Depuis quelques temps, le time-lapse est partout : que ce soit à la télévision, au cinéma et surtout sur internet, nous avons tous vu ces images sur lesquelles on peut observer la danse des nuages, une fleur s’ouvrir, ou encore la vie d’une ville en accéléré. Ces vidéos toujours impressionnantes sont pourtant à la portée de tous à condition de respecter quelques règles simples.

Réaliser un time-lapse
Exemple d’installation de matériel pour l’enregistrement d’une séquence de time-lapse.

Définition

Le time-lapse est une technique photographique qui consiste à créer une vidéo à partir d’un grand nombre de photos prises à intervalles réguliers (d’une seconde à plusieurs minutes). Une fois les photos assemblées à une cadence de 24 images par secondes, vous obtenez alors une vidéo en accéléré.

Le matériel

La réalisation d’un time-lapse est à la portée de tous ! Pour commencer à expérimenter cette technique photo, vous n’avez pas besoin d’un investissement matériel important. Quelques accessoires sont cependant indispensables si vous souhaitez obtenir un rendu correct.

Le premier d’entre tous et le plus évident est un appareil photo reflex — de préférence, même si certains compacts ou bridges peuvent faire l’affaire. Il est important de pouvoir travailler en mode manuel et d’avoir un contrôle total sur l’exposition, la profondeur de champ, la balance des blancs ainsi que la sensibilité.

Un trépied stable est tout aussi indispensable : un time-lapse peut être rapidement gâché à cause d’une rafale de vent qui ferait trembler votre installation ou de n’importe quel événement extérieur qui produirait un flou de bougé ou un changement de cadrage, aussi minime soit-il. Inutile pour autant d’investir dans un trépied de 5 kg coûtant plusieurs centaines d’euros. Choisissez-en un qui correspond à votre matériel et au type de prise de vues que vous pratiquez.

Un autre élément de première importance est l'utilisation d'un intervallomètre. Concernant ce point, il existe plusieurs possibilités :
  • La plus simple, surtout si vous vous essayez seulement au time-lapse, est de vérifier si votre boîtier propose la fonction intervallomètre dans le menu de configuration. Cette solution est la plus simple mais pas la plus pratique pour autant : si vous souhaitez vérifier le nombre de déclenchements effectués ou le temps restant, il vous faudra alors toucher à votre boîtier au risque de faire bouger l'installation.
  • Si votre appareil photo ne propose pas cette option ou si vous souhaitez investir, il existe des intervallomètres externes de différentes marques et coûtant de quelques dizaines à plusieurs centaines d’euros. Ceux-ci se présentent sous la forme d’une télécommande que l’on connecte au boîtier. Leur principal avantage réside dans la possibilité de contrôler le déroulé de la prise de vues sans avoir à toucher à l’installation.
  • Il est également possible, à l'aide d'un câble USB, de brancher l’appareil photo sur un ordinateur qui sera alors utilisé comme intervallomètre — il y a en effet fort à parier que le logiciel fourni avec votre appareil propose cette fonction. Vous pouvez aussi vous servir de votre smartphone à l’aide d’une application, sous réserve de compatibilité matérielle.

Dernier point concernant le matériel, pensez à vous munir de cartes mémoire de grande capacité. Étant qu'il faut 24 images pour produire une seconde de vidéo, une minute de time-lapse nécessite 1 440 photos (soit 60 fois plus).

La prise de vues

Avant de passer à la prise de vues en tant que tel, un travail préparatoire est nécessaire. Dans un premier temps, une fois votre scène définie et votre matériel installé sur le trépied, vous pouvez préparer votre cadrage. Nous ne nous attarderons pas sur cette partie, les règles de composition habituelles sont d’usage. Ensuite, il vous faut bien configurer votre boîtier et surtout définir le bon intervalle entre chaque déclenchement.

Le réglage du boîtier

Choisissez le mode Manuel (M) de votre appareil photo et réglez-le de manière à avoir une profondeur de champ conséquente et une exposition correcte, tout en sélectionnant la sensibilité la plus faible possible. En réglant votre boîtier ainsi, vous éviterez les changements d’exposition ou de profondeur de champ d’une photo à l’autre, comme cela pourrait être le cas en mode Priorité Ouverture (A ou Av) ou en mode Priorité Vitesse (S).

Désactivez l’autofocus de votre objectif et faites votre mise au point manuellement. Si vous avez un doute en faisant votre mise au point à la main, vous pouvez toujours faire le point avec l’autofocus. Pensez cependant à le débrayer ensuite : il serait en effet dommage que l’appareil refasse le point ailleurs en plein milieu de votre prise de vues.

De la même manière, réglez votre balance des blancs manuellement afin d’éviter que cette dernière change d’une vue à l’autre, d’autant plus si vous travaillez en JPEG. Si vous travaillez en RAW vous pourrez toujours la corriger plus tard, mais autant s’en passer si possible.

La prise de vues a ici été faite en mode Priorité Ouverture. Le temps d’obturation ayant changé d’une photo à l’autre, on observe un effet désagréable de clignotement sur la vidéo.

Cette fois-ci, le boîtier ayant été réglé en Manuel, aucun scintillement n’est visible malgré le changement de luminosité de la scène.

Calculer l’intervalle

Il s’agit ici du point le plus crucial de votre préparation. D’une manière générale, plus l’intervalle est court, plus la vidéo est fluide — et inversement. À titre indicatif, on peut estimer l’intervalle de la manière suivante :
  • 1 à 2 secondes pour des véhicules motorisés, une foule en mouvement ou des nuages par vent fort.
  • 2 à 5 secondes pour un lever ou un coucher de soleil.
  • 5 à 10 secondes pour des nuages par temps calme.
  • 10 à 30 secondes pour le déplacement du soleil ou de la lune par temps clair.
  • 20 à 60 secondes pour un ciel étoilé.
  • 1 à 2 minutes pour une plante à croissante rapide.
  • 5 à 15 minutes pour la construction d’un bâtiment.

Bien entendu, tout ceci doit être adapté en fonction de votre créativité et de divers facteurs extérieurs. Plusieurs essais préalables peuvent également être nécessaires.

Si vous souhaitez capturer un événement de 2 heures pour en faire une vidéo de 1 minute et 30 secondes, vous pouvez aussi calculer l’intervalle de la manière suivante :
  • 2 heures = 120 minutes.
  • 1 minute et 30 secondes = 90 secondes.
  • 60 secondes / 24 images par seconde = 2,5. C’est votre coefficient multiplicateur
  • Le calcul est alors le suivant : 120 / 90 x 2,5 = 3,33.

Il faut donc un intervalle de 3,33 secondes.

Pour continuer, vous pouvez aussi estimer le nombre de photos nécessaires en faisant un simple calcul :
  • 120 minutes x 60 secondes par minute / 3,33 secondes d’intervalle = 2 162 photos.

En multipliant le nombre de photos par le poids moyen de vos fichiers, vous pouvez même savoir quelle capacité de carte mémoire choisir.

Maintenant que vous avez réglé votre boîtier et défini votre intervalle, vous pouvez lancer le premier déclenchement et trouver de quoi vous occuper en attendant. Désormais, ne touchez plus à rien avant la fin de la prise de vues ! Il serait dommage de tout faire bouger à cause d’un geste maladroit qui rendrait la séquence inutilisable.


Exemples de time-lapses réglés différemment selon la vitesse du vent : 5 secondes pour le premier et 8 secondes pour le second.

La création de la vidéo

Une fois la prise de vues terminée, il vous faut assembler les photos de façon à obtenir une vidéo. Pour ce faire, il existe de nombreux logiciels gratuits et payants pour tous les systèmes d’exploitation. Si vous possédez le logiciel Adobe Lightroom 3 (ou une version supérieure), il est possible d’assembler votre séquence en quelques clics après avoir téléchargé un simple preset. Si ce n’est pas le cas, une autre solution simple et gratuite est également possible.

Avec Adobe Lightroom

Adobe Lightroom, en plus de proposer un outil de retouche des photos de votre séquence, permet de générer votre fichier vidéo en quelques clics. Au préalable, il vous faut télécharger le preset Lightroom Timelapse.

Pour l’installer, décompressez le fichier téléchargé sur votre ordinateur, allez dans le menu « Diaporama » de Lightroom, puis dans le menu de gauche, via un clic droit dans « Explorateur de modèles », importez les fichiers précédemment décompressés. Il ne vous reste alors plus qu’à choisir la résolution ainsi que la cadence d’image de votre future vidéo et à exporter le tout.

Toujours via Lightroom, vous pouvez ajouter directement une bande son à votre vidéo en passant par le menu de droite et l’onglet « Lecture » qui vous permettra de sélectionner un fichier audio sur votre disque dur.

Réaliser un time-lapse - Lightroom
Capture d’écran du menu « Diaporama » de Lightroom avec le preset Lightroom Timelapse.

Avec GoPro Studio

Une autre solution simple et gratuite consiste à utiliser le logiciel de montage GroPro Studio. Il suffit alors d’indiquer le chemin du dossier où se trouvent vos photos et de les importer dans le logiciel de montage. GoPro Studio va alors automatiquement générer la séquence vidéo dans la table de montage tout en offrant la possibilité d’ajouter une piste audio. Vous n’avez alors plus qu’à exporter le tout pour obtenir votre fichier vidéo.

Pour Conclure

Maintenant que vous avez créé votre première séquence de time-lapse, il vous reste à expérimenter cette technique en faisant varier la durée de l'intervalle et le cadrage, de façon à explorer tout le champ des possibles.

Pour un meilleur rendu, vous pouvez utiliser des logiciels tels qu’Adobe After Effect ou LRTimelapse — qui vous offriront plus de contrôle sur la post-production —, des logiciels de montage pour assembler vos séquences en un clip vidéo, ou même des rails de travelling pour inclure du mouvement à votre séquence. Nous aurons l’opportunité de revenir sur ces techniques dans un prochain article dédié à la post-production de vos séquences de time-lapse.

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