Montage 4K



Le Leica SL est capable de filmer en 4K 4 096 x 2 160 en 24 i/s ainsi qu'en 4K 3 840 x 2 160 px jusqu'à 30 i/s en plus d'un mode HDTV 1080p 60, 100 et 120 i/s ! Les réglages sont nombreux, il est possible de travailler l'exposition manuellement, de débrayer l'autofocus, de bénéficier du peaking même pendant le filmage, d'activer une courbe vidéo Gamma L-Log et d'enclencher la stabilisation. Le résultat est excellent, l'image est piquée, contrastée sans excès et, avec la courbe L-Log, la dynamique est accrue. Il est en outre possible de monter un casque ou un microphone externe via un adaptateur.

Conclusion

Finalement, ce Leica SL surprend à plus d'un titre. Sa fiche technique, d'abord. Richement doté, il rompt avec le traditionalisme en vogue chez Leica depuis des années, mais s'inscrit aussi dans une nouvelle tendance moderniste très prononcée chez le constructeur allemand depuis le lancement des Leica T et Q. Un bond en avant technologique s'opère et il est heureux de voir qu'en dépit d'une histoire basée sur le succès de son fameux M, la marque sait innover et égaler les ténors haut de gamme du marché sur les points les plus sensibles comme la définition, l'autofocus ou la qualité d'image... voire les surpasser. Le Leica SL est le seul boîtier doté d'un tel viseur et son confort est inégalé.

Ensuite, le Leica SL surprend par son ergonomie et son dessin. Les lignes sont tendues, presque taillées à la serpe et, comme le Leica T, il est fraisé dans un seul bloc d'aluminium. À cela ajoutez la tropicalisation et vous obtenez l'un des meilleurs boîtiers Leica jamais construits. Les finitions ne sont plus excellentes mais exemplaires, et surclassent largement tous ceux qui pourraient prétendre le concurrencer ou s'inscrire dans une mouvance "Leica Style".

Prendre en main le Leica SL est une expérience photographique à part. C'est à la fois étonnant et presque avant-gardiste. En tout cas, non seulement le boîtier ne laisse pas indifférent mais après quelques heures d'utilisation, on y revient toujours, on a toujours envie de le prendre en main, de sentir sa masse solide, de le porter à l'œil, de contempler encore et encore l'épure du châssis et son design, de jouer avec le petit joystick dorsal tant il répond bien au doigt. En tout cas, tant que l'on ne pénètre pas dans les menus.

Là, le rêve commence à s'effriter. Certes, lesdits menus sont très complets, mais l'ordonnancement des fonctions finit par agacer. L'ensemble, austère, manque de logique. On regrette aussi de ne pouvoir retomber directement sur le dernier réglage effectué ou encore qu'il faille appuyer deux fois sur une touche pour rentrer dans les menus. Le bouton de déclenchement de la vidéo est lui aussi mal placé : lorsque l'on souhaite enregistrer une séquence à la volée, il oblige une contorsion de la main fastidieuse. Nous pouvons avoir l'air de chipoter, mais n'oublions pas que nous parlons d'un boitier à 6 900 € (nu) et qu'à ce prix, nous en sommes en droit d'attendre l'excellence.

Une excellence dont le Leica SL s'approche, sans aucun doute, mais qui pour le moment reste un peu lettre morte tant l'objectif qui l'accompagne, le 24-90 mm f/2,8-4, déçoit. Non pas qu'il soit mauvais, non : cet objectif polyvalent fait bien son travail d'objectif polyvalent, il est piqué au centre, mais mou sur les bords, surtout aux "grandes" ouvertures. Le tableau s'obscurcit encore un peu quand on zoome et tente de travailler à la plus longue focale. Encore une fois, nous ne sommes pas devant un mauvais objectif, mais l'ensemble est "banal". À 4 300 € la banalité, on se demande bien quel photographe s'en contentera ? Et puis un autre point nous chagrine : son poids et son encombrement sont démesurés. En fait, en tant que photographe, mon constat est le suivant : c'est un objectif que j'ai du mal à appréhender et avec lequel j'ai du mal à me sentir à l'aise.

Alors finalement, il y a eu des heures de débat à la rédaction pour savoir si nous recommandions ou non le Leica SL. Et il nous est très difficile de trancher. Si nous devions ne juger que le boîtier en lui-même, oui, bien sûr que nous le recommanderions. Même à ce prix si élitiste, qui est après tout une affaire personnelle, il a de quoi déclencher un vrai coup de cœur et faire frissonner les plus blasés.
En revanche, un boîtier n'existe pas sans objectif. Nous ne jugeons ici que "le kit" qui nous a été confié, pas les multiples montages qu'on peut réaliser avec des bagues d'adaptation mais qui font perdre les automatismes. Et le kit Leica SL + Vario-Elmarit-SL 24-90mm f/2,8-4 nous est apparu trop déséquilibré au regard du prix et des performances de cette combinaison.

Évidemment, Leica va sortir une roadmap et plusieurs objectifs vont suivre — on l'espère de tout cœur en tout cas. Mais en l'état, il est difficile d'être pleinement conquis par l'ensemble. Le constat est simple : le Leica SL excelle, le 24-90 mm déçoit.

Aux amateurs donc de voir comme tirer parti de cet étonnant boitier et de suivre l'actualité de la marque concernant les sorties des prochains objectifs... Après tout, nous étions sceptiques quand Sony a proposé ses Alpha 7 ; aujourd'hui, ils monopolisent la plupart des podiums de nos guides d'achat. Cependant une chose est sûre : c'est que depuis la kina 2014, et même depuis la sortie du M 240, la firme allemande bouscule ses habitudes et fait souffler un vent nouveau sur un marché maussade. Bravo Leica pour cet élan, donc ; maintenant, il te faut construire un écosystème autour de ce boîtier pour rassurer ceux qui pensent que tu t'adresses encore aux photographes de terrain et pas seulement aux oligarques russes...
Contact Vie privée, Cookies Conditions Générales d'Utilisation