Pentax K-1

Il est là. Vraiment là. À moins d'une invasion extraterrestre, le Pentax K-1 devrait être disponible dans toutes les bonnes crèmeries au mois d'avril. Et oui, le K-1 met un terme à plus de 16 années d'attente, et oui, il fonctionne ! Nous avons eu le plaisir de le prendre en main et de faire quelques déclenchements.

Présentation

Un peu d'histoire

Dans l'un de ses fantastiques épisodes rétro-photo, Gérard Lionel Colbère nous narrait les débuts de Pentax dans le numérique. Précurseur avec Sony dans le domaine, la marque présentait en 1983 l'un des tout premiers appareils photo numériques : le Nexa.

17 années plus tard, Pentax dévoilait à la photokina 2000 le prototype (déjà) d'un reflex 24x36 numérique, le MZ-D répondant au doux nom de code de "MR-52". À l'époque, c'est Philips qui devait équiper le reflex d'un capteur CCD de 6 Mpx (FTF3020-C, le premier capteur 24x36 en couleur signé Dalsa). Toutefois, et pour des raisons de coûts pharaoniques, le projet fut abandonné en 2001. Un choix qui peut sembler sage a posteriori : en effet, à la même époque, Contax était également sur les rangs et dévoilait un N Digital équipé du même capteur. Kyocera, alors propriétaire de la marque, s'obstina et sortit son reflex en 2002 — sans doute trop tard, sans doute trop cher. Le Contax N Digital fut un échec cuisant et mit un terme à l'activité numérique de Contax. Ce capteur de 6 Mpx n'était sans doute pas étranger à la débâcle, avec notamment un bruit électronique particulièrement tenace au-delà de... 100 ISO. De son côté, Canon produisait la même année un EOS-1Ds équipé d'un capteur 24x36 CMOS de 11 Mpx bien plus performant. Les dés étaient jetés...

Pentax MZ-D (MR-52) prototype présenté à la photokina 2000 (crédit : http://www.digicammuseum.com/)
Pentax MR-52 présenté à la photokina 2000. Crédit photo digicammuseum.com

Depuis ce premier prototype 24x36, Pentax a présenté de nombreux mock-up de reflex plein format. Même histoire avec le moyen format 645, que nous avons attendu plus de 5 ans pour le voir enfin apparaître "réellement" en 2011. Pour certains, l'arrivée du 645D signait la fin de la lignée 24x36 chez Pentax. Le K-1 leur donne aujourd'hui tort.

K-1 avec 36 Mpx dedans

16 années et quelques reflex plein format plus tard chez ses principaux concurrents (Canon, Nikon et Sony), Pentax doit frapper fort pour imposer un reflex patiemment attendu... ou pas. Et c'est bien sûr tout d'abord sur le capteur que nous nous penchons.

Le K-1 embarque donc un capteur CMOS de 36,4 Mpx délivrant des images en 7 360 x 4 912 px sans filtre passe-bas. Un modèle sans doute très proche de celui qui équipe déjà le Nikon D810. Voilà qui nous rassure, même si nous rêvions du dernier capteur Sony rétroéclairé (BSI) à 42,4 Mpx officiant dans l'A7R II. Toutefois, le capteur CMOS 36 Mpx de Sony a déjà fait ses preuves et s'est avéré performant chez Nikon. Reste à savoir comment Pentax saura exploiter les données. Au niveau des formats de fichier, la firme continue à proposer le DNG ou le format PEF pour un enregistrement brut sur 14 bits.

Pour cela, les ingénieurs ont développé un nouveau processeur Prime 4 qui permet au reflex de travailler sur une plage de sensibilités située entre 100 et 204 800 ISO. Nous retrouvons également le savoir-faire de la marque en matière de stabilisation mécanique : le K-1 intègre un système de stabilisation sur 5 axes qui vient compenser les mouvements du photographe.

Cette technologie permet aussi à Pentax de proposer différentes fonctionnalités, comme la simulation de filtre passe-bas, limitant l'apparition de moirage en floutant très (très très) légèrement l'image. Vous retrouverez de même le Pixel Shift Resolution, un procédé que nous avions évoqué lors du test du reflex APS-C K-3 II. Contrairement au système utilisé par Olympus pour augmenter la définition des images, la technique de Ricoh-Pentax améliore le rendu des images en offrant une meilleure impression de netteté et de détail. La marque assure aussi avoir travaillé sur de nouveaux algorithmes pour limiter l'apparition d'images fantômes.

Penta K-1 vue de dos avec écran ouvert

Le Prime 4 permet au K-1 de grimper à une cadence rafale de à 4,4 i/s en pleine définition, et jusqu'à 70 vues en JPEG et 17 fichiers RAW. En mode APS-C, la cadence passe à 6,5 i/s jusqu'à 50 vues en RAW. Des chronos tout juste suffisants pour de la photo sportive, à moins de passer en mode APS-C, mais là n'est pas l'intérêt.

Côté vidéo, c'est un peu la déception, car le nouveau reflex n'apporte rien de nouveau dans le domaine. S'il filme en HDTV 1080, c'est en entrelacé pour les cadences les plus élevées (60i et 50i) et l'autofocus est toujours inopérant en vidéo.Voilà qui cantonne le K-1 à la prise de vue photographique. Notez qu'un focus peaking peut s'afficher en photo et vidéo. Dommage, car côté son, c'est tout bon avec une entrée micro et une sortie casque.

Nouvel autofocus SAFOX 12

Le K-1 dispose logiquement d'un nouveau module autofocus par corrélation de phase. Le SAFOX 12 repose sur 33 points dont 25 croisés (principalement réunis au centre). La plage de sensibilité est annoncée de -3 à +18 IL. Le module s'est montré assez rapide lors de notre prise en main et la couverture est relativement importante. Reste à confirmer cette première impression lors de nos tests en studio et sur le terrain.

La cellule de mesure de la lumière n'évolue pas : vous retrouverez le système présent dans le K-3 II, à savoir un capteur de 86 000 points. L'obturateur fonctionne quant à lui jusqu'au 1/8 000 s. La synchro flash est limitée au 1/200 s.

Beau viseur, mais pas de flash

Le K-1 dispose d'un viseur optique avec un prisme en toit assez spacieux et plutôt confortable. Son grossissement est de 0,7x et sa couverture de champ, de 100 %. Le reflex joue donc clairement dans la même cour que le Nikon D810 ou le Canon 5D Mark III à ce niveau. Les points AF, une grille d'aide à la composition, un niveau électronique et une visualisation du mode APS-C sont directement affichés en surimpression dans la visée optique. Le dégagement oculaire nous a semblé agréable pour les porteurs de lunettes.

Si le viseur est une réussite, nous regrettons en revanche que Pentax ait fait l'impasse sur le flash intégré. Pentax invoque le manque de place et a privilégié la présence d'une antenne GPS — un choix plus que discutable. Dans les choix un peu étonnant, nous pointerons également l'absence de connexion USB 3 pourtant présente sur le K-3 II. Parfois, on se demande...

Un écran orientable, mais pas tactile 

Bon point, le K-1 est équipé d'un écran orientable, mais de manière assez étonnante, les ingénieurs n'ont pas opté pour une rotule classique : ils ont préféré un système de 4 branches orientables sur lesquels une autre charnière permet d'incliner l'écran. C'est un peu complexe à prendre en main et l'orientation de l'écran est plus réduite qu'avec un système classique. Il s'agit donc d'un choix un peu étrange, mais qui a le mérite d'attirer l'attention. Il faudra juger de son efficacité du système sur le terrain lors de nos tests.

Pentax K-1 vue de dos

Nous regrettons par ailleurs que les ingénieurs n'aient pas opté pour une dalle tactile afin de faciliter la navigation dans les menus ou le déclenchement une fois l'appareil monté sur un trépied. La visée Live View est bien sûr disponible avec un mode déclenchement totalement silencieux (obturation électronique).

Quelques nouveautés ergonomiques

Le K-1 est agréable à prendre en main. Il inspire confiance et la marque persévère dans la fabrication à l'épreuve des intempéries. Ce reflex affrontera donc, du moment qu'il est équipé d'une optique également tropicalisée, la pluie, la neige et autres poussières.

Hormis l'écran sur "pattes", il introduit également quelques nouveautés intéressantes. Ainsi, le K-1 est équipé de petites leds éclairant certaines zones afin de faciliter le travail dans le noir : une sous le prisme éclaire lors du changement d'optique, une autre éclaire le logement carte et une troisième illumine la partie connexion. De plus, 4 leds au dos de l'écran LCD éclairent le dos du reflex.

Pentax K-1  molette de réglage

Vous avez sans doute remarqué la présence de l'imposante molette sur l'épaule droite du reflex. Elle donne accès rapidement à certaines fonctionnalités de l'appareil : Wi-Fi, ISO, correction d'exposition, shake reduction, HDR, Grid, Crop, bracketing, CH/CL. La deuxième molette (celle qui ne comporte pas d'inscriptions) permet de changer rapidement de valeur. Ainsi, en mode M, il sera possible de modifier rapidement l'ouverture (molette avant), la vitesse (molette arrière) et la sensibilité ISO (molette du dessus).
Sur le papier, cette troisième molette semble une bonne idée, reste à voir son efficacité sur le terrain.

Disponibilité et prix

Le Pentax K-1 sera disponible au mois d'avril au tarif conseillé de 1 990 €.

Notre premier avis

Le K-1 est enfin là. Arrivera-t-il à séduire les pentaxistes et d'autres photographes ? De prime abord, ce reflex est intéressant à plus d'un titre. Pentax a eu la bonne idée d'intégrer le capteur 36 Mpx et de proposer le K-1 à un tarif vraiment bien étudié.

Côté prix, le K-1 vient donc affronter directement le Nikon D750 et le vieillissant Canon 6D, un peu moins cher.




Mais les prestations du reflex Ricoh / Pentax sont d'un autre ordre avec une meilleure définition, une construction plus haut de gamme et à l'épreuve des intempéries, un obturateur grimpant jusqu'à 1/8 000 s, une sensibilité ISO jusqu'à 204 800 ISO...

Et les optiques ?

L'arrivée d'un capteur 24x36 bouleverse un peu la donne et la situation n'est pas évidente pour Pentax, les optiques DA et DA limited étant réservées au format APS-C. Il faut alors utiliser des optiques plus anciennes : D-FA, FA et FA limited.

La sortie du K-1 s'accompagne de 2 nouvelles optiques 24x36 :
- 28-105 mm à 599 € ;
- 15-30 mm f/2,8 à 1 699 €.

Elles viennent compléter les 3 optiques présentées l'an dernier :
- le 24-70 mm f/2,8 ;
- le 70-200 mm f/2,8 ;
- le 150-450 mm f/4,5-5,6.

La triplette f/2,8 est donc d'ores et déjà présente ; il reste à la marque de proposer quelques optiques complémentaires comme un ou deux télés, une optique macro et des focales classiques (24, 35, 50 et 85 mm lumineux).

Caractéristiques

Capteur : CMOS 24x35,9. 36,4 Mpx
Monture : K (AF). Compatibilité assuré avec K(AF3), K(AF) et K(A)
Optique livrée : na
Stabilisation : pour par déplacement du capteur sur 5 axes
Antipoussière : oui par vibrations ultrasoniques (DR II)
Viseur : Prisme en toit. Grossissement 0,7x et couverture de champ de 100%. Dégagement oculaire de 20,6 mm
Flash : non
Écran : 8 cm. 1 037 000 points. Orientable. Ration 3:2.
Mise au point : TLL par corrélation de phase. SAFOX 12. 33 points dont 25 croisés. Sensibilité de -3 à 18 IL. 
Modes autofocus : AF-S, AF-C et manuel
Mesures d'exposition : Celulle sur 86 000 points RGB. Matricielle, pondérée centrale et spot
Modes d'exposition : PSAM
Vitesse d'obturation : 30 à 1/8 000 s
Motorisation : - jusqu'à 4,4 ips en 24x36
- jusqu'à 6,5 ips en APS-C
Sensibilité ISO : 100-204 800 ISO
Mémoire : 2 emplacements SD/SDHC/SDXC (UHS-I)
Format image photo : JPEG, RAW (14 bits) : 7 360 x 4 912 px
Format image vidéo : HDTV 1080 : 60i/50i/30/25 et 24p (MPEG 4 / H.264)
Alimentation : Li-Ion (760 vues normes CIPA°
Connexion : USB 2.0, Wi-Fi (802.11 b/g/n), GPS, alimentation secteur, synchro X, HDMI (type D), entrée micro stéréo, sortie casque
Dimensions : 137 x 110 x 86 mm
Poids : 1 010 g
Logiciels : NC
Dans la boîte : NC

Voir aussi :
> Tous les reflex testés
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