Sous une lumière du jour classique, la majorité des appareils photo réalisent une balance des blancs automatique assez juste. En revanche — et nos tests le montrent régulièrement —, la plupart des boîtiers, même les modèles haut de gamme, peinent à neutraliser une scène sous un éclairage tungstène ou halogène. Dans ce cas, il est indispensable de passer par une balance pré-programmée ou, mieux, de réaliser une balance des blancs manuelle à l'aide d'une charte neutre ou d'une simple feuille blanche. Si vous photographiez en RAW, vous pouvez aussi utiliser une charte de gris neutre pour neutraliser en post-production. Quoi qu'il en soit, Expodisc 2.0 peut vous faciliter la tâche.

Expodisc 2.0 expoimaging test review

Expodisc 2.0 : le kit

Expodisc 2.0 se présente sous la forme d'un intégrateur circulaire à placer juste devant l'objectif, comme un filtre. Il est disponible en deux versions : 77 et 82 mm. Certains objectifs permettent de le fixer à l'aide de clips ; dans le cas contraire, il est préférable d'opter pour le plus grand diamètre et de le maintenir manuellement devant l'objectif.

Le kit est constitué d'un Expodisc, d'une housse de transport, d'une lanière et d'un jeu de filtres bleus pour rehausser la chaleur de la balance des blancs : cela donnera par exemple des portraits plus avantageux pour le modèle.

Contrairement à l'Expodisc premier du nom qui était en métal, cette seconde mouture est entièrement en plastique, assez léger.

Expodisc 2.0 test review contenu du kit

La mise en œuvre

En JPEG et même en RAW, pour réaliser une balance des blancs manuelle, il faut généralement photographier une charte de gris neutre et s'en servir de référence ; il faut donc cadrer correctement la charte afin qu'elle occupe la totalité du cliché. Pour le post-traitement sur ordinateur, il faut placer la charte de gris sur la scène photographiée afin de pouvoir sélectionner la zone neutre de référence. Or il n'est pas toujours aisé ou possible de poser une charte de gris. C'est là tout l'intérêt d'Expodisc : l'accessoire se place sur l'objectif, et non dans le champ photographié.

Pour opérer la balance des blancs manuelle, vous devez choisir le mode sur votre appareil photo, basculer en mise au point manuelle (sinon l'autofocus patine et vous ne pourrez pas déclencher), réaliser un cliché et suivre la procédure pour intégrer les nouveaux paramètres. Elle n'a rien de complexe et se fait assez rapidement, mais requiert de nombreuses manipulations.

Les résultats

Nous avons réalisé des tests sous différents illuminants en positionnant une charte de gris afin de vérifier la neutralité du cliché. Nous avons également comparé les résultats avec une balance de blancs manuelle réalisée avec une simple feuille blanche.

Lumière du jour (17h)

Pour le test en extérieur, nous avons choisi une scène délicate qui mélange à la fois une zone ensoleillée et une zone à l'ombre. Notre charte gris neutre est située dans à l'ombre. Voici les 3 images, réalisées avec le Sony A7R II. De gauche à droite :
  • - BB Expodisc 2.0,
  • - BB feuille blanche,
  • - BB auto.

Expodisc 2 test review scene extérieur
Expodisc 2 test review en extérieur

En mode auto (à droite), notre charte apparaît un peu froide (RVB : 62, 65, 76) avec une dominante un peu bleutée. Avec une balance personnalisée avec Expodisc 2.0 (à gauche), elle apparaît encore plus froide (RVB : 59, 66, 84). La feuille blanche (au centre) ne donne pas non plus un résultat parfait (RVB : 56, 67, 69), avec une image qui tire vers le cyan.

Lumière artificielle : éclairage urbain

Pour ce test, nous avons photographié, toujours avec le Sony A7R II, un immeuble de nuit avec comme seul éclairage un lampadaire. Dans l'ordre, de gauche à droite :
- BB feuille blanche,
- BB Expodisc 2.0,
- BB auto.


expodisc test review nuit éclairage urbain

La mesure auto (à droite) est clairement trop orangée, mais a contrario, la balance réalisée avec l'Expodisc (au centre) est trop neutre et ne reflète pas réellement la réalité. En effet, l'éclairage urbain nous apparaît plus chaud. La balance manuelle réalisée avec la feuille blanche (à gauche) se montre plus juste, sans toutefois être correcte.

Lumière halogène

Pour la série de tests sous un éclairage halogène, nous avons utilisé le Sony A7R II et réalisé quatre images avec, de haut en bas et de gauche à droite :
  • - BB auto,
  • - BB Expodisc,
  • - BB feuille blanche,
  • - BB programme tungstène.


expodisc 2.0 test : lumière tungstène

Nous mesurons la neutralité sur la zone grise de la charte CMP Color. En auto (en haut à gauche), l'ambiance est effectivement un peu chaude (RVB : 81, 71, 62) ; le mode programmé "tungstène" (en bas à droite) est quant à lui un peu froid (RVB : 64, 69, 78). La mesure Expodisc (en haut à droite) est assez neutre (RVB : 79, 71, 66) avec une légère dominante chaude. Mais c'est la feuille blanche qui offre ici la plus grande neutralité (RVB : 58, 62, 61).

Lumière fluo (rendu froid)

Nous restons avec le Sony A7R II pour l'éclairage de type fluo (rendu froid). Voici les quatre images avec, de haut en bas et de gauche à droite :
  • - BB auto,
  • - BB Expodisc,
  • - BB feuille blanche,
  • - BB programme fluo.

Expodisc 2.0 lumière fluo froide

La balance automatique (en haut à gauche) délivre un rendu un peu vert typique de l'éclairage fluorescent (RVB : 200, 220, 200). L'Expodisc 2.0 (en haut à droite) parvient à neutraliser cette dominante froide et même à l'inverser avec un peu de rouge (RVB : 220, 220, 215). La balance préréglée fluo froid (en bas à droite) donne une dominante rouge un peu marquée (RVB : 220, 210, 206) et une fois encore, la feuille blanche (en bas à gauche) donne un très bon rendu, tirant très faiblement sur le vert (RVB : 211, 215, 210).

Filtres bleus

Expodisc 2.0 est livré avec une collection de filtres bleus qui permettent de réchauffer légèrement la balance des blancs. Cela permet d'avoir un rendu de peau un peu plus doré, en théorie plus flatteur pour les portraits. Personnellement, je préfère avoir une photo neutre, quitte à rehausser la température de la balance des blancs en post-production, avec plus de précision qu'avec les filtres.

Conclusion

Expodisc 2.0 est un outil pratique pour réaliser une balance des blancs personnalisée. Son principal avantage tient à sa mise en œuvre, qui ne nécessite pas de tenir une charte neutre à distance ou de la placer dans la scène photographiée, puisque la mesure se fait avec l'accessoire collé devant la lentille frontale. C'est donc une manipulation rapide et relativement aisée, qui de plus ne nécessite pas de trépied.

S'il est toujours possible de réaliser une neutralisation en post-production, a fortiori si vous utilisez le format RAW, une bonne balance des blancs dès la prise de vue permet de gagner un temps précieux à la retouche. Les boîtiers actuels étant assez pertinents sous une lumière du jour "classique", c'est avant tout dans des ambiances lumineuses complexes que l'Expodisc 2.0 se montrera vraiment utile.

Nos tests en extérieur avec le Sony A7R II montre des résultats équivalents entre une balance des blancs auto et la mesure Expodisc 2.0. Ce dernier s'avère cependant assez précis et, dans une majorité de cas difficiles (éclairage tungstène / halogène, éclairage public), plus neutre que la mesure automatique du boîtier. La balance est également parfaitement reproductible, ce qui n'est pas toujours le cas avec une feuille blanche, la mesure dépendant fortement de son inclinaison.

Notez toutefois que nous avons obtenu d'excellents résultats avec cette simple feuille blanche, cette dernière solution présentant alors — et de loin — le meilleur rapport performance/prix.

Points forts

Points faibles

Balance des blancs manuelle facile à mettre en œuvre

Fabrication un peu légère

Bonne neutralité pour les éclairages compliqués (tungstène, halogène)

Kit de filtres bleus un peu gadget



PARTAGER
Contact Vie privée, Cookies Conditions Générales d'Utilisation