Présentation

Nikon a présenté l'été dernier sa dernière mouture d'un objectif phare et incontournable : le 24-70 mm. Outre une toute nouvelle formule optique, le Nikon AF-S 24-70 mm f/2,8 ED VR version 2015 offre désormais une stabilisation optique, afin d'augmenter sa polyvalence sur le terrain et à main levée. Nikon est donc le deuxième constructeur à intégrer cette technologie à un 24-70 mm, après Tamron en 2012 et son SP 24-70 mm f/2,8 Di VC USD.

Nous comparons ici ces deux modèles avec un Nikon D810 et son capteur très exigeant de 36 Mpx. Ces deux objectifs sont positionnés dans deux sphères de prix différentes : annoncée aux alentours de 1 400 €, la version Tamron se trouve désormais aux alentours de 800 € ; le Nikon est pour sa part beaucoup plus cher, avec un prix de lancement à 2 499 €. Sachez qu'il existe aussi trois autres possibilités : la version non stabilisée de Nikon, toujours au catalogue, le 24-70 mm f/2,8 non stabilisé de Sigma et le récent Tokina SD 24-70 mm f/2,8 IF DX.




Caractéristiques : ÉGALITÉ

Pour ce qui est des caractéristiques, ces deux objectifs sont tout à fait comparables et disposent de technologies similaires : stabilisation optique, motorisation, ouverture constante f/2,8. Par contre, il saute aux yeux que la version Nikon (plus récente) a une formule optique beaucoup plus ambitieuse que le Tamron, avec 20 lentilles contre 16. Bien entendu, cette formule plus riche joue indéniablement sur le poids et l'encombrement de l'objectif. Le Nikon est plus lourd et plus gros que le Tamron : il y a 250 g de différences entre les deux objectifs, et un peu plus de 6 cm de long. 

Difficile de trancher sur ce point, c'est donc une égalité au niveau des fiches techniques.

  NIkon AF-S 24-70 mm f/2,8
ED VR
Tamron SP 24-70 mm f/2,8
Di VC USD
  NIkon AF-S 24-70 mm f/2,8  ED VR Tamron SP 24-70 mm f/2,8  Di VC USD
Monture Nikon Canon, Nikon, Sony
Format couvert 24 x 36 mm 24 x 36 mm
Plage focale 24-70 mm 24-70 mm
Équivalent 24x36
sur capteur APS-C
38-105 mm 38-105 mm
Ouverture maximale f/2,8 f/2,8
Ouverture minimale f/22 f/22
Distance de mise au point 0,38 m 0,33 m
Nombre de lamelles
du diaphragme
9 nc
Construction 20 lentilles en 16 groupes 14 lentilles en 16 groupes
Éléments spécifiques 2 verres ED, 1 verre ED asphérique, 3 verres asphériques, 1 verre HRI, traitements NanoCrystal et fluorite 2 lentilles en verre XR - 3 lentilles en verre LD - 4 lentilles asphériques
Échelle des distances oui oui
Rapport de reproduction 0,28x 0,26x
Motorisation oui oui
Stabilisation oui oui
Dimensions 88 x 154,5 mm 73 x 92 mm
Diamètre filtre 82 mm 82 mm
Poids 1 070 g 822 g
Pare-soleil oui oui
Étui souple oui non

Prise en main : AVANTAGE NIKON

Première différence qui saute littéralement aux yeux entre les deux modèles : les mensurations ! En effet, la dernière version Nikon est beaucoup plus imposante que la version Tamron. Elle mesure plus de 6 cm de long en plus et pèse 250 g de plus : c'est beaucoup ! Pour un objectif conçu avant tout pour le terrain, on a tendance a privilégier poids et encombrement. 



La qualité de construction du modèle Nikon est excellente. Le design de l'optique est très réussi avec une intégration parfaite des commandes (boutons de mise au point et stabilisation). Sur le modèle Tamron, c'est moins bien avec une protubérance sur le côté gauche de l'objectif.



Les deux modèles bénéficient d'une construction "tous temps" mais on a tendance a faire plus confiance au modèle Nikon sur ce point. En effet, par exemple, via la lentille arrière on voit sans aucun problème l'électronique sur le Tamron alors qu'elle est complètement dissimulée sur le Nikon.

Nikon AF-S Nikkor 24-70 mm f/2,8 ED VR

Pour ce qui est des deux bagues de réglage (mise au point et zoom), une fois de plus on se laisser charmer par le modèle Nikon. Malgré le poids de l'objectif et le nombre de lentilles, la bague de zoom est très facile a manier. La course est modérée et la fluidité presque parfaite. Sur le Tamron, elle est plus lourde.



Au niveau de la bague de mise au point manuelle, elle est très large et confortable à utiliser sur le Nikon. La course est modérée, mais elle manque un petit peu de précision. Sur le modèle Tamron, elle est beaucoup plus étroite, elle est située avant la bague de zoom et n'est pas assez fluide.



Malgré un poids et un encombrement plus importants, nous donnons notre préférence au modèle Nikon pour la prise en main.

Tests labo : AVANTAGE TAMRON

Nous avons testé les 24-70 mm avec un Nikon D810 et son capteur 24 x 36 mm de 36 Mpx (4,9 µm de côté).

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple.

De plus, le piqué va dépendre de la définition du capteur de votre appareil (nous avons testé l'objectif avec un D810 de 36 Mpx) et la taille de son capteur (24 x 36 mm pour le D810). Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Le D810 dispose d'une définition de 7380 x 4928 pixels. Chaque pixel mesure donc 4,9 µm de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/14 !

Au laboratoire, les résultats sont globalement sans appel. Le Tamron s'en sort mieux que le modèle Nikon. Le comportement de l'objectif est plus cohérent et les images qu'il délivre beaucoup plus homogènes. Au centre, le niveau de piqué des deux objectifs est tout à fait comparable. C'est dès que l'on s'en éloigne que la différence se fait.
















Test terrain : ÉGALITÉ

Voici ce que l’on obtient avec un 24-70 mm monté sur un Nikon D810, équipé d’un capteur plein format 24 x 36 mm. La plage de focales est relativement polyvalente et conviendra à la plupart des sujets. Utilisé sur un reflex équipé d'un capteur au format APS-C (type Nikon D500), ce zoom devient un équivalent 36-105 mm.



Nikon AF-S 24-70 mm f/2,8 ED VR


Tamron SP 24-70 mm f/2,8 Di VC USD @ 70 mm

Tamron SP 24-70 mm f/2,8 Di VC USD (Canon EOS 5D Mark II)
 
Côté distorsions, les deux objectifs se valent. Elles sont dans l'ensemble assez discrètes bien que présentes à toutes les focales. Une petite correction dans un logiciel de post production sera nécessaire pour s'en affranchir. Niveau vignetage, c'est à peu près le même constat se ce n'est qu'il est un peu plus important sur le modèle Nikon que sur le Tamron. Pour ce qui est des aberrations chromatiques par contre, le Tamron fait beaucoup mieux que le Nikon qui en produit outre mesure aux plus grandes focales.

  

Distorsions @ 24 mm : à gauche le Tamron, à droite le Nikon

 


Distorsions @ 70 mm : à gauche le Tamron, à droite le Nikon

  

Vignetage @ 24 mm f/2,8 : à gauche le Tamron, à droite le Nikon

  


Vignetage @ 70 mm f/2,8 : à gauche le Tamron, à droite le Nikon

 

Aberrations chromatiques @ 24 mm f/2,8 : à gauche le Tamron, à droite le Nikon

 


Aberrations chromatiques @ 70 mm f/2,8 : à gauche le Tamron, à droite le Nikon




Nikon AF-S 24-70 mm f/2,8 ED VR



Tamron SP 24-70 mm f/2,8 Di VC USD (Canon EOS 5D Mark II)
 
Se sont les deux seuls 24-70 mm f/2,8 à embarquer une technologie de stabilisation optique. Même si il est vrai que Tamron a été pionnier en la matière, force est de constater que la version Nikon est plus performante avec un gain de 4 IL à main levée et au 70 mm contre 3IL avec le Tamron.



Stabilisation optique Nikon @ 70 mm



Stabilisation optique Tamron @ 70 mm





Nikon AF-S 24-70 mm f/2,8 ED VR

 
Pour ce qui est du bokeh, les deux objectifs disposant de la même ouverture maximale et de la même distance minimale de mise au point, on observe des rendus similaires. Dans les deux cas, ils procurent de beaux effets de profondeur de champ avec un flou d'arrière-plan doux et harmonieux.



Tamron SP 24-70 mm f/2,8 Di VC USD (Canon EOS 5D Mark II)

Vous pouvez télécharger les fichiers originaux (JPEG et RAW) en pleine définition des tests terrain respectifs du Nikon et du Tamron.

Verdict : TAMRON SP 24-70 MM F/2,8 DI VC USD

Tamron SP 24-70 mm f/2,8 Di VC USD

Même si ce nouveau 24-70 mm Nikon est une bonne optique, elle ne peut objectivement rivaliser avec le modèle Tamron qui, pour un prix trois fois moins élevé, propose les mêmes options (ouverture constante f/2,8, stabilisation optique, motorisation ultrasonic) et offre en plus un niveau de qualité optique supérieur.

Alors oui, il est vrai que le modèle Nikon est mieux fini, que la stabilisation optique est plus performante (4 IL de gagné contre 3 avec le Tamron), que la prise en main est beaucoup plus agréable malgré un poids important, mais on attend d'une optique de ce niveau qu'elle soit exceptionnelle au niveau du piqué et ce n'est pas le cas. Le Tamron ne l'est pas non plus, mais il n'a pas à rougir face a ce nouvel objectif. 

Il existe d'autres alternatives au niveau des 24-70 mm f/2,8. Nikon maintient le modèle précédent qui est une référence pour de nombreux photographes, mais sans stabilisation à son catalogue. Sigma, bien entendu, propose son modèle également dépourvu de stabilisation optique. Enfin, récemment, Tokina a lancé un nouveau 24-70 mm f/2,8 (nous avons testé la version Canon) qui est également dépourvue de stabilisation.







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