Sony FS5 : les meilleures offres

En tournage

J'ai réalisé plusieurs productions vidéo avec la Sony PXW-FS5 et je l’ai vraiment appréciée. Je l’ai utilisée sur le tournage d'un court-métrage en variant les plaisirs au niveau des objectifs, car j’ai pu jouer avec les optiques Veydra Mini Prime et mon kit de vieux Leica R via une bague d’adaptation, mais aussi le petit zoom du kit (18-105 mm f/4) qui est vraiment efficace.
Sony FS5 test terrain
Les boutons tombent bien sous les doigts, la sensation globale est vraiment bonne. Que ce soit sur pied ou à la main, la caméra est bien proportionnée, ni trop légère ni trop lourde : on se sent vite à l’aise.

J’ai aussi pu tester les accessoires de mes amis québécois de chez Shape, qui ont encore une fois fait des miracles pour donner à la caméra une ergonomie plus dédiée à la prise de vue cinéma, grâce à leur crosse d’épaule et leur système de plaques pour fixer les accessoires tels que Matte Box et Follow Focus.

Depuis longtemps, j’ai une préférence pour les petites bestioles qui savent rester discrètes et légères plutôt que les grosses qui ont la prétention de faire tout comme les grandes. La FS5 me comble de ce point de vue. Je suis totalement séduit par l’ergonomie de cette caméra : c’est un peu une fusion de l’ADN d’une Canon C100/C300 avec un soupçon de Sony EX3 et bien entendu une grosse inspiration de Sony FS7.

La poignée supérieure est vraiment bien conçue pour porter l’engin autant que pour filmer à bout de bras. Le petit zoom électrique 18-105 mm, bien que pas très lumineux, est quand même à ouverture constante f/4. Il est à la fois compact et parfaitement complémentaire avec la caméra. Il permet d’avoir un rapport de zoom de presque x6 : on n'est donc pas loin dans l'idée d’une caméra Run&Gun à grand capteur — la croisée des chemins, en quelque sorte. Un grand capteur Super 35 et un zoom électrique de belle amplitude, voilà qui va plaire à pas mal de monde.

Le système de filtre ND variable électronique est fort malin et va rendre bien des services. La technologie utilisée est assez étonnante : il s’agit d’un système de cristaux liquides qui devient de plus en plus sombre. La qualité est au rendez-vous et on ne subit pas les effets d’aberration au niveau de la chroma, contrairement à ce qu'on peut avoir avec des filtres ND variables basés sur la technique de la double polarisation à fixer sur le pas de vis des lentilles frontales de nos objectifs.
C’est là l’innovation la plus marquante de cette caméra. Certes, Sony nous avait déjà présenté cette technologie sur des caméras à plus petit capteur comme la PX70, mais c’est la première fois qu’ils l'intègrent une caméra "grand capteur".

Quant à la poignée rotative, c’est un pur régal, d’autant qu’il est possible de la déporter comme sur la FS7.

Sony FS5 test terrain

Pour la partie codec, je suis resté un peu sur ma faim. Sony protège sa gamme et ses caméras plus onéreuses, et c’est un peu dommage, surtout en 4K. On est sur un codec 8 bits 4:2:0 Long GOP à 100Mb/s : ce n’est pas génial, mais c’est vraiment loin d’être mauvais. Le 10 bits 4:2:2 est quant à lui bel est bien présent sur l’enregistrement HD.
À noter : pour le moment, seule la résolution Ultra HD est disponible. Il n’y a donc pas de 4K DCI (norme du cinéma numérique 4096 x 2160 24p). On n’est pas en vrai 24p mais en 23,98p : là aussi, c’est dommage.

Parmi les fonctionnalités notables, on peut aussi noter la fonction "By Pixel Super Resolution", très intéressante. Le principe est de gérer un recadrage variable dans l’image sans grossissement des pixels et sans passer non plus par un zoom dans l’image qui détériore la qualité comme sur le caméscope de tonton Michel. Ainsi, avec une focale fixe, on peut avoir une petite amplitude de zoom dans l’image sans perte de qualité ; le facteur varie si on enregistre en HD ou en 4K : c’est malin !
Nikon avait été l'un des premiers avec Panasonic à offrir la possibilité de jouer avec la surface utile du capteur pour la vidéo et de disposer ainsi de 2 ouvertures de champs différentes avec une seule et même optique. Sony va ici beaucoup plus loin et propose une fonction de zoom progressif très intéressante, d'autant plus qu'elle est affectée au bouton de zoom sur les poignées. On a donc un zoom x2 disponible en enregistrement HD. Un bémol néanmoins : un petit amorti sur la vitesse du zoom in et zoom out serait bienvenu.

Du côté de l’autofocus, c’est plutôt bien. La fonction de reconnaissance des visages et de tracking est assez efficace, même si certains la trouveront trop lente. Pour ma part, je l'estime intéressante, car contrairement à celui d’autres caméras, le suivi de l’AF n’est pas frénétique et je préfère avoir quelques pouillèmes de seconde de flou qu’un autofocus qui mouline en permanence pour chercher le point et génère plein de choses moches à l’image.

Dans les petits détails, signalons l’utilisation du sabot intelligent "MI Shoe" qui permet d’utiliser par exemple un récepteur de micro HF Sony UWP D11/ 51. Sans brancher de câble, le son et l’alimentation électrique passent par les micros connecteurs rangés au fond de la griffe porte-accessoire. Il existe aussi des minettes Led intelligentes qui peuvent par exemple s’allumer et s’éteindre de façon simultanée à la commande d’enregistrement.

La Sony FS5 hérite aussi des fonctionnalités Slow Motion de la Sony FS100 avec la possibilité d’aller jusqu’à 240 images par seconde en HD 10 bits 4:2:2 — des caractéristiques assez exceptionnelles sur des caméras dans cette gamme de prix.

Les deux emplacements pour cartes SD sont utilisés au maximum. Sony propose ainsi plusieurs fonctionnalités. On peut en effet enregistrer sur 2 cartes en continu avec un chevauchement automatique quand la première carte est remplie. On peut aussi enregistrer en mode miroir, ce qui est pratique pour sécuriser ses images ou donner directement une carte SD à la fin d’un tournage à un client. On peut également enregistrer dans 2 codecs différents et générer des proxy sur une carte pendant que l’autre enregistre en pleine qualité.
Mais surtout, autre fonction astucieuse : on peut utiliser 2 enregistrements différents, l’un affecté au bouton principal et l’autre à celui du déclencheur sur la poignée du dessus. Cela peut avoir son utilisé dans certains cas, quand on a besoin par exemple de rester filmer un événement et d’envoyer en express une carte avec les rushs pour un sujet news.

Enfin, parmi les nouveautés intégrées à la FS5, on peut saluer l’arriver des fonctionnalités connectées comme la possibilité d’envoyer des fichiers sur un serveur FTP ou de faire du streaming directement depuis la caméra via le Wi-Fi ou le port Ethernet. Le pilotage Wi-Fi est très pratique.

Qualité d'image

L'image produite par la caméra est vraiment de qualité. Elle est dans la lignée de ce que fait Sony depuis l'arrivée des F5 et F55 et reste tout à fait cohérente avec celle de sa grande sœur, la FS7. On est bien loin de ce qui caractérisait l'image Sony d’avant l’arrivée des grand capteurs, souvent critiquée comme "trop vidéo" ou "trop chirurgicale".

Le rendu colorimétrique est excellent : c'est plutôt très joli sur les peaux.

L'image présente une jolie texture : elle n'est pas lisse, elle possède juste ce qu’il faut de granularité, ce qui la rend vraiment intéressante.

La dynamique, elle aussi, est excellente. Les courbes Slog-2 et Slog-3 présentes dans la caméra sont très agréables à travailler à l'étalonnage et proposent une vraie latitude de correction. Le signal est positivement étonnant et il ne faut pas hésiter à surexposer légèrement pour obtenir le meilleur rapport signal/bruit. La caméra se débrouille très bien dans le haut de la courbe et on peut rattraper plus de choses dans les hautes lumières que dans les basses. Je préconise une surexposition d’un petit diaph par rapport à la mesure donnée par la caméra. La sous-exposition est plutôt bien gérée, mais il y a un seuil en dessous duquel il ne faut pas aller, sinon ça bruite vilain.

Pour finir sur la qualité de l’image, je recommande vivement de tourner en 4K, même si vous n’avez pas besoin de livrer de la 4K.
La raison est simple : si le codec XAVC 10 bits disponible en HD est plutôt très bon, il n’en est pas de même pour le processeur chargé d’opérer la down-conversion de la résolution 4K vers la résolution HD. C’est un point commun à nombre de "petites" caméras. Pour ma part, afin d’éviter des problèmes de qualité comme l’aliasing ou le moiré, je l’utilise systématiquement en 4K, quitte à monter ensuite dans une timeline HD. La conversion est de bien meilleure qualité avec les logiciels modernes comme Adobe Première Pro CC ou Final Cut Pro X sur une machine un peu récente : elle se fait en temps réel, sans besoin de passer par un traitement des rushs en amont. Par ailleurs, c’est aussi parfois très utile de pouvoir recadrer comme on le fait en photo, sans perdre de qualité.

> Exemple de vidéo tournée avec la PXW-FS5 sur le site de Sony

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