C'est à l'occasion du Salon de la Photo 2015 que nous avons eût le plaisir de rencontrer sur notre stand le nouveau président de Nikon Imaging France, Benoît de Dieuleveult, pour une intéressante interview. Nous avions déjà croisé sa route par le passé chez Nikon même à la tête de la division image. Après un passage de deux ans chez Electrolux, il reprend la main et devient le grand patron.

Focus Numérique : Votre retour chez Nikon est un vrai défi ? 

BeNikon Benoit de Dieuleveultnoît de Dieuleveult : C'est avant tout le projet et une conviction. Nikon est à un tournant. On arrive bientôt a notre premier siècle d'existance en 2017 et on prépare déjà les 100 prochaines années ! Aujourd'hui après avoir eu une période de croissance très forte avec le développement de la photo numérique, Nikon connait en France une baisse importante de chiffre d'affaire. Il faut cependant savoir prendre un peu de recul. La baisse a été particulièrement importante en France, au niveau européen c'est déjà moindre et au niveau mondial, le marché est en baisse en volume d'environ 9% (source CIPA) mais il est en croissance en yens. Le yen a baissé, il y a un taux de change favorable. Le même chiffre d'affaire en euros génère plus de yens. Donc au final le marché mondial de la photo montre une croissance tirée particulièrement par le marché américain. Le marché ne se porte donc pas si mal.


Nikon a 30 % de parts de marché niveau mondial. C'est un marché profitable et Nikon réinvestit 8 % de son chiffre d'affaire en recherche et développement. Le projet va être de repenser ses "business model" sur les "business" existants à savoir bien entendu l'image avec son portefeuille de produits et de services pour que Nikon continue d'être un cateur majeur qui alimente ce marché. En tant que leader ou co leader du marché, nous avons une certaine responsabilité et nous devons le soutenir. Nous avons beaucoup de projets en termes de produits mais aussi en terme de marketing.

Nous souhaitons aussi développer nos activités dans un secteur sur lequel nous ne sommes pas encore très implanté à savoir le médical. Nous avons  récemment fait l'acquisition de la société Optos, spécialisé dans les diagnostiques de la rétine.


Focus Numérique : On a le sentiment que Nikon passe un peu à côté du marché très prometteur des compacts à objectifs interchangeables et ce malgré la présence de la gamme Nikon1 qui s'adresse principalement aux débutants. Tout le monde attend un hybride Nikon dédié aux photographes experts. Comment expliquer que les deux géants de la photo ne soient pas pionniers dans le secteur des compacts à objectifs interchangeables ?

Nikon Benoit de DieuleveultBenoît de Dieuleveult : Si tout le monde attend c'est que c'est déjà une bonne chose. Si on ne nous attendait pas se serait plutôt inquiétant. L'incomprehension, s'il y en a une, vient du décalage entre le temps industriel et le temps marché. En particulier dans le domaine de la photo, ce dernier va très vite. Le cycle de vie des produits est court. L'innovation fait qu'un produit chasse l'autre. Le temps industriel est plus long. Développer un tel appareil ne se fait pas en six mois.

Lorsque nous avons développé le Nikon 1, la gamme répondait à une logique du marché. Le reflex avait encore un potentiel de développement important, il y avait les compacts et nous avons réfléchi a une solution intermédiaire a ces deux univers. Nous avions réfléchi a une cohérence avec un compromis idéal entre la taille de l'optique et la taille du boîtier.

Le marché a répondu en partie différemment. On a entendu et on travaille. On ne s'interdit rien. On pense que nous avons une légitimité sur l'ensemble des segments du marché de la photo. On a tous les savoirs faire. Il faut laisser le temps industriel, on travaille.

Nikon 1 interview Hirotake Nozaki

Focus Numérique : Parlons un peu vidéo maintenant. Est-ce que Nikon n'est pas trop frileux sur ces fonctions face à un Canon qui a énormément axé sa communication dessus?

Benoît de Dieuleveult : On avait sans doute moins de légitimité au départ que d'autres. On est parti de plus loin. Aujourd'hui nous avons des produits qui tiennent la route en vidéo. Lorsque nous pensons le développement de nos boîtiers nous réfléchissons photo et vidéo. Nous pouvons certainement aller plus loin dans ce domaine.

Focus Numérique : 2016 sera une année riche en évènements sportifs avec l'Euro en France et bien entendu les JO d'été à Rio. L'arrivée des JO est souvent en phase avec le lancement de nouveaux boîtiers professionnels. Est-ce qu'il faut s'attendre à voir arriver le successeur du D4s dans les semaines ou mois à venir ?



Benoît de Dieuleveult : C'est une chose un peu paradoxale dans la manière de fonctionner chez Nikon. En effet, nous avons un sens de la confidentialité très développé mais il est vrai que par certains aspects, on peut être un peu prévisibles. Certaines choses arrivent en effet cyclique-ment. La possibilité qu'on arrive à un moment ou Nikon prendra la parole dans le domaine pro existe.

Made In Japan : Tochigi, la production des optiques NiKKOR


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