Gabarit

Le Pen-F redonne vie à la série Pen d'Olympus qui n'avait pas donné de successeur à l'E-P5 présenté à l'été 2013. La marque s'est davantage inspirée de sa gamme argentique pour développer le Pen-F "numérique". Sans jouer dans la même cour que la série GM de Panasonic (boîtier très très petit), le Pen-F est un appareil photo compact, moins volumineux que son confrère Micro 4/3 le Panasonic GX8 ou que le boîtier APS-C à visée optique/électronique Fujifim X-Pro2.



Ergonomie

Il faut bien avouer que le Pen-F est séduisant avec ses lignes directement inspirées du modèle argentique des années 1960. La finition est vraiment plaisante, avec un appareil assez lourd (430 g tout nu), mais qui inspire confiance. Le revêtement est agréable et visuellement réussi. Les commandes (boutons, molettes...) sont efficaces avec une mention particulière pour le sélecteur de filtres artistiques qui est remarquable de fluidité. Comme avec les précédents Pen, il (me) manque un petit renflement pour faciliter la préhension. Une poignée additionnelle (ECG-4) vendue 149 € pourra pallier ce manque.

Olympus Pen-F test review vue de face avec 17 mm f/1,8
Le Pen-F d'Olympus arbore un style "rétro-argentique" réussi.

Autre point regrettable : l'absence de joints d'étanchéité. Nous revenons toujours à la même comparaison (sans doute un peu trop brutale), mais comparé au Nikon 1 AW1, vendu à moins de 800 € et capable de plonger jusqu'à 15 m de profondeur, il est difficile de comprendre que le compact Pen-F, lancé à 1 200 €, ne soit pas plus protégé.

Si le style est réussi, certains pourront toutefois regretter une telle profusion de commandes, notamment sur le dessus de l'appareil. À vrai dire, il suffit de comparer un Pen-F argentique et numérique pour noter l'explosion du nombre de commandes. L'occasion idéale de faire le tour du nouveau Pen-F.

Olympus Pen-F argentique et numérique, dessus des boîtiers
Comparaison entre le Pen-F argentique (gauche) et sa déclinaison numérique (droite).

Sur de dessus de l'appareil, vous trouverez sur l'épaule gauche la commande de mise sous tension. Si la molette est suffisamment protégée pour ne pas tourner toute seule, je persiste à préférer une commande au niveau du déclencheur, ce qui permet de mettre sous tension et de photographier d'une seule main. Avec ce principe, le Pen-F nécessite forcément deux mains. L'épaule droite est pour le moins chargée avec : la molette du choix du mode d'exposition et notamment 4 modes personnalisables, une imposante molette de réglage (avant) qui comporte le déclencheur, une molette arrière, la touche vidéo et le correcteur d'exposition. Dans notre décompte, on pourra inclure la touche Fn1 !
Olympus Pen-F test review vue de dessus
Un tableau de commande bien chargé...

Héritée des "antiques" Pen-F, le nouveau boîtier dispose d'une molette à l'avant (molette "créative"). Initialement attribuée au temps de pose, elle est désormais dédiée aux filtres artistiques ou créatifs. Elle donne accès au créateur de couleurs, filtres artistiques, espaces de couleurs et monochromes.

Olympus Pen-F test review molette filtres créatifs

Le premier permet de donner une dominante colorée à un cliché et ainsi faire "tirer" une photo vers le bleu, le vert ou le rouge. Les filtres artistiques sont déjà bien connus (Pop Art, Soft Focus, Film grain noir & blanc, sténopé, traitement croisé, couleur partielle...).
Le créateur d'espace coloré est nouveau et assez intéressant. Avec ce mode et via une interface graphique réussie, vous pouvez créer des profils de rendu colorimétrique en modifiant l'intensité de plusieurs teintes. Vous pourrez jouer sur la saturation (12 teintes modifiables), les hautes et basses lumières, le contraste, la netteté... Dommage qu'il ne soit pas possible de créer son profil à partir d'une image sur ordinateur pour l'injecter ensuite dans l'appareil. L'inverse est également impossible : on ne peut pas enregistrer plusieurs profils colorimétriques dans les différents modes personnalisés C1/C2/C3/C4.

Olympus Pen-F test review color creator interface graphique
Alors que le créateur de couleur permet de donner rapidement une teinte à une image (gauche), le contrôle du profil couleur permet de personnaliser le rendu de plusieurs teintes à la fois.

En mode monochrome, vous pourrez jouer sur les filtres colorés (jaune, bleu, rouge...), les hautes et basses lumières, le grain, la luminosité et le vignetage. Pour accéder à ces modifications, il suffira d'utiliser le petit basculeur situé sous le barillet des modes d'exposition.

Olympus Pen-F test review, filtres créatifs et courbe de contraste
Vous pouvez toujours jouer sur le contraste à l'aide de la courbe et accéder rapidement aux filtres créatifs qui disposent aussi de réglages.

Toujours à l'avant, une commande personnalisable (par défaut, le testeur de profondeur de champ) est disponible.

Au dos de l'appareil, vous trouverez le viseur électronique (avec un bon dégagement oculaire), le réglage de la dioptrie, une touche personnalisable Fn2 et, à droite de l'écran, un trèfle de sélection (ISO/WB, collimateurs AF, flash et motorisation) équipé d'un bouton de validation. La touche OK sert également à afficher un menu d'accès rapide sur l'écran LCD. 4 touches (Menu, Info, Corbeille et Lecture) sont aussi présentes.

Olympus Pen-F test review vue de dos
Une pression sur la touche OK permet d'afficher un tableau de bord sur l'écran afin de régler rapidement les principaux réglages avec une sélection au doigt, l'écran étant tactile.

Visée

Le Pen-F est le premier de la série Pen à disposer d'un viseur électronique intégré (c'est que qui faisait la différence entre la gamme Pen et la gamme OM-D). Le viseur est placé sur la gauche de l'appareil (vu de derrière), comme sur les modèles télémétriques, alors qu'il est au centre sur la gamme OM-D. Pour les photographes qui visent de l'œil droit, cette position est plus confortable, le visage ne venant pas buter contre le dos de l'appareil. En outre, l'accès aux commandes est également facilité (la plupart sont situées à droite).

Olympus Pen-F écran fermé

Le viseur est identique à celui présent dans l'OM-D E-M10 Mark II. Il s'agit d'une dalle Oled de 2 360 000 points. La couverture de champ est classiquement de 100 %, mais le grossissement atteint 1,23x, soit 0,62x en équivalent 24x36, ce qui est plus confortable que sur la majorité des reflex dans la même gamme de prix (0,55x pour le Nikon D5500Canon 760D, par exemple). L'affichage se montre fluide et précis, même en basse lumière. Un mode S-OVF (simulation de viseur électronique) permet de désactiver les différents rendus de balance des blancs, de filtres ou de compensation d'exposition. Vous pouvez naturellement afficher de nombreuses informations dans le viseur, comme des grilles d'aide à la visée, un histogramme d'exposition ou un niveau électronique. La visée est également stabilisée à l'aide du système mécanique.

Le Pen-F dispose d'un écran LCD orientable (monté sur rotule) et tactile. Il affiche 1 037 000 points sur une diagonale de 3" (7,6 cm). Il s'avère pratique pour la visée au-dessus d'un obstacle ou au ras du sol. La rotule permet de le retourner complètement, donc de le protéger quand on glisse l'appareil dans un sac ou quand on le porte en bandoulière. Olympus a eu en plus l'excellente initiative de recouvrir cet écran du même revêtement qu'à l'avant du boîtier. Une fois replié contre le boîtier, l'illusion est parfaite : c'est un appareil argentique ! Pour la petite anecdote, je me suis fait interpeller deux fois en une heure alors que le photographiais un carnaval avec la même question : vous photographiez encore en argentique ? Tout sourire, je retournais alors l'écran à leur plus grande surprise. Le concept fonctionne à merveille. Une remarque toutefois : l'écran ne s'ouvre pas facilement, malgré l'encoche ; il faut jouer des ongles ou tirer l'écran par la semelle —dommage.

Au final, j'ai souvent utilisé le Pen-F écran retourné. Vous gagnez en discrétion et vous perdez assez rapidement ce geste désormais machinal de vérifier la photo à l'écran. Par contre, utiliser uniquement le viseur électronique n'épargne malheureusement pas la batterie... au contraire.

Autonomie

Le Pen-F utilise toujours la batterie BLN-1 de 7,6 / 1 200 mAh, soit 9,3 W.h. Dans le cadre d'une utilisation classique, nous avons pu réaliser environ 250 déclenchements, ce qui cohérent avec le reste de la gamme, mais qui reste bien faible comparé aux plusieurs centaines photo possibles avec une batterie de reflex. Le boîtier ne dispose toujours pas de connecteur micro-USB qui permettrait une charge sur un ordinateur. En outre, le chargeur livré avec l'appareil est l'un des plus lents que nous ayons utilisés. il faut compter plus de 3 heures pour recharger complètement la batterie.

Connexions et mémoire

Le logement de la carte mémoire est malheureusement toujours situé dans la semelle de l'appareil. Sur pied, impossible donc de changer une carte sans avoir à tout démonter. Côté connexions, c'est le minimum syndical : sortie USB / AV et une sortie HDMI. C'est tout. Pas de prise micro-USB pour la recharge ni de prise casque ou micro. Bon point toutefois, le câble USB permet le pilotage distant à partir d'un PC avec Olympus Capture.

Olympus Pen-F test review connexions

Une puce Wi-Fi permet le pilotage distant sans fil et le transfert des clichés vers un smartphone ou une tablette pour le partage sur Internet. L'application Olympus Image Share, assez complète, propose une gestion assez fine de nombreux paramètres de prise de vues. il également possible de géomarquer les images à partir des données collectées par le GPS du smartphone.

Olympus Pen-F test review Wi-Fi
L'application Oi Share pour iOS et Android.

Flash

L'Olympus Pen-F ne dispose pas de flash intégré (tout comme le premier Pen, l'oubli fut ensuite corrigé). Un petit flash d'appoint est toutefois livré en standard dans la boîte (FL-LM3) ; il a le bon goût de disposer d'une tête orientable et de venir s'alimenter sur la batterie de l'appareil (pas de besoin de partir avec une série de piles AAA, mieux vaut s'équiper de batteries pour le Pen-F) — un petit accessoire qu'il conviendra de glisser dans son sac photo, à défaut de l'avoir en permanence sur soi.

Test Olympus Pen-F flash escamotable

Non seulement sa puissance officielle NG9 (100 ISO en mètre) lui confère une réelle polyvalence, mais de plus il arbore une tête articulée qui lui permettra de diffuser une lumière douce et dirigée. Il est possible de piloter des flashes distants sans fil, d'utiliser une vitesse de synchronisation jusqu'à 1/250 s et de jouer avec les modes automatiques, second rideau, vitesse lente et total manuel.

Bruit au déclenchement

Le Pen-F est un appareil assez discret. L'obturateur mécanique émet un son doux et feutré. En outre, il sera possible de photographier sans le moindre bruit en optant pour le mode silencieux : il faut pour cela aller dans le menu Motorisation et choisir le symbole "cœur" qui, bizarrement, correspond à silencieux pour paramétrer le Pen-F en obturation électronique. Dans ce mode, il sera possible de grimper jusqu'au 1/16 000 s. En outre, le mode rafale passe à 11 ips alors qu'il est limité à 10 ips en obturation mécanique.

Logiciels

Le boîtier est livré avec Olympus Viewer 3. Le logiciel est relativement complet et permet à la fois de trier ses photos (vous disposez d'une table lumineuse qui permet de comparer facilement jusqu'à 4 images simultanément), de géolocaliser les images, d'effectuer des retouches et même d'éditer les fichiers RAW. Dommage qu'il ne soit pas possible d'éditer des mots clés afin de retrouver plus facilement ses images.

Olympus Pen-F test review logiciel

Le module retouche est dense et plutôt complexe, mais il est possible de le personnaliser. En outre, un mode "tout automatique" est bien présent. Les plus férus de retouche sur ordinateur seront comblés. Le logiciel propose en effet des outils pour retoucher les couleurs, l'exposition, la netteté, le contraste, mais également l'inclinaison, les distorsions des optiques, le bruit électronique. En mode RAW, le module propose d'appliquer des filtres artistiques, mais aussi de travailler sur l'exposition, le bruit électronique et naturellement la balance des blancs. La réactivité du logiciel est correcte et permet en outre de mettre à jour votre appareil photo ainsi que les optiques.

Enfin, le Pen-F est livré avec Olympus Capture afin de travailler en mode connecté à partir d'un ordinateur (Windows / Mac OS X).

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