"Je vous envoie quelques exemples de photos lenticulaires par la poste pour que vous puissiez mieux vous rendre compte du résultat". Ainsi se clôturait notre entretien avec Guillaume d'Hubert. Quelques jours plus tard, nous recevions deux tirages épais et lourds au format 15 x 15 cm sur lesquels deux modèles prennent presque vie avec une impression de relief réussi.

Guillaume d'Hubert, tirages lenticulaires



Les tirages lenticulaires sont des procédés assez anciens et nous avons même eu l'occasion de tester une mise en œuvre industrielle lorsque Fujifilm a présenté le W1 en 2009. Mais pour Guillaume d'Hubert, la stéréophotographie est d'abord un élément d'expression personnelle qu'il souhaite utiliser pour ses projets. Photographe depuis plus de 10 ans, c'est un amoureux des techniques photo et du matériel. Au-delà du simple relief, Guillaume d'Hubert veut également y associer le mouvement et travaille depuis plusieurs mois sur un projet avec différents danseurs. Dans son travail de photographe au quotidien, c'est une prestation qu'il propose, mais pour l'instant, les clients sont avant tout curieux.



Le problème de la photographie lenticulaire est qu'il faut être physiquement présent pour en profiter. Le relief est une perception délicate à décrire. C'est là que le travail de recherche de Guillaume d'Hubert devient un travail d'équipe. En effet, son fils maîtrise quelques langages de programmation et a créé un site spécifique pour "montrer" les images lenticulaires. À l'aide d'un script Open Source Java, il est possible de faire défiler les images au rythme déterminé par le détecteur de mouvement d'une tablette ou d'un smartphone. On peut alors découvrir une image sous différents angles. Quand on bouge la tablette, le sujet se met également à bouger. C'est une image interactive.

système de prise de vue pour tirage lenticulaireCrédit photo : Guillaume d'Hubert.

Concrètement, le côté prise de vues est assuré par un rail sur lequel sont fixés 7 reflex Canon équipés de focales fixes. Une technique développée avec le concours d'Henri Clément qui la propose depuis des années. Pourquoi 7 ? C'est une question de moyens, car on pourrait avoir plus d'appareils. 7 est un nombre suffisant pour réaliser des tirages lenticulaires agréables.



Le plus étonnant, c'est le rapport qu'ont les personnes face à un tirage lenticulaire de grande taille. L'impression, saisissante de relief, met souvent le spectateur mal à l'aise quand il s'agit d'une personne qu'il connaît. Le côté figé et la profondeur de champ donnent une image mortifère qui pousse les personnes à prendre du recul. A contrario, quand il s'agit d'un sujet nouveau, les spectateurs sont plus curieux et fascinés.

système de prise de vue pour tirage lenticulaire

Pour Guillaume d'Hubert, c'est un changement aussi radical que lors du passage du noir et blanc à la couleur. Il y a vraiment une dimension supplémentaire pour concevoir une image. Cela permet également à la photo relief de s'émanciper du côté un peu vieillot et suranné du tirage lenticulaire. La photo n'est plus un angle figé, on peut désormais tourner autour et entrer dedans.

Techniquement, les 7 images sont insuffisantes pour créer des mouvements fluides. Il y a donc beaucoup de travail en postproduction pour créer les images intermédiaires. Au final, 40 images sont créées pour reproduire un mouvement fluide. La création d'une image prend environ 25 minutes et nécessite l'utilisation de plusieurs logiciels différents. Quant au collage, il requiert une grande précision dans l’assemblage de la photographie et du réseau lenticulaire. Une technique désormais bien rodée et que ce photographe du Nord maîtrise et réalise dans son atelier de Bailleul.



> Le site Internet de Guillaume d'Hubert

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