Présentation

Certains objectifs sont des "classiques", des incontournables que tous les photographes aimeraient avoir dans leur besace. Le traditionnel zoom 24-70 mm f/2,8 constant en fait partie ! Cet objectif très polyvalent permet de tout faire ou presque. Dans l'univers du reflex, c'est souvent le premier objectif dans lequel les photographes investissent.

Durant les premières années des compacts à objectifs interchangeables (COI), on reprochait régulièrement aux constructeurs de ne pas proposer de zoom équivalent pour leur système. C'est désormais du passé : Panasonic, Fujifilm et Olympus ont en gamme un équivalent en f/2,8 constant. Panasonic et Olympus partageant la même monture Micro 4/3, on peut même s'offrir le luxe de choisir le modèle le plus performant, et c'est l'objet de ce duel !

Duel - Panasonic 12-35 mm f/2,8 Vs Olympus 12-40 mm f/2,8

Nous comparons donc ici Panasonic Lumix G X Vario 12-35 mm f/2,8 ASPH Power OIS à l'Olympus M.Zuiko Digital 12-40 mm f/2,8. Bien entendu, il est encore assez rare de voir un utilisateur de boîtier Olympus utiliser des objectifs Panasonic ou inversement, mais sachez que si vous mettez de côté la cohérence esthétique de l'ensemble, c'est tout à fait possible !



Caractéristiques : Égalité

En termes de caractéristiques, les deux objectifs se valent, même si l'on note quelques différences inhérentes aux philosophies de Panasonic et d'Olympus.

Le 12-35 mm f/2,8 Panasonic dispose par exemple d'une stabilisation optique, alors que l'Olympus en est dépourvu, la marque misant sur la stabilisation de son capteur 5 axes pour s'affranchir de cette technologie sur ses optiques. Panasonic a une logique plus fluctuante, puisque certains de ses appareils disposent de stabilisation capteur et d'autres, non. Ils viennent même, avec leur nouveau GX8, de lancer un mode qui exploite simultanément la stabilisation capteur et la stabilisation optique. Nous mettrons donc de côté cet aspect dans notre comparaison. Sachez cependant que si vous optez pour le 12-35 mm f/2,8 Panasonic sur un boîtier Olympus, sa stabilisation optique sera inutile.

Sur le papier, ce qui différencie les deux optiques, c'est bien le poids et l'encombrement. Sur ce point, le modèle Panasonic a l'avantage : il est plus compact et plus léger, et ce, malgré la présence d'une stabilisation optique en plus. On note aussi une focale un peu plus longue de 5 mm sur la version Olympus, qui permet de monter à 80 mm contre 70 mm sur le Panasonic.

Égalité donc sur le match de la fiche technique.

  Panasonic Lumix G X Vario 12-35 mm f/2,8 ASPH Power OIS Olympus M.Zuiko Digital
12-40 mm f/2,8
  Panasonic Lumix G X Vario 12-35 mm f/2,8 ASPH Power OIS Olympus M.Zuiko Digital 12-40 mm f/2,8
Monture Micro 4/3 Micro 4/3
Format couvert Micro 4/3 Micro 4/3
Plage focale 12-35 mm 12-40 mm
Équivalent 24x36
sur capteur APS-C
24-70 mm 24-80 mm
Ouverture maximale f/2,8 f/2,8
Ouverture minimale f/22 f/22
Distance de mise au point 0,25 m 0,20 m
Nombre de lamelles
du diaphragme
7 7
Construction 14 lentilles en 9 groupes 14 lentilles en 6 groupes
Éléments spécifiques 4 lentilles asphériques,
1 lentille UED,
1 lentille UHR
1 lentille DSA,
2 lentilles ED,
2 lentilles asphériques ED,
2 lentilles HR
Échelle des distances non oui
Rapport de reproduction 0,17x 0,3x
Motorisation oui oui
Stabilisation oui non
Dimensions 73,8 x 67,6 mm 69,9 x 84 mm
Diamètre filtre 58 mm 62 mm
Poids 305 g 382 g
Pare-soleil oui oui
Étui souple oui oui

Prise en main : avantage Olympus

Même si le modèle Olympus est plus imposant que le Panasonic avec 80 g de plus sur la balance et un diamètre plus important, les deux objectifs restent assez compacts et légers. Ils s'adaptent tous deux parfaitement à des boîtiers du calibre OM-D E-M1 ou GH4. La version Panasonic s'intègre aussi très bien à un boîtier du calibre d'un GX8 ou Pen E-P5, contrairement à l'Olympus.



La qualité de construction et de finition des deux objectifs est très bonne, même si on a un faible pour la version Olympus. En effet, la construction 100 % métal (bagues de réglage incluses) du corps, la conception tous temps et la présence d'une touche personnalisable Fn (inutile si utilisée avec un appareil Panasonic) lui donnent l'avantage.



Pour ce qui est des bagues de réglage, avantage aussi à celle d'Olympus qui offre une meilleure fluidité pour le zoom. Pour la mise au point, le système faisant apparaître les informations de distance et la présence de réelles butées constituent un vrai "plus" et sont très agréables à utiliser.



Avantage donc à l'Olympus pour ce qui est de la prise en main.

Tests labo : avantage Olympus

Compte tenu de la relative vieillesse des boîtiers avec lesquels ces deux zooms avaient été testés, nous avons décidé de repasser les deux objectifs sur le banc Imatest avec un GX8 et son capteur 20 Mpx.

La notion de piqué est assez délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la "sensation de netteté" et/ou à la "précision" que l'on observe sur une image. Elle peut être très différente d'un objectif à un autre, d'une focale à une autre et d'une ouverture à une autre. Elle peut aussi varier entre le centre et les bords de l'image. On a coutume de dire que le piqué est optimal au centre et aux ouvertures moyennes : f/8 ou f/11 par exemple.

De plus, le piqué va dépendre de la définition du capteur de votre appareil (nous avons testé les objectifs un appareil équipé d'un capteur de 20 Mpx) et la taille de son capteur (Micro 4/3). Plus les pixels sont petits, plus le système montrera ses limites à cause de la diffraction. Ce phénomène s'amplifie à mesure que l'on ferme le diaphragme de l'objectif.

Chaque pixel mesure donc 3,3 µm de côté. L'ouverture minimale conseillée pour éviter les problèmes de diffraction est donc de f/11 !









Nos mesures en laboratoire révèlent que les deux objectifs ne réagissent pas de la même manière. L'Olympus est très homogène et procure le même niveau de piqué du grand-angle 12 mm au 40 mm, du centre aux bords des images, et ce, à presque toutes ouvertures y compris la plus grande f/2,8. Le Panasonic procure quant à lui des images moins homogènes entre le centre et les bords, mais un peu plus piquées au centre. Avantage de nouveau à l'Olympus au laboratoire, donc.








Test terrain : Olympus

Il faut bien distinguer deux approches dans le jugement de la qualité d'image que procure un objectif : la première se fait de manière subjective et observant des images ; la seconde est objective, en se basant sur les résultats de tests réalisés en laboratoire. L'une ne va pas sans l'autre. De plus, il faut tenir compte des caractéristiques de l'appareil utilisé dans le test.

Une focale correspond à un angle de champ ou angle de vision couvert par l'appareil photo équipé de l'objectif. Plus la focale est importante, plus l'angle de champ est réduit : on parle de longue focale. À l'inverse, plus la focale est courte, plus l'angle de champ est large : on parle de grand-angle.

Voici ce que l’on obtient avec le 12-40 mm monté sur un appareil équipé d’un capteur Micro 4/3. La plage de focales est relativement polyvalente et conviendra à la plupart des sujets. Elle est équivalente à un 24-80 mm en utilisant le coefficient de conversion de 2x.

Notons que le modèle Panasonic s'arrête à 35 mm (équivalent 70 mm). Il est moins long que le modèle Olympus, à 40 mm (équivalent 80 mm). Sur le papier, 5 mm peuvent paraître assez peu, mais dans les faits, c'est plus flagrant.





Les deux objectifs présentent des aberrations chromatiques qui ne s'observent qu'à la plus large focale, 12 mm, et sur les bords les plus extrêmes. Elles sont dans l'ensemble totalement négligeables.

Question distorsion, les deux objectifs se valent. Elles sont visibles aux plus grandes ouvertures jusqu'au 25 mm. Au-delà, elles deviennent imperceptibles.

Il en va de même pour le vignetage, visible aux plus larges focales. Il est plus important sur le Panasonic que sur l'Olympus.

Comparatif Panasonic 12-35 mm f/2,8 vs Olympus 12-40 mm f/2,8, aberrations chromatiques, Panasonic   Comparatif Panasonic 12-35 mm f/2,8 vs Olympus 12-40 mm f/2,8, aberrations chromatiques, Olympus
Aberrations chromatiques à f/2,8 au 12 mm : à gauche le Panasonic, à droite l'Olympus.

Comparatif Panasonic 12-35 mm f/2,8 vs Olympus 12-40 mm f/2,8, distorsions, Panasonic   Comparatif Panasonic 12-35 mm f/2,8 vs Olympus 12-40 mm f/2,8, distorsions, Olympus
Distorsions à 12 mm : à gauche le Panasonic, à droite l'Olympus.

Comparatif Panasonic 12-35 mm f/2,8 vs Olympus 12-40 mm f/2,8, vignetage, Panasonic   Comparatif Panasonic 12-35 mm f/2,8 vs Olympus 12-40 mm f/2,8, vignetage, Olympus
Vignetage à f/2,8 au 12 mm : à gauche le Panasonic, à droite l'Olympus.

Pour ce qui est de la profondeur de champ, force est de constater que l'avantage est à l'Olympus qui dispose d'une focale maximale un peu plus longue et d'une distance de mise au point au minimale (pour la macro) un peu plus courte.

Comparatif Panasonic 12-35 mm f/2,8 vs Olympus 12-40 mm f/2,8, profondeur de champ et bokeh, Panasonic   Comparatif Panasonic 12-35 mm f/2,8 vs Olympus 12-40 mm f/2,8, profondeur de champ et bokeh, Olympus
Bokeh à f/2,8 : à gauche le Panasonic à 35 mm, à droite l'Olympus à 40 mm.

Olympus M.Zuiko Digital12-40 mm f/2,8
Olympus M.Zuiko Digital 12-40 mm f/2,8.

Panasonic Lumix G X Vario12-35 mm f/2,8 ASPH Power OIS à 35 mm f/2,8.
Panasonic Lumix G X Vario 12-35 mm f/2,8 ASPH Power OIS @ 35 mm f/2,8.

Olympus M.Zuiko Digital 12-40 mm f/2,8
Olympus M.Zuiko Digital 12-40 mm f/2,8.

Panasonic Lumix G X Vario 12-35 mm f/2,8 ASPH Power OIS à 12 mm f/5,6
Panasonic Lumix G X Vario 12-35 mm f/2,8 ASPH Power OIS @ 12 mm f/5,6.

Au final, nous donnons également l'avantage aussi à l'Olympus pour sa focale un peu plus longue de 5 mm. Pour toute le reste, les deux modèles se valent.

Vous pouvez télécharger les fichiers originaux (JPEG et RAW) en pleine définition des tests terrain respectifs du Panasonic et de l'Olympus.

Verdict : Olympus

Comparatif Panasonic 12-35 mm f/2,8 vs Olympus 12-40 mm f/2,8, verdict, Olympus

C'est l'Olympus M.Zuiko Digital 12-40 mm f/2,8 qui sort victorieux de ce duel. Malgré des mensurations assez imposantes pour une optique de compact à objectif interchangeable, sa qualité de construction, son confort d'usage, la qualité des images très homogène (même si un peu inférieure en terme de piqué central, comparé au Panasonic) et ses 5 mm de plus en longue focale font la différence face à son concurrent. Cependant attention, son prix est nettement supérieur à la version Panasonic — près de 30 % plus cher — et en termes d'esthétique, l'association objectif Olympus / boîtier Panasonic est un peu étonnante.


PARTAGER
Contact Vie privée, Cookies Conditions Générales d'Utilisation