Décidément, les constructeurs nous gâtent en ce début d'année ! Après les annonces fracassantes de Nikon avec ses D5 et D500, ou plus récemment Fujifilm avec ses X-Pro 2 et EF-X500, c'est au tour d'Olympus de faire son annonce de rentrée avec un appareil que l'on attendait depuis longtemps : le Pen-F.

Olympus Pen-F et Arthur

Présentation

Pour se replacer dans le contexte il faut souligner que cette année, la marque fête ses 80 ans dans l'industrie photo et que pour l'occasion, elle a souhaité marquer un grand coup en relançant une version moderne de l'un de ses appareils mythiques : le Pen-F, sorti pour la première fois il y a plus de 50 ans en 1963. Olympus parvient à bien tirer son épingle du jeu sur le marché de la photo (celui des appareils à objectifs interchangeables, reflex et hybrides confondus), en terminant 2015 bon quatrième derrière Nikon, Canon et Sony.

Olympus Pen-F

La belle histoire et le positionnement

C'est donc le Pen-F édition 2016 qui fait son apparition dans la gamme des hybrides d'Olympus. Cela faisait un moment que nous n'avions pas entendu parler de la gamme Pen, si bien qu'on se demandait même si elle n'était pas vouée à disparaître, tant la marque a poussé ses OM-D ces dernières années.

Le modèle expert Pen E-P5 remonte tout de même à 2013. Le nouveau Pen-F ne le remplace pas pour autant dans la gamme, même si l'E-P5 devient technologiquement dépassé. La firme ne s'interdit pas un potentiel Pen E-P7 à l'avenir.

Le Pen-F est donc un appareil à part, un peu comme le Nikon Df.

Olympus Pen-F

Technologiquement, le nouveau Pen-F ne révolutionne pas le marché des hybrides. Il inaugure un nouveau capteur Micro 4/3 de 20 Mpx (d'origine inconnue, même s'il y a fort à parier qu'il s'agit du même que celui utilisé par Panasonic et donc fabriqué par Sony), ainsi que quelques nouvelles fonctions, mais rien de quoi mettre à terre ses principaux concurrents. L'appareil mise tout sur son design rétro très réussi qui, à coup sûr, en fera craquer plus d'un.

Ergonomie, design et interface

Et il a de quoi plaire, ce nouveau Pen-F ! En même temps, il hérite de son ancêtre qui était l'un des plus beaux appareils jamais conçus. Au premier coup d’œil, impossible de ne pas faire le rapprochement entre les deux appareils : même inscription du modèle sur le devant et le dessus de l'appareil, même forme, mêmes couleurs et textures, même grosse molette de réglage sur la face avant, etc.

Olympus Pen-F

L'appareil jouit d'une conception noble avec de beaux matériaux et un très bon niveau de finitions. Il existe en version argent ou noir. Malheureusement, et c'est assez difficile à comprendre, sa conception n'est pas tropicalisée. Le simili-cuir texturé sur le boîtier est du plus bel effet, surtout si l'écran — orientable et tactile il va de soi — est en position fermée.

Mais comment diable utiliser un Pen avec l'écran retourné ? Eh bien grâce au nouveau viseur électronique déporté et surtout désormais intégré à l'appareil. Il s'agit d'un modèle Oled avec correcteur dioptrique affichant une définition de 2,36 Mpx, une couverture de 100 % et un grossissement équivalent de 0,62x. Sur ce dernier point, ce n'est pas ce qu'Olympus sait faire de mieux (l'EM-1 est à 0,74x), mais c'est déjà assez confortable à l'usage.

Olympus Pen-F

Bien entendu, il s'agit d'un appareil photo numérique bardé de technologies et fonctions qu'il faut pouvoir actionner rapidement. Les commandes épurées de la version originale laissent donc place à un imposant tableau de bord riche en molettes et boutons.

Sur le dessus, à gauche, on retrouve une molette permettant de mettre l'appareil sous tension : c'est un clin d’œil à la molette de rembobinage manuel du modèle original. À droite se succèdent une molette des modes verrouillable, un nouveau correcteur d'exposition et le déclencheur cerclé par une molette de réglage actionné par l'index. Olympus a poussé le jeu du rétro jusqu'à prévoir un pas de vis sur le déclencheur pour utiliser un déclencheur souple mécanique. Enfin on retrouve également une deuxième grosse molette de réglage pour le pouce. Lors de notre première prise en main, nous avons été un peu déçus à la manipulation de ces molettes supérieures qui sont, selon nous, manquent de finesse. 

Olympus Pen-F

Sur la face avant du Pen-F initial, on trouvait une grosse molette de réglage pour les ISO. Olympus a conservé cette molette, mais lui a attribué ses nouvelles fonctions de personnalisation des rendus couleur et noir et blanc en direct ; de super filtres artistiques, en quelque sorte. Nous y reviendrons.

L'arrière de l'appareil est beaucoup plus classique avec de nombreux boutons personnalisables, ainsi qu'un nouveau switch autour de la molette des modes de prise de vue afin de faire défiler certains paramètres.

Au final, il est vrai que le tableau de commandes est très riche — peut-être un peu trop ! On est très loin de tomber dans le purisme de Leica avec son M (Typ 240), mais un juste milieu aurait été judicieux. D'autant plus que ce nouvel appareil est conçu pour les amoureux de la photo qui souhaitent retrouver des sensations : une pratique simple qui va à l'essentiel. Il en va de même pour les menus de l'appareil, qui n'ont toujours pas évolué et ne bénéficient toujours pas des fonctions tactiles de l'écran arrière.

Sous le capot

Le nouveau Pen-F inaugure un nouveau capteur, toujours Micro 4/3, de 20 Mpx. Cela devient donc le capteur le plus défini d'Olympus, un peu devant les 16 Mpx des OM-D. Selon toute vraisemblance, c'est le même que celui utilisé par Panasonic sur son GX8, et c'est bien là la seule réelle nouveauté dans les performances de l'appareil. Pour le reste, le Pen-F ressemble à s'y méprendre à l'OM-D E-M5 II.

Olympus Pen-F focus sur le logo
Changement de logo entre le Pen-F argentique et la version numérique.

On retrouve donc une sensibilité maximale de 25 600 ISO (et pouvant descendre à 80 désormais), une stabilisation 5 axes, la technologie Fast AF et 81 points de mesure. Lors de notre rapide prise en main, nous avons été très impressionnés par la réactivité de l'autofocus et du déclenchement de l'appareil. En rafale, le boîtier peut avaler pas moins de 10 images par seconde (i/s). L'obturateur peut monter au 1/8 000 s en mécanique et au 1/16 000 s en électronique. Niveau connectivité, le Wi-Fi est toujours de la partie.

De plus, Olympus reconduit son mode ultra haute définition par assemblage qui exploite les possibilités de déplacement du capteur (par stabilisation) et permet de réaliser sur trépied des photos de 50 millions de pixels sur des sujets statiques.

Olympus Pen-F et son capteur 20 Mpx 4/3
Un nouveau capteur 20 Mpx au cœur du Pen-F d'Olympus.

Enfin, pour ce qui est de la vidéo, rien de nouveau sous le soleil non plus et surtout pas d'enregistrement 4K. Il est possible d'enregistrer des séquences en HD TV 1080 à 30/25/24p en compression intra (ALL-I) et à des débits jusqu'à 77 Mb/s. Pas de prise micro et encore moins de prise casque sur ce modèle. Contrairement à celui de l'E-M5 Mk II, le grip optionnel proposé à 129 € n'intègre pas non plus de prise casque.

La créativité mise en avant

L'une des nouveautés du Pen-F réside dans sa molette que l'on qualifiera de créative. Elle permet d'activer rapidement les filtres artistiques Art, mais aussi un mode noir & blanc. L'interface évolue notablement, avec désormais la possibilité de créer simplement et rapidement des profils de rendus.

Olympus Pen-F bouton molette créative
La fameuse molette créative.

Ainsi, en mode noir & blanc, vous pourrez jouer sur les filtres colorés (jaune, bleu, rouge...), les hautes et basses lumières, le grain, la luminosité, le cadre. En mode couleur, il sera possible d'aller plus loin que le simple Créateur de couleur disponible sur certains OM-D. Là encore, vous pourrez jouer sur la saturation (12 teintes modifiables), les hautes et basses lumières, le contraste, la netteté...

Le photographe pourra donc peaufiner le rendu colorimétrique (ou monochrome) sur son boîtier avec une précision rarement atteinte. Dommage que les profils ne soient pas enregistrables pour une édition encore plus aboutie sur ordinateur.

Notre premier avis

Au final, impossible de ne pas être séduit par le look ravageur de ce nouvel appareil. Il est beau, tout simplement. En le voyant, on a envie de le toucher, de l'utiliser et de le posséder. La prise en main est un peu moins enthousiasmante : le tableau de bord très chargé et le ressenti au niveau de certaines mollettes nous laissent un petit goût de déception.

Côté technique, rien à redire ; c'est un appareil bien conçu qui propose toutes les fonctions nécessaires à la grande majorité des photographes. Nous regrettons simplement le manque d'innovation de la part d'Olympus, qui se "contente" de reprendre les fonctions déjà très abouties de son OM-D E-M5 Mk II. Ce nouveau Pen-F est tourné vers la créativité avec ses très nombreuses fonctions de personnalisation de rendu des images en direct. C'est assez ludique et bien pensé, mais encore faut-il prendre le temps de les utiliser sur le terrain. Sur ce point, difficile de se prononcer pour l'instant.

Disponibilité et prix

Le nouvel Olympus Pen-F sera disponible début mars 2016 au prix de 1 199 € nu, 1 399 € en kit avec un 14-42 mm et 1 499 € avec un 17 mm f/1,8 (noir uniquement).

Dans l'univers des hybrides, il se positionne naturellement face au Panasonic Lumix GX8, qui est nettement moins beau, mais plus performant d'un point de vue technique : enregistrement 4K, meilleur viseur électronique orientable, interface 100 % tactile, NFC.

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Olympous Pen-F 2 versions
Deux coloris pour le nouveau Pen-F.

Caractéristiques

Capteur : 4/3" Live MOS (17,3 x 13 mm). 20,3 Mpx
Monture : Micro 4/3
Optique livrée selon kit
Stabilisation : oui. Sur 5 axes, par déplacement du capteur
Antipoussière : Oui, par vibrations ultrasoniques
Viseur : Oui. Dalle Oled, 2 360 000 points.
100 % du champ couvert
grossissement de 1,08x
écran : (orientable et tactile)
flash : Externe. NG 9,1. Synchro flash au 1/320 s
Mise au point : Fast AF par détection de contraste.
Modes autofocus : AF simple, AF continu avec suivi de sujet et mise au point manuelle
Mesures d'exposition : TTL 324 zones, Multi-zone, spot, pondérée centrale
Modes d'exposition : PSAM
Vitesse d'obturation : 60 à 1/8 000 s. Obturateur électronique au 1/16 000 s.
Motorisation : 10 i/s sans stabilisateur et sans suivi AF
5 i/s avec stabilisateur et suivi AF
Sensibilité ISO : 80-25 600 ISO
Mémoire : 1 emplacement SD/SDHC/SDXC UHS-I
Format image photo : JPEG, RAW (ORF) : 5 184 x 3 888 px
mode HR (combinaison de 8 images) 50 Mpx :
JPEG 8 160 x 6 120 px / RAW 10 368 x 7 776 px
Format image vidéo : .MOV (H.264) : HDTV 1080 à 60/50/30/25/24p (IPB) et 30/25/24 (ALL-I)
.MOV (H.264) : HDTV 720 à 60/50/30/25/24p (ALL-I et IPB)
Alimentation : Batterie Li-Ion BLN-1. Donnée CIPA : 300 vues avec visée électronique et 350 vues avec visée optique
Connexion : Wi-Fi, USB 2.0, HDMI (type  D), prise micro stéréo
Dimensions : 125 x 72 x 37 mm
Poids : 427 g (avec batterie)
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