Fujifilm X-Pro2 test review recommandé

Après quelques jours passés en compagnie du X-Pro2 de Fujifilm, il est temps de rendre nos conclusions sur ce boîtier un peu hors normes.

Côté prise en main, certaines évolutions sont intéressantes, d'autres sont plus gadget. La nouvelle poignée fait réellement gagner en confort. La prise en main est franche, directe, plus sûre. La qualité de fabrication progresse également : le boîtier "fait" plus costaud (il est également un peu plus lourd) et la présence de joint d'étanchéité rassure : on n'hésitera pas à sortir le X-Pro2 sous la pluie ou sur des terrains plus hostiles, en veillant à toujours utiliser impérativement des optiques à l'épreuve des mêmes conditions. Les molettes sont très agréables à utiliser : le mouvement est souple et fluide. Tout cela inspire confiance. Reste le correcteur d'exposition que je trouve trop souple, et qui s'est fréquemment retrouvé en position +1 ou -2 IL en sortie de sac. Un crantage plus résistant aurait été appréciable.

La présence d'un joystick pour déplacer le point AF est un vrai plus. On retrouve ce type d'interface sur certains reflex sportifs et il faut bien avouer que c'est rapide et très pratique, surtout quand le nombre de collimateurs AF devient conséquent — ce qui est le cas sur le X-Pro2. quant à l'apparition d'une seconde molette de réglage à l'avant du boîtier, c'est une heureuse idée... sur le papier. Sur le terrain, l'effet est moins saisissant, car l'ouverture se règle à l'aide de la bague de diaph avec la plupart des optiques Fujifilm, et la vitesse dispose de son propre barillet de réglage, tout comme le sensibilité ISO.

La sensibilité ISO est modifiable par une roue crantée qu'il faut soulever. Là encore, ce principe est idéal pour vérifier ou modifier les paramètres de prise de vue (ouverture, temps de pose et sensibilité) avant la prise de vue. Une fois l'œil dans le viseur, c'est plus contraignant, notamment pour la vitesse et la sensibilité. C'est sans doute aussi une question d'habitude, mais pouvoir faire varier le temps de pose et l'ouverture à l'aide des molettes avant/arrière est un principe désormais généralisé sur les reflex haut de gamme, pratique et rapide.

Nous apprécions par ailleurs le nouvel obturateur mécanique qui grimpe au 1/8 000 s et la possibilité de déclencher de manière totalement silencieuse avec l'obturation électronique.

Côté interface, les menus ont été revus et, globalement, le X-Pro2 est plus simple à prendre en main que le X-Pro1. Reste que certaines lignes sont toujours aussi absconses et qu'il n'existe toujours pas d'aide contextuelle. L'ajout d'un menu personnalisable est en revanche une bonne idée qui vient en complément du menu Quick (Q) pour accéder rapidement aux principaux réglages de l'appareil.

Viseur hybride. La visée hybride optique et électronique est l’apanage de Fujifilm et le X-Pro2 dispose de la dernière version, déjà installé dans le X100T.
La visée optique est claire et parfaitement fluide, mais le système a ses propres limites : il ne sera guère utile pour des focales inférieures à 16 mm et, passé 90 mm, le cadre de visée devient très petit et la visée électronique s'impose rapidement. En outre, les optiques volumineuses (comme le 16-55 mm) apparaîtront dans le cadre de visée obstruant la partie droite. Comme sur le X100T, il est possible d'afficher un petit écran LCD dans la visée optique afin de faciliter la mise au point manuelle (celle-ci est quasi impossible en visée optique seule). Il est possible de zoomer (3 niveaux) à l'endroit du collimateur AF sélectionné.
La visée électronique est pour sa part un peu décevante. En effet, la dalle est plus petite que celle du X-T1 et le grossissement est moindre (0,59x contre 0,77x). Tout n'est pas perdu cependant : le rafraîchissement de la visée passe de 54 à 85 images par seconde, ce qui assure une excellente fluidité d'affichage, même en basse lumière. Le dégagement oculaire est un peu court et les porteurs de lunettes ne seront pas particulièrement à l'aise avec ce viseur.
 
Autofocus. C'est sans doute le point sur lequel le X-Pro2 est le plus attendu. Le contrat est-il rempli ? Assurément oui ! L'autofocus gagne en célérité par rapport à la première version, c'est indéniable. En labo, le X-Pro2 prend l'avantage sur son aîné le X-T1, notamment en basse lumière. Sur le terrain, le Fujifilm s'est montré remarquable, même en basse lumière. Dans la pénombre, il tient la dragée haute aux meilleurs Micro 4/3 et surclasse certains reflex. En pleine lumière, la détection de contraste d'Olympus ou de Panasonic se montre un peu plus réactive. Dans tous les cas, les progrès réalisés par Fujifilm dans le domaine sont impressionnants.

Sur le suivi de sujet en mode rafale, les progrès sont notables et lors de nos tests, nous avons réussi à saisir des sujets en mouvement avec un excellent taux de réussite.

Qualité des images. La magie des imageurs X-Trans fonctionne toujours et cette 3e itération se révèle splendide, avec une excellente gestion du bruit électronique jusqu'à 6 400 ISO et des images exploitables jusqu'à 12 800 ISO. Les valeurs supérieures sont plus compliquées. Avec une telle plage ISO, il est dommage que Fujifilm ne propose pas une gestion plus "automatique" de la sensibilité Auto. En effet, c'est au photographe d'ajuster le temps de pose à partir duquel le X-Pro2 augmente la sensibilité ISO. Un calage sur la focale utilisée aurait été judicieux. Heureusement, trois modes Auto sont personnalisables.

Tous comme les autres boîtiers Fujifilm, le X-Pro2 dispose de nombreuses simulations de films dont les très réussis Velvia et Provia. Désormais, il faudrait compter avec la simulation Acros (noir & blanc) qui offre une belle richesse dans le rendu des textures.

Vidéo. L'enregistrement évolue notablement avec la possibilité de filmer en 60/50/30/25 et 24p et en HDTV 1080 bien entendu. Pas de 4K au programme, pas de sortie casque (il y a bien une entrée micro stéréo au format 2,5 mm). Il est possible de faire varier l'ouverture et l'obturation pendant le filmage, mais la sensibilité ISO est fixée en début d'enregistrement de manière assez étonnante.

Au final, le X-Pro2 est une belle évolution du X-Pro1 et donc un bel héritier de la lignée. On appréciera nouveautés comme le capteur à 24 Mpx, l'autofocus plus rapide ainsi que la visée hybride optique/électronique. Reste que le tarif proposé par Fujifilm est élevé : 1 800 € sans optique. Un prix qui ne détournera pas les amateurs de visée hybride, mais qui pourrait amener certains photographes à reconsidérer le X-T1. Quoi qu'il en soit, le Fujifilm X-Pro2 reçoit aisément un recommandé.

Points forts

Points faibles

Superbe qualité de finition : solide, protégé des éclaboussures et des poussières

Pas de stabilisation mécanique (et parc d'optiques stabilisées encore un peu maigre)

Superbe gestion du bruit électronique à 6 400 ISO. Images exploitables jusqu'à 12 800 ISO.

Ergonomie parfois curieuse : roue à lever pour changer la sensibilité ISO

Le système autofocus est désormais très rapide et sensible en basse lumière

Latitude d'exposition étonnante étroite

Très bon autofocus continu sur un sujet en mouvement

Plus de mode panoramique par balayage (le X-Pro1 dispose de cette fonction)

Déclenchement totalement silencieux avec l'obturation électronique. 1/32 000 s disponible dans ce mode

Autonomie de la batterie beaucoup trop limitée (prévoir une seconde batterie)

Nouveau menu personnalisable pour regrouper 16 fonctions

Pas de poignée d'alimentation disponible

Nouvel obturateur mécanique jusque 1/8 000 s et synchro flash au 1/250 s.

Un seul emplacement compatible UHS-II

Rafale à 8 i/s avec suivi autofocus

Crantage du correcteur d'exposition un peu trop souple

Intervallomètre

Visée optique partiellement inutilisable avec certaines optiques (16-50 mm, 23 mm...)

Le seul boîtier à viseur optique et électronique : le meilleur des deux mondes.

Pas de sortie casque pour le retour audio. Pas de port USB 3.0. Pas de recharge par le port USB.

Possibilité de compresser ou non les fichiers bruts

Pas d'écran orientable et/ou tactile

Connexion Wi-Fi pour le partage des images et le pilotage à distance

Pas de flash intégré

Simulations de films réussies, notamment le dernier Acros (noir & blanc)

Pas de réglage des ISO auto en fonction de l'optique utilisée

 

L'interface graphique ne s'oriente pas avec l'appareil


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