En moins de 2 ans, ce ne sont pas moins de 5 nouveaux modèles de compacts à objectifs interchangeables (COI) que Sony a mis sur le marché. Un rythme effréné qui montre le dynamisme de la marque et son appétit. Car si Sony n'a pas vraiment réussi à imposer sa technologie Translucent dans le monde des "reflex" malgré de très intéressants modèles (l'Alpha 99 notamment), il se donne les moyens de prendre les rênes du marché COI aussi bien au format APS-C que 24x36. Et c'est bien ce dernier qui nous intéresse. Un marché où le seul véritable concurrent est Leica. La marque à la pastille rouge est d'ailleurs elle aussi assez prolifique ces dernières années, alors que le fleuron allemand de la photo était resté sur la réserve jusqu'au lancement, réussi, du M.

Sony A7R II (Alpha 7R 2, A7R 2) test review recommandé

En plus du renouvellement soutenu des modèles, Sony impose également de nouveaux standards aux autres constructeurs et il est vrai que seuls les COI montrent un réel dynamisme face aux reflex entrés dans une phase de somnolence.

Disons-le sans ambages, le Sony A7R II est impressionnant. Pour en avoir discuté avec de nombreux photographes, le design des A7 ne séduit pas réellement au premier contact. On est loin de l’appétence que suscitent les Fujifilm ou les Olympus, mais techniquement, les faits sont là.

L'A7R II est le premier COI à proposer un capteur 24x36 de 42,4 Mpx. Sans filtre passe-bas, le boîtier délivre des images très précises et la dynamique est au rendez-vous. Malgré une définition record (seul le Canon  5DsR propose plus avec 50 Mpx), la gestion du bruit est remarquable jusqu'à 6 400 ISO et vous avez la possibilité de monter jusqu'à 102 400 ISO ! Dans ce domaine et à tirage équivalent, l'A7R II fait jeu égal avec l'A7S pourtant réputé comme très sensible. Apparemment, Sony impose cependant toujours une compression de ses fichiers bruts, un choix difficile à expliquer quand on est à la recherche de la qualité maximale.

La stabilisation mécanique sur 5 axes par déplacement du capteur est également un atout indéniable pour la photo et la vidéo. En photo et avec plus de 40 Mpx, le moindre tressaillement est visible à 100 % et la stabilisation réduit considérablement ce risque. Vous avez même la possibilité d'utiliser un premier rideau électronique ou un obturateur totalement électronique pour limiter les vibrations. Globalement, le système permet de gagner 1 à 2 IL de manière assez confortable, et jusqu'à 3 IL dans certains cas.
En vidéo, la stabilisation est quasi indispensable pour la prise de vue à main levée. Autre point positif, la stabilisation mécanique fonctionne avec presque toutes les optiques et la visée électronique est également stabilisée.

Beaucoup de bons pixels, c'est bien, encore faut-il réussir à faire le point. Là encore, Sony innove et propose un module autofocus hybride à détection de contraste et corrélation de phase embarqué dans le capteur. Vous avez à disposition pas moins de 399 collimateurs couvrant pratiquement 45 % de la zone cadrée. Aucun reflex numérique actuel ne propose ça ! Mieux, en mode APS-C, le système à corrélation de phase couvre pratiquement 100 % de la visée ! De plus, en mode single, la mise au point est rapide et correcte en basse lumière. En mode continu, le système déçoit un peu avec un taux de déchet de l'ordre de 50 % sur un sujet en déplacement dans la direction du photographe. Sur un déplacement latéral, le système se montre beaucoup plus réactif. Enfin, la mise au point manuelle est épaulée par une loupe et un focus peaking : royal.

Utiliser un A7R II, c'est utiliser un viseur électronique. Vous n'aurez pas le choix. C'est parfois un vrai débat philosophique. Si concrètement la visée optique conserve certains avantages (visée fluide, meilleure dynamique...), ceux qui franchiront le pas trouveront également des points très appréciables à la visée électronique, comme l'affichage de nombreuses informations, la simulation d'exposition ou la facilité de mise au point manuelle. Le viseur de l'A7R II n'est pas le plus précis du marché (celui du Leica Q est un cran au-dessus), mais n'en reste pas moins confortable avec un grossissement important.

Côté écran, nous regrettons toujours l'absence de rotule et le choix d'une double charnière, moins pratique et qui ne permet pas la protection de l'écran. Et malheureusement, Sony s'obstine à ne pas utiliser de dalle tactile sur un appareil à plus de 3 000 €.

Côté vidéo, l'A7R II propose l'enregistrement 4K sur carte qui fait cruellement défaut à l'A7S. Il enregistre en 4K Télé (3 840 x 2 160 px) à 30/25/24p et en HDTV 1080 jusqu'à 60/50p. Les cinéastes regretteront l'absence du mode 4K Ciné (4 096 x 2 160 px), ne serait-ce qu'en 24p. Par contre, nous apprécions le zoom "numérique" par recadrage dans le capteur au format APC-S.

Le Sony A7R II n'est certes pas le boîtier idéal, la liste des points négatifs ci-dessous est là pour le rappeler, mais c'est sans doute l'un des plus excitants de l'année avec de nombreuses innovations technologiques au service de la photo et de la vidéo.Il reçoit aisément un recommandé.

Points forts

Points faibles

42,4 Mpx sans filtre passe-bas pour une maximum de précision

Autonomie de la batterie trop faible : environ 200 vues.

Excellente gestion du bruit électronique jusqu'à 6 400 ISO

Écran LCD non tactile. Pas d'orientation sur 180°. Pas de possibilité de protection.

Déclenchement avec l'obturateur mécanique moins bruyant. Possibilité d'utiliser un obturateur électronique pour des prises de vues silencieuses.

Un seul emplacement pour carte mémoire

Couverture AF par corrélation de phase importante (45%). En APS-C presque 100%.

Pas de puce GPS intégrée

Pas de problème de front ou back focus. Détection de visages.

Pas de connexion USB 3.0

Autofocus globalement réactif dans la plupart des situations lumineuses

Touches souvent trop petites

Assistance à la mise au point : loupe, focus peaking

Pas de flash intégré. Pas de prise synchro flash.

Viseur électronique précis et large

Pas de tropicalisation

Stabilisation 5 axes par déplacement du capteur qui fonctionne avec toutes les optiques. Gain jusqu'à 3 IL.

Format RAW (.ARW) propriétaire. Format compressé uniquement.

Mode vidéo HDTV 1080 et 4K Télé sur carte et complet. Entrée micro et sortie casque.

Véritable nid à poussières

Boîtier compact pour un 24x36. Bonne qualité de fabrication. Prise en main aisée.

Optiques FE encore trop souvent volumineuses (on pense notamment au 35 mm f/1,4).

Connexion Wi-Fi / NFC

Toujours un peu lent à la mise sous tension

Possibilité de télécharger des applications (parfois payantes) pour agrémenter le boîtier

Pas de format carré 1:1 ou cinémascope 21:9

Recharge de la batterie par micro-USB

Pas de menu pour la vidéo

Possibilité d'utiliser des optiques Canon en autofocus (avec un adaptateur). Large choix d'optiques avec des adaptateurs.

 

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