En 2016, le festival Circulation(s) s'ouvrira à un nouveau format d'image d'ordinaire réservé aux petites plaisanteries sur le Net : le GIF. Désormais, des auteurs photographes s'en emparent pour réaliser leur projets personnels et le GIF animé se nomme cinémagraphe (voir les créations de Julien Douvier ou notre tutoriel à ce sujet). François Beaurain fait partie de ceux dont le travail sera présenté au printemps prochain au 104. Il nous en dévoile une partie dès aujourd'hui.

Focus numérique – Votre sujet Les Villas questionne l'empreinte de l'homme sur son environnement. Dans vos images, l'extension des banlieues de grandes villes dans un pays comme le Maroc donne lieu à une vision un peu absurde des programmes de construction... C'est ce que montre ce cinémagraphe du bureau de vente, non ?

François Baurain, série Les Villas, cinémagraphe


François Beaurain – J'ai pris cette image dans la banlieue de Marrakech, où je me suis rendu compte qu'il y avait de nombreux projets de construction de ce genre, ici nommé Les Villas. Vous savez, je suis aussi consultant en changement climatique. Les problématiques liées à l'environnement, je les connais très bien. Aussi je suis très sensible à l'intervention de l'homme sur la nature.
Cet endroit est très particulier, car en fait, la ville est tout autour. Ce trou d'espace a été comme oublié des constructions alentour. C'est le premier travail que j'ai fait quand je suis arrivé au Maroc début 2015. Ce qu'il y a d'intéressant avec les GIF, c'est que je peux demander aux gens, aux passants de participer. J'ai toujours deux, trois GIF dans mon sac, je leur montre ce que ça peut donner... ça permet de discuter. Mais pour autant, sur cette image, il n'y a pas de signification particulière.

Focus numérique - Lesquelles ont une signification particulière dans votre série ?

François Baurain, cinémagraphe


François Beaurain - Moi, j'aime bien les grues. Ou celle aussi avec le bulldozer que l'on peut voir sur mon site. On est dans une zone bâtarde au propre comme au figuré : à la limite de la ville et de la campagne, et quand les constructions sont là, mais pas encore vraiment existantes. Ces grosses machines ressemblent à des mutants qui vont transformer tout notre environnement. Malgré tout, ce que je cherche, c'est plutôt la poésie des lieux, et l'esthétique dans un espace qui en est a priori complètement dépourvu. Je montre ce que je ressens ; en cela, ma démarche est à l'exact opposé des photojournalistes.

Focus numérique – Quelle est la vie de votre série ? Les galeries sont-elles intéressées par le cimémagraphe ?

François Baurain, cinémagraphe

François Baurain, cinémagraphe


François Beaurain – Oui, ça commence ! La galerie Photo 127, située à Marrakech, va exposer ma série Les Villas qui comprend aussi des images fixes. Et le musée Guggenheim de Bilbao montre en ce moment ma série Monrovia Animated, faite au Libéria en 2014. Une grande institution est d'ailleurs intéressée par une acquisition possible ; je suis en pourparlers. Au printemps 2016, le festival Circulation(s) va mettre en lumière Chiatura, du nom d'une ville minière de Géorgie.
Question diffusion, cette technique peut poser des problèmes, car il est naturellement impossible de reproduire l'effet de mouvement sur du papier. J'ai bien essayé avec une impression lenticulaire, mais ça ne donne rien de comparable.

Focus numérique – Y a-t-il un photographe qui vous ait particulièrement inspiré ?

François Beaurain – Un photographe ? Non, pas tellement. Un artiste comme Escher par exemple, oui, beaucoup plus. Pour son travail sur la répétition, certainement !

> Le site de François Baurain
> La série Monrovia
> La série Chiatura
> Instagram : @francoisbeaurain

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