ont réussi à réduire le temps de latence entre deux photos en mode rafale. Il est donc désormais plus facile de suivre un sujet en déplacement pendant une rafale.

Si l'autofocus est complet, il manque toujours un joystick (voir le X-Pro2 de Fujifilm) pour sélectionner rapidement une zone de mise au point (à défaut, encore une fois, d'un écran tactile).
Les menus manquent toujours de clarté et de cohérence et souffrent notamment encore de l'absence d'un onglet dédié à la vidéo. Nous apprécions toutefois la possibilité de personnaliser de nombreux raccourcis, qu'ils soient physiques ou présents sur l'écran LCD.
Un autre "oubli" est bien sûr l'absence de stabilisation mécanique. Alors que Sony parvient à stabiliser "facilement" des capteurs 24x36, l'A6300 et son capteur APS-C sont dépourvus du mécanisme. Lors de notre entretien au CP+, l'argument avancé tenait à la taille des boîtiers. Un argument peu crédible, puisque la recherche de compacité est également un point mis en avant pour la série A7. Et si certaines optiques disposent d'une stabilisation optique, Panasonic a clairement mis en évidence que la combinaison des deux technologies est possible et surtout efficace. Bref, il faudra attendre les A6400/A6500/A6600 pour voir enfin apparaître la stabilisation mécanique.
Enfin, le temps de mise sous tension est toujours un peu long et l'absence de grip d'alimentation continueront à faire râler.

Cependant, au fil des jours et après quelques personnalisations de rigueur, l'A6300 s'est avéré un compagnon photographique agréable et performant.

Durant nos tests, nous avons eu presque plus de questions de la part de vidéastes que de photographes. L'A6300 interpelle et intéresse pour ses performances en vidéo, notamment le mode UHD (3 840 x 2 160 px) à 30/25 et 24p. La qualité est améliorée avec une captation en 6K (6 000 x 4 000 px), une interpolation en UHD et un enregistrement en XAVC-S à 100 Mbps. Avec un petit recadrage dans le capteur, il est également possible de filmer à 120/100 ips en HDTV 1080 pour des ralentis fluides.
L'A6300 dispose de plus de nombreux assistants et fonctionnalités pour la vidéo comme des zébras d'exposition, le focus peaking, une entrée micro, un time code et les profils d'images avec notamment la possibilité de filmer en S-Log / S-Gamut : des fonctionnalités réservées jusqu'alors aux caméras professionnelles ou aux appareils photo de la gamme A7. L'A6300 est donc un petit caméscope UHD de poche abordable et à objectif interchangeable doté d'un autofocus efficace.

Nous l'avons vu, les principales avancées concernent le capteur et nous restons sur notre faim sur les autres aspects du boîtier. Mais avec un autofocus digne d'un reflex sportif et la possibilité de filmer en UHD, l'A6300 saura facilement trouver son public et il reçoit un recommandé.


PS : Sony ne propose toujours pas d'alternative abordable au "peu enthousiasmant" 16-50 mm f/3,5-5,6 qui ne fait pas honneur au capteur. Il y a bien le 16-70 mm f/4 griffé Zeiss, mais il faut encore ce délester de 800 € supplémentaires. On pourra également lorgner du côté du Sigma 18-35 mm f/1,8 avec la bague d'adaptation. Toutefois, on attend de Sony une nouvelle proposition pour accompagner un boîtier APS-C performant d'un zoom qui le serait tout autant.

Points forts

Points faibles

Très bonne gestion du bruit électronique jusqu'à 3 200 ISO voire 6 400 ISO

Écran LCD pas complètement orientable et toujours pas tactile. Manque de lisibilité en plein soleil.

Boîtier compact et léger

Pas de stabilisation par déplacement du capteur

Déclenchement totalement silencieux en obturation électronique

Obturateur mécanique et électronique limité au 1/4 000 s

Nouveau châssis entièrement en alliage de magnésium

Pas de formats d'image carré ou plus allongé que le 16/9

Suivi autofocus performant à 11 ips

Pas le meilleur viseur électronique du marché

Autofocus globalement satisfaisant

Pas de sortie casque pour la vidéo

Enregistrement vidéo UHD à 30/25 et 24p

Le format UHD nécessite des cartes SDXC

Mode ralenti en HDTV 1080 à 100 ips

Mise sous tension trop lente

Nombreux assistants et fonctionnalités en vidéo : zébras, style d'image, S-log, vumètre...

Pas de connexion USB 3.0

Wi-Fi et possibilité de télécharger des applications

Pas de grip d'alimentation disponible

Bonne latitude d'exposition avec les fichiers bruts

Autonomie en progrès, mais toujours un peu faiblarde. Pas de chargeur de batterie livré.

Connexion griffe accessoire multiformat pour flash, micro XLR, torche...

Manque de sensibilité de l'autofocus en basse lumière

Entrée son au format mini-jack 3,5 mm (mais pas de sortie casque)

Pas de finition à l'épreuve des intempéries

Boîtier facilement personnalisable

Il manque un zoom transstandard de qualité et abordable

 

Format RAW propriétaire (.ARW)


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