Olympus Pen F recommandé test review

Ces quelques jours passés avec le Pen-F d'Olympus furent un régal à plusieurs titres, parfois teintés de quelques regrets.

La prise en main est vraiment agréable. Le Pen-F se distingue par un look rétro réussi, mais également des finitions de qualité. Sur le boîtier, aucune vis n'est visible ; le revêtement en simili-cuir est réussi et les designers d'Olympus ont eu la bonne idée de recouvrir le dos de l'écran arrière de la même matière. Une fois l'écran replié, l'appareil photo n'a plus les insignes habituellement visibles d'un modèle numérique. Et ça fonctionne : vous êtes fier de sortir avec votre Pen-F et de le montrer.
En revanche, l'absence de tropicalisation est difficile à comprendre sur un boîtier à 1 200 €, et c'est une vraie faute de goût de la part du constructeur japonais. L'optique livrée en kit — le séduisant 17 mm f/1,8 — ne dispose pas non plus d'une finition à l'épreuve des intempéries, or pour des sorties sereines par tous les temps, un duo optique/boîtier protégé est impératif.
La construction semble toutefois solide et les commandes sont vraiment agréables, mais les touches à l'arrière peuvent paraître "un chouia" trop petites et ne toujours pas rétroéclairées (Olympus fut pourtant le précurseur en la matière avec l'E-620).

L'ergonomie est dans l'ensemble satisfaisante, mais il reste des progrès à faire. Ainsi, Olympus propose — et c'est une première sur un numérique de la marque — un correcteur exposition. Voilà qui devrait séduire de nombreux photographes ! Le Pen-F dispose bien de deux molettes de réglage, comme tout appareil expert qui se respecte. Toutefois, si celle placée à l'avant est facile d'accès, la molette arrière m'a semblé trop petite. Le basculeur, qui permet d'accéder aux réglages des modes artistiques / créatifs, fonctionne à merveille. Par contre (et c'est peut-être plus subjectif), la commande de mise sous tension placée à gauche de l'appareil oblige à tenir l'appareil à deux mains : c'est à mon sens une erreur ; je continue à préférer un levier au niveau du déclencheur, le geste étant alors plus naturel et moins contraint.

Avec le petit 17 mm, la préhension est agréable, mais avec un objectif plus imposant comme le 12-40 mm f/2,8, il manque une accroche sur l'avant pour bien maintenir l'appareil. Une poignée additionnelle compatible avec le système de fixation Arca Swiss est disponible pour 149 € (!!). Notez que cette poignée limite l'accès à la batterie ainsi qu'à la carte mémoire.

L'écran tactile est convaincant, surtout qu'il peut être utilisé conjointement avec le viseur électronique afin de déplacer rapidement les collimateurs AF.

L'une des nouveautés réside dans la molette créative placée à l'avant du boîtier : elle donne accès aux filtres créatifs, au créateur de couleur, au créateur de profils colorimétrique et au mode monochrome. C'est une bonne idée, qui rend le Pen-F vraiment agréable et amusant à utiliser. Attention toutefois, tous ces modes ne fonctionnent que pour les JPEG. Ceux qui, comme moi, préfèrent passer un peu de temps sur leur logiciel de développement de fichiers RAW ne trouveront ici rien de bien intéressant. Toutefois, il faut bien noter que ce Pen-F est sans doute le boîtier qui offre le plus haut niveau de personnalisation du rendu des fichiers JPEG. En outre, il est équipé de modes sympathiques, comme le LiveBulb, le Focus Bracketing ou le créateur d'album. On se demande d'ailleurs pourquoi Olympus fait l'impasse sur un mode panoramique par balayage.
 
Côté visée, enfin un viseur dans la série Pen ! Le signe distinctif des Pen face à la gamme OM-D vient donc de tomber. Le Pen-F dispose d'un viseur électronique placé sur la gauche de l'appareil, ce qui facilite l'accès aux commandes généralement situées à droite (on considère ici les viseurs de l’œil droit). Ce viseur est classique (2,4 Mpx) et assez performant, mais ce nouveau Pen-F méritait sans doute un peu mieux pour asseoir définitivement son positionnement haut de gamme. Une nouvelle génération de dalles est en train d'arriver (cf. le Leica Q) et il aurait été intéressant d'en faire profiter le Pen-F avec une meilleure définition et une dynamique plus importante. 

Le Pen-F est un boîtier rapide et silencieux. Sur ce point, le nouveau venu hérite de tout le savoir-faire de la marque développé sur les différentes versions des Pen et des OM-D. L'autofocus est rapide même en basse lumière et le suivi de sujet, sans atteindre les performances d'un reflex professionnel, est assez efficace. Vous pouvez opter pour un obturateur mécanique jusqu'au 1/8 000 s ou un obturateur électronique jusqu'au 1/16 000 s qui est totalement silencieux : un vrai bonheur pour la photographie de spectacle. En outre, avec de telles vitesses, il sera possible d'exploiter au mieux les optiques lumineuses en pleine journée. 

Le Pen-F est également le premier boîtier Olympus Micro 4/3 à dépasser la barre des 16 Mpx. Désormais à 20 Mpx, le capteur délivre une bonne qualité d'image avec une très bonne gestion du bruit électronique jusqu'à 1 600 ISO et des images facilement exploitables jusqu'à 3 200 ISO. Pas d'amélioration donc, mais une qualité constante et une augmentation de la définition de 25 %. La dynamique du capteur est correcte et conforme à celle habituellement observée avec les capteurs 4/3".

Le boîtier dispose d'une stabilisation mécanique sur 5 axes efficace (gain d'environ 3 IL) qui fonctionne avec toutes les optiques en photo ainsi qu'en vidéo. Le mode très haute définition à 50 Mpx qui combine une série d'images fonctionne vraiment bien, mais se limitera à des sujets parfaitement immobiles avec utilisation d'un trépied. 

Dans les points à améliorer, soulignons l'autonomie de la batterie, toujours aussi faible, et l'absence de flash intégré. Un flash, assez puissant et orientable, est toutefois livré en standard, mais comme trop souvent, il ne sera jamais présent quand vous en aurez besoin. Le mode vidéo n'est pas vraiment poussé par Olympus. Si le Pen-F filme en HDTV 1080 jusqu'à 60 ips, il fait l'impasse sur une prise micro et une sortie casque, deux outils indispensables pour une utilisation un peu poussée de la vidéo. 

Au final et malgré un tarif à mon avis trop élevé, le Pen-F reçoit facilement un recommandé.

Points forts

Points faibles

Excellent niveau de finition, prise en main agréable, look rétro réussi

Lissage un peu poussé des fichiers JPEG à partir de 3 200 ISO

Bonne gestion du bruit jusqu'à 3 200 ISO

Pas de flash intégré (mais livré en option)

Autofocus rapide dans la plupart des situations lumineuses

Pas de finition à l'épreuve des intempéries

Stabilisation 5 axes efficace en photo et vidéo

Autonomie de la batterie limitée à moins de 300 vues. Chargeur très lent.

Écran tactile, orientable (sur rotule) et recouvert de la même matière plastique qu'à l'avant

Ouverture de l'écran LCD peu pratique

Viseur intégré plutôt agréable

Menus non tactiles et globalement trop alambiqués malgré une aide contextuelle

Possibilité de sélectionner le point directement sur l'écran LCD

Commandes non rétroéclairées

Déclenchement totalement silencieux en obturation électronique

Pas d'enregistrement vidéo 4K

Système antipoussière efficace

Pas d'entrée micro ni de sortie casque

Niveau de personnalisation élevé

Pas de mode panoramique par balayage

Mode 50 Mpx pour les packshots en JPEG et 80 Mpx en RAW

La stabilisation mécanique diffuse un souffle peu agréable

Nombreux filtres artistiques et créatifs (LiveBulb, Color Creator...)

Format RAW propriétaire (.ORF)

Connexion Wi-Fi assez simple à mettre en œuvre

 

Parc optique intéressant et complet

 

Face à la concurrence

Panasonic GX8

Difficile de ne pas comparer le Pen-F au GX8 qui est le modèle haut de gamme chez Panasonic. Cette confrontation sera d'ailleurs prochainement l'objet d'un duel.

Côté design, et même si le GX8 joue la carte de la sobriété, il souffre la comparaison avec le Pen-F et son look rétro. Le GX8 est aussi plus volumineux et plus lourd, mais, contrairement à son concurrent, il est tropicalisé. Son viseur électronique est sensiblement plus large et s'oriente vers le haut. Les deux boîtiers disposent d'un écran LCD tactile et orientable (sur rotule). Toutefois, Panasonic sait mieux gérer cette fonctionnalité en autorisant la navigation dans les menus. Les deux boîtiers sont équipés d'un capteur 4/3" de 20 Mpx stabilisé et d'un obturateur électronique pour un déclenchement totalement silencieux. Côté vidéo, le Panasonic GX8 est bien plus efficace, sait gérer la vidéo 4K et dispose d'une entrée micro stéréo. En photo, le mode 4K permet une rafale à 30 ips en 8 Mpx. Aucun des deux appareils ne dispose pas de flash intégré.

Fujifilm X-E2S

Nous n'avons pas encore pu tester le Fujifilm X-E2S, mais ce boîtier hybride à capteur APS-C est une mise à jour du X-E2 testé. C'est donc un redoutable concurrent, positionné à 700 € et doté d'un excellent capteur APS-C de 16 Mpx. Sur ce point, le boîtier X-Trans devrait logiquement être plus performant que son rival Micro 4/3. Fujifilm annonce également avoir travaillé sur la célérité de l'autofocus qui, rappelons-le, fonctionne en détection de contraste et corrélation de phase. Les tests parleront, mais les différences au niveau de l'autofocus devraient s'atténuer.

Le X-E2S est certes plus volumineux et moins séduisant, mais il est doté d'un flash intégré. Le Pen-F a pour lui une stabilisation 5 axes par déplacement du capteur efficace, un écran LCD orientable et tactile ainsi qu'un viseur électronique au grossissement plus important (même définition de 2,4 millions de points).

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