L’arrivée du Canon G5 X sur le segment des compacts experts permet de confirmer une tendance à la montée en gamme de ce marché. Cette année, Sony, Canon, Sigma et Leica s'en sont donné à cœur joie avec pas moins de 7 nouveaux boîtiers : les Sony RX1R Mk II, RX100 Mk IV, les Canon PowerShot G5 X, G3 X et G9 X, le Sigma dp0 Quattro et le Leica Q (Typ 116).

Pour affronter une concurrence aiguisée, le G5 X se pare d’un viseur électronique Oled de 2 360 000 points, d’un zoom polyvalent 24-100 mm f/1,8-2,8 et d’un capteur 1 pouce de 20 Mpx ainsi que d'un écran orientable et tactile. Sur le papier, ce nouveau venu a donc de solides arguments puisque sa fiche technique le place devant le Sony RX100 Mk III, actuellement l'un des meilleurs compacts du marché.
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Modèle :
Vitesse : 1/13 s, ouverture : f/1.8
Sensibilité : 1600 ISO
Focale : 8.8 mm, décalage expo : 0 IL

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Nous avions donc hâte de tester ce boîtier, d'autant que nous avons un petit faible pour ce type d'appareils, descendants en quelque sorte des compacts experts argentiques qui ont fait les beaux jours de la photographie de rue. Le Canon G5 X peut-il prétendre s'inscrire dans cette lignée ? Réponse par le terrain !

Avec son look de mini reflex, le Canon G5 X est imposant. Son gabarit ne lui permet pas de se glisser dans la poche d'un jeans, à la différence d'un Sony RX100 Mk III, mais sa préhension est bien meilleure. La prise en main bénéficie d'un petit grip à l'avant et d'un repose-pouce à l'arrière qui permet de le saisir fermement et de ne pas le laisser filer entre les doigts. On s'approche d'ailleurs du gabarit d'un Fujifilm X30, mais ce dernier embarque un capteur plus petit. Si les 377 g du G5 X ne le font pas passer inaperçu dans un petit sac à main, son poids contribue à la sensation d'avoir entre les mains un boîtier dense, solide et bien fini. Les finitions d'ailleurs sont exemplaires et l'on se surprend à contempler le rainurage des différentes molettes de réglages. Il n'y a aucun jeu au niveau des touches, les ajustements sont parfaits, le revêtement granité est réussi à défaut d'être du plus bel effet et, surtout, la rotule de l'écran paraît solide et capable de résister à des milliers de manipulations. Enfin aussi on s'attardera sur le crantage desdites molettes et leur fermeté.
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Modèle :
Vitesse : 1/400 s, ouverture : f/2.5
Sensibilité : 200 ISO
Focale : 8.8 mm, décalage expo : 0.33 IL

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Le positionnement premium du boîtier est donc clairement affiché et rien ne laisse à penser que le G5 X n'est pas conçu pour durer. Tout juste pourra-t-on regretter la trappe en caoutchouc qui protège les ports télécommande, micro-USB et mini HDMI. Eh oui : il manque bien une prise micro...

L'ensemble est admirablement construit. De nombreuses touches de raccourcis rassurent les photographes qui ne veulent pas perdre de temps avec les menus et on notera surtout la présence d'une molette d'index facilitant le réglage de l'ouverture ou de la vitesse en fonction du mode choisi. On retrouve aussi la même roue crantée personnalisable entourant la base de l'objectif que sur le G7 X.

La silhouette générale du G5 X ne fait pas dans l'élégance, mais dans l'efficacité. La proéminence du viseur s'impose sur le dessus du boîtier, mais Canon a eu la bonne idée d'y intégrer aussi un flash pop-up qui servira à déboucher les ombres en contre-jour. À sa gauche, on accède aux différents modes de prise de vue ; à sa droite, on trouve la correction d'exposition ainsi que le déclencheur couronné d'une gâchette de zoom. À l'arrière, on accède aux réglages de l'autofocus, de la mémorisation d'exposition, de la mise au point, du flash, de la cadence d'image, de la transmission Wi-Fi, du menu rapide ainsi qu'à la lecture des images et au menu complet. Sur la tranche droite, sous la trappe des connectiques, on trouve aussi un bouton de connexion vers un périphérique mobile. L'accès à la carte SD passe par la trappe d'accès à la batterie. Notez que pour recharger cette dernière, Canon livre un chargeur, mais qu'il est aussi possible d'utiliser la prise micro-USB.

Si les fonctionnalités ne manquent pas, l'ergonomie des menus est bien conçue et l'interface est claire. On regrettera cependant que sur un boîtier de cette catégorie, il ne soit pas possible de décider de la vitesse en dessous de laquelle on souhaite qu'il monte en sensibilité en ISO auto, car les fréquences de changement "lente", "rapide" ou "standard" ne signifient pas grand-chose. De la même façon, il ne sera pas possible de désactiver totalement la réduction du bruit : dommage.
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Modèle :
Vitesse : 1/400 s, ouverture : f/2.2
Sensibilité : 125 ISO
Focale : 8.8 mm, décalage expo : -0.33 IL

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L'un des éléments distinctifs du Canon G5 X est son viseur. À l'usage, il s'avère être un précieux allié lors des prises de vue en plein soleil et permet d'avoir une gestuelle naturelle en portant le boîtier à l'œil. Le dégagement oculaire est une peu trop faible pour les porteurs de lunettes, on s'y sent un peu à l'étroit, mais sa fréquence de rafraichissement (réglable) offre un affichage fluide même en pleine nuit. On regrettera cependant que son détecteur de présence soit trop sensible, car lorsque l'on souhaite travailler à hauteur de poitrine grâce à l'écran orientable, l'affichage bascule automatiquement vers le viseur et l'écran devient tout noir. Agaçant à la longue.
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Modèle :
Vitesse : 1/1000 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 125 ISO
Focale : 36.8 mm, décalage expo : -0.33 IL

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Modèle :
Vitesse : 1/1000 s, ouverture : f/2.5
Sensibilité : 1000 ISO
Focale : 18.38 mm, décalage expo : -0.33 IL

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Au-delà de ces considérations techniques, attardons-nous quelques instants sur la qualité des images.
Le rendu des couleurs du G5 X est en tout point similaire à celui de son frère d'armes le G7 X, avec des tons neutres et une saturation douce. Il est possible d'accentuer les tons verts, bleus et rouges, et de travailler en mode monochrome sépia et diapositive. Si j'apprécie l'idée que l'accès aux jeux de filtres vintage passe par un mode dédié, je ne comprends pas qu'il ne soit pas possible de choisir un seul effet avant déclenchement : le G5 X les enregistre tous en rafale en même temps, et c'est a posteriori que l'on garde l'effet voulu.
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Modèle :
Vitesse : 1/1000 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 250 ISO
Focale : 36.8 mm, décalage expo : -0.33 IL

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Modèle :
Vitesse : 1/8 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 400 ISO
Focale : 8.8 mm, décalage expo : 0 IL

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Le zoom lumineux 24-100 mm f/1,8-2,8 du G5 X proposant une étendue polyvalente, on pourra réaliser un large panel de prises de vues. D'autant que son "grand capteur" de 1 pouce lui autorise quelques jeux de profondeur de champ, ainsi qu'une certaine aisance en haute sensibilité. Cependant, bien qu'offrant une très bonne acutance au centre de l'image, ledit zoom avoue quelques faiblesses en périphérie à presque toutes les focales et ouvertures. Ce n'est pas trop gênant sur des portraits, mais sur des photos de paysage, les bords de l'image s'avèrent mous et peu piqués. C'est d'ailleurs autour de f/2,8 que l'image révèle sa meilleure homogénéité, la diffraction commençant déjà son œuvre de sape au-delà f/5,6. Ne boudons pas notre plaisir, l'ensemble reste tout même agréable, les aberrations chromatiques sont bien gérées et le rendu JPEG est assez flatteur.
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Modèle :
Vitesse : 1/4 s, ouverture : f/2.2
Sensibilité : 800 ISO
Focale : 8.8 mm, décalage expo : 0 IL

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Vitesse : 1/100 s, ouverture : f/1.8
Sensibilité : 1600 ISO
Focale : 8.8 mm, décalage expo : 0 IL

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Vitesse : 1/100 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 3200 ISO
Focale : 10.84 mm, décalage expo : 0 IL

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De la même façon, le capteur CMOS de 1 pouce (13,2 x 8,8 mm) et de 20 Mpx délivre des images de très bonne qualité jusqu'à 800 ISO, avec un bon rendu des détails et des textures. À 1 600 ISO, le rendu un peu sablonneux reste encore agréable, mais on sent que les fins détails commencent à être dilués. On pourra encore travailler en RAW sans trop d'arrière-pensées, à condition d'accepter l'aspect un peu granuleux de l'image. Au-delà, ça se complique. Même si on sent bien que le processeur DIGIC 6 fait ce qu'il peut pour contenir l'apparition du bruit chromatique et conserver un aspect global flatteur, notamment une bonne colorimétrie, le lissage grignote les plus fines structures et les dévore totalement à 6 400 ISO. Évidemment, à 12 800 ISO, le couperet tombe et l'image est inexploitable.

Au final, on appréciera donc de travailler avec ce G5 X jusqu'à 1 600 ISO, mais si le lissage avait été moins violent et, surtout, le piqué de l'optique plus percutant, il aurait été possible de gagner peut-être encore 1 IL de sensibilité.
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Vitesse : 1/25 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 6400 ISO
Focale : 28.85 mm, décalage expo : 0 IL

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Vitesse : 1/160 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 12800 ISO
Focale : 23.36 mm, décalage expo : 0 IL

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La réactivité du Canon G5X est de bon aloi, sans en faire un foudre de guerre. On compte à peine plus de 1 seconde à l'allumage et une bonne réactivité de l'autofocus en plein jour, mais ce dernier rame un peu sur les sujets peu éclairés et l'enregistrement des images RAW prend presque 1,5 seconde. Carte SDHC au minimum recommandée.
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Vitesse : 1/125 s, ouverture : f/2.8
Sensibilité : 1600 ISO
Focale : 25.64 mm, décalage expo : -1 IL

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Enfin, en ce qui concerne la vidéo, le Canon G5 X délivre une image tout à fait satisfaisante en HDTV 1080 60p, mais fait l'impasse sur la 4K. Un manque qui risque de faire un peu grimacer sur un marché où chaque constructeur se doit de proposer un élément différenciant. Néanmoins et à titre personnel, cette lacune ne sera pas pour moi rédhibitoire, car toutes mes productions vidéos sont pour le moment diffusées en HDTV 1080, et le flux de travail en 4K reste contraignant en termes de ressources de traitement en montage comme en archivage. J'y viendrai, c'est certain, mais pas dans l'immédiat. En revanche, je regrette beaucoup plus l'absence d'une prise micro et casque. Leur présence aurait largement accru la polyvalence du boîtier. En attendant, les images délivrées ici sont assez denses et bien saturées et le rendu sonore stéréo globalement propre, mais un peu trop sensible aux hautes fréquences.


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