Qu'il soit question de portrait, de mode ou encore de publicité, la photographie de studio nécessite des sources de lumière artificielle. Celles-ci appartiennent à deux catégories distinctes : les lumières continues et les lumières intermittentes. Dans cette série d'articles, nous nous intéresserons au plus populaire des éclairages de studio : le flash électronique.

La photo de studio : le flash électronique

Qu’est-ce qu’un flash électronique de studio ?

Le flash électronique du studio est un dispositif d’éclairage discontinu de forte puissance. Une torche flash, aussi appelée "tête flash", se compose d’un corps doté d'une monture permettant la fixation de différents accessoires (souvent propriétaire, malheureusement), d’un certains nombre de condensateurs afin de concentrer l’énergie électrique nécessaire à la production de l’éclair, d’un tube éclair, mais également d’une source continue d’appoint appelée "lampe pilote".

Cette dernière va permettre de prévisualiser la lumière qui va être produite par l’éclair, et éclairer suffisamment le sujet pour que le photographe puisse régler son cadre et sa mise au point. Longtemps, pour les lampes pilotes, la norme a été d’utiliser des ampoules halogènes, dont le rendement lumineux est correct malgré un fort dégagement de chaleur. Cependant certains modèles de flash récents optent pour des lampes pilotes à led. La puissance de cette lampe pilote peut, sur certains modèles, être suffisante pour devenir une source lumineuse continue, faisant des torches flashs des accessoires polyvalents.

Quelle lumière produit un flash électronique de studio ?

Le tube éclair d’un flash électronique de studio est un tube de verre contenant un gaz rare (le xénon) ainsi que trois électrodes par lesquelles arrive l’électricité stockée dans les condensateurs. La lumière produite est caractérisée par 4 paramètres.
  1. La puissance : le flux lumineux produit par l’éclair, exprimé en joules (J) ou en watts par seconde (W/s), voire parfois en nombre guide (NG), bien que cette unité soit plutôt réservée aux flashs portables de faible puissance de type "cobras". La puissance dépend de la quantité d’électricité qui arrive dans le tube, de la nature de ce dernier, mais aussi des accessoires installés sur la torche.
  2. Le temps de recyclage (ou temps de recharge) : le temps que mettent les condensateurs à se recharger afin de produire un nouvel éclair. Ce paramètre dépend bien entendu du type de condensateurs utilisés et de leur nombre, mais aussi de la puissance de l’éclair (un éclair plus faible va utiliser moins d’électricité qu’un éclair puissant). Ainsi, un même flash de studio peut avoir un temps de recyclage variable en fonction de son utilisation.
  3. La durée de l’éclair : c’est le temps durant lequel le tube éclair produit de la lumière. Il varie selon la puissance de l’éclair (les éclairs plus puissants sont plus longs) et les modèles de flashs. Certains modèles permettent de modifier la durée des éclairs en fonction des besoins ; c’est le cas notamment des générateurs Broncolor (voir le test du Broncolor Siros 800 S). Évidemment, un éclair plus bref permettra de mieux figer un mouvement. De manière générale, la durée d’un éclair est de l’ordre du centième, voir du millième de seconde.
  4. La température de couleur : les tubes éclairs sont tous normalisés pour une température de couleur de 5 600 K, c’est-à-dire correspondant à la lumière du jour. Un flash de bonne qualité conservera sa température de couleur à toutes les puissances, tandis qu’un flash d’entrée de gamme pourra présenter quelques variations.

Les lampes pilotes de type halogènes sont pour leur part calibrées sur 3 200 K, c’est-à-dire la température de couleur des sources lumineuses tungstènes (comme les mandarines, les blondes ou les ampoules à filament). Quant aux lampes pilotes à led, elles sont normalisées à 5 600 K. Il faut tenir compte cette différence de balance couleur lorsque l’on règle son appareil.

Comment synchroniser le déclenchement du flash avec celui de son appareil photo ?

L’éclair d’un flash électronique de studio étant extrêmement bref, comment être sûr que son déclenchement soit synchronisé avec celui de l’appareil photo ? Il existe pour cela un cordon de synchro flash qui relie l’appareil au flash en question. Il prend la forme d’une prise jack (3,5 ou 6,5 mm selon les marques) côté flash et d’une prise "pronto-compur" (P-C) côté appareil photo. Certains réflexes d’entrée de gamme sont dépourvus de prise "P-C", mais il existe des adaptateurs permettant de relier ce câble à la griffe porte-accessoire de votre boîtier préféré.

La photo de studio : le flash électronique

Vous vous en doutez, il est aujourd’hui aisé de se passer de ce "fil à la patte" en optant pour des transmetteurs sans fil (infrarouge ou radio) et les générateurs haut de gamme possèdent même des récepteurs intégrés.
La photo de studio : le flash électronique

Toutefois, attention : la brièveté de l’éclair entraîne également un phénomène à bien prendre en compte : les appareils réflexes possèdent une vitesse maximale de synchro flash. Cela est dû au fait qu’à partir d’une certaine vitesse, les obturateurs à rideaux ne vont pas rester entièrement ouverts durant le temps d’obturation, mais vont former une fente qui va balayer votre capteur. Or la durée de l’éclair est souvent bien inférieure au temps total d’exposition et ne va donc d’éclairer que la partie dégagée de votre capteur. La vitesse synchro flash maximale est donc la vitesse la plus élevée à laquelle on peut utiliser un flash. Elle varie entre 1/125 et 1/250 s selon les modèles (parfois 1/60 s pour les appareils anciens).

Cela induit que lorsque l’on shoote au flash, la vitesse d’obturation n’a pas d’influence sur la quantité de lumière reçue par le capteur (sauf bien sûr dans le cas on l’on va mélanger de la lumière flash avec la lumière ambiante : dans ce cas, je vois renvoie à notre précédent article sur l’utilisation des flashs cobras en extérieur).

Nous pourrons donc utiliser ces trois paramètres : l’ouverture du diaphragme de l’appareil, la puissance du flash et la sensibilité ISO. Mon conseil est de se placer à la vitesse synchro flash maximale et à la sensibilité ISO minimale lors d’une séance au flash, afin de limiter au maximum l’influence des sources lumineuses autres que les flashs, et ainsi mieux contrôler la régularité de la lumière.

Quels sont les différents types de flashs de studio ?

Les flashs de studio se divisent grossièrement en deux grandes familles : les flashs monoblocs et les flashs sur générateur.

Les flashs monoblocs sont des sources intégrant leurs propres condensateurs et leur interface de réglage directement dans la torche. Ils sont très pratiques, car ils se branchent directement sur le système électrique, et relativement peu onéreux.
La photo de studio : le flash électronique

Les flashs sur générateurs sont constitués d’un générateur renfermant les condensateurs d’une part, et des têtes flashs d’autre part. Tous les réglages se font au niveau du générateur, et il est possible de brancher plusieurs têtes en même temps (entre 2 et 4). Les avantages des flashs sur générateur sont nombreux : une puissance plus importante (jusque 3 200 J, contre 600 J en moyenne pour les monoblocs), un temps de recyclage plus court, la possibilité d’avoir plusieurs torches en ne mobilisant qu’une seule prise électrique, des têtes flashs plus petites et plus légères (pouvant être placées n’importe où), des réglages toujours accessibles (très pratique, notamment lorsque l’on a fixé une torche sur une girafe). Mais ces avantages ont un prix : les flashs sur générateurs sont des dispositifs très onéreux, là où l’on trouve des torches monoblocs à moins de 1 000 €.

La photo de studio : le flash électronique

Il existe enfin des flashs du studio "autonomes", c’est-à-dire contenant des batteries qui permettent de les utiliser en extérieur. Ceux-ci peuvent prendre la forme de monoblocs, comme les Profotos B1 (avec batterie au lithium et lampe pilote à led) ou de générateurs portables sur lesquels vous pouvez brancher les têtes flashs traditionnelles comme le Broncolor Move. Ces dispositifs permettent de faire sortir les photographes de studio de leur cyclorama sombre et d’illuminer des décors entiers sans avoir à tirer des dizaines de rallonges électriques.

La photo de studio : le flash électronique

Maintenant que nous connaissons mieux le flash électronique de studio, nous allons voir dans un prochain article comment les positionner, et surtout quels accessoires sont à notre disposition pour modeler la lumière.

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